Arizona Fall league: les joueurs à retenir de l’édition 2022

Depuis 1992, chaque année se tient, en fin d’automne, l’Arizona Fall League ou AZFL. Cette ligue, contrôlée par la MLB, permet aux franchises d’y envoyer leurs prospects les plus à même de toquer à la porte de l’effectif des majeures. Pensée comme une ligue de développement et d’exposition, elle aura vu bien des stars y faire leurs gammes… Cette introduction vous rappelle quelque chose? C’est en effet un nouveau retour sur cette compétition qui marque le début de la offseason, du hot stove et de toute cette ébullition autour de la Free Agency, la rule 5 et… la MLB draft lottery qui débarque cette année.

Alors, quels sont les joueurs qui ont performé? Qui garder dans un coin de sa tête? On en parle ici!

Souviens-toi l’automne dernier

Vous rappelez-vous de Nelson Velazquez, d’Owen White, Bryson Stott ou autre JJ Bleday de l’edition précédente? Ces jeunes joueurs qui ont su profiter de l’AZFL (ou AFL) 2021 afin de se montrer, prendre de la valeur ou atteindre les effectifs de 40 joueurs de leur franchise, ont pour certains montrer de belles choses dans le « show ».

Bryson Stott a atteint les World Series avec ses Phillies, Velazquez, MVP de l’edition 2021, a pu se lancer avec ses cubs, tandis que JJ Bleday ou Brett Baty ont egalement pu avoir des at-bats au sein des Marlins et des Mets, pour ne citer qu’eux.

Autant d’exemples qui sont une preuve de l’aspect « anti-chambre » des majeures qu’est cette compétition.

Mais je sais que vous n’êtes pas la pour avoir une énième justification de la mise en avant de cet évènement, mais plutôt pour savoir quels joueurs y ont performé, et donc quels joueurs de vos franchises préférées sont à surveiller pour 2023!

 

Les joueurs qui ont performé

Cela fait partie des règles officieuses de cette compétition, les franchises n’envoient que rarement leurs meilleurs prospects lorsque l’on parle pitching, même si cela peut arriver afin de donner par exemple du temps de jeu à de forts prospects n’ayant pu travailler comme souhaité durant la saison dans les mineures.

Ce parti pris amène deux choses:

  • Des statistiques incroyables chez les meilleurs frappeurs de la cuvée, face à des lanceurs un (tout) petit peu moins « élite »
  • Des lanceurs que l’on attendait pas forcément et qui performent au point de « relancer » l’intérêt du côté des franchises qui les avaient drafté, ou de la part d’autres franchises dans l’optique de la rule 5 draft.

Malgré tout ça, il y a eu de belles performances côté lanceur, et il est temps d’en mentionner quelques-uns:

Les lanceurs: retour sur quelques irréductibles

Les fans de Detroit l’ont déjà vu à l’oeuvre, et il a déjà 25 ans, mais Joey Wentz a pu utiliser cette compétition afin de compenser ses absences durant la saison dues à des problèmes à l’épaule. Auteur d’un ERA de 0.00 en 3 starts, il affiche une fiche impressionante (14 strikeouts pour 2 coups sûrs concédés en 12 manches jouées durant cette mouture) et va pouvoir de nouveau prétendre à aller aider la rotation des Tigers en 2023.

Les Tampa Bay Rays savent dénicher et développer leurs lanceurs, et l’AZFL 2022 nous l’a encore montré avec Evan Eifert. L’ancien membre du farm system des Brewers est encore un petit peu loin des majeures, mais ce tournoi lui a permis de se révéler en devenant historique!

Le releveur, au contrôle en développement, a réussi à retirer sur prise 25 frappeurs sur les 40 qu’il a affronté! Affublé d’une slider qui aura su déranger les batteurs dans les premiers niveaux des mineures et lors de cette AZFL, Eifert peut se targuer d’avoir explosé le record du pourcentage de strikeout dans la compétition. En limitant ses adversaires à une moyenne au bâton famélique, il a largement mérité la distinction de meilleur releveur de la compétition.

 

Pour finir, impossible de revenir sur les performances des pitchers sans parler de « l’expérimenté » gaucher de Saint Louis, Connor Thomas. Le joueur de 24 ans, qui sort d’une saison moyenne en Triple-A, s’est servi de son excursion en Arizona afin de travailler sur sa cutter, une balle rapide à effet, moins rapide qu’une 4 coutures, mais avec plus d’effet, et plus rapide qu’une slider, mais avec moins d’effet (je sais que vous suivez), lui qui est connu plutôt pour une sinker, cette balle rapide à 2 coutures qui a tendance à plonger au dernier moment, et une slider de très bonne facture.

Le lanceur partant a notamment réussi 34 strikeouts (numéro 1 de l’AZFL 2022), le tout avec un ERA de 1.75 et un WHIP (la stat qui permet de voir à quel point un lanceur a été capable de limiter l’accès aux bases, puisqu’elle combine le nombre de buts sur balle et de coups sûrs sur le nombre total de manches lancées) de 1.05. Rien d’étonnant donc à le voir remporter la récompense de pitcher of the year de cette Fall league.

Receveurs: Henry Davis a du boulot

Souvenez-vous la draft 2021, beaucoup de personnes imaginer Jordan Lawlar rejoindre le processus de développement des Pirates, mais un certain receveur de l’université de Louisville épatait tout une nation avec des statistiques offensives incroyables! Ce dernier fut donc appeler en première position par Rob Manfred, et un nouveau chapitre commença…

Henry Davis, la révélation universitaire 2021, est arrivé avec pas mal de questions le concernant alors qu’après des débuts impressionnants dans les premiers niveaux des mineures, le natif de Bedford, dans l’état de New York, a eu un peu plus de mal à exporter sa batte en double-A à Altoona. Touché au poignet durant la saison, il a commencé à montrer ses facultés offensives en Pennsylvanie, malgré les éternels questions concernant son style peu othodoxe au bâton. Mais Davis a surtout gardé le voile sur ses aptitudes en tant que receveur, première source d’inquiétude des observateurs.

Et malheureusement cette édition de l’AZFL n ‘a en aucun cas permis de lever les doutes sur son futur à cette position. Le vainqueur de l’édition 2022 avec les Saguaros Surprise a eu des difficultés offensivement en comparaison aux standards de la ligue. Il a notamment un ratio but sur balle/strikeout de 10/11, avec .260 de moyenne au bâton et .875 d’OPS pour 1 HR, 6RBI et 11R en 50 at-bats. En tant que receveur, sa puissance de bras ne lui a pas permis de tirer son épingle du jeu sur les phases défensives et nul doute qu’il va falloir être patient avec ce dernier, alors que les prédictions le voient fouler les terrains de MLB en 2024.

C’est bien beau tout ça, mais du coup, quel receveur a su se montrer à son aise durant cette campagne?

 

Si Jeferson Quero, le prospect vénézuélien des Brewers, s’est distingué notamment défensivement (45.8% de caught stealing rate, c’est à dire qu’il a pu attraper et éliminer plus de 45% des tentatives de vols par les coureurs adverses), le receveur à retenir est l’un de ceux que l’on attendait le moins, Stephen Scott. A plus de 25 ans, le prospect vétéran de la Red Sox Nation, ancienne figure connue de Vanderbilt, est un joueur versatile, capable de jouer champ gauche et première base également. Alors qu’il est de retour cette saison à ce poste de catcher, le natif de Raleigh en Caroline du Nord a été solide en leader de batterie.

Mais surtout, le champion universitaire 2019 (avec le MOP de l’époque Kumar Rocker notamment) s’est distingué offensivement, alors qu’on ne l’attendait pas du tout à pareil fête. Avec 5 HR, 16 RBI, 15 R le tout en .298 AVG, .394 OBP, .614 SLG et 1.008 OPS en 15 matchs, Scott a pu profiter d’une parenthèse enchantée, lui qui n’est pas réellement attendu tout en haut au sein de l’organisation de Boston (prospect en dehors du top 30 des Red Sox).

Heston Kjerstad, symbole d’une AZFL dominée par les joueurs de position

 Que de chemin parcouru pour Kjerstad! L’excitant prospect des Orioles (un parmi tant d’autres!), sélectionné en 2e position en 2020, a dû prendre son mal en patience. Victime de soucis de santé, l’ancien gros joueur d’Arkansas a pu se lancer cette saison en Single-A, puis en High-A, mais c’est lors de cette AZFL qu’il a pu faire feu de tout bois, avec une visibilité nationale.

En effet, après un an à se soigner, les observateurs se posaient des questions, notamment sur sa faculté d’adaptation, sa discipline et sa puissance. Réputé pour avoir une batte puissante, son retour sur les terrains, via les mineures, s’est résulté sur 5 HR en 65 matchs… résultat qu’il a égalé en seulement 22 matchs cet automne! Ajoutant 35 coups sûrs dont 15 extra base hits (soit 15 coups sûrs lui permettant d’atteindre à minima la deuxième base) le tout avec une ligne de stats impressionnantes: .357 AVG, .385 OBP, .622 SLG et 1.007 OPS.

Si la question de sa discipline à la batte reste d’actualité (31 retraits sur prise pour 5 buts sur balle!), il a plus que rassuré tout son monde, remportant par ailleurs le MVP de la compétition. Sympa de rejoindre d’illustres prédecesseurs comme Acuna Jr., Bryant ou encore Arenado, après avoir subi un énorme contre coup ces dernières années.

Si Heston Kjerstad est le MVP, un autre joueur de champ extérieur s’est distingué offensivement, remportant le titre de joueur offensif de cette AZFL 2022: Zac Veen. Le prospect numéro un des Colorado Rockies, est attendu depuis sa draft dans le show. Et ce n’est pas ses prestations qui vont freiner l’impatience des fans de Colorado ou tout simplement celle des observateurs. Discipliné et constant dans son approche à la batte, le joueur s’est attaché à atteindre les bases, et ses .333 AVG, .444 OBP, .444 SLG et .889 OPS confirment la « stratégie Veen ».
Avec un joli ratio de 15 buts sur balle / 8 strikeouts, Zac Veen a surtout impressionné dès lors qu’il était coureur: 16 bases volées, soit .75 bases volées par match! Alors que plus tôt cette année, la transition High-A Double-A a représenté le premier mur auquel il a dû se confronter, le jeune homme de 21 ans, confiant en ses capacités, va pouvoir reprendre sa marche en avant.

Après Harrison Bader (parti depuis) ou encore Dylan Carlson, Saint Louis a en son sein un autre outfielder dont l’arrivée en MLB est plus qu’anticipé: Jordan Walker. Habitué à alterner avec la troisième base, le prospect issu du lycée de Decatur en Georgie, a complété sa transition pour le champ extérieur, et a su se montrer digne de ses jeunes prédecesseurs, notamment en terme de puissance de bras sur les actions défensives (notamment un lancer vers son receveur qui a fait le tour des réseaux sociaux, enregistré à 99.5 mph)!

En attaque, il a été bon, même si son taux de retrait sur prise a été un peu élevé en comparaison aux buts sur balle provoqués (23 SO en 77 at-bats, pour 10 buts sur balle), avec une ligne de stats intéressante à .286 AVG, .367 OBP, .558 SLG, .925 OPS. Le joueur de 20 ans, déjà bien installé à Springfield, en Double-A, peut continuer à travailler sereinement: son adaptation en pure outfielder se passe idéalement!

Si dans l’infield, certains prospects moins attendus ont su performer (Coucou TJ Rumfield et Tyler Hardman, hors top 30 des prospects côté Yankees), je ne pouvais clore cet article sans parler du québecquois des Minnesota Twins, le deuxième base Edouard Julien! L’ancien pensionnaire de l’université d’Auburn, déjà impressionnant en Double-A à Wichita, est encore monté d’un cran dans l’Arizona. Jugez plutôt:

.400 AVG, .563 OBP, .686 SLG, .1248 OPS, 5 HR, 17 RBI, 24 R, 28 coups sûrs, 6 bases volées et un ratio but sur balle/retrait sur prise de 23/22!

Le prospect numéro 14 des Twins a montré tout ce qu’il fait déjà dans les mineures, à savoir une discipline et une patience à la batte inégalée, et il a su ajouter la puissance adéquate lui permettant de capturer le trophée de Breakout player of the Year (trophée du joueur qui a dépassé les attentes) lors de cette mouture 2022 de l’AZFL.

Ces performances ont mis en évidence une constante: les joueurs de position dominent cette compétition, ce qui peut s’expliquer, comme dit en début d’article, par le fait que les meilleurs prospects lanceurs sont rarement envoyés dans l’Arizona.

Mentions honorables

Avant de partir, rien de mieux que quelques mentions honorables afin de « name-dropper » certains prospects, performants cet automne, à suivre dans vos franchise respectives:

Jordan Lawlar: Malheureusement blessé assez rapidement, a malgré tout pu montrer une partie de son fameux arsenal « 5 tools ». Les DBacks ont de quoi voir l’avenir sereinement.

Scott Schreiber: L’un des joueurs « surprises » (private joke) de cette mouture de l’AZFL, le MVP de la finale (finale d’anthologie qui plus est) s’est montré aux yeux des Astros, son organisation.

Will Wagner: L’autre prospect surprise de cette édition, le fils de Billy « The Kid » Wagner a représenté l’équipe la plus hype de cet automne. Vainqueur de la finale, avec son collègue Schreiber, il a permis d’ajouter un titre de plus du côté de Houston.

Jackson Merrill: Le désormais prospect numéro un des Padres, n’a pas été ridicule loin de là, à seulement 19 ans. Un nouveau shortstop du futur à San Diego?

Emmet Sheehan: Le lanceur partant, prospect numéro 22 des Dodgers, s’est bien battu dans une ligue faisant la part belle aux frappeurs. Avec une dernière sortie monumentale (10 strikeouts dont 8 consécutifs pour un seul coup sûr et un but sur balle concédé en 5 manches sans prendre le moindre point) il a capturé le dernier pitcher of the week de la compétition. Suffisant pour se faire remarquer!

Sans oublier Jose Ramos (Dodgers), Noelvi Marte et Matt McClain (Reds), Masyn Winn (Cardinals), Nick Yorke (Red Sox), Mason Miller (A’s)…

Souvent vu comme une compétition « étalon », permettant de jauger et juger les jeunes pousses des différents farm system MLB, l’Arizona Fall League nous a encore une fois proposé un spectacle de belle qualité, et les joueurs cités dans cet article, tout comme ceux ayant participé à cette édition 2022, pourraient se retrouver propulser au sein du show dans les années à venir. Qui, parmi eux, saura tirer son épingle du jeu, afin de perpétuer une belle tradition de plus de 30 ans aujourd’hui? 

Publié dans MLB

Laisser un commentaire