Derrière le slump, la lumière…

C’est un récit en guise de chemin de vie. Voici quelques mots grattés un soir d’octobre avec comme fond sonore un match de baseball, comme pour rappeler que rien n’est fini. Que ça soit au baseball ou dans la vie. Il n’y a qu’à se souvenir du ‘No Fluke’ des Royals l’an dernier pour se le prouver. Ce sport se joue à 90% dans la tête. Ah le mental. C’est cet aspect du jeu qui m’a donné l’envie de pratiquer. Et c’est aujourd’hui sur cet aspect que j’ai mené mon plus grand combat. Pour sortir de ce fameux ‘slump’ si redouté par les étoiles MLB.

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C’est évidemment une métaphore, mais ô combien douloureuse. Le slump définit au baseball cette période où un joueur ne touche plus une balle sur une longue période. C’est un état critique où tout se joue dans la tronche. Le batteur, seul dans sa boîte face au pitcher adverse ressasse. Il se remémore alors ses précédents passages tous terminés par un cuisant retour sur le banc. Les « flyout » et « strikeout » deviennent les pires ennemis du frappeur. Il repense à cette curve qu’il aurait dû frapper deux innings plus tôt. Il revoit cette fastball passée devant lui à la vitesse d’un TGV et gamberge sur ce contact en retard qu’il a eu dans la première manche.
Le ‘slump’ terrorise, intrigue et fascine à la fois. C’est un grand mystère. Qu’est-ce qu’il peut bien se passer sous le crâne des plus grands champions pour ainsi déchanter à chaque passage ? Comment un MVP peut-il à un moment donné toucher le fond sans voir le bout du tunnel ? Personne n’a la réponse mais tout le monde sait une chose: Personne n’est à l’abri. Earl Wilson disait d’ailleurs ceci : « Un match de baseball est tout simplement une dépression nerveuse divisée en neuf manches ».

Pour ceux qui me connaissent, j’ai toujours aimé la vie. J’ai dévoré chaque foutue seconde de mon existence depuis 27 ans. J’ai voyagé, fait des rencontres, vibré dans des stades, assisté à des concerts, vécu une vie simple mais heureuse. J’ai commis des erreurs, appris, grandi, muri, et toujours vécu sans remords. En quelques mots, je suis monsieur tout le monde. Je suis toi qui lis ces lignes, toi qui aimes le sport, toi qui aimes tes potes et tes soirées, toi qui aimes aimer, qui aimes lire, écrire ou mater des séries. J’ai bouffé mes passions à 100 à l’heure et suis tombé amoureux de ce sport il y a quelques années après un voyage outre-Atlantique. Diplômé d’une école de journalisme et présent tous les jours sur l’oiseau bleu, je décidais il y a deux ans de créer le compte twitter @MLB_France. À la base j’étais seul. Puis très vite Bastien deGrom m’a rejoint dans la rotation. À deux on a lancé plusieurs ‘complete game’ sur la première saison avant de voir plus grand.
Début 2016 on décidait de sortir un site 100% baseball. « The Strike Out » voyait ainsi le jour à l’orée de cette cuvée 2016. L’équipe s’est agrandie, des passionnés nous ont rejoint et contribuent aujourd’hui à faire vivre le baseball dans l’Hexagone. De Martin à Romain, en passant par Marion et Gaétan jusqu’à Matthias et Etienne, tous ont lancé un jour dans l’antre de ‘The Strike Out’. À vous tous je dis Merci. Du fond du cœur merci d’avoir permis à ce site de sortir de terre. Merci d’avoir pris du temps pour gratter un papier, relayer une info sur les réseaux sociaux ou offrir un live sur Twitter. ‘The Strike Out’ c’est vous et sans vous il n’y aurait plus de « K » à balancer dans le gant.
Le second Merci est à toi lecteur qui depuis le début fait vivre ce site à travers ta lecture. L’équipe écrit toujours pour toi avec l’espoir de t’apporter un petit plus pour comprendre ce sport qui peut parfois s’avérer être un véritable casse-tête à première vue.

Nous arrivons au terme de cette première saison et tous abattent un vrai gros travail pour relayer au mieux ces playoffs. Tous ? Vraiment ? Oui à une exception près. Car si l’équipe joue le jeu à fond je dois bien avouer que je n’ai été d’aucune aide sur cette fin de saison bien trop occupé à combattre mon premier « slump » de terrien. Il n’existe pas d’échelle de la douleur et chaque ressenti est propre à soi-même. Un licenciement ? Une perte amoureuse ? Un décès ? Un drame ? Chacun discerne sa souffrance en fonction de son vécu et de sa forme du moment. Néanmoins chacun peut un jour ou l’autre toucher les abysses de l’être et ne plus réellement se sentir ‘vivant’. Ce ‘slump’ appelé en dehors du diamant « dépression » m’est tombé dessus tel un hit-by-pitch d’Aroldis Chapman.
Alors forcément le baseball comme la musique, le cinéma ou le sport m’ont paru bien futiles à côté de l’onde de choc reçue par cette balle du closer des Cubbies. C’est aussi pourquoi j’ai gribouillé ces lignes. Pour envisager de voir le bout du tunnel. Pour ne plus rentrer m’asseoir sur le banc après chaque passage dans la boîte. Avec la rage de vouloir frapper cette dépression loin, très loin de moi. Pour l’envoyer dans les étoiles de mon ‘ballpark cérébral’. Même si on sait tous que dans la vraie vie je n’ai jamais frappé mieux qu’un triple. Mais l’important est ailleurs. Car Bob Lemon avait raison. Ainsi je peux le dire. « J’en suis venu à la conclusion que les deux choses les plus importantes dans la vie sont des bons amis et un bon bullpen ».

J-Sé Gray ‘In Billy Beane we trust’.

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