Le renouveau de Ryan Zimmerman

Le joueur de première base des Washington Nationals est sur le devant de la scène depuis le début de la saison grâce à ses prouesses offensives au sein de l’une des meilleures attaques que la National League ait connu. Mais plus que cela, c’est pour son extraordinaire retour de forme que Zimmerman est célébré ces derniers mois. Retour sur la descente aux enfers qui fait aujourd’hui de lui un phénix en puissance.

Ryan Zimmerman revient de loin.

Ses récentes performances au plus haut niveau font suite à trois saisons de galères pour l’ancien premier tour de draft des Washington Nationals. C’est lui qui donna une direction à cette équipe encore toute jeune, à peine déplacée de Montréal. Presque tout seul, il fut capable de donner de l’inspiration à une période où personne ne savait quoi faire avec cette nouvelle organisation qui perdit plus 100 matchs en 2008 et 2009. Il devint la toute première star à Washington. Et si, à la suite de son arrivée de Philadelphie, Jayson Werth est devenu le leader vocal de l’équipe, Zimmerman, avant que Harper et Murphy n’entrent en scène, en était le leader sportif, la pierre angulaire de l’attaque.

Puis ce fut la chute.

Dès 2014 des blessures commencent à apparaître. Cette année là il ne participe qu’à la moitié de la saison. Et si sa moyenne à la batte s’améliore par rapport à 2013, son OPS en revanche prend un coup dans l’aile et continuera à décliner chaque année. Les blessures se répètent, empêchant le vétéran de jouer un nombre de matchs satisfaisant. Durant la période 2014-2016, il participe à seulement 271 matchs sur les 486 joués par sa franchise, et fait quelques allers et retours en ligues mineures.

En baseball, il y a les mauvaises saisons. Et il y a les très mauvaises saisons.

En 2016 malgré le fait qu’il renoue avec une saison à plus de 100 matchs, sa moyenne chute toujours, passant sous la barre des .220, minimum acceptable pour un joueur des majeurs. Il frappe à .218 sur la période et finit deuxième pire frappeur de la National League. Chez les décideurs il commence à être question de se séparer de Zimmerman à la fin de la saison. Pour de nombreuses personnes, il aurait atteint la fin de la carrière : trop vieux, trop lent, trop abimé pour continuer dans cette nouvelle ère du jeu réservée aux jeunes. Les médias le martellent, les dirigeants de Washington en discutent… À tel point que Ryan Zimmerman commence lui-même à s’en convaincre, confie son épouse au Washington Post le 10 juillet 2017. Et avec l’arrivée des nouveaux venus, Harper, Murphy, Turner, la présence du vieux Zimmerman ne se fait plus vraiment essentielle.

La santé, c’est le travail.

À l’intersaison 2016, Zimm participait aux entrainements de préparation pour la première fois depuis quatre ans. Pas de réhabilitation cette fois ci. Et Mike Rizzo, le manager général et président des opérations chez les Nationals, s’exprimait à son sujet sur CSN Mid-Atlantic et disait que si il était en bonne santé, il n’y avait aucune raison que Zimmerman ne revienne pas à son meilleur niveau. En particulier pour un joueur de 32 ans dans son prime. Il lui laisse donc sa chance pour la saison à venir.

Et sa clairvoyance a payé. La production de Zimmerman pour l’exercice 2017 n’est plus à démontrer. Il frappe aujourd’hui au dessus des .300, et flirtait avec les .380 jusqu’à la début Juin. Il vient de frapper son 235è homerun face au Reds de Cincinnati pour rafler le record de la franchise. Et aux deux tiers de la saison il a déjà dépassé ses performances de 2016 en terme de hits (93 en 2016 contre 104 aujourd’hui), doubles (18 en 2016, 23 en 2017), RBI (46/67) , de homeruns (15/20) et de total de bases prises (158/187), et tout cela en trente matchs de moins. Et sa bonne forme profite à l’attaque des Nationals.

Deuxième en termes de runs marqués en MLB et premier en NL cette saison, Washington est une machine très bien huilée. Le retour de Zimmerman, permet à Dusty Baker de lui octroyer le quatrième passage à la batte et ainsi séparer les frappeurs gauchers des frappeurs droitiers dans le reste des passages et profiter de match-ups avantageux au début de l’ordre pour conclure avec les frappes longues et puissantes de Zimmerman. Sans lui l’attaque des Nationals serait probablement de bonne qualité, mais avec lui, elle prend une envergure stratosphérique. Les 17 matchs à plus de 10 runs cette saison (dont un à 23 runs) parlent d’eux même. L’apport de Zimmerman, dans cette attaque dominatrice, lui vaudra d’être nommé joueur du moi d’Avril en National League.

Beaucoup de théories sont apparues quant au succès de Zimmerman. Certains évoquent la vitesse des balles en sorties de battes: 182 km/h, dans le top 10 de la MLB. D’autres parlent d’angle de frappe. Une dimension de la frappe prêchée par Daniel Murphy, garantissant des coups sûrs plus automatiques. Mais d’après Ryan Zimmerman lui-même rien de tout cela n’est responsable de son succès. Dans un article d’ESPN du 16 mai 2017 il fait lui-même référence à ce que Mike Rizzo avait pressenti, et confirme que sa bonne santé est l’élément clés de son succès.

« Cette année, je suis arrivé en bonne santé. Et tout ce dont j’avais à me soucier c’était jouer et me préparer pour la saison. Je n’avais plus eu la possibilité de simplement faire cela depuis trois ans. […] Quand tout va bien, le jeu va bien et tout est bien synchronisé. »

Un indicateur de sa bonne santé : sa vitesse à la course à augmenté. 8,05 m/s en 2016 contre 8, 23m/s de moyenne aujourd’hui en 2017. Pas un changement spectaculaire certes mais être capable d’augmenter sa vitesse n’est pas une chose facile. En particulier à la suite de blessures au pied comme Zimmerman a subi en 2015. Il faut que le corps soit reconstruit, fiable et en bonne santé. En réussissant cet exploit, Zimm envoi un message fort quant à son état physique. (Il est très bon).

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Mike Rizzo (à gauche) et Ryan Zimmerman (à droite) prennent la pose pour célébrer le retour de Zimm au All-Star Game.

Ses performances sont récompensées par une sélection au All-Star Game 2017, pour la première fois depuis 2009. Il est élu massivement au poste de 1B par les fans sans jamais être contesté durant le processus. Les fans de baseball à travers le monde ont reconnu que son retour sur le devant de la scène n’était pas un coup de chance et méritait d’être récompensé. Et c’est aussi à l’engagement de la fan base des Nationals que Zimmerman doit cette sélection. La mobilisation sur les médias sociaux était réelle et agressive pour permettre à Zimm de goûter à nouveau au All-Star Game.

Cette saison les Washington Nationals s’imposent comme une équipe avec laquelle il faudra compter pour la grande danse des playoffs. La forme de Ryan Zimmerman pour le reste de la compétition va s’avérer déterminante dans cette course au fanion. Les Nationals comptent sur son apport en attaque et sur son leadership dans le club house. Car la forme de cette équipe dépend bien souvent de la forme de son numéro 11 : ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme:

Mr. National


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