World Series ’21 – Les 6 raisons pour lesquelles Houston va remporter le titre

Après avoir écarté les White Sox en Division Series puis livré un beau bras de fer avec les Red Sox en Championship Series, Houston en a terminé avec sa lessive et se hisse en World Series pour la 3e fois en 5 ans (2017, 2019 et 2021). Et si pour toute personne n’habitant pas à Houston ou ne supportant pas la franchise, cela n’est pas mérité, il n’en reste pas moins que les Astros seront bien présents en finale. Ils ont même de fortes chances de remporter le titre et il est temps de voir pourquoi. Voici les 6 raisons pour lesquelles Houston va remporter les World Series !

Houston remporte les ALCS 2021
Vision d’horreur pour toute personne ne supportant pas les Astros ! Photo : Jon Shapley/Houston Chronicle

 

1- La belle Histoire de Dusty Baker !

C’est l’un des personnages les plus connus du baseball. A la fois aimé et respecté par tous et qui pourtant est à la tête de l’équipe la plus détestée de la MLB. Engagé par Houston pour faire office de bouclier humain entre la haine des fans de baseball et les joueurs, Dusty Baker a fait plus que ça. En deux ans chez les Astros, il a emmené la franchise par deux fois en Championship Series. En 2020, il s’inclinera au bout du suspense, en 7 matchs, face aux Rays.

Après 19 ans d’attente, le coach Dusty Baker retrouve les World Series. Photo : Karren Warren/Houston Chronicle

Mais en 2021, c’est enfin le Graal pour celui qui a dû attendre 19 ans pour retrouver une place en World Series (2002-Giants), la 2e plus longue période entre deux apparitions. Seul Bucky Harris le dépasse avec 22 saisons d’écart (1925 et 1947). Du haut de ses 72 ans, Baker a tout connu que ce soit en tant que joueur ou en tant que coach. La malédiction des Cubs avec l’incident de Steve Bartman, se faire virer comme un malpropre par les Nationals après deux saisons à 95 et 97 victoires, ou encore donc cette cruelle défaite en World Series avec ses Giants face aux Angels. Dusty a  malheureusement reçu cette étiquette du looser magnifique. En effet ses équipes jouent à chaque fois très bien en saison régulière avant d’échouer en postseason. La preuve ultime : il détient le record du plus grand nombre de victoires en saison régulière (1987) sans le moindre succès en World Series.

 

Ce serait donc LA magnifique histoire que ce record prenne fin. Et si vous détestez les Astros, vous ne pouvez que souhaiter du bien à cet homme formidable et légendaire.

2- L’apogée d’un Hall Of Famer ?

C’est Josh Donaldson qui a lancé le débat sur Twitter lors de ces finales de conférence.

José Altuve, l’un des hommes les plus haïs du baseball, mériterait le Hall of Fame. C’est une question qui a au moins le mérite d’être posé. Car si on regarde les stats, il y a débat. Altuve a tout connu avec les Astros, l’équipe qui l’a recruté pour quasiment rien. Les saisons de la honte (les trois saisons à plus de 100 défaites) et les joies de la 2e partie des années 2010 avec en prime le titre en 2017 et le trophée de MVP. Surtout un frappeur de constance (il a une moyenne au bâton en carrière de .308 et a terminé 4 fois meilleur frappeur de l’AL consécutivement entre 2014 et 2017). Il en est à 1777 hits en saison régulière et se rapproche tranquillement du pallier important des 2000. Il est aussi parvenu à ajouter de la puissance à son jeu, avec deux saisons à plus de 30 HRs (2019 et 2021). Tout en gardant une moyenne se rapprochant des 30%.

Mais là où José Altuve excelle c’est en postseason. Avant les World Series 2021, il affichait un total de 73 matchs joués en playoffs, bien sûr très loin des 158 de Derek Jeter mais c’est déjà un total colossal et cette expérience fait souvent la différence. D’ailleurs si le légendaire arrêt-court des Yankees est leader dans énormément de catégorie en postseason, il y en a un où Altuve vient de le dépasser : il s’agit des…. Homeruns. Et oui avec 21 longues balles frappées le joueur des Astros est entré sur le podium de la catégorie en playoffs. Il n’est plus qu’à une unité de Bernie Williams et 8 de Manny Ramirez. Il est surtout d’une belle « clutchitude », les fans des Astros (et ceux des Yankees) se rappellent tous du Homerun frappé face à Aroldis Chapman pour envoyer Houston en World Series en 2019.

Il a récidivé en 2021 en frappant des HRs égalisateurs par deux fois face à Boston et ainsi garder les siens dans ces matchs. Si évidemment, l’affaire de triche va noircir son CV, il n’en reste qu’Altuve mérite au moins qu’on associe son nom à celui de Cooperstown et c’est déjà pas mal pour celui qui a été recruté pour 10 000$ au Vénézuela et qui du haut de son mètre 68 a déjouer tous les pronostics le concernant.

3- La meilleure attaque de la MLB …

Avec .522 de moyenne au bâton, Yordan Alvarez a mené l’attaque de Houston durant ces ALCS et a été nommé MVP de la série. Photo : Karren Warren/Houston Chronicle

C’est la plus grande force de cette équipe, son attaque hors du commun. On avait des doutes après le départ de George Springer, véritable âme de l’équipe et premier batteur hors pair de cette équipe. Mais Houston a su faire front et est parvenu à faire encore mieux. Si elle n’a pas le groupe le plus puissant (9e en nombre de HRs), c’est celui qui frappe le plus (1496 hits), qui produit le plus de points (834 RBIs) et qui marque le plus de runs (863 points marqués).

C’est collectivement que cette attaque est impressionnante. Du premier batteur au 8e, chaque joueur a du potentiel et seul le receveur Maldonado est inoffensif au bâton (mais il a d’autres qualités). Quand on voit que Yuli Gurriel, meilleur frappeur de moyenne cette saison de la MLB, n’est que le 7e batteur de l’alignement. Ça fait peur.

Surtout, les deux jeunes pépites n’en sont qu’à leurs débuts en MLB mais sont déjà des rouages indispensables et peuvent être classés dans la catégorie des meilleurs batteurs de la Ligue : Kyle Tucker a sans doute été le MVP de la 2e partie de saison tandis qu’Alvarez vient de s’adjuger le trophée de MVP des ALCS.

Et en postseason, cela se confirme, les Astros ont marqué 67 points en 10 matchs, le plus gros total des équipes engagées. Soit une moyenne de presque 7 points par rencontre.

4- …. Et une défense colossale 

Grâce notamment à son duo d’infield Altuve-Correa, Houston peut compter sur la meilleure défense de la MLB. Photo : DR

« Defense win championships » voici la déclaration devenue célèbre du coach de NFL, Bear Bryant. Et cela peut s’appliquer aux Astros. Si l’attaque reçoit la majorité des éloges, et à juste titre, il ne faut pas dénigrer la défense magistrale de Houston. Menée par son binôme de quasiment toujours, Correa et Altuve, la défense texanne est la meilleure de la MLB en Fielding % (.988), un indice qui calcule la probabilité de réussir un jeu défensif.

Elle est également et logiquement celle qui commet le moins d’erreurs. Carlos Correa rend facile la majorité des jeux défensifs au poste d’arrêt-court. Avec en plus un bras canon, il est considéré comme le meilleur défenseur de la MLB (avec la mesure dWAR pour ceux que ça intéresse). Alex Bregman est un arrêt-court repositionné en 3B et il faut féliciter Yuli Gurriel qui a fait la transition de la 3e base au premier coussin et est rapidement devenu une référence au poste. Le Champ extérieur de Houston n’est pas le plus rapide, mais se place toujours très bien et possède des bras puissants.

Et on finit en beauté avec Martin Maldonado. Sans doute l’une des pires battes de la MLB, mais également l’un des meilleurs receveurs défensifs. Ce n’est pas de moi mais d’Alex Cora le coach des Red Sox juste après son élimination. (NDLR : A partir de 59 secondes)

Avec un bras en acier, il réduit à néant la majorité des tentatives de vols de bases. Preuve en est encore durant le match 6 de ces ALCS ce jeu qui a sans doute scellé la rencontre.

Surtout, il est loué par toute l’organisation, des joueurs, au front office, en passant par le coaching staff, comme étant un excellent leader de vestiaire mais également de lanceur. C’est lui qui met en place la stratégie et qui la fait respecter. En gros, c’est le général sur le terrain, et ça matche !

5- Une faiblesse devenue force

Ryan Pressly est devenu un des meilleurs closers de la MLB. Photo : Karren Warren/Houston Chronicle

Pendant longtemps, le bullpen de Houston a été le tendon d’Achille de cette franchise. Même pendant l’épopée du titre, AJ Hinch, le coach d’alors, a fait appel à ses starters pour terminer les rencontres, avec cerise sur le gâteau la relève gagnante de Charlie Morton au Game 7 des World Series.

Et 2021 n’a pas fait exemption à la règle. Jusqu’à la trade deadline, Ryan Pressly a été l’arbre qui cache la forêt. Lui n’a rien a se reprocher et il est devenu l’un des meilleurs closers de la ligue. Mais le reste du staff était en souffrance. Du coup au grands maux, les grands remèdes. En juillet, ce n’est pas un, pas deux, mais bien 3 releveurs qui sont venus renforcer le bullpen texan. Et pas des moindres : le closer des Mariners, Kendall Graveman et le closer des Marlins, Yimi Garcia ; en plus de Phil Maton, un expert des batteurs gauchers.

Et si en saison régulière, l’ERA moyen du bullpen était de 4.06 soit la 15e marque de la MLB, en postseason, ils sont entrés dans une autre dimension en affichant la 2e meilleure marque des qualifiés avec 3.42 d’ERA. Surtout, il est venu à la rescousse de ses starters à la dérive en début de Championship Series face à Boston où quand sur les 4 premiers matchs, les starters ont lancé moins de 7 manches en combinés.

L’exemple parfait restera le match 4, ou Greinke ne tiendra que 1.1 manches en concédant 2 points avant que le bullpen ne prenne sa place et n’encaissera pas le moindre coup sûr en 7.2 innings et en ne prenant que 4 hits. Sans doute le tournant de la série puisque à la sortie de Greinke, Houston était mené 2-1 par les Red Sox dans la série et 2-1 dans la rencontre. Au final Houston remportera le match 9-2 avant de ne plus perdre la moindre rencontre et s’imposer 4-2 face à Boston.

6- Prouver à tout le monde 

Ce groupe à l’occasion de laver, partiellement, le doute sur le titre de 2017. Photo DR

Ah le titre de 2017 ! Votre serviteur en a déjà beaucoup parlé sur les différents podcasts et sur notre site. Oui, les Astros ont triché en 2017. Mais personnellement je reste persuadé que même sans tricher Houston serait devenu champion. Et il est l’heure de le prouver. En 2019, ils ne sont pas passés loin de le faire, mais une décision hasardeuse de son manager et une très belle équipe de Washington en a décidé autrement. En 2021, ils ont une nouvelle chance d’écrire une nouvelle ligne à leur palmarès. Et ils ont de très bonnes chances grâce aux 5 points précédents.

Ça n’enlèvera en rien les avis sur 2017 mais un titre en 2021, aurait une nouvelle saveur. Celle de l’orgueil du champion !

Publié dans MLB

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