Derek Jeter « on the field » en cinq questions

Ce dimanche, les New York Yankees officialiseront ce qui était une évidence : plus aucun joueur des Bronx Bombers ne pourra revêtir un jersey floqué du numéro 2. À tout jamais, le #2 sera la propriété d’un petit garçon fan des Yankees et qui en est devenu l’un des plus grands capitaines, Derek Jeter.

Mais qui est Derek Jeter ? Parti des terrains en 2014 avec le statut de superstar et de futur Hall of Famer, Derek Jeter est l’un des rares noms de la MLB qui a su se faire une petite place dans la presse sportive française. Et si les fans français de baseball connaissent tout naturellement son nom, symbole même du franchise player, il reste pourtant beaucoup à apprendre sur Mr November. Pour cela, je vous propose de découvrir ou redécouvrir la carrière sportive du véritable captain America.

Derek Jeter était-il un petit prodige dans sa jeunesse ?

À 9 ans, le petit Derek fait face à ses camarades de classe. Son institutrice lui a demandé de dire ce qu’il souhaiterait faire plus tard comme métier. « Quand je serai grand, je vais être un arrêt-court pour les Yankees de New York ». #visionnaire

Bien qu’ayant grandi principalement à Kalamazoo dans le Michigan, Derek et sa famille viennent du New Jersey et le jeune Jeter y retourne chaque été chez ses grand-parents, ce qui lui permet d’aller voir les Bronx Bombers au vieux Yankee Stadium et d’y admirer Dave Winfield, son joueur préféré. Jeter est un joueur des Yankees avant l’heure. Et quand à l’entraînement, pour plaisanter, ses coéquipiers lui demandent pour quelle équipe de MLB il jouera, la réponse ne varie pas : les Yankees de New York. Et au vu de ses performances en High School, c’est loin d’être irréaliste.

En effet, Derek Jeter sort déjà du lot au lycée. Sa première année, il frappe pour .557 et continue sur sa lancée les deux années suivantes avec .508 de moyenne. Pour sa dernière année en High School en 1992, il ne connaîtra qu’un seul strike out. Ses performances lui attirent de prestigieuses récompenses cette saison-là. Il est nommé meilleur joueur lycée de l’année par l’American Baseball Coaches Association, USA Today et reçoit le Gatorade High School Player of the Year award. L’université du Michigan lui offre ainsi une bourse d’étude pour intégrer les Wolverines de la Big Ten Conference.

Le gendre idéal du baseball

Forcément, de telles performances attirent le regard des scouts de la MLB pour la Draft ’92. Et en premier lieu, de l’ancien lanceur 7 fois All-Star des Detroit Tigers et des Cleveland, Indians, le Hall of Famer Hal Newhouser. Le vainqueur des World Series 1945 officie pour le compte des Houston Astros qui disposent du premier choix et peuvent donc recruter un joueur capable de porter l’équipe vers la victoire selon Newhouser. Problème, le jeune Jeter réclame un bonus d’un million de dollars pour renoncer à sa bourse d’études. Trop cher pour les Astros qui vont finalement recruter Phil Nevin, un des meilleurs joueurs universitaires de l’époque et qui sera All-Star en 2001. Bien, mais loin de ce que réalisera Jeter. D’ailleurs, Newhouser sera tellement écœuré de la décision des Astros qu’il démissionnera.

Finalement, Derek Jeter sera « seulement » sélectionné en sixième position par… les Yankees. Il signe avec la franchise du Bronx pour 800.000 dollars. Le scout des Bombers qui le supervise dira au club : « le seul endroit où Derek Jeter ira, c’est à Cooperstown ». Si ça, ce n’est pas de la prédiction. Plus fort que madame Irma.

Derek Jeter a-t-il franchi facilement l’étape des Ligues Mineures ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la vie de minor leaguer de Derek Jeter ne fut pas de tout repos et aurait même pu s’arrêter dès sa première saison dans les Ligues Mineures.

Quand Derek Jeter arrive dans les mineures, c’est avec l’étiquette de future star de la MLB. Pourtant, tout commence mal. Pour son premier match en Rookie League, il s’offre un 0 pour 7 à la batte avec cinq strikeouts. En 47 matchs à ce niveau, il ne frappe que .202. Afin d’éviter de passer sous la fameuse Mendoza Line où nombre de joueurs dans le slump sont libérés, son coach le laisse sur le banc pour le dernier match de la saison. Cependant, les Yankees ne perdent pas confiance dans leur recrue et le promeuvent en Simple A pour lui donner plus d’at-bats. Sa moyenne remonte à .243 en 11 matchs à ce niveau. Ses timides performances et sa frêle apparence ne donnent pas l’image d’un top prospect. Le jeune Jeter n’est pas à l’aise et dépense 400 dollars par mois en téléphone pour joindre sa famille et se réconforter.

Jeter va réellement montrer des signes de son talent en 1993 en frappant .295 en 128 matchs au niveau A. Il frappe, frappe fort, vole et produit beaucoup de points. Son seul point faible, sa défensive avec pas moins de 56 erreurs. Néanmoins, les managers de la South Atlantic League le nomment meilleur espoir pour la Major League de leur championnat. Après la saison 93, Baseball America en fait le 16ème meilleur prospect du baseball affilié. La saison 94 le verra gravir les échelons du niveau A+ à la AAA en passant par la AA. Tous niveaux confondus, il frappe alors pour .344 et vole 50 bases. Son fielding s’améliore également avec « seulement » 25 erreurs en 138 rencontres. Baseball America, USA Today et The Sporting News en font leur joueur de l’année dans les mineures. Baseball America en fait son prospect numéro 4 pour la saison 95.

La voie royale s’ouvre à Derek Jeter dont les Yankees veulent faire leur arrêt-court. Malheureusement, il se blesse à l’épaule et la franchise du Bronx signe le All-Star Tony Fernandez pour occuper le poste. Jeter est assigné à l’équipe AAA. Cependant, Fernandez et un autre infielder se blessent. Les Yankees appellent Jeter qui joue son premier match dans le Show le 29 mai 1995. Le 30 mai, il frappe son premier coup sûr, le premier d’une très très longue liste. Cependant, avec le retour de Fernandez, il retourne en AAA où il va frapper .317 en 123 matchs. Il rejoindra une nouvelle fois les Yankees en postseason sans faire partie du roster.

Derek Jeter a-t-il eu une carrière MLB sans accroc ?

La carrière de Derek Jeter a connu quelques accrocs mais il s’est toujours relevé pour écrire sa légende et, au final, tenir la distance durant 20 années au plus haut niveau.

L’arrêt-Court, Tony Fernandez, le prédécesseur de Derek Jeter. Photo : Getty Images

On l’a vu. Jeter va faire une courte incursion en MLB lors de la saison 95. Il joue 15 rencontres, frappe pour un modeste .250 et commet 2 erreurs. Au retour de sa blessure, Tony Fernandez ne fait pas mieux offensivement et le nouveau manager Joe Torre souhaite faire de Jeter son arrêt-court titulaire pour la saison 96. George Steinbrenner et son conseiller Clyde King, ancien General Manager du club, ne sont pas convaincus par le jeune prospect. De plus, Fernandez se blesse à nouveau et le big boss approuve un trade qui pourrait faire venir l’arrêt-court Felix Fermin des Mariners. La contrepartie ? Mariano Rivera ! Heureusement, le chef du scouting Yankees et l’assistant du General Manager, un certain Brian Cashman, arrivent à convaincre le club de donner sa chance Jeter. Vous imaginez le destin des Yankees si le trade avait été validé ?

Arrive donc la saison 96 et le début d’une incroyable carrière. Dès l’Opening Day, Jeter donne le ton et frappe son premier homerun dans les Majeures. Il en frappera 10 dans la saison avec une moyenne de .314, 104 points scorés et 78 produits.

Il est élu Rookie de l’année en American League, obtenant la première place des 28 bulletins de vote. Il est le 5ème joueur de l’histoire de la MLB à obtenir un choix unanime pour cette récompense. Et il construit sa légende dès les playoffs. Avec une moyenne de .361, en compagnie de Bernie Williams, il amène les Yankees au titre face aux Braves d’Atlanta, le premier depuis 1978.

En compagnie d’Alex Rodriguez et de Normar Garciappara, il forme la nouvelle génération des grands arrêts-courts. Ses premières saisons sont couronnées de succès personnels, comme sa première participation au All-Star Game et son titre de MVP AL en 1998, mais aussi collectifs avec une nouvelle série mondiale la même année. Cette année-là, les Yankees gagnent 114 matchs, faisant de l’équipe 98 l’une des meilleures de tous les temps au sein du baseball, voir pour certains la meilleure.

Derek Jeter est l’une des meilleures battes de la MLB et se montre décisif en World Series que les Yankees remportent en 1999 et 2000. World Series 2000 qui survole avec une moyenne de .409 et trois homeruns déterminants dans les matchs 4 et 5. Logiquement, il remporte le MVP des séries mondiales après avoir gagné celui du ASG plus tôt dans la saison, devenant l’unique joueur ayant réussi cette performance. Avec Andy Pettitte, Mariano Rivera et Jorge Posada, il forme le célèbre « Core Four » des Yankees.

Les Yankees vont continuer à dominer l’American League en remportant deux fanions de ligue en 2001 et 2003 mais sans remporter les World Series malgré une série dantesque en 7 matchs face aux Diamondbacks lors de l’édition 2001 où Jeter gagne le titre de « Mr November » après un walk-off homerun. En effet, les attentats du 11 septembre avaient décalé la fin de saison et, lors du match 4, ce dernier parti en extra-inning. Alors que minuit sonna, le panneau du stade indiqua que l’on jouait désormais du baseball de novembre. 10ème inning. Les Yankees à la batte. Scott Brosius et Alfonso Soriano sont retirés. Jeter arrive au marbre. Désormais, le compte est rendu à 3-2. La tension est au maximum et Jeter frappe un walkoff homerun qui égalise la série. Arizona la remportera mais Jeter, qui pourtant frappa pour .178 durant la série à cause d’une blessure, venait d’ajouter une pierre à l’édifice de sa légende.

L’arrêt-court des Yanks se blesse lors de l’Opening Day 2003, manque 36 rencontres mais revient toujours aussi fort. Le 3 juin, Steinbrenner le nomme capitaine. Un poste inoccupé depuis la retraite de Don Mattingly en 1995. Quand on pense que le big boss des Yankees n’avait aucune confiance en Jeter huit ans avant. Lors des World Series 2003 face aux Florida Marlins, Jeter cogne fort et souvent une nouvelle fois mais commet une erreur fatale au match 6 qui voit les Marlins emporter le titre ce soir-là.

Après cette erreur et le recrutement de la superstar Alex « A-Rod » Rodriguez, considéré comme le meilleur arrêt-court de la MLB, on pense que Jeter va migrer à une autre position de l’infield. Pourtant, Jeter, qui n’a pas encore reçu de Gold Glove, reste à sa position tandis qu’A-Rod prend la troisième base. Après un début de saison difficile, le capitaine des Bronx Bombers se reprend, propulsant la balle hors du terrain à 23 reprises. Et puis, vient le drame ! Les Yankees affrontent leurs rivaux de Fenway Park en finale de l’American League, perdent la série après avoir mené 3 victoires à zéro, Jeter se troue à la batte et les Red Sox remportent… enfin… vous savez quoi. Cependant, Jeter aura quand même eu le temps dans cette série historique de faire le jeu défensif de l’année et l’un des plus connus de l’histoire contemporaine de la MLB. Plus tôt dans la saison, Jeter réalisa son superbe catch dans les tribunes, ce qui lui voudra son premier Gold Glove.

En 2006, après avoir excellé à la batte avec Team USA à la première World Baseball Classic, il passe la barre des 2000 hits en MLB. Les Yankees ne gagnent plus le fanion mais continuent d’être présent chaque saison en playoffs, grâce notamment à un Derek Jeter au sommet de sa forme. Il enchaîne les All-Star Games et frappe son 200ème homerun en juillet 2008. Malheureusement, les Yanks vont faillir pour leur dernière saison au vieux Yankee Stadium en ne se qualifiant pas pour les playoffs. Ce sera la seule fois où Jeter ne connaîtra pas la postseason après une saison complète sur les terrains de la MLB. Mais ce n’est que pour mieux rebondir !

En 2009, Jeter va connaître une grande saison. Sur un plan personnel, il devient l’arrêt-court qui a frappé le plus de coups sûrs en MLB devant Luis Aparicio puis il bat le record de coups sûrs des Yankees en passant devant le légendaire Lou Gehrig. Plus tôt dans la saison, il est nommé capitaine de Team USA pour la seconde édition de la World Baseball Classic. Durant la préparation, Team USA affronte les Yankees pour l’unique match de Jeter contre ses Bombers. S’il ne connaît pas le titre avec l’équipe nationale, il fait mieux que se consoler en gagnant ses cinquièmes et dernières World Series, le dernier titre du célèbre « Cour Fore » qui fit des Yankees de 1996-2000, l’une des plus grandes générations de baseball de tous les temps.

La saison suivante, il ne commet que six erreurs, record personnel, mais ne frappe que pour .270, faisant dire que le capitaine est sur le déclin. En 2011, Jeter est encore sur la pente descendante au bâton puis se blesse pour la première fois depuis 2003. Pourtant, The Captain n’abandonne pas et quand il revient au jeu, il frappe si bien que sa moyenne est de .297 en fin de saison. Le 9 juillet, il intègre le club des 3000 coups sûrs avec un homerun puis, le 29 août, il joue son 2402ème match sous le maillot des Pinstripes, battant le record du Hall of Famer Mickey Mantle. Alors que Jeter était annoncé sur le déclin, il est plus rayonnant que jamais. Il affiche une moyenne de .317 en 2012 avec le plus grand nombre de coups sûrs de la saison, intégrant le Top 10 de tous les temps dans cette catégorie devant le grand Willie Mays. Mais une blessure durant la postseason va mettre fin à cette deuxième jeunesse.

Le capitaine des Yankees ne va jouer que 17 rencontres en 2013. Les Yankees le signent pour une nouvelle saison et en février, le héros de New-York annonce que la saison 2014 sera sa dernière. Sa moyenne finale ne sera que de .256 mais il frappera suffisamment pour battre encore quelques records et prendre la sixième place au classement des plus grands frappeurs de coups sûrs de la MLB, devant Honus « The Flying Dutchman » Wagner et juste derrière Pete Rose, Ty Cobb, Hank Aaron, Stan Musial et Tris Speaker soit du très très lourd.

Durant cette dernière saison, il sera honoré et ovationné dans chaque stade où se produiront les Yankees et il aura droit à une double standing ovation au All Star Game. Il jouera ses derniers matchs comme arrêt-court au Yankee Stadium pour honorer les fans avant de faire sa dernière série à Fenway Park, uniquement comme DH. Et malgré la rivalité entre les deux équipes, les fans des Red Sox lui offriront une belle ovation à sa sortie du terrain. #RE2PECT

Derek Jeter est-il un excellent arrêt-court ?

Au regard des cinq Gold Gloves qu’il a glâné, on pourrait l’affirmer. Il remporte son premier gant dorée en 2004. Suivent ensuite 2005, 2006, 2009 et 2010, une année où il ne commet que six petites erreurs. Cinq Gold Gloves en 18 saisons complètes (il a joué 13 matchs en 1995 et 17 en 2013), cela peut sembler peu pour un joueur de sa trempe. Pourtant, seuls six autres arrêt-courts ont fait mieux ou aussi bien depuis l’existence de ce trophée : Omar Vizquel, Lui Aparicio, Mark Belanger, Dave Concepcion et Ozzie Smith. Des références. Jeter est donc un arrêt-court reconnu, notamment pour son positionnement et sa rapidité d’exécution. Sa signature est le fameux « jump-throw ».

Le fameux Jump Throw de Derek Jeter

Pourtant, cette reconnaissance n’a eu de cesse d’être remise en cause depuis une dizaine d’années par des études statistiques, notamment les sabermetriciens. Dans un essai datant de 2006, le père des sabermetrics, Bill James, considère Jeter comme le défenseur le plus inefficace des Majeures toutes positions confondues. Une étude de l’université de Pennsylvanie en fit le pire arrêt-court de la MLB entre 2002 et 2005. Les sites FieldingBible.com et FanGraphs en font un arrêt-court moyen pour la saison 2010 alors que le capitaine des Yankees reçoit cette saison-là son cinquième Gold Glove. Au final, Jeter termina sa carrière avec un fielding average de .976, loin d’être ridicule puisque cela le place au 34ème rang (sur 286) des arrêt-courts selon le site Baseball Reference.

Le cas Jeter est donc emblématique d’un double débat. L’un sur les trophées type Gold Gloves et leur pertinence quant à leur palmarès. Et l’autre entre ceux qui évaluent par les stats et ceux qui évaluent plus instinctivement les joueurs. Ainsi, aux études statistiques sur la défensive de Jeter, ses partisans répondent sur sa capacité à réussir les jeux décisifs et son aura qui tranquillise toute la défense.

Inspiration défensive de Derek Jeter

Néanmoins, il est certain que Jeter n’est pas le plus grand arrêt-court de l’histoire de la MLB. En Ligues Mineures, ce fut l’un de ses points faibles et il lui fallut neuf ans pour conquérir un Gold Glove. Après, une saison 2007 à 18 erreurs, le club demanda à Jeter de travailler durement à l’intersaison pour améliorer sa défense et élargir la zone de sa couverture. Mais on considère que l’excellent 2ème Base Robinson Cano a contribué à ses gants dorées de 2009 et 2010 en sécurisant la zone de défense à sa gauche. D’ailleurs, si A-Rod, meilleur arrêt-court des Majeures, fut repositionné à la 3ème base à son arrivée aux Yankees, c’était pour permettre à Derek Jeter de mieux se concentrer sur sa gauche, une faiblesse que les scouts avaient déjà repéré à l’époque.

Jeter fut sans nul doute un bon arrêt-court, capable d’actions décisives sans être totalement une machine. Sa force résidait dans son leadership, apaisant sa défense. De plus, c’était un arrêt-court ultra-performant à la batte, ce qui le rendait incontournable et contribuait à masquer ses quelques faiblesses défensives.

L’un des jeux défensifs les plus connus de la carrière de Derek Jeter… et de l’histoire de la MLB

Derek Jeter est-il le meilleur joueur de l’histoire des Yankees de New York ?

Quand une équipe à compter des joueurs comme Babe Ruth, Joe DiMaggio, Mickey Mantle et Lou Gehrig, pour ne citer qu’eux, vous vous dites sûrement que cette question est hors de propos. Pourtant, que ce soit en terme de stats ou de palmarès, Derek Jeter fait bien partie des plus grands au sein de la plus prestigieuse franchise de l’histoire de la MLB. Seulement, ce groupe des plus grands est très très grand. Pas moins de 18 joueurs ont été intronisés sous la casquette des Yankees. En plus de ceux déjà cités plus haut, on retrouve des légendes comme Tony Lazzeri, Bill Dickey, Yogi Berra, Earle Combs, Lefty Gomez, Phil Rizzuto, Reggie Jackson, Goose Gossage. Et bientôt, se joindra à la liste le plus grand closer de tous les temps, Mariano Rivera.

Babe Ruth, la légende des Yankees. Photo : DR

Et si on élargit ce groupe aux Hall of Famers passés par les Yankees mais intronisés sous une autre casquette, on y ajoute Rickey Henderson, Dave Winfield, Catfish Hunter, Wade Boggs ou encore Tim Raines. La concurrence est rude au titre de meilleur joueur passé par les Yankees. Mais disons-le clairement, le meilleur joueur des Yankees, et du baseball, est et restera probablement Babe Ruth qui, des décennies après avoir foulé les terrains, trône encore tout en haut des records de la franchise en moyenne de frappe, en point scoré, en homerun, but sur balle, slugging et présence sur base, se classant second en point produit et troisième en nombre de coups sûrs frappés.

Et Derek Jeter dans tout cela ? Il se place quasi-systématiquement voir prend parfois la première place au sein de la franchise, grâce à la fois à sa constance à la batte et à son exceptionnelle longévité au plus haut niveau, doublée d’une fidélité sans faille aux Bombers. C’est le Yankee qui a joué le plus de matchs pour la franchise (2747) devant Mantle (2401) et Gehrig (2164). Sa moyenne en carrière est de .310 soit la 8ème de l’histoire de la franchise. Sans surprise, il se place leader en coups sûrs avec 3465 frappes gagnantes tandis que Lou Gehrig n’en frappa « que » 2721. Jeter est le seul membre des Yankees dans le club des 3000 où il se place à la sixième position de l’histoire des Majeures. C’est également l’arrêt-court qui a frappé le plus de coups sûr en MLB. Il est également le joueur des Bombers à avoir volé le plus de bases (358) et cogné le plus de doubles (544). Et il talonne le grand Babe au niveau des points scorés.

Derek Jeter, c’est également 14 participations au All-Star Game où il possède la cinquième meilleure moyenne à la batte (.481) pour les joueurs ayant au moins 10 at-bats en ASG. Il est au 15ème rang en terme de participation à égalité avec des stars comme Johnny Bench, Barry Bonds et Reggie Jackson. Chez les Yankees, seuls Mantle et Berra ont fait mieux.

Legend

Bien entendu, Derek Jeter s’est aussi des étincelles en postseason et des titres. Cinq World Series, sept championnats de l’American League, treize titres de division, une moyenne de frappe en playoffs de .309 dont .321 en World Series, un titre de MVP World Series en 2000, Rookie de l’année 1996, cinq Gold Gloves et cinq Silver Suggler Awards et des coups d’éclats qui lui ont valu deux fameux surnoms : « Mr. November » et « Captain Clutch ». Sa constance au plus haut niveau fait de lui le joueur ayant participé aux plus grand nombre de matchs en playoffs. Il détient également le record de coups sûrs, de doubles, de triples et de points scorés.

Derek Jeter n’est donc pas le meilleur joueur des Yankees et encore moins de l’histoire de la MLB mais il ne fait aucun doute qu’il restera l’une des figures les plus marquantes de la franchise du Bronx et qu’il sera élu dès sa première année d’éligibilité au Hall of Fame. Et si sa saison d’adieu fut si forte émotionnellement, à l’instar de son coéquipier Mariano Rivera une année plus tôt, c’est que la retraite de Jeter mettait fin à la puissante dynastie des Yankees de 1996-2000 et signait le départ d’une des dernières grandes légendes du baseball encore en activité, dont l’aura dépassait le cadre du baseball, laissant l’avenir à la jeune génération des Bryce Harper et autres Mike Trout.

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