Owen Ozanich (1ère partie) : « Mon rêve américain brisé »

Si la 1 ère division française est méconnue, elle n’est pour autant pas dépourvue en talents. L’un d’entre eux est le lanceur Owen Ozanich. Le franco-américain arrivé à Rouen en 2011, possède de vraies références outre-Atlantique acquises tout au long de sa scolarité. Retour avec Owen Ozanich sur ses débuts américains. 

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The Strike Out : Vous êtes né en France mais avez grandi aux États-Unis. Votre scolarité outre-Atlantique s’est effectuée avec une forte activité dans le baseball en parallèle, pouvez-nous vous parler de votre parcours aux U.S ?

Owen Ozanich : Pour commencer, il faut dire que mon père est Américain, c’est lui qui m’a transmis l’amour du baseball. Mes premiers faits d’armes dans le baseball remontent à mes 12 ans, dans la Little League, où mon équipe de South Burlington s’est hissée jusqu’en finale pour le titre de champion de Nouvelle-Angleterre [une première jamais rééditée pour une équipe du Vermont, NDLR]. Ce match est même diffusé par la chaîne nationale ESPN 2 pour l’occasion. Ensuite j’intègre la « Babe Ruth League » de 13 à 15 ans où l’on joue pour la première fois sur un « vrai » diamant et nous avons été sacrés champions du Vermont. Pendant cette période j’ai alterné entre mes deux postes de prédilection : shortstop et lanceur. Après vient la période lycée de 2003 à 2007 où je joue toujours pour South Burlington, la dernière année on remporte le championnat du Vermont avec un record inégalé de 20-0. Le fait d’avoir pu soulever ce titre avec mes amis avec qui je jouais depuis mes 6/7 ans était vraiment sensationnel.

TSO : Puis vient la période NCAA en première division ? 

O.O : Avec l’Université de Vermont pour les Catamounts de 2007 à 2009. Le niveau est vraiment élevé, je me suis présenté à la fois en tant qu’infielder et lanceur mais on avait Matt Duffy dans l’équipe. Le niveau du shortstop actuel des Astros m’a cantonné uniquement au poste de lanceur au fil des mois. J’ai été utilisé une fois en tant que starter et j’ai fait 34 apparitions comme releveur en deux ans. La première année je termine avec un ERA de 4.88, c’était bien pour moi.

TSO : Avec un passage au Bennington Bombers à l’été 2008 ? 

O.O : C’était dans une ligue d’été « woodbat » rattachée à l’État de New York qui a pour but de promouvoir les joueurs universitaires, j’ai fait une bonne saison avec eux, avec un ERA de 3.86.

TSO : Tout allait bien avant votre deuxième saison en NCAA ?

O.O : La deuxième saison a été plus compliquée en effet avec seulement 16 manches lancées et un ERA supérieur à 9. Cette mauvaise performance s’explique par le fait que l’Université nous avez dit qu’elle arrêterait la section baseball à la fin de l’année à cause de la crise de 2009. C’était une immense déception, pour être signé par une organisation de MLB, il faut faire au moins trois ans de Fac et je savais très bien que je ne pourrais pas les faire.

TSO : Vous auriez pu changer d’Université pour continuer ? 

O.O : Oui mais les études étaient trop importantes pour moi et je ne voulais pas redoubler des cours. Puis, je n’étais pas trop enclin à quitter le Vermont, j’étais attaché à cet endroit où j’ai grandi et où mes parents vivaient à l’époque. J’avais travaillé très dur dans l’espoir de jouer une fois dans les ligues américaines mais les études étaient ma priorité, alors après mes deux années en Fac j’ai continué avec une petite équipe du niveau club mais mes espoirs étaient douchés.

TSO : Vous voulez dire qu’une fois sorti du cursus-type pour accéder à la MLB, on n’a aucune chance d’y accéder ?

O.O : Oui c’est ça. La MLB est une machine qui fait tourner très vite les joueurs et qui vous laisse une petite fenêtre de tir pour y accéder. C’est au niveau de la troisième année d’Université que tout se joue, si vous n’avez pas été signé, il y a très peu de chance que cela se produise pendant votre quatrième et dernière année. Moi, je n’ai pas eu la chance de faire cette fameuse troisième année, donc plus vraiment d’espoir. Et puis une fois que vous pouvez accéder à une organisation MLB, on vous laisse peu de temps pour faire vos preuves.

TSO : En France, on assimile souvent la NCAA aux fantastiques ambiances des championnats universitaires en basketball ou football américain, est-ce la même chose dans le baseball ou on a le droit aux mêmes ambiances feutrées qu’en MLB ? 

O.O : Non il y a de la ferveur avec beaucoup d’ambiance. On jouait dans un stade de 4500 personnes, il n’était pas toujours rempli mais il faut dire que dans le Vermont il fait très froid jusqu’à la fin avril. En revanche quand on partait dans le sud, en Floride, au Nouveau-Mexique ou dans le Mississippi et contre les grosses facs comme Vanderbilt, là où il y a une vraie culture baseball c’est vraiment des excellentes ambiances.

TSO : Que retenez-vous de cette expérience au plus haut niveau universitaire ?  

O.O : C’est une nouvelle dimension. Le niveau est haut et j’ai joué avec et contre des futures joueurs MLB. Parmi les plus notables, et outre Matt Duffy, on avait dans notre équipe Joe Serafin (Chicago White Sox), Justin Albert (Arizona Diamondbacks) et Ethan Paquette (Seattle Mariners). J’ai joué contre Mike Minor (Atlanta), Drew Pomeranz (Colorodo),  Sonny Gray (Oakland) et Pedro Alvarez (Pirates). Des vraies pointures, mon niveau s’est élevé pendant cette période mais ça restera un échec pour les raisons que vous connaissez.  Après 2009, quand j’ai rejoint une petite équipe de South Burlington pour continuer la pratique du baseball avec des potes, je ne pensais plus rejouer à un bon niveau. Mais Xavier Rolland, président des Huskies de Rouen est venu me chercher…

(à suivre)

 

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