Postseason 2022 – Philadelphia Phillies : Croire aux miracles

A l’instar des Mets, leurs rivaux régionaux et de division, les Philadelphia Phillies accumulent les accidents industriels depuis plusieurs saisons, malgré des investissements toujours plus conséquents. Et cette saison, encore, le coup est passé tout près, les Phillies n’assurant leur place en playoff que lors de la dernière semaine face au retour presque réussi des Brewers. Saison difficile donc, mais saison en trompe l’œil tant le remplacement en cours de saison de Joe Girardi par Rob Thomson a changé le visage de cette équipe. Et comme chacun le sait, la manière de se qualifier n’a plus aucune importance, une fois la participation aux playoffs acquise.

Les Philadelphia Phillies retrouvent la Postseason, pour la première fois depuis 2011! (Photo : Logan Riely/Getty Images)

 

S’ils se retrouvent, début novembre, sur un bus à impériale défilant le long de Benjamin Franklin Parkway, les Philadelphia Phillies auront certainement oublié la date du 3 juin 2022. Et pourtant, c’est bien la date où tout a changé pour les coéquipiers de Bryce Harper. Largués par les Mets en NL East (12 victoires de retard), ils affichaient surtout un fâcheux bilan de 22 victoires pour 29 défaites et une irrégularité sur le terrain qui allaient être fatal à Joe Girardi.

Sitôt parti et remplacé par Rob Thomson, qui se distingua de son prédécesseur par sa confiance faite aux jeunes quand l’ancien manager des Yankees s’accrochait à ses vétérans, les Phillies sonnaient le retour aux affaires en enchainant neuf victoires de suite pour rééquilibrer un bilan qui ne sombrerait plus jamais dans le négatif jusqu’à une qualification pour le Wild Card Game acquise dans les derniers matchs de la saison mais avec un bilan somme toute convaincant (87-74).

Car la saison a été loin d’être une partie de plaisir pour les Phillies, notamment au niveau des blessures. Bryce Harper, la superstar de l’équipe, a notamment manqué une grande partie de l’été suite à une blessure au pouce, lui qui était déjà limité à ne jouer que DH en raison d’une douleur persistante au coude. Les lanceurs Wheeler, Eflin, Appel et Knebel sont passés sur l’IL à 60 jours tout comme l’infielder Jean Segura, tandis que Brandon Marsh et Nick Castellanos finissaient eux aussi l’été à l’infirmerie. Bref, une boucherie mais la bonne nouvelle est que les Phillies aborderont la postseason avec un roster quasiment au complet. Et quel roster.

A l’image de son équipe, Bryce Harper a vécu une saison éprouvante. Mais il revient plus déterminé que jamais. (AP Photo/Derrick Tuskan)

Les Phillies, l’arme « secrète » de la NL East

Arme secrète. Le terme est bien entendu mal choisi, puisque les Phillies peuvent se vanter du quatrième payroll des Ligues Majeures et affichent en 2022 un « coût par victoire » de 2,79 millions de dollars par victoire, record de la saison en MLB. Mais arme bien cachée tout de même tant les Phillies, constants dans la déception depuis leur second âge d’or (2007-11), sont tapis dans l’ombre des Braves et des Mets.

Mais les qualités sont là, dans le lineup comme sur le monticule. Il y a la puissance avec Schwarber et Hoskins, le talent naturel de Bryce Harper et le leadership de J.T. Realmuto, l’imprédictibilité de Nick Castellanos et la tranquille régularité d’Alec Bohm , la jeunesse des talentueux Bryson Stott et Brandon Marsh…Cela nous donne une équipe bien calée dans le top 10 des Majors (7e en Runs et la moyenne (.254), 6e en Home Runs) sur l’aspect offensif et capable de rivaliser avec n’importe quel adversaire dans un bon jour.

Si le pitching a encore une fois été moyen, notamment au niveau du bullpen – une habitude dans la ville de l’amour fraternel -, le talent est présent là-aussi avec une rotation bien ancrée autour de ses as Zack Wheeler (153 IP, 2.82 ERA et 163 SO), de retour en pleine forme pour la postseason après avoir récupéré d’une tendinite au bras, et Aaron Nola (205 IP, 3.25 ERA, 0.96 WHIP et deux complete games cette saison). Pour les accompagner, un casting d’imprévisibles capables de rendre fous les batteurs dans un bon jour avec notamment Kyle Gibson, Ranger Suarez et Noah Syndergaard.

Côté bullpen, les Phillies avaient parié sur Brad Hand et Jeurys Familia pour régler, enfin, leurs souci de conservation du score. Encore un coup raté puisque le premier, blessé, manquera la postseason malgré de belles performances en saison régulière (comme le closer Corey Knebel) et le second n’a pas, mais alors pas du tout convaincu. Ce sont donc Andrew Bellatti, Jose Alvarado et le closer attitré Seranthony Dominguez qui se partageront le plus gros du boulot en fin de partie. A eux trois, ils cumulent 156 manches cette saison pour un ERA de 3.17. Bien, mais pas top.

Mais de quoi peuvent-ils bien parler? Du Masterplan pour gagner les World Series bien sur! (Photo : Erik Williams-USA TODAY Sports)

Jusqu’où peuvent aller les Phillies ?

Dès lors que la posteason démarre, une nouvelle histoire s’écrit avec ses moments de folie, ses scénarios improbables et ses renversements de situations impossibles. On a bien vu, en 2019, les Nationals se sortir d’une situation similaire à celle des Phillies au printemps, arracher une Wild Card et aller au bout en chantant très fort… (ca y est, vous l’avez dans la tête, bonne journée).

Mais il faut avouer que cela semble compliqué pour les Phillies puisqu’il faudrait tour à tour faire tomber les Cardinals, champions de NL Central et bien déterminés à offrir un dernier baroud d’honneur au trio Waino/Yadi/Pujols, puis des Braves incandescents depuis le mois de juin… Et si ils s’en sortent, les Phillies devraient s’attendre à voir se dresser les Dodgers, l’épouvantail ultime du baseball majeur sur la route des World Series.

On ne va pas se mentir, malgré le talent existant à tous les niveaux du roster des Phillies, leur manque de profondeur dans le bullpen et au niveau du banc des frappeurs semble bien rédhibitoire pour espérer survivre à une série de matchs de cette magnitude (et on se souviendra que tout outsiders qu’ils étaient, les Nationals s’appuyaient sur une rotation Out of this World en 2019). Battre les Cardinals serait déjà bien.

Mais s’ils sont trop courts pour cette saison, la fenêtre de tir reste ouverte pour les Phillies à court terme : à condition de se montrer intelligents sur le marché des transferts, de trouver finalement la recette d’un bullpen performant et de parvenir à faire murir la jeunesse talentueuse. Une lourde tâche, mais une tâche que le nouveau taulier Rob Thomson semble bien décidé à relever.


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