Preview 2022 – San Diego Padres : Tomber pour mieux se relever ?

LA déception de l’année, oui oui, n’ayons pas peur des mots. Ces World Series contenders se voyaient déjà en haut de l’affiche. Mais pour arriver sur l’affiche, il faut déjà aller en play-offs (SIC) et ne pas jouer à fond que les matchs importants. Alors oui Fernando Tatis Jr a joué blessé une bonne partie de la saison, mais le baseball reste un sport collectif et un roster est composé de 40 noms. 2021 fût, d’ailleurs, un naufrage collectif: un line-up puissant et prêt à tout déglinguer auquel il faut ajouter une rotation qui en impose quand même et bah… cela a fait pppssssiiicht.

Image trop souvent vu en 2021… Photo : Derrick Tuskan/AP Photo

La saison 2021

Ils faisaient peur sur le papier ces Padres, et pourtant …. Photo : DR

Nouvelles couleurs pour de nouvelles ambitions. Les Padres version 2021 vont TOUT défoncer sur leur chemins avant les play-off. Dans une divison ou seuls les Dodgers seront sur leurs route (d’après les experts MLB, network et Cie) à les embêter, les pauvres Giants (oups), D-Backs (pas de surprise) et Rockies (Non plus…) feront office de Spring Partners. Oui mais non…

Pourtant tout commence très bien au mois d’avril, il faut dire que le début du calendrier aide aussi: DBacks, Giants, Rangers et Pirates, quoi de mieux pour lancer une saison sur les bons rails avant d’affronter les Dodgers (nouvel ennemi, et nouveau duel attendu dans le monde du baseball). La série est plaisante, mais la défaite est quand même au rendez-vous et voila que les Padres pointent déjà à la troisième place à 3.5GB des Dodgers et à égalité avec les Giants.

Après un mois d’avril bon (15-12), ils enchainent avec un mois de mai monstrueux (19-9) et sont désormais 2ème à 0.5GB des Giants (décidément, totalement snober par les propos d’avant saisons ceux-là) et devant les Dodgers qui ne sont pas bien loin (2.0GB). On se dit que ca y est la machine est lancée. D’autant que le mois de juin ressemble à celui d’avril (15-12). Oui mais voilà juste avant le All-star break, ils se font taper par les Rockies (1-2 dans la série), pourtant moribond, et voient le duo de choc s’envoler vers des hauteurs historiques. Les Padres ont déjà l’air de ne pas pouvoir suivre la cadence. Comme lorsque en haute montagne, les cyclistes voient s’échapper les leaders.

Arrivé en été plein d’espoir, les Padres vont enchainer les désillusions et finir sur un mois de Septembre catastrophique. Photo : K.C. Alfred/The San Diego Union-Tribune

Asphyxiés, cramés, lessivés mais surtout plus dans le rythme, la fin de saison ressemble à un véritable chemin de croix pour les Padres : 12W-14L en juillet, 11W-15L en aout, mais surtout un violent 6W-19L en septembre, ou comme par hasard le calendrier est beaucoup moins facile (Astros, on passera sur les Angels, Dodgers, Giant, Cards, re Giant, Braves et re Dodgers).

La fringale est totale. Les Padres pointent à -27GB, et le pire: les Rockies (qui sont à -31.5), qui font office de voiture balai, sont prêts a remonter sur eux. Heureusement pour San Diego, les Rockies restent les Rockies mais l’avertissement est violent. La saison se termine avec une nouvelle confrontation contre les Giants (encore perdue 1-2). Rideau pour cette année 2021 à oublier.

Dans une division coupe gorge (enfin surtout le haut) se planter face à ses petits camarades de NL West n’est jamais bon signe: Giants (8W-11L), Dodgers (7W-12L), Rockies (8W-11L), seuls les DBAcks se montrent « sympa » avec les Prêtres de Saint Diego, et encore c’est pas très glorieux… (11W-8L).

Même les stars des Padres ont eu dû mal à jouer à leur meilleur niveau. Photo : DR

Mais alors, que s’est-il passé? Commençons par l’attaque :
Normalement le point fort de cette formation, et bien ce n’est pas fameux. Ils sont en dessous de la moyenne de la ligue en terme de points marqués (729 contre 734), pour les HR c’est encore pire (180 vs 198) et forcement en AVG c’est pas ça non plus (.242 vs .244). Le meilleur en AVG c’est Tatis Jr (.282 en seulement 130 G), Machado (.278) et Hosmer (.269) pour le podium, tout ce petit monde est en dessous de ses moyennes en carrière.

Pour le pitching, il fallait faire sans Mike Clevinger (out depuis l’annonce, le 15 novembre, de son passage sur la table de billard pour une Tommy John). Il restait tout de même des Yu Darvish, Blake Snell, Mark Melancon en Closer et autres Joe Musgrove, pourtant auteur d’un no-hitter en début de saison (sans doute le point culminant de la saison des Padres.

Comme pour l’attaque, le pitching n’est pas au niveau attendu. Un ERA un peu au dessus de la moyenne de la Ligue (4.10 vs 4.26) quand les Giants (3.24) et surtout les Dodgers (3.01) qui eux, jouent la division et s’empoignent pour le meilleur bilan de la NL. Et ce n’est pas la signature de Jake Arrieta durant la mi-saison qui rattrapera le coup (4G, 12.1IP, 10.95ERA), puis « virer » le 22 septembre. Non du coté du Pitching ce n’était pas mieux. Trop de « pas assez bien » ou de « trop juste », et dans le baseball cela ne pardonne pas, vous pouvez demandé aux autres World Series contenders en puissance, il ne suffit pas de le vouloir pour y arriver, la vérité du terrain est tout autre.

La saison 2022

2022, c’est la bonne. Dès le 06 octobre, au revoir Jayce Tingler (qui retrouvera du travail en devenant le Bench Coach des Twins, le 08 novembre), et bonjour Bob Melvin (arrivé tout droit des A’s). Melvin qui a la réputation d’être un coach de joueurs en plus d’être un fin stratège, aura la lourde tache de redorer la blason quelque peu abîmé des Padres, que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire. Nous avons tous en mémoire ce petit incident entre Machado et Tatis jr (qui n’en était pas en fait, car Machado l’encourageait… à sa manière) lors du match contre les Cards dans un moment décisif de la saison, même si ce sont des choses qui arrivent dans une équipe…

Privés de Tatis JR pour le début de saison, les Padres devront faire avec la pépite coréenne Kim et ses stars comme Machado, Hosmer ou Cronenworth. Photo : DR

On a assisté à un petit nettoyage de l’effectif avec les départs de Tommy Pham, Mark Melancon (désormais chez les DBacks) ou encore Adam Frazier (tradé chez les Mariners).Reste le noyau solide de la formation avec Tatis Jr, Machado, Cronenworth, Caratini, Hosmer, Grishman et la petite merveille Kim. Pour la rotation, le retour de Clevinger aidera sûrement et nul doute que les Darvish, Snell et Musgrove auront envie de montrer les muscles. Sur le papier cela reste très prometteur, encore faut-il réussir à tenir la distance dans cette division à 3 têtes. Et ce même sans leur star, Tatis qui a préfèré faire le kéké sur une moto et ainsi rater les 3 premiers mois de compétition. Cela permettra au moins de voir le phénomène Coréen Ha-Seong Kim de façon plus regulière que lors de ses débuts en 2021.

Luke Voit, tout juste semble apprécié le climat de sa nouvelle équipe, lui qui arrive de New-York. Photo : Randy Miller | NJ Advance Media

Nous avons vu Seya Suzuki « trainer » avec Yu Darvish, ce qui a donné des sueurs à beaucoup de franchises qui étaient sur le joueur. Ce dernier a finalement signé à Chicago (tiens la dernière franchise de Darvish). La mise en place du DH en NL a fait chauffer les cerveaux de l’intégralité des front office et par conséquent tous les joueurs « puissant » libres se sont retrouvés dans les rumeurs pour une éventuelle arrivée du coté des Padres.

Le jeu des dominos s’enchainant, et après que les Yankees eurent verrouillés leur 1ère base, Luke Voit est tradé aux Padres contre le lanceur Justin Lange, 34ème choix de la draft de 2020. Acquérir un joueur souvent ralentit par les blessures? pourquoi pas après tout, cela permettra de voir si le staff médical des Padres est plus performant que celui des Yanks… Il est fort possible que les principales recrues viennent … du farm system encore bien fourni des Padres. Les supers prospects comme le receveur Luis Campusano ou le lanceur Mackenzie Gore pourraient avoir un impact majeure durant la saison.

Bob Melvin et le sourire d’un homme qui sort du marasme d’Oakland pour arriver dans un effectif XXL. Photo : AP Photo

Bob Melvin a déjà des casses têtes plein la tête alors même que la saison n’a pas encore commencé, mais ce manager sait faire de la magie avec 3 francs 6 sous, il suffit de voir ce qu’il a accompli en étant à la tête des A’s durant 11 saisons (un bilan de .528 tout de même). 3 fois Manger of the year en ayant coaché les DBacks, et les A’s, cela vous pose le savoir de ce Manager. Alors imaginé un peu avec un effectif pareil, il se peut qu’il arrive a réaliser de grande choses. Mais comme pour 2021 sur le papier cela promet, mais y croire ne suffira pas encore pour accéder, a minima, aux play-off.

La Star: Fernando Tatis jr

A moins que vous soyez parti en vacances sur Mars ou même sur Jupiter, ou bien vous commencez seulement à vous intéressez au baseball (Bienvenue, parmi les fans de la petite balle blanche à coutures rouges 😉 ) vous ne pouvez pas être passé à coté de la HYPE Fernando Tatis Jr. Car dans le genre on en fait trop la MLB s’y connaît, et en a même abusé un peu, beaucoup, à la limite de l’overdose. En compagnie du 2 Way player Shohei Ohtani, ils ont été les têtes d’affiche de cette saison 2021, mais trop de Tatis tue le Tatis, et là c’est la saturation …
Pourtant que ce joueur est magnifique à voir jouer, tant offensivement que défensivement. Et même un peu provocateur, juste ce qu’il faut, et ça fait du bien dans une ligue de plus en plus aseptisée.

On retiendra de sa saison 2021, son trash talk avec Trevor Bauer (le HR à un oeil), sa « dispute » avec Manny Machado. On posera quand même la question de la solidité de son pantalon au vue de ses quasi grand écart pour attraper une balle plein centre, ses HR de folie, son jeu clutch et sa course à petits pas retour arrière lors de ses HR. Hélas une autre image de cette saison, c’est malheureusement celle de sa blessure, encore, à l’épaule lors du match contre les Rockies ou il se blesse tout seul en plongeant pour essayer d’atteindre la 3B. Sa sortie lors de ce match (le 30 juillet), coïncide avec le début de la fin de la saison des Padres.

Pas plus que son retour, plus tard dans la saison, que son repositionnement en champ extérieur ne fera retrouver la dynamique à l’équipe. Un être vous manque et tout est dépeuplé… Car niveau statistiques le bonhomme sait y faire. La preuve, il signe, malgré son épaule qui l’a handicapé toute la saison, 282 à la batte, 42 HRs, 97 RBIs et 25 bases volées. De quoi faire de lui un podium MVP, puisqu’il terminera à la 3e place de ce trophée.

Tatis a beau être élastique, son épaule n’a pas tenu ici et le voici de retour sur la liste des blessés après cette action. Photo : Denis Poroy/Getty Images

On rappelle qu’il avait été signé par les White Sox en 2015, avant d’être tradé avec Erik Johnson aux Padres en échange de James Shields et un peu d’argent (l’erreur est humaine…) en 2016. Déjà considéré comme un top 10 avant 2018, il est le prospect numéro 2 (derrière Vladimir Guerrero Jr) juste avant la saison 2019 durant laquelle il débutera dans le show. Tout de suite spectaculaire et très visible sur la scène MLBesque, les Padres n’hésitent pas un instant à lui faire signer un contrat de $340,000,000 sur 14 ans, en 2021, alors qu’il n’est âgé seulement de 22 ans.

Seul Hic, il est « fragile » physiquement, son corps ne parvenant pas à suivre ses voltiges et autres gestes de gymnaste. En 2021 c’est son épaule qui l’a handicapé durant toute la saison et la décision a été prise de ne pas passer par la case opération durant l’hiver. Les médecins des Padres estimant son épaule assez solide. Est-ce la bonne solution? seul l’avenir nous le dira… Mais ça, c’était avant le drame… non je vous rassure l’épaule va bien, ce qui n’est pas le cas de son poignet, qui lui, doit être opérer. Mince c’est arrivé lors d’un entraînement? oui.. sur une moto… Bref, absence de 3 mois au moins.

Le joueur à surveiller: Yu Darvish

Mais pourquoi Yù alors? Parce qu’avant Shohei Othani, LA star au Japon c’etait lui. Passé pro à 19 ans chez les Hokkaido Nippon Ham Fighters (la même équipe que Shohei Othani, décidément…). Il y reste 7 ans (2005-2011). Durant lesquels il remporte les Japon Series (2006), 2 MVP Pacific league, un titre de Eiji Sawamura (le Cy Young Japonais) en 2007, et une multitude de récompense. Après avoir rendu une fiche de 167G, 93W-38L, mais surtout 55CG dont 18SHO et donc 1.99ERA (pouah ça pique…), il se lance dans la course à la MLB où les franchises lui font la cour. C’est finalement la Walker Texas Rangers team qui remporte l’enchère, un contrat de 6 ans est signé à la limite de l’autorisation.

(Photo by Matt Thomas/San Diego Padres/Getty Images)

L’adaptation se fait tranquillement surtout après avoir raté son 1er match (4R dans la 1ère manche). La suite? de mieux en mieux dans une équipe des Rangers pas au top, et ce jusqu’en 2015 ou durant le camp d’entraînement, il ressent une gêne dans le bras, c’est la tuile. Il doit passer par la case Tommy John et manquera toute la saison. 2017 est la dernière année de son contrat avec les Rangers. Qui le garde jusqu’à la trade dead line de mi-saison, et un départ aux Dodgers contre 3 joueurs des minors league. Après être passé complément à coté des ses World Series en 2017 (les fameuses…) avec 2 défaites au compteur (21.60ERA et 3.1IP), il n’est pas conservé par l’équipe de LA.

Agent libre il signe pour 6 ans aux Cubs. Il y restera 3 ans avant de passer chez les Padres ou les attentes pour 2021 sont énormes. Mais comme tous ses petits camarades, Yu passe un peu a coté de sa saison (4.22 d’ERA bien loin de ses standards), malgré encore une présence au All-star (sa 5ème en MLB). En 2022, à 35 ans et pour sa 2e saison sous le soleil californien, il voudra sûrement prouver encore une fois que la Star Japonaise, en fin de compte, c’est bien lui.

Prono

Et si c’était déjà une saison en Win or Die pour les Slam Diego ? Les Padres étaient sur quasiment tout les FA de cette off-season, sans parvenir à mettre la main sur un gros poisson. A l’exception du recrutement de l’un des meilleurs managers de la MLB, Bob Melvin. Du coup on repart avec le même groupe ou presque afin de tenter de laver l’affront de cette saison 2021 à oublier. L’équipe ayant fini sur les rotules sans parvenir a rester au contact des 2 autres franchises Californiennes.  Pour rester au contact, il faudra d’abord arrêter de choisir ses matchs et jouer à fond l’intégralité des rencontres.

C’est en cela que l’arrivée de Bob Melvin sera déterminante, lui l’expérimenté et reconnu entraineur. Avec ses stars revanchardes et son entraineur de prestige ils voudront prouver, d’abord à ses 2 voisins mais aussi à la MLB toute entière qu’ils font bien parti du jeu pour aller en post-season.

Prono TSO : 2e, 93-69
Projections Fangraphs : 2e, 90-72


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