R.A. Dickey, des confessions au Cy Young Award

Flash Back : En ce début de l’année 2012, la saison de baseball n’a pas encore repris. Mais un homme va faire parler de lui. Robert Allen Dickey, lanceur moyen jusqu’alors, alternant places dans les rotations, piges en ligues mineures et diverses blessures, sort un livre avec plusieurs confidences chocs. Wherever I Wind Up: My Quest for Truth, Authenticity and the Perfect Knuckleball  (partout où le vent me porte : ma quête de la vérité, de l’authenticité et de la knuckleball parfaite) secoue quelque peu le monde du sport.
 
Dans cet ouvrage, le natif de Nashville dans le Tennessee raconte une période sombre de son adolescence. Il révèle alors avoir été abusé sexuellement par plusieurs personnes : une gardienne d’enfant et un adolescent, entre ses 8 et 13 ans, et evoque un moral détruit et les envies de suicide qui ont précédé la sortie du livr,. Il aura fallu près de 30 ans pour que l’ex-lanceur des Mets de New York parvienne à trouver les mots, et rendre publique les souffrances dont il a été victime.

Des confessions intimes

R.A. décide également de parler des problèmes de dopages qui entourent les sports professionnels. Il affirme avoir vu des seringues de produits dopants dans les vestiaires des Texas Rangers lors de l’année 2001. C’est à cette période que les soupçons sur le joueur vedette des Rangers de l’époque, Alex Rodriguez, ont fait surface. A-Rod, qui joue alors aux yankees de New York avait d’ailleurs admis avoir pris des substances dopantes lors de ces années passées au sein de la franchise du Texas.

Ce livre va servir de détonateur pour R.A. . Jusqu’alors lanceur moyen, il réalise en 2012 une saison sensationnelle : 20 victoires, 6 défaites, 2,73 ERA, 233.2 manches, 230 Strikeout, 54 BB seulement et une WHIP de 1,053. Il remporte, après une première sélection au All-Star Game, le trophée tant convoité pour un lanceur, le Cy Young Award.

Un début de carrière difficile

Sa carrière débute en 1996. Il est alors choisi en 18eme place du premier tour lors de l’annuelle draft de la MLB par les Texas Rangers. Mais il préfère finir ses études à l’université de Tennesse. Médaillé de bronze aux JO d’Atlanta, R.A. va passer ses 4 premières saisons en ligues mineures. Chaque année, il participe aux camps d’entraînements de début de saison programmés par les Texas Rangers. Mais il n’est appelé qu’à l’aube de la saison 2001. Le lanceur ne joue pratiquement pas en 2001, et vit une saison difficile. 12 manches lancées, et des apparitions à nouveau en ligues mineures.

En 2002, rebelote pour R.A., qui n’est pas appelé pour jouer avec les Rangers, mais le garçon sait qu’il aura sa chance. Et en 2003, il entre alors à force de persévérance dans la rotation. Mais les saisons 2003 puis 2004 ne sont pas reluisantes. Quelques victoires mais surtout trop de points alloués. Les années suivantes ne seront pour lui que des présences de longue durée sur les bancs des ligues mineures, ponctuées de passages furtifs dans la grande ligue.

En 2008, c’est un faux nouveau départ pour R.A. Dickey. Il est transféré presque dans le plus grand anonymat à Seattle chez les Mariners, puis à Minnesota où il joue le rôle de faire-valoir, habitué encore jusque là aux équipes de ligues mineures.

Une nouvelle ère à New York


En 2010, Les Mets de New York alors en pleine reconstruction, ont un oeil sur le joueur. Largement au dessus du lot dans les équipes affiliées, il a néanmoins démontré sur le peu de rencontres jouées en MLB une bonne technique de la Knuckleball. Ce lancer rare et difficile est la spécialité du joueur et va sauver sa carrière.

Lors de ses premières années à New York, R.A. Dickey est solide, mais ne peut empêcher son équipe de connaître les bas-fonds du classement.
Et nous voilà à nouveau en ce début d’année 2012. R.A Dickey réussit un début de saison remarquable. Il entre même dans le livre des records des Mets en établissant plusieurs records pour la franchise : 32.2 manches sans encaisser de runs, soit 5 matchs débutés sans runs, une marque inégalée… en MLB !
Le 13 juin, lors de la réception des Rays de Tampa Bay, Dickey réalise un match sans allouer le moindre point et ne concède qu’un seul hit – que les Mets tenteront en vain de faire transformer en erreur du 3ème base, David Wright – lors d’un match complet. Il terminera la saison avec une ligne de stats impressionantes : 233 manches lancées, 230 strike outs (premier en NL), 20 victoires et un ERA de 2.73 pour obtenir le titre de Cy Young, une participation au All Star Game, et peut-être le plus important, redonner ses lettres de noblesses à la knuckleball, ce lancer si particulier et presque oublié dans les Ligues Majeures.
La suite de sa carrière, 4 saisons solides du côté des Blue Jays et un dernier tour de piste chez les Braves, à 42 ans en 2017.

Un homme libre et libéré, R.A. l’est assurément devenu en 2012. Ce livre autobiographique en forme de confession lui a permis de faire le vide en lui, de crever l’abcès sur différents sujets. Ce sportif a même décidé après la sortie du livre de s’attaquer à l’ascension du Kilimandjaro, exploit couvert par ESPN notamment et relaté dans un blog que le joueur tenait pour l’occasion pour le NY Times.
Cette ascension aura par ailleurs été réalisée au profit d’une association contre l’esclavage sexuel et le trafic d’êtres humains en Inde.
Après autant d’accomplissements, R.A. Dickey avait enfin trouvé la paix, et la gloire sportive. Une juste récompense pour un homme hors du commun.

Laisser un commentaire