Portrait : Le vrai Grand méchant du baseball…

Et allez encore un article sur Barry Bonds et ses gros bras, qui ne lui serviront pas à entrer dans le Hall of Fame, malgré un énorme talent et des records à la pelle? Non, même pas! c’est un méchant, oui, mais il a juste pris un chemin différent à un moment de sa carrière pour reprendre la place de numéro 1 qui était la sienne et que d’autres lui ont volé à coup de piqures dans les fesses (ou ailleurs, mais l’image est marrante à imaginer…). Donc non ce n’est pas Barry Bonds, là on vise le vrai de vrai, celui qui a tout fait pour être tout en haut et dès le départ, quelle que soit la manière, quitte même à se faire détester de ses propres partisans en trichant sur le terrain, en trichant hors du terrain, et en mentant à peu près à tout le monde. Et qui fait maintenant partie des consultants préférés des américains (American Dream). Je veux bien sur parler de Alexander Emmanuel Rodriguez. Rien que ça? Et pourquoi lui? T’as une bonne raison? Et bien oui, j’ai une bonne raison, la première fois que j’ai appris que le baseball n’était pas qu’un dessin animé Loney-Toons et que l’un des maris de Marilyn Monroe était vraiment un joueur professionnel, c’était grâce (ou plutôt à cause) de ce joueur. Notre « unique » quotidien sportif faisait ses quelques lignes de sport US (à l’époque, car maintenant pour lire du baseball, et surtout de qualité, nous avons TSO) façon petite balle blanche à coutures rouges, c’était avec ce joueur, soit pour son contrat astronomique, soit pour sa suspension pour dopage. Donc rien de bien valorisant en gros, alors quand je vous annonce que c’est un vrai méchant, mais en plus c’est un super joueur, spectaculaire dans tous les sens du terme: clutch, tricheur, menteur mais terriblement doué pour le baseball… C’est que Alex Rodriguez est une bonne raison.

Bienvenue dans le monde merveilleux de A-Rod.

et vous n’avez encore rien vu… (Nick Laham/Getty Images)

L’AVANT MLB

On va donc commencer par le commencement, c’est mieux à ce qu’il parait. Alexander Emmanuel Rodriguez est né le 27 juillet 1975 à New York (cela ne s’invente pas), et pour être encore plus précis dans le quartier de Washington Heights, à Manhattan, de parents dominicains: Victor Sr (1929-2015) et Lourdes Rodriguez, commerçants d’une boutique de chaussures dans le quartier et vivant dans un petit appartement situé derrière la boutique avec ses 2 demi-frère et soeur, (Victor Jr, de 15 ans son ainé vit avec Pouppe Martinez, la première femme de Victor), Susy et Joe Dunand Sr (nés du premier mariage de la maman). Dès le début de leur aventure aux états-unis, les Rodriguez savaient qu’ils allaient faire un retour en République Dominicaine. Le rêve américain ce n’était pas vraiment ça en fin de compte, pendant que Victor travaille à la boutique et surveille les enfants, Lourdes part travailler tous les matins à l’usine de voitures située au nord de la ville…

Papa Victor étant un fan de baseball et des Mets (et un ancien catcher professionel en République Dominicaine), il initie son fils dès son plus jeune âge, qui n’hésite pas taper de la batte en plastique dans l’arrière du magasin ou dehors avec ses frère et soeur plus âgés dès qu’il en a l’occasion. A force d’économies, les Rodriguez déménagent en République Dominicaine à Santo Domingo et achètent une maison de 4 pièces ainsi qu’un petit commerce: une pharmacie (oui à l’époque on pouvait passer de vendeur de chaussures à pharmacien normalement…). La vie est belle, seul petit problème pour le petit Alexander, le trajet en bus pour aller à l’école qui lui donne la nausée (oui ça arrive et c’est pas cool quand ton estomac ne supporte pas le moindre virage). Malheureusement les événements du début des années 80 dans le pays conduisent les Rodriguez à la faillite, et ils ont juste assez d’économies pour s’échapper du pays en crise et débarquer en Floride sous le soleil de Miami.

OK c’est cool mais Alexander ne parle pas un seul mot d’anglais et doit passer les années suivantes à l’apprendre pour ne pas être mis a l’écart de ses petits camarades. Heureusement le Baseball est là, ainsi qu’une pseudo « carrière » au poste de catcher pour lui permettre d’être accepté dans l’équipe de son école primaire des Everglades lors d’un match ou il manquait un joueur. Cette rencontre sera déterminante car l’entraineur (Juan Diego Arteaga) lui présentera son fils (J.D.) avec lequel ils feront les 400 coups. D’une rencontre importante dans une vie, arrive un départ aussi important: Victor doit trouver du travail et pour cela il s’en va vers la grosse pomme sans jamais revenir… Lourdes est obligé de doubler les emplois de serveuse pour survenir aux besoins de la famille, en comptant également sur l’aide de ses amis du quartier. Alex, lui trouvera un soutien moral en la personne de Juan Diego. Et bien sur le sport devient vital pour Alex, du Football US et du soccer mais surtout du baseball et une passion pour les Mets ainsi que pour les Braves de son idole de jeunesse: Dale Murphy (ne cherchez pas plus loin pourquoi A-Rod portait le numéro 3).

archives personnelles de la famille Rodriguez

L’aventure commence vraiment en entrant dans le Boys and Girls Club ou son Coach (Eddie Rodriguez), qui a déjà vu de nombreux joueurs de renom passer dans son équipe, le place en position d’arrière court (ou shortstop si vous préférez) tout en s’assurant qu’il dispose d’un gant et de chaussures pour jouer. Evidement le jeune Alex explose toutes les statistiques durant sa 1ère année et les suivantes, gagnant ses premiers titres (3 City Championship et 2 nationaux). Arrivé en Junior high school (niveau 5ème), Alex passe 2 ans à la Kendall Academy et part se tester à la Christopher Colombus Catholic High School. Au bout de 2 ans il n’obtient pas de bourse lui permettant de rentrer à l’université (oui, il y a des gens qui ont été virés pour moins que ça, mais bon…) et c’est là qu’intervient ce bon « vieux » JD qui lui conseille d’essayer la Westminster Christian School. C’est une école privée, mais le talent d’Alex va lui permettre de taper dans l’oeil du Coach Hofman qui a fait de son école un top programme pour le baseball. Et c’est ainsi qu’à l’automne 1990 Alex parcourt les 30 minutes par jour pour aller faire ses classes (bon élève) en cours mais également en football, basketball et surtout en baseball…

Pour sa première année l’apprentissage se passe plutôt bien avec un AVG de .216, mais c’est surtout sur le terrain de football qu’il fait ses meilleures impressions. Quaterback au bras précis, il rend une fiche de 9-1 avec le numéro 13 dans le dos en hommage à son idole: Dan Marino. Malheureusement cette année est marqué par le décès de son père de substitution Juan Diego Arteaga. Et c’est avec le couteau entre les dents (et quelques kilos de muscles en plus ?!?! #premiers soupçons, bon en même temps trainer avec Alex Canseco n’est pas un gage de bonne foi) qu’il revient pour sa 2ème année et les stats qui vont avec: en 35 matchs, il inscrit 51 Runs, vole 42 bases et obtient une moyenne au bâton de .477. et un bilan final pour Westminster de 33W-2L (sacré coup de pub).

Alex termine l’année en beauté en étant sélectionné pour la Team USA qui disputera le Junior World Championship de 1992 au Mexique, que les USA termineront 2ème (.264, .509SLG, 15R, 16RBI). Il prend alors la décision de laisser tomber le basket durant l’inter-saison pour pouvoir se concentrer sur le baseball pour sa dernière année de high school tout en pensant à la suite à donner à sa vie (malgré un accord verbal avec l’université de Miami, il ne se ferme pas la porte à une entrée dans les coulisses de la MLB). Les scouts sont dans la place afin d’observer le petit qui monte et ils sont de plus en plus à venir le voir (plus de 25 lors de certains matchs), et son début de saison est sur les bases des précédentes: .505AVG, 9HR, 35SB.

Et là bien sûr, je ne peux pas passer le fait que durant cette année, les futurs « Captain » et « A-Rod » se croisent pour la première fois lors d’un match opposant les universités de Miami (Rodriguez) et Michigan (Jeter) et le début d’une « belle » et « grande » amitié commence… (ouais bon, on le sait maintenant qu’ils se boudent, mais à l’époque c’est le grand amour.). Jeter ayant été drafté l’année d’avant, il se peut qu’il ait donné quelques conseils afin de mieux gérer sa notoriété montante. Aux alentours du mois de juin, il ne fait plus de doute que le « crack » va être drafté, et dans les premiers choix, voire même, peut-être, si tout va bien le 1er. Les rapports de scout ne font pas dans la dentelle: pareil que Jeter mais en mieux (désolé la secte Jeter, mais c’est pourtant vrai…).

la beau gosse atitude (Bill Frakes SI)

DRAFT et MARINERS

Pour la draft de cette année, c’est simple, c’est les Mariners (Seattle) qui ont le premier choix juste devant les Dodgers (Los Angeles), les Angels (l’autre équipe de la ville des anges), les Phillies (Philadelphie) et les Royals (Kansas City), euh bon ok, ce sont les 5 premiers (ou plutôt les 5 pires de l’année d’avant), mais c’est comme ça, ça permet (si on veut) d’équilibrer un peu les choses… Donc les Mariners commencent à tâter le terrain en vue du premier choix, la réponse est cinglante:

  • Ouais bof, je sais pas, je préférerai les Dodgers quand même… (no Way dude!).
  • Euh, mais nous avons le premier choix quand même c’est cool non? et on a Junior et the big unit aussi et plein de super joueurs…
  • J’sais pas… en tout cas si vous me voulez chez vous dans le nord ou il pleut (les clichés ont la vie dure), il va falloir cracher au bassinet, sinon je vais au collège.

Bon d’accord, la conversation est une fiction, mais en gros cela s’est passé comme ça, si en plus je vous dit que Scott Boras trainait, comme par hasard, dans le coin vous vous dites que cela s’est surement passé comme ça. Et comme le hasard fait bien les choses, les M’s draftent en 1er choix Alex Emmanuel Rodriguez de Westminster Christian School, en Floride. Simple non? Pas tout à fait, car le temps passe et Rodriguez n’a toujours pas signé son contrat, Boras laissant trainer l’affaire pour obtenir un meilleur deal. Et c’est un incident de terrain qui va faire accélérer les chose: durant un match, alors qu’il se trouve sur le banc, une foul ball lui arrive en plein tête, passant tout près de son oeil… c’en est trop. Après avoir pris une assurance, il ordonne à Boras de signer l’entente. ce que ce dernier ne fera pas de suite. Tant pis, Rodriguez signe sans lui un contrat de 3 ans d’un montant de $1’000’000 avec le petit bonus de $1’300’000 à la signature.

j’ai envie de pleurer… je vais à Seattle, moi qui ai vécu en Floride… Thursday, June 3, 1993. AP Photo/Marta Lavandier)

L’aventure commence vraiment en 1994, et bien sûr c’est direction le Spring training histoire d’impressionner les nouveaux petits copains de jeu, (et pourquoi pas de prendre la place du nouveau SS Felix Fermin qui a été échangé avec Omar Vizquel par Cleveland) et surtout essayer de se faire pardonner quelques erreurs de communications comme le terme « Low Class » employé lors d’interviews avant la signature du contrat avec les Mariners. OK c’est cool t’es bon mais tu vas quand même commencer en Minors league, c’est bon t’es pas une star encore… Et pour la peine ce sera le niveau A chez les Foxes d’Appleton dans le Wisconsin (histoire de se faire les dents), pour un petit gars qui vient de la Floride, le choc risque d’être assez rude. Tu parles…

Le petit Alex ne tarde pas a montrer les muscles: en 65 matchs (dont 63 en tant que titulaire au poste de SS), il obtient une moyenne de .319, 79 Hits (17 Doubles, 6 Triples et 14 Home Runs), inscrivant 49 Runs et 77 RBI et volant 16 bases au passage. Ah quand même… bon allez ça suffit, 3 ans plus jeune que la moyenne de l’effectif, il faut trouver autre chose. Direction Jacksonville (Floride) chez les Suns en AA, avec presque 6 ans de différence, on va enfin le tenir ce prodige… Un peu mais sans plus. Il ne reste que 17 matchs, le temps de taper 17 Hits (4 doubles, 1 triple et & Home Run), inscrire 7 Runs, 8 RBI et faire 2 SB (Stolen Bases) , si bien que le grand saut dans le show est envisagé pour le mois de juillet. C’est chose faite le 08 et pas n’importe où: quoi de mieux que de commencer une carrière au Fenway Park des Red Sox? Et direct titulaire en Short Stop, à coté des Griffrey Jr et Edgar Martinez (pour une défaite 3-4). Alors la pépite ça donne quoi pour son 1er match dans le show? Rien, en 3 AB, et 7 lancers (dont 5 strikes) c’est un zéro pointé (normal en même temps). Mais cela ne l’empêche pas de n’être que le 3 ème plus jeune SS titulaire depuis 1900.

Dès le lendemain, la machine commence à avancer, toujours contre Boston, 1ère base volée, premier hit et même un second dans ce match. Ca y est le monstre est en marche? Non pas tout à fait, le jeu du joueur est encore perfectible et après 17 matchs chez les grands (.204AVG, 11H, 4R, 2RBI, c’est bien mais pas top), un petit retour en AAA chez les Cannons de Calgary s’impose en aout afin de finir de polir ce diamant encore un peu brut. Et premier petit inside, lors de cette saison rookie, un joueur (Jay Buhner pour ne pas le nommer) n’a pas apprécié son attitude et durant un batting practice aurait lancer en l’air ses taco’s et les auraient explosé à la batte avant de forcer Rodriguez a nettoyer le carnage pour le faire un peu redescendre sur terre. Bien sûr si vous connaissez votre histoire, 1994 c’est la grève et le petit jeune n’aura plus l’occasion de revenir chez les grands cette année-là. Pas grave, en AAA il va jouer et rendre une feuille de stats plutôt pas mal: 32G, 22R, 37H (dont 6HR, 7 double et 4 triples), 21RBI, 2SB et une moyenne de .311AVG. Mais attention autant l’offensive c’est pas encore le niveau souhaité, autant question défense et QI baseball, le petit se pose déjà en taille patron.

Alex Rodriguez #1 Draft pick of the Seattle Mariners 1995 – Photo By Tom DiPace

WELCOME TO THE SHOW

La saison suivante (1995) est encore raccourcie suite à la fin de la grève et ne comporte « que » 145 matches. Rodriguez fera du va et vient durant toute la saison entre la Major League et les Rainiers de Tacoma en AAA. Il faut dire et rappeler que le petit n’a que 19 ans lors de sa 2ème saison. Le poste de Shortstop durant cette saison sera partagé entre 3 joueurs: Felix Fermin (35 matchs), Luis Sojo (72 matchs) et Alex Rodriguez (38 matchs ), les 2 ayant un avantage en terme d’expériences et surtout au niveau des chiffres du batting. Mais ça, c’était avant cette saison 1995, et à la fin c’est Alex qui gagne. Quatre passages distincts en MLB durant cette saison pour rendre une fiche de 48G, 15R, 33H, 5HR (dont le premier le 12 juin contre Kansas City, défaite 9-10), 19RBI, 4SB, .232AVG. Champions de la West Division en AL, les M’s affrontent les Yankees en ALDS et Alex participera au match 5 (victoire 6-5), célèbre pour le fameux « MY OH MY » de Dave Neihauss, en rentrant à la 8ème manche.

Il entrera également, en 9ème manche, lors du match 4 de l’ALCS contre les Indians (défaite 7-0), mais l’aventure des M’s s’arrêtera à ce niveau tandis que les Indians perdront les WS face aux redoutables Braves de Maddux et Glavine. Durant la off season, les coachs prennent le temps de bien éduquer leur nouveau SS titulaire au swing et aux différents aspect de concentration pour canaliser le talent du joueur. Les résultats de la saison 1996 dépassent toutes les attentes avec un premier match des étoiles pour y devenir le plus jeune SS, un batting title, un Silver Slugger (le premier de ses 10 en carrière) et une WAR à 9.4. Pour un total de 146 matchs disputés lors de cette saison, 141R (leader de la AL), 36HR, 123RBI, 16SB et une moyenne de .358 (leader de la MLB) il terminera 2ème du vote MVP, échouant parce que parait-il, il est trop humble, trop gentil, trop poli, trop généreux, trop respectueux… et aussi qu’il ne peut pas être MVP quand il y a déjà un MVP dans son équipe (snif c’est beau, mais quel faux-cul, il s’en plaindra d’ailleurs en interne, les quelques points pris par Griffey (4ème cette année-là) lui auraient permis de mettre la main sur ce trophée (car oui, le journaliste votant du journal « The Seattle Times » (Bob Finnigan) a voté pour le kid oulalala).

Sauf que les 4 murs du vestiaire nous offrent un visage un peu différent du nouveau cador du diamant: il y a une guéguerre entre Griffey et lui car, en dehors de leur amour et de leur respect devant les caméras, Junior reproche à Rodriguez d’être calculateur et manipulateur… ce qui serait une bonne raison pour le Kid de demander un trade loin de Seattle. Vrai ou pas? sur le terrain en tout cas, ils ne laissent rien paraitre, pour preuve lors du match contre les Orioles en septembre de cette même année, alors que nous sommes en 5ème manche sur un score de 1-1. Le manager des O’s (Davey Johnson) porte réclamation sur la batte de Rodriguez, l’umpire prend la décision de lui retirer sous les yeux amusés du banc des M’s et surtout de Griffey qui est juste derrière A-Rod dans le batting order. Pas de soucis, Jr lui passe sa batte et Alex tape son 34ème HR de la saison. Le fameux voleur de votes pour le MVP reprendra son bien lors de la saison 1997, là ou Rodriguez ne sera pas classé: malgré une 2ème apparition au ASG et un « Cycle » réalisé lors d’un match à Détroit le 05 juin 1997 (devenant le premier joueur des M’s a le faire sur un match de 9 manches), ses chiffres sont en « baisse » (141G, 100R, 176H, 23HR, 84RBI, 29SB et .300AVG). Sur la saison des M’s, rien à redire, ils finissent champion de division avec une fiche de 90W-72L, mais perdent en ALDS contre les O’s (3-1). Ses stats en Postseason: 4G, 5H, 1R, 1HR, 1RBI, .313AVG…

T’es le meilleur Ken (non en fait je m’en fous de tes M’s) Brad Mangin Sport Illustrted

Et Rodriguez devint « A-ROD »

Quand arrive l’année 1998, fini la rigolade. Une grosse année sur le plan du baseball, puisqu’Alez Rodriguez devient le troisième joueur à rentrer dans le club des 40-40 (40 HR et 40 SB) où il rejoint Barry Bonds et Jose Canseco (son mentor d’alors, mais ça c’était avant le drame…), un club VIP de mecs sains et sans casseroles s’il en est (haha, non). Nouvelle sélection au All-Star Game (son 3ème), 2ème Silver Slugger et, consécration, il reçoit le trophée d’AL Player of the Year décerné par les joueurs. Pourtant, malgré un Junior très en forme cette saison, un Martinez encore performant et la très bonne saison de Rodriguez, les M’s rendent une fiche négative (76-85) terminant 3ème de la division et ne participent pas aux Play-offs. Les accidents de parcours, ça arrive, et les M’s feront mieux en 1999…

Et bah non, encore une fiche négative (79W-83L) et une blessure au genou qui éloignera le joueur des terrains pendant 32 matchs. Ce qui ne l’empêchera pas d’affoler les compteurs une fois de plus: le 1er juin un milestone est atteint (100ème base volée), un nouveau trophée de Silver Slugger, et à l’âge de 23 ans et 309 jours il a déjà 100 HR et 100 SB à son actif (ce record sera battu par Mike Tout en Avril 2015 pour 56 jours). Le déménagement au Safeco Field (qui est réputé moins friendly pour les batteurs) durant la 2ème partie de la saison ne l’empêchera pas de finir la saison avec 42HR, 110R, 111RBI, 21SB et une moyenne au bâton de .285.

personne ne m’aime… (AP Photo/Doug Mills)

Junior est parti… à Cincinnati, loin de Rodriguez et de ses caprices. Pas la place pour 2 coqs dans la basse-cour, mais le GM des Mariners. Pat Gillick, va quelque peu regretter le choix d’avoir tradé Junior à la place de A-Rod (évidement c’est facile à dire après coup). Le joueur est franchise player, il a 24 ans et va être agent libre à la fin de la saison 2000. Pas de soucis, il déclare durant la saison qu’il veut rester à Seattle, dans une franchise qui gagne et ca tombe bien, les M’s rendent une fiche de 91W-71L, terminent 2ème de la division et participent à la Postseason. Le joueur continue de faire ce qu’il sait faire, c’est à dire faire de l’offensive une marque de fabrique: en 148G, il tape 41HR (sa 3ème saison a plus de 40HR), 132RBI, vole 15 bases, fait .316 de moyenne, gagne son 4ème Silver Slugger, participe à son 4ème All-Star et est nommé Mariners Player of the Year (ah oui quand même, c’est vraiment pas mal).

Lors des play-off, les chaussettes blanches ne font pas le poids (3-0 pour les M’s), A-Rod y va de sa « petite » moyenne de .308 et de 2RBI. Arrivent les ALCS contre les Yankees de son Buddy Jeter (oui je l’ai déjà faite cette blague nulle), qui empêchent encore une fois les Mariners d’aller en World Series (2-4). Rageant, d’autant que la fiche rendue par A-Rod sur cette série est très bonne: 6G, 9H, 4R, 2HR, 5RBI et .409 de moyenne au bâton. Vivement la saison prochaine avec surement la signature de la prolongation de contrat tant attendu par les partisans des Mariners qui rêvent désormais de passer enfin ce fameux obstacle des ALCS, avec en renfort en champ extèrieur un petit jeune (27 ans quand même) qui arrive du Japon, hélas…

FREE AGENCY, RANGERS ET TRADE

Et Boom, Alex est Free Agent (Agent libre) il peut donc signer ou il veut, ou presque, car je vous rappelle que son agent n’est autre que Scott Boras (Aka Money Man).On va arrêter de faire genre, l’argent est très important pour Rodriguez, et il veut un GGGRRROOOSSS contrat. Pour le moment on parle de 8 équipes sur le coup dont les Braves, Dodgers, White Sox, Rockies (???) et pourquoi pas rester chez les Mariners? (ouais bien sûr, on y croit tous, les 2 plus grands sont déjà parti ailleurs… Johnson en 1998, Griffey Jr en 1999, il ne reste que Martinez qui est vieillissant, Buhner et Moyer ne sont plus tout jeunes non plus, et on ne sait pas si Ichiro va être aussi fort qu’il l’est au Japon). On commence par Les Yankees qui sont, bien sûr, sur le coup, (rumeurs ou pas?) mais début novembre lors d’une interview, Rodriguez déclara qu’il: » préférait signer pour une autre franchise et détrôner les Yankees, car ils ont déjà trop gagné. » De plus, cela imposerait un changement de poste car il y a son Buddy Derek Jeter qui occupe le poste de shortstop.

Concernant Seattle, les Mariners ont l’impression de servir de monnaie d’échange afin de faire monter les enchères auprès d’autre franchises. L’offre des Mariners? $95,000,000 sur 5 ans, compatible avec ce que leur a demandé Scott Boras, à savoir: pas de contrat à trop longue durée, euh raté… Les Mets, un temps intéressés par le joueur (un non-choix que le joueur regrettera des années plus tard), ont décidé de vraiment mettre le paquet, Boras mettant sur la table des conditions assez délirantes: un bureau de fonction au Shea stadium, une équipe de marketing, un stand de merchandising durant le Spring training, une loge de luxe bien sur, des panneaux d’affichage et l’utilisation d’un jet privé et tout ça avant même discuter argent… (même si la base était entre $180,000,000 et $190,000,000 sur 10 ans) Réponse des Mets: Ok, mais non merci, au revoir… Scott Boras a évidement nié avoir réclamé tous ces petits bonus durant les négociations.

Et voici qu’arrive l’offre de la 8ème équipe, celle de la Walker Texas Chuck Norris Rangers team. Les caprices de star ne font pas peur à Tom Hicks (proprio des Rangers depuis 3 ans après son achat à hauteur de $250,000,000 pour la franchise.) et le montant tombe: un contrat de $ 252 Millions sur 10 ans est posé devant lui (Après plus de 9 heures de négociations sur 2 jours dans un hôtel à Dallas), et est signé vers mi-décembre. C’est à cette époque, bien entendu, le plus gros contrat jamais signé par un joueur de baseball), et la somme est vivement critiquée de toutes parts (alalala les rageux). Essentiellement sur le fait que de signer un joueur pour ce montant empêcherait l’équipe de construire un roster compétitif. Bon on parle des Rangers quand même… (et sans vouloir leur manquer de respect, ils font toujours parti du club des 5, au même titre que mes Rockies chéris d’ailleurs mais là n’est pas le sujet) dont l’équipe possède déjà des bons joueurs: Rodriguez (Ivan), Young (futur All-Star), Palmeiro, Sierra… et maintenant l’un des meilleurs joueurs en activité. Avec $22,000,000 la première année, il devance très largement le second salaire du roster (Rafael Palmeiro, 36 ans, $9,000,000, multiple All-Star, Gold Glove et Silver Slugger).

12 Dec 2000: Et qui s’est le meilleur joueur qui joue dans une équipe de cowboys? c’est Bibi et en plus avec le meilleur contrat . Mandatory Credit: Gary Barber/ALLSPORT

Et pendant ce temps, l’icône de l’équipe mythique des Yankees: the Captain himself, se trouve en pleine négociations après l’échec lors de l’hiver précédent (là ou Steinbrenner a préféré reporter le deal en lui faisant signer une année à $10,000,000 avant les grandes manoeuvres de cette hiver) pour une prolongation juste avant de devenir agent libre. Mais surtout arrive le point de discorde entre les 2 meilleurs amis du monde: « Jeter n’est pas dans ma classe et ne mérite pas de signer un contrat du même montant que le mien. » A peine une semaine après avoir signé celui-ci, le gars n’a déjà plus les pieds sur terre… Arrive le factuel classique avec la comparaison des chiffres, et il donne même son avis sur le possible montant que peut espérer Jeter: « il peut avoir 180… ». (Pourquoi je vous parle de Jeter dans un article sur Rodriguez? tout simplement parce que Rodriguez est lié à Jeter tout comme Jeter est lié aux Yankees…). Bienvenue dans la drama digne des séries du genre Dynasty, Dallas, Santa Barbara, voir les Feux de l’amour (ahahahah).

La réponse du Captain ne se fait pas attendre: « je ne suis pas là pour battre son record, celui qui m’intéresse c’est celui de Yogi (Yogi Berra, célèbre Catcher des Yankees de 1946 à 1963, il remporta 10 World Series au cours de sa belle Carrière). » oula ambiance… Jeter va finalement signer un contrat de 10 ans pour un montant de $189,000,000 courant février et déclarant par la même occasion: « Je ne joue pas pour l’argent, je joue pour gagner, et tout le monde se fait de l’argent. ». Arrivent les déclarations en tout genre pour bien remuer le bordel déjà existant (du coté de Rodriguez) et le fameux aller-retour en catastrophe entre Port Charlotte (camp d’entrainement des Rangers) et Tampa (camp d’entrainement des Yankees) pour recoller les morceaux. Sauf que Jeter est déjà passé à autre chose, et notamment à la saison à venir. On va passer les détails sur cette fameuse rencontre… Allez juste un peu quand même: Jeter était tranquillement au restaurant et il savait que Rodriguez était devant chez lui à l’attendre pour avoir une explication : il prit tout son temps avant de rentrer et de découvrir un Alex tout larmoyant devant sa porte, lui demandant pardon. Jeter désamorcera la « bombe » en conférence de presse (il le fera assez souvent d’ailleurs au sujet du cas Rodriguez) ne préférant parler que de terrain et pas des choses qui se passent entre les 4 murs du vestiaire. Allez on passe, de toute façon, nous aurons largement le temps de revenir sur cette Telenovela un peu plus tard.

Retour au diamant, et là le meilleur Short-Stop de la ligue fait parler la poudre. Sur les 3 saisons suivantes, il ne va rater qu’un seul match, mais surtout remplir un peu plus son armoire à trophées personnelle (3x All-Star, 3x Silver Slugger, 2x Glove Globe et enfin le titre de AL MVP), parce qu’il faut bien admettre que les performances de la franchise texane, ce n’est pas ça du tout. Avant l’arrivée d’A-Rod, l’équipe a fini l’exercice 2000 avec un bilan de 71W-91L (4ème et dernier de la AL West Division). Pour 2001 c’est à peine mieux 73W-89L (4ème et dernier encore), 2002: 72W-90L (toujours dernier de la division) et enfin 2003: 71W-91L (bah dernier comme d’habitude…). Mais alors pourquoi cela ne prends pas? tout simplement parce que l’équipe est nulle (y a pas 1000 façons de le dire) et dans une division ou l’on retrouve les A’s (en plein Moneyball), les M’s (2001 avec les 116W, et après ça se maintient aux alentours des 90W) et les Angels (qui remportent le titre 2002) il y avait la place de faire beaucoup mieux, mais non… c’est de la faute de Rodriguez (avis de beaucoup de supporters Texans à l’époque pour expliquer l’inexplicable). Ken Rosenthal le surnomme notamment le « couleur d’équipe », tant ses clubs n’y arrivent pas malgré sa présence.

Et pourtant, si l’apport offensif et défensif de Rodriguez n’y a rien changé, les chiffres sont encore là:

  • 2001: 162G, 133R (meilleur total de la AL), 201H dont 52HR (meilleur total de la AL), 34 Doubles et 1 triple, 135RBI, 18SB, .318AVG, 1.021OPS et 8.3WAR
  • 2002: 162G, 125R, 187H dont 57HR (meilleur total de la MLB), 27 doubles et 2 triple, 142RBI (meilleur total de la MLB), 9SB, .300AVG, 1.015OPS et 8.8WAR
  • 2003: 161G, 124R (meilleur total de la AL), 181H dont 47HR (meilleur total de la MLB), 30 doubles et 6 triples, 118RBI, 17SB, .298AVG, .995OPS et 8.4WAR

D’un point de vue personnel son séjour fut marqué par quelques moments qui allaient confirmer sa Legacy dans le baseball… mais c’est surtout son apport offensif que l’on retiendra de son passage aux Rangers malgré son talent défensif déjà remarqué lors de son arrivée dans le show à Seattle, ses catchs plein champ et ses renvois en 1B en balle courbée sont un régal pour les yeux et les partisans présent au stade. Seattle tiens, son retour à Safeco field fut, comment dire, assez agité: même si beaucoup de partisans l’aimaient encore, les fans des M’s n’ont pas du tout apprécié l’attitude du joueur durant la Free Agency et lui font savoir avec une réception des plus houleuses. Et, manque de chance pour lui, le calendrier a été fait de manière a ce que le match contre les Mariners ait lieu assez tôt dans la saison (mi-avril, pour le 14ème match de la saison des Rangers, le temps n’avait pas encore fait son travail). Hué a chaque AB, chahuté lors d’une erreur de jugement en défense et bien sûr moqué lors de son SO de ce match qui se termina en défaite pour les Texans 7-9. Mis a part cet épisode le reste de cette 1ère saison se passa mieux pour le joueur, dont notamment ce moment de grande classe lors du All-Star game ou il n’hésite pas à « forcer » Cal Ripken Jr à changer de poste pour que ce dernier puisse jouer a son poste de prédilection lors de son dernier ASG.

Autre fait de cette saison 2001, il devient le premier SS avec plus de 50HR et 200H en une saison depuis Jimmie Foxx (joueur des A’s de Philadelphie avec 58HR et 213H) en 1932!!! Il réalise du meme coup sa cinquème saison à plus de 30HR… bref du lourd! Durant sa 2ème saison au Texas, c’est encore mieux (pour le joueur, car l’équipe c’est pareil) et, fait marquant de cette année le 09 septembre, sous les yeux encore émerveillé de Tom Hicks, A-Rod tape deux 3-run Home Runs contre son ancienne équipe des Mariners, pour une victoire 12-7. Il en profite au passage pour battre son propre record de Home Runs au poste de shortstop en une saison, en le portant à 53 avant de monter jusqu’à chiffre 57. Ok c’est sympa de faire des statistiques mais le baseball à la base c’est de gagner des World Series ou au moins essayer d’aller en Play-offs.

Hhélas cela ne sera pas encore le cas pour l’année 2003. L’année de trop? Même en affolant encore les compteurs de stats offensives l’équipe termine encore dernière et il a y de l’eau dans le gaz entre le manager Buck Showalter (qui vient d’arriver et qui a un peu de mal avec le caractère de sa star) mais également avec le pitching coach Orel Hershiser pour une sombre histoire de signes (comme quoi l’histoire est un éternel recommencement…) transmis à l’adversaire en échange de balles plus simples à frapper. Autre anecdote, c’est durant un match contre les Angels, que Rodriguez frappa son 300ème HR encarrière (à seulement 27 ans), la balle fut rejetée sur le terrain par l’un des partisans. A la fin de la saison réunion de crise au Texas, le proprio (Tom Hicks) rencontre A-Rod (attention dialogue fiction, mais…)

  • Tu sais Alex, on va surement partir sur un rebuild, parce que là, on est sacrément nul quand même…
  • Donc je voulais t’en parler pour que tu ne sois pas surpris en cas de tanking lors des prochaines saisons.
  • On ne tanke pas deja?
  • Et donc, je comprendrais que tu veuilles partir, en cas d’offre d’une importante franchise (ça nous arrangerait aussi, ton contrat nous plombe un max)
  • OK, je vais y réfléchir pendant quelques jours.

C’est bon, Stop, fini le Texas, il faut trouver une issue de secours, il reste encore 6 ans de contrat et la voie du Texas est sans issue… MVP en titre, ça doit bien aider pour trouver une franchise digne de son talent?

un peu de stats avec la wOBA de A-Rod

L’APPEL DU BRONX

Qui alors, pourrait reprendre le contrat pharaonique de A-Rod? Pas grand monde en fait, ils sont au nombre de 2, et ceux qui attaquent le plus vite ce sont les chaussettes rouges du Machassucette, avec leur petit prodige de GM, Théo Epstein, et ce même sans Manager au moment des négociations, il faut taper vite et fort pour mettre fin a cette « malédiction » du Bambino, surtout après les ALCS 2003 perdues en 7 matchs (3-4) face aux ennemis du Bronx… Le nouveau proprio, John W. Henry (arrivé fin 2001), veut gagner et faire de l’argent en gagnant, mais surtout faire de l’argent. Donc, après la saison 2003, les Red Sox disent au revoir à Grady Little (bah oui mec, il faut le sortir Pedro à un moment, surtout quand on sait qu’après son 105ème lancer il perd en efficacité, alors le 115ème, tu te doutes bien qu’il va se passer quelque chose de pas cool…) et avant de faire signer Terry Francona (que ce fut long pour lui de parapher ce fameux contrat…).

Les premiers contact se situent, allez on va dire à peu près vers le 25 octobre entre Tom Hicks (proprio des Rangers), John Hart (GM des Rangers) et Larry Lucciano (CEO Red Sox) qui se rencontrent à New-York pour papoter d’un possible deal. Et en bon businessmen, le lendemain (le 26 donc, après la défaite en WS contre les Marlins) nos 2 lascars du Texas rencontrent ce bon vieux Brian Cashman (ok il n’a que 36 ans à ce moment-là, mais il est aux Yankees depuis déjà 1986). L’entrevue est très brève: « pas intéressé. ». Voilà, ça c’est fait, bon on retourne négocier avec les Red Sox alors (attention dialogue fiction, ou pas…):

  • Alors qu’est ce que nous avons sur la table en échange d’Alex Rodriguez et son tout petit contrat
  • On vous propose Manny Ramirez.
  • Ah oui c’est pas mal, effectivement c’est un bon joueur…
  • Oui oui, en plus c’est un super coéquipier, ponctuel, sérieux, pas de surprise et vous avez vu ce joueur en action? il est fabuleux…
  • Oh oui, super, allez je vous offre une ristourne de $28,000,000 sur le contrat de Rodriguez pour Ramirez, c’est pour moi ça me fait plaisir…
  • … OK, deal

Sauf que la MLBPA arrive et dit: mais non ça va pas être possible, vous vous rendez compte si ça passe, ça va faire du sale dans les affaires pour les futurs trades, vous me rangez tout ça, tout de suite. Et c’est donc le 23 décembre que Tom Hicks annonce officiellement que le trade entre les Rangers et les Red Sox ne se fera pas. Fin de l’histoire? En tout cas le temps passe, et toujours rien à l’horizon, désolé mon bon Alex mais il va falloir rester chez les Rangers… NNNNNNNNOOOOOOOOOONNNNNNN.

Et là, comme par hasard, ce pauvre Aaron Bonne se fait les ligaments du genou gauche pendant un match de basket en janvier (blessure qui conduira les Yankees à casser son contrat pour non respect des sport non-autorisés pendant la off-season, le 27 février). Les téléphones portables de l’époque se mettent à chauffer entre le Texas et New York. Bizarrement cela se passe beaucoup plus vite cette fois-ci, et pour cause, les Rangers ne veulent plus du contrat, Rodriguez veut partir et les Yankees ont besoin d’un joueur (mais un 3B, car faut pas déconner le Captain ne bougera pas de son poste, d’ailleurs durant le coup de fil de de Cashman, Jeter aurait répondu: really cool.). Et Boum le deal est fait, en échange d’un peu de cash et de Alfonso Soriano (LF-2B) et un peu plus tard Joaquin Arias (SS-2B-3B), Rodriguez et son contrat prennent la direction de la grosse pomme et la franchise mythique des Yankees.

Ca va Derek? t’as vu je le porte bien le maillot? (credit: Gregory Bull AP PHOTOS)

Et voila, dans la tunique des Pinstripes. Pas de chance, le numéro 3 a été retiré (bon c’était un certain Babe Ruth qui le portait donc bon…) mais pas de soucis, Alex va prendre le 13 (si vous avez tout lu, vous savez pourquoi 😉 ). Et là, mon garçon, la pression d’un peuple tu vas la sentir: c’est fini le Texas et ses cow-boys, les Yankees (ou les Red Sox) c’est carrément un autre niveau, que ce soit pour la presse et les partisans (c’est toxique), rien ne se passe comme ailleurs et le moindre faux pas peut-être fatal à une carrière. Mais pour le moment tout va bien. Rodriguez travaille ses gammes d’avant match pour parfaire son jeu en arrivant longtemps avant ses petits camarades de jeu et surtout pour prendre ses marques à son nouveau poste de 3ème base, ses gestes répétés inlassablement pendant des heures pour avoir les automatismes et montrer que même en ayant changé de franchise, il reste le meilleur. Evidemment que la Telenueva va reprendre.

JE T’AIME MOI NON PLUS…

Alors voilà, A-Rod est dans la place… par ou commencer? parce que là le chapitre est, comment dire, énorme dans tous les sens du terme… Et si on partait du début? Tiens bonne idée, donc nous voilà en 2004. Nouvelle franchise, nouveau poste, nouveau numéro, que de changements. Nouveau Alex? non. Il continue de faire ce qu’il sait faire de mieux taper, encore et encore. Il devient le 3ème joueur de l’histoire à frapper plus de 30 Home Runs, 100 Hits et 100 RBIs durant 7 saisons consécutives, tape son 350ème HR en carrière, est encore une fois All-Star, et obtient son 1000ème RBI. Pour les Yankees, pas de soucis durant cette saison, ils terminent premiers de leur division devant les Red Sox avec une différence de 3 victoires.

En parlant des Red Sox tiens, petite histoire lors de la saison régulière, au Fenway Park, devant une foule très hostile à A-Rod (oui normal, il y a quelques mois il devait signer à Boston, mais il a pris le chemin des pires ennemis possible, et la rivalry à ce moment c’est quelque chose). Sur un At-Bat face au lanceur Bronson Arroyo, Rodriguez prend un HBP (hit by Pitch), ce qui ne lui fait pas plaisir et il le fait savoir à coups de « F… You » en direction du pitcher. Arrive alors le capitaine des Sox: Jason Varitex (également catcher) qui lui écrase son gant dans la tronche. S’ensuit évidement une bagarre générale et la sortie des bancs pour le plus grand bonheur des spectateurs du Fenway. Un tournant dans la saison des chaussettes rouges, et cela va se voir lors des PO. Après avoir sorti (easy) les Twins (3-1), ce sont les Red Sox qu’affronteront encore les Yankees. Bis repetita de 2003?

Presque. Après avoir été proches de sortir l’équipe de Boston (3-0 dans la série et 4-3 dans la 9ème manche, juste avant le vol de base de Dave Roberts), nous arrivons tranquillement dans le match 6 au Yankee stadium. les Sox mènent 4-2 en fin de 8èm manche, Jeter en 1B et Rodriguez fait face encore une fois à Arroyo (comme par hasard…). Un hit raté mais plein champ permet à Jeter de partir, le lanceur récupère la balle et va taguer Rodriguez avant que celui-ci n’atteigne la 1B, sauf que voilà le garçon est assez mauvais perdant et surtout il ne veut pas se faire sortir comme ça. Du coup, il tape dans le gant de Arroyo et la balle s’échappe, A-Rod arrive en 2B et Jeter croit marquer le R du 3-4. Et non, raté, les empires annulent le R et A-Rod est out. Des regrets? bien sur que non, il faut toujours essayer dans la vie, mais cet episode marque le début du véritable désamour de la planète baseball pour Rodriguez. Les Red Sox élimineront les Yankees en 7 matches et gagneront les World Series un peu plus tard. Sur un bilan individuel pour A-Rod, c’est plutôt pas mal malgré quelques incidents de parcours, et coté people c’est la naissance de sa 1ère fille en fin d’année (oui parce que le don Juan est marié depuis 2002) qui terminera l’année en beauté.

Quoi ma gueule? qu’est qu’elle a ma gueule? Elle ne mêlait pas ta grande gueule (credit: James Keivon GETTY IMAGES)

En 2005, la même chose (pour la saison régulière en tout cas, champion de Division à égalité avec les Red Sox), avec en plus un Home Run title en American League (le premier chez les Yankees depuis Reggie Jackson en 1980), une saison complète de 162G, encore une fois All-star, encore une fois Silver Slugger (mais cette fois-ci en tant que 3B) mais surtout le titre de MVP (pour la 2ème fois de sa carrière), et là pas de MVP contenter dans l’équipe pour lui prendre des voix (avec 331 voix il devance David Ortiz de 24 voix). Il en profite pour taper son 400e Home Run en carrière (en étant, bien sûr, le plus jeune à atteindre cette marque). Et pour marquer encore plus cette année, il se permet de taper 3 Home Runs (dont un grand Slam) durant le même match, le 26 avril face aux Angels au Yankee Stadium. Les Angels auront leur revanche un peu plus tard dans la saison en sortant les Yankees en ALDS (3-2). Alors que durant la saison régulière sa moyenne au bâton est .321, elle est de .133 seulement en post-season, ce qui commence à inquiéter/énerver certains fans du Bronx…

Avec encore un titre de division dans la poche pour la saison 2006 (cette fois-ci sans avoir les Red Sox dans les pattes, ils se sont effondré tout seul lors du money time avec un bilan de 9W-21L au mois d’aout) mais, malgré une 9ème saison consécutive avec 35+ HR, 100+ R et 100+ RBI, et encore une participation au ASG, la post season n’est vraiment pas le fort de Rodriguez depuis son arrivée à New York. Les Yankees tombent encore en ALCS, sortis cette fois-ci par les Detroit Tigers (3-1) et Rodriguez affiche une moyenne qui commence vraiment à inquiéter (.071 seulement). Sans compter que son caractère de diva énerve pas mal de ses coéquipiers, à commencr par Jason Giambi qui demande à Joe Torre d’arrêter de la câliner tout le temps et publiquement en plus. Pour ne rien arranger les choses, un sondage sort ou 40% des fans de baseball ne souhaitent pas avoir Rodriguez dans leur équipe…

Les huées commencent à sortir de toute part, même au Yankee Stadium, et c’est tout logiquement qu’il descend dans l’ordre du line-up, à la 8ème place!!! pour un MVP en titre descendre aussi bas c’est quand même quelque chose. C’est une saison sans sur le terrain (enfin, saisons « sans »: 154G, 35HR, 121RBI, 15SB et .290AVG ça reste plus que correct, mais très loin de ses standards). Que peut-il arriver de plus dans une saison de merde comme celle-ci? Tout simplement les premiers vrais soupçons de dopage suite à la une du Daily news, où un Alex tout en « muscle » (chacun son délire hein… pour moi il est gras quand même.) prend un bain de soleil en plein milieu de Central Park avec un titre racoleur au possible: « Body of Lies ». Une grosse perte de confiance en soi pour expliquer cette « mauvaise » saison, lui qui adore que l’on pense du bien de lui, la crise de la trentaine peut-être?

Que peut-on attendre alors de l’année 2007? Un nouveau A-Rod: il peut être agent libre à la fin de la saison, il a perdu du gras (je vous l’avait dit…), a énormément travaillé et il révèle (oula Telenueva en vue) qu’il n’est plus aussi proche de Jeter qu’avant (et là Jeter se demande pourquoi il ne la ferme pas tout simplement). Il redevient une machine à frapper (500ème HR en carrière, à nouveau All-Star et encore MVP avec 124 points d’avance sur le 2ème) fait une saison a 30+ HR, 100+ R et 100+ RBI pour la 10ème d’affilée et efface des tablettes le record de Jimmie Foxx, sort une série de 23 matchs d’affilée avec un hit, et termine leader de la MLB en Runs (143), Home Runs (54) et RBI (156). Autre fait « amusant »:  lors d’un match contre les Blue Jays de Toronto, sur une balle haute, A-Rod se dirige de la 2B vers la 3B, passe entre les joueurs et ne peut s’empêcher de crier « I got it ». Evidement, les 2 joueurs de champ laissent tomber la balle et le joueur est safe en 3B (cela n’amuse pas tout le monde, y compris son manager qui le défend en public mais reconnait que cela n’est pas très malin.). Pas de titre de division pour cette année, l’équipe commence a vieillir et il faut commencer a rajeunir tout ça, mais chaque chose en son temps, déjà les play-offs…

Non toujours pas, élimination encore en ALDS contre les Indians (1-3). Voila pour la partie terrain parce qu’en coulisses c’est Voici, People, Paris-Match et Gala réunis. Ça commence vraiment lorsque Rodriguez est photographié avec une jolie blonde (qui n’est pas madame) lors d’un déplacement à Baltimore. la réaction de madame est assez jolie, non contente d’avoir toute cette attention (cela reste du privé quand même) elle arbore un t-shirt ou l’on peut lire F… You lors d’un match au Yankee Stadium. cette affaire prend de telles proportions que le GM (Brian Cashman) est obligé d’intervenir pour calmer le jeu. Et cela ne s’arrête pas là, la nouvelle notoriété de Rodriguez en dehors du terrain ne fait que commencer. Une campagne dans les tabloïds commence, reportant toutes sortes d’histoires extra conjugales, ce qui n’arrange pas sa cote d’amour auprès des américains qui sont les maitres de la pudeur quand cela les arrange…

Et voilà comment on devient le joueur le plus détesté de la MLB. Parlons argent un peu (ça faisait longtemps) et si on exercait la clause d’opt-out du contrat? En plus les Red Sox jouent au même moment les World Series, cela ferait un peu de pub… Bonne idée Scott, donc le 13 octobre 2007, Rodriguez fait une croix sur les $72,000,000 restant pour devenir Free Agent. Quel mauvais timing quand même, après une remontrance tout rentre dans l’ordre avec à la clé un nouveau contrat sur 10 ans à hauteur de $275,000,000 qui est finalisé le 13 décembre (au fait Scott, t’es viré…). Et comme le hasard fait encore bien les choses c’est à cette même date que sort le rapport Mitchell sur le dopage dans le baseball. Le nom d’Alex Rodriguez y figure pour usage de produits dopants, le joueur nie ses accusations lors d’une émission diffusée sur la télévision américaine le 16 décembre (encore une fois quel timing) et le 17 la signature du contrat est officielle.

bah alors? tu sais pas attraper les balles? (credit: Jay Gulla)

On repart en 2008 avec une équipe qui n’est toujours pas rajeunie mais un nouveau manager, Joe Girardi et A-Rod, à 32 ans, suit ses standards habituels: 138G, 104R, 35HR, 103RBI et une moyenne de .302, hélas insuffisant pour aller en play-off. Commence un peu le début de la fin pour le joueur, de plus en plus visible dans les soirées mondaines (coucou Madonna), ce qui se termina par le divorce du couple Rodriguez en milieu d’année, malgré la naissance de leur 2ème fille. Du people tout ça. Cela ne va pas s’arranger en 2009: voulant participer à la World Baseball Classique avec la république dominicaine, il doit hélas déclarer forfait sur blessure, une IRM a révélé la présence un kiste au niveau de la hanche droite et il doit subir un drainage pour diminuer celui-ci. Hélas lors de l’intervention, une déchirure est découverte et une opération doit être programmée, ce qui lui fera manqué le Spring training mais également le premier mois de la saison et un retour sur la table d’opération une fois la saison 2009 terminée est programmé pour enlever définitivement le problème.

En février, Sport Illustrated sort un article confirmant l’usage de produits dopants par A-Rod, ce que ce dernier niera encore, avant d’avouer une prise de stéroids durant ses 3 ans chez les Rangers dans une interview à ESPN (à la suite d’une série de livres l’accablant dont celui de Selena Roberts qui fit grand bruit). Le retour sur le Diamond (avec huées sur tout les stades) de Rodriguez aide les Yankees a repartir de l’avant. Beaucoup de moments clutch dont son retour où il frappe un 3-run Home Run pour son premier AB face aux Orioles le 8 mai. le 16 de ce mois, un 2R HR walk off contre les Twins pour une victoire 6-4. En aout Alex Rodriguez rejoint la Taylor Hooton foundation (fondation créée par les parents du jeune Taylor à la suite de son suicide a l’âge de 17 ans après l’usage de produits dopants en juin 2003.).

Avec l’apport de Robinson Cano (2B, signé en 2001) la bande à Jeter gagne un nouveau titre de division avec plus de 100W (103W-59L) et part dans l’aventure de la post-season. Pour Rodriguez c’est une bonne année, encore une fois: 124G, 78R, 30HR, 100RBI et une moyenne de .286. Arrive l’épreuve de tous les dangers, et les partisans se préparent déjà à un nouveau choke de la part de Rodriguez… Pas cette fois. Bilan en ALDS: .455 (4R, 2HR, 6RBI) pour une victoire 3-0 face aux Twins; en ALCS: .429 (6R, 3HR, 6RBI) pour une victoire 4-2 contre les Angels, et enfin en World Series: .250 (5R, 1HR, 6RBI) victoire 4-2 aux dépends des Phillies. Ça y est la bague est enfin là… et le titre de MVP de la pos season en plus. Ok je parle beaucoup de stats offensive mais le festival des catchs plein champ pour ensuite les transmettre au 1B ou ailleurs suivant les cas de figure sont légions durant toutes ses années, Rodriguez est un joueur défensif très spectaculaire en plus d’être un gros frappeur.

Ahahahah enfin la douche de Champomy (credit: Al TIELEMANS Sport Illustrated)

Nous voilà en 2010. Alors le syndrome post championnat est-il présent? non pas trop, à 34 ans, les chiffres sont toujours là: 137G, 74R, 30HR 125RBI et .270AVG, il frappe son 600ème Home Run le 04 aout 2010, et le record du nombre de saisons avec plus de 30 Home Runs, 100 Hits et 100 RBI est porté à 13 saisons consécutives. Encore une participation au match des étoiles (la 13ème), mais le retour des mauvaises performances en post season: élimination en ALCS contre… les Rangers (oui oui…2-4 et .190AVG) après avoir éliminé les Twins 3-0 (.273 AVG) une fois de plus en ALDS. Hors terrain la pression commence à monter autour de la Steroid Era et, dès février, on apprend que A-Rod consulte le Dr. Tony Galea (un canadien recherché aux US pour trafic de drogue). Mais que nous prépare 2011? pas grand chose au final. Ah si, il participerait à des parties de poker clandestines (lol, le gars n’arrête jamais ses bêtises.).

Durant la saison c’est encore un match des étoiles qui l’attend (le dernier de sa carrière) pour lequel il doit déclarer forfait pour subir une opération sur son genou, ce qui le tient éloigné pendant quasiment 2 mois. Il revient sur le diamant fin aout pour finir la saison par un nouveau titre de division. Mais une fois de plus, il subit une élimination en ALDS (3-2 contre Detroit) avec une moyenne (.111) indigne de son talent. Le 12 juin 2012, A-Rod tape son 23ème Grand Slam, la saison se terminera encore par un titre de division, et encore par une élimination par les Tigers de Detroit (en ALCS, 0-4), et une fois de plus avec une moyenne désastreuse de .111 (pareil en ALDS: .125). A 36 ans, il serait temps de réfléchir à arrêter car c’est de pire en pire, d’autant qu’en fin année une énième opération de la hanche lui fera manquer le début de la saison 2013 (il sera même placé sur la IL60). Comme vous commencez à connaitre le personnage, vous savez qu’il se passe toujours un petit quelque chose a un moment ou a un autre, sauf que là, c’est THE big news.

Début 2013 le Miami New Times commence une enquête sur une clinique « spéciale » qui aboutira a l’affaire BioGenesis (pour en savoir plus je vous conseille le film documentaire fiction Screwball). Rapidement, ESPN (encore eux) sort l’affaire au grand jour, une affaire au coeur de laquelle de nombreux joueurs risquent des suspensions, et comme par hasard le nom de Rodriguez figure dans les rapports… Ok mais encore? le joueur se déclare publiquement apte à jouer, ce à quoi Cashman (qui doit commencer à en avoir vraiment marre) lui dit de la fermer, mais vraiment, genre f… ta g….

Têtu le joueur, part en low A puis en AAA pour sa réhabilitation, et au moment de remonter en MLB, allez petit dialogue fiction (ou pas) entre le docteur des Yankees et A-Rod:

  • Alex, tu es encore blessé, ça va être tendu le retour sur le terrain, je ne te donne pas mon feu vert pour reprendre
  • tetetet mon petit docteur, je suis Alex Rodriguez, je me connais mieux que toi
  • Mais Brian ne sera pas content
  • Euh je m’en fous de Brian, je suis apte et c’est tout, et puis j’ai fait un contre test par le Dr. Kelly et je ne suis pas blessé.

L’organisation des Yankees n’est pas du tout contente de ce nouveau caprice de diva et lui fait savoir. Cependant, il fait son grand retour en MLB le 05 aout avec un déplacement contre les White Sox de Chicago. Mais, comme par hasard (il y a quand même beaucoup de hasards tout au long de la carrière de Rodriguez), les résultats de l’enquête sortent le même jour (c’est incroyable ce timing, sont forts ses américains.), le joueur sera suspendu pour 211 matchs (c’est à dire la fin de cette saison et toute la saison 2014), savourant la bronca de Chicago le soir de son retour… Arod est viré de la fondation Taylor Hooton le jour même. Suspendu? Pas grave, le joueur fait appel ce qui lui permet de finir la saison tranquille.

Enfin tranquille pas tellement, quoi de mieux qu’un petit match entre amis (genre les Red Sox) pour faire passer un message? Donc le 13 aout, sous son « ovation » habituelle? A-Roid (son nouveau surnom) fait face au lanceur: Ryan Dempster. Sur un compte de 3-0, HBP, ok le joueur marche tranquillement vers la 1B… « non dit l’arbitre, tu restes là, il n’y a rien »… si même les arbitres s’y mettent, ça va être dur. En dans ce même match dans la 6ème manche les 2 sont encore face à face et là: HR, merci au revoir. Dempster sera suspendu 5 matchs pour son geste. Le 2 septembre, autre événement, A-Rod tape son 24ème grand Slam de sa carrière effaçant Lou Gerhing des tablettes. Les Yankees finissent 4ème et ne feront donc pas les play-offs. La saison se termine avec 44G, 7HR, 19RBI et .244 AVG.

Tandis qu’il est suspendu toute la saison 2014, les Yankees n’atteignent meme pas même pas la post-season mais, dès le début de l’année 2015, les choses sérieuses recommencen, avec une « réunion » entre le nouveau Commisionner Rob Manfred et Rodriguez (elle aurait duré 10 minutes), durant laquelle Alex aurait fait son mea-culpa. Le 17 février, c’est le Mélodrame: excuses publiques pour tout le monde: les fans, les yankees, les joueurs, sa famille. Ok retour à la normale pour le joueur qui jouera 151 matchs durant cette saison, essentiellement en DH pour 33HR, 83R, 86RBI et .250AVG. Un match de Play-off pour la wild card en ALcontre les Astros et bien sûr un beau .000 en moyenne pour 4 AB (ce sera son dernier match en PO).

En 2016, A-Rod a 40 ans et son corps commence à pêter de partout. Il commence quand même l’année dans le roster, part début mai sur l’Injury List, revient fin mai et annonce lors d’une conférence de presse très émouvante que le dernier match de sa carrière sera au Yankee stadium le 12 aout 2016. Standing ovation, tout le tralala mais en rien comparable à l’adieu fait deux ans plus tot à Derek Jeter (faut pas déconner non plus, il a bien cassé les c***s pendant son séjour à New York)

Last Dance le 07/08/2016 (credit: Jason Szenes)

ET APRES

Voilà, c’est fini. Alex Rodriguez en MLB c’est 22 saisons, 2784 matchs, 2021 R, 3115 H, 696 HR, 2086 RBI, 329 SB, .295 de moyenne au bâton, mais également une victoire World Series (2009), 3 titres de MVP, 14x All-Star, 10x Silver Slugger et 2x Gold Gloves.

Après avoir été pendant quelque temps le « Spécial Advisor » de Al Steinbrenner, A-Rod se dirigea très logiquement (oui quand même, la Commedia dell’arte c’est son truc) vers une carrière de consultant de luxe à la TV américaine avec un certain succès à la clé.

avec Big Papi sur Fox Sports (credit FOX SPORTS)

Coté vie privée (même si on s’en fout à la base, il faut bien avouer que cela fait maintenant partie du personnage), son idylle avec J-Lo fit le bonheur des tabloïds entre février 2017 et avril 2021 (un presque conte de fée pour les petits coeurs sensibles) du bonheur partagés via les réseaux sociaux, des fiançailles (mars 2019) en grande pompe. Hélas le comique de répétition est dur au mal avec Alex Rodriguez (des infidélités ont eu raison du couple). Mais rassurez vous, le beau gosse d’origine Puerto-Ricaine n’est plus célibataire… (comment on s’éloigne du sujet de base, c’est dingue.)

Et sinon le baseball dans tout ca, c’est vraiment fini? Bien sûr que question terrain, la réponse est oui, mais les premiers amours ne s’oublient pas et A-Rod pense de plus en plus a investir dans une franchise, et quoi de mieux que d’essayer de s’offrir sa franchise de coeur, les New York Mets? Mais non ce sera pas le cas non plus, le couple J-Lo/A-Rod sera coiffé par Steve Cohen. Tant pis ce sera le basket alors avec une participation dans les Timberwolves du Minnesota…

CONCLUSION

Voici en gros le portrait d’un joueur de baseball pas tout à fait normal, qui aura marqué son époque et qui marquera l’histoire à n’en pas douter. Rentrera-t-il au HOF? rien n’est moins sûr, Barry Bond et Roger Clemens n’y sont toujours pas et Pete Rose, malgré sa carrière ,est persona non grata à Copperstown. Dans le cas d’Alex Rodriguez, son principal souci aura été de se faire prendre plusieurs fois la main dans le sac pour toutes sortes d’affaires, que se soit sur le terrain ou en dehors. Son talent est là mais il a choisi la mauvaise direction. Mais il aura réussi, en tout cas, à ne laisser personne indifférent.

(credit: Chuck Salomon Sport Illustrated)

Max CarGo


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