Postseason 2021 : LA Dodgers – En quête du doublé

« October Baseball »… Deux mots qui font saliver les fans de MLB dès l’entame de la saison. Maintenant on y est, et la rédac’ de The Strike Out se plie en dix pour vous présenter les dix prétendants au Commissioner Trophy. Après la qualification sans trembler des Red Sox face aux Yankees lors du match de Wild-Card en American league, place à la deuxième affiche de cette postseason. Les Cardinals de Saint-Louis défient le tenant du titre, les Los Angeles Dodgers, dans la nuit de mercredi à jeudi pour la NL Wild-Card. Le champion en passe – un peu à la surprise générale – par ce match couperet. Explications.

Recap’ de la saison

Fraîchement titrés et renforcés par l’arrivée de Trevor Bauer, les Dodgers s’affichaient en début de saison comme le grand favori à leur propre succession pour un titre en NL West. Une lutte était annoncée avec les San Diego Padres et les premiers matchs entre les deux équipes nous ont régalés et fait espérer de savoureux affrontements en octobre… mais c’était sans compter sur les Giants (vraiment on ne comptait pas du tout sur eux à TSO, ni personne d’ailleurs !).

Le début de saison de LA était idéal avec un bilan de 13-2 et une impression de balade à venir… mais a suivi une bien moins belle série de 14 défaites en 18 matchs entre le 18 avril et le 7 mai… à laquelle a succédé une autre de 12 victoires en 13 matchs ! Bref, il a fallu lancer la machine et une fois lancée elle ne s’est plus arrêtée même s’il a fallu courir après les Giants pour tenter de récupérer la première place. Ce fut très brièvement le cas en août dans la foulée d’une Trade Deadline hallucinante avec les arrivées d’Albert Pujols débarqué des voisins des Angels, et surtout des ex-Nats Max Scherzer (SP) et Trea Turner (SS) en échange des top prospects Josiah Gray (SP) et Keibert Ruiz (C).

Scherzer venu remplacer numériquement le grand absent de la deuxième moitié de saison des Dodgers : Docteur Trevor et Mister Bauer suspendu par la MLB pour des affaires extra-sportives (notre J-Sé avait fait allusion à cette référence littéraire dès la preview). Turner venu lui dans un premier temps pallier l’absence sur blessure du short-stop Corey Seager avant d’être repositionné en 2e base au retour de celui-ci.

Avec un roster aussi profond, Dave Roberts n’a pas eu trop de soucis à se faire en cas de blessure même quand celles-ci touchaient des cadres. Aucun joueur de LA n’a disputé les 162 matchs de la régulière, un seul atteint la barre des 150 (Justin Turner).

La responsabilité offensive a été bien distribuée : Trea Turner et son AVG de .338 en 148 matchs (96 avec Washington et 52 avec LAD) ; A.J Pollock : .297 en 117 matchs ; Corey Seager .306 dans la foulée de son titre de MVP des World Series mais en seulement 95 matchs… alors qu’un Mookie Betts, gêné par des pépins physiques (122 matchs), a dû se contenter d’une moyenne de .264 avec 23 HR ; Max Muncy a lancé des bombes (36 HR) mais sans trouver la constance et Cody Bellinger a lui sombré dans la foulée d’une saison 2020 déjà ratée (.165 en 95 matchs, voir plus loin).

Côté rotation, on l’a dit Scherzer est arrivé en juillet et s’est tout de suite intégré à cette rotation déjà forte au point même d’en devenir l’arme numéro 1 (voir plus loin) et un favori au Cy Young. Un autre favori au trophée c’est Walker Buehler. A 27 ans, il entre dans son prime avec un podium MLB en ERA : 2.47, ce qui le place 3e juste derrière Scherzer (2e ) et Corbin Burnes (1er – Brewers) mais avec le plus grand nombre de manches lancées de ces trois aces (207.2). Un troisième lanceur des Dodgers est dans le top 10 ERA de MLB : le jeune Julio Urias (2.96) qui s’est offert 20 victoires (#1 en MLB). Sans oublier, l’éternel Clayton Kershaw et ses 144K en 121.2IP, mais une nouvelle blessure au bras sur son dernier start de la saison pourrait lui coûter la postseason.

En résumé, c’est comme si les Dodgers n’avaient jamais forcé cette saison, sauf peut-être lors des magnifiques affrontements face à la bande à Tatis Jr. Il ne va pas falloir jouer sur la réserve car la suite de la saison et donc la quête du doublé se joue sur un seul match face aux Cardinals !

Passé récent en postseason

Quand on a disputé 3 World Series en 4 ans (défaites en 2017 et 2018, victoire en 2020), on peut légitimement parler d’expérience en postseason pour ce groupe. Car même ceux qui n’étaient pas à LA les saisons précédentes (Scherzer et Turner) ont aussi décroché leur titre (en 2019 avec les Nats). Les Dodgers n’ont pas subi la fameuse gueule de bois du champion et même si notre cher Bastien pariait sur l’inverse en avril. Ils sont bien entendu les grands favoris pour conserver le trophée à la maison.

Star de l’équipe : Max Scherzer

Comme s’il en fallait une de plus dans cette équipe… MadMax a rejoint la galaxie LAD fin juillet et c’est simple il n’a pas perdu un seul de ses matchs sous les couleurs blanches et bleues : 7 W en 11 starts ; 89 K en 68.1 IP ; une ERA très basse (2.46 en cumulé sur l’année) avant deux derniers starts un peu moins brillants (5 ER à chaque fois). Au grand désarroi des fans de Washington, c’est maillot des Dodgers sur les épaules que Scherzer a franchi la mythique barre des 3000K. Le 12 septembre dernier, il devient face aux Padres le 19e lanceur de l’histoire à réussir pareille performance… et avec la manière en emmenant un perfect game jusque dans la 8e manche !

Max est sans doute le lanceur le plus compétitif de la Ligue et un challenge comme celui qui l’attend en postseason est idéal pour renforcer encore son CV en vue du Hall of Fame. Il est coleader de la rotation angelina avec Buehler, comme il l’était avec Strasburg en 2019 lors du run des Nats vers le titre. Agent libre en fin de saison, il s’agit aussi de s’assurer un dernier gros contrat.

Joueur à suivre : Cody Bellinger

Rookie de l’année en 2017, NLCS MVP en 2018, MVP de National League en 2019, Champion 2020… la jeune carrière de Bellinger est un modèle de réussite… mais en regardant de plus près les performances du grand outfielder depuis deux saisons, c’est moins reluisant.

Une moyenne de .239 et seulement 12 HR sur la saison régulière 2020 raccourcie et même .212 en 18 matchs de playoffs… ce n’est pas franchement grâce à Belli que les Dodgers sont allé chercher le titre. Mais on pouvait mettre ça sur le compte d’une saison particulière où les automatismes étaient perturbés… mais non. Une moyenne cataclysmique de .165 avec moins de HR en 95 matchs (10) qu’en 56 la saison précédente. La machine à longues balles est cassée et notre ami a du mal à se réinventer, en tout cas à s’adapter à ses difficultés à frapper fort et loin. Il n’obtient pas assez de BB pour un peu compenser : seulement 31 (contre 30 en 2020 mais sur deux fois moins de matchs), ce qui nous fait une présence sur base à .240 !

Crédit DR

Alors qu’est-ce qui ne va pas avec Belli ? La réponse la plus évidente : le physique! Il est très souvent blessé. Mollet, tendon, côtes… moins de 100 matchs cette saison. Une cascade de pépins qui a succédé à cette blessure très bête contractée dans le Game 7 des NLCS l’an dernier : une épaule déboitée après un elbow-pump avec un coéquipier après un HR. Pépins physiques et perte de confiance qui suit, Belli n’est plus que l’ombre de lui-même mais attention à la bête blessée. Il lui suffira d’un ou deux gros hits/HR pour de nouveau présenter un gros danger pour n’importe quel lanceur adverse.

Facteur X : la wild-card

Avec une rotation Scherzer-Buehler-Urias (et peut-être Kershaw), difficile de voir quelle attaque pourrait mettre en danger les Dodgers sur une série complète… mais la vérité d’une série n’est pas la vérité d’un match. Si je n’aurai pas mis une pièce sur les Cardinals pour renverser le champion sur 3 ou 4 matchs, pourquoi pas sur une seule rencontre ? Vu l’état de forme de la franchise de St-Louis avec ces 17 victoires de suite pour remonter et dépasser tous les concurrents à la 2e wild-card (19 victoires sur les 22 derniers matchs de régulière), il ne faut – à mon avis – pas écarter la possibilité d’un gros upset. Les Dodgers vont devoir prendre ce match très sérieusement malgré l’écart de bilan entre les deux équipes (106 W d’un côté et 90 de l’autre).

Avis sur la série

On l’a dit les Dodgers sont en mission pour devenir la première équipe depuis les Yankees il y a plus de 20 ans à réussir le back-to-back (c’était même le triplé 1998-99-2000 dans le cas de Bronx Bombers). On l’a dit aussi, il faut en passer – un peu à la surprise générale – par une Wild-Card qui a tout du piège.

Les Arenado, Goldschmidt, Molina, Bader ou Carlson vont rentrer sur le terrain comme des morts de faim. Ils vont devoir se frotter à Scherzer ou Buehler voire aux deux si Roberts part sur une stratégie à la Nats en 2019 (Scherzer+Strasburg). Ils auront tout à gagner pendant que les Dodgers auront tout à perdre, eux qui n’ont justement plus perdu à domicile lors des 15 dernières rencontres.

Même si Adam Wainwright revit cette saison et surtout depuis le All-Star break, Los Angeles a toutes les armes pour mettre le vétéran à terre. Trea Turner est une machine à hits et peut aussi sortir la balle (2 Grand Slams sur les 3 derniers matchs), son homonyme Justin Turner est toujours là dans les grands moments, Pujols voudra forcément s’illustrer face à sa franchise de cœur et Seager voudra soigner ses adieux à LA avant de tester le marché des agents libres. Kershaw ne manquera pas pour ce match, il n’aurait certainement pas lancé mais pourrait manquer au prochain tour. En revanche, la perte de Max Muncy pourrait coûter. Il s’est blessé au coude dimanche lors du Game 162 sur un choc en 1e base.

Prono

Les deux séries de saison régulière entre les deux équipes ont été assez serrées : 4 victoires pour LA et 3 pour St-Louis, même si on notera un écart de points bien plus favorable aux Boys in blue (42 contre 20 en cumulé).

Alors oui la surprise et l’upset reste possible, mais les Dodgers ne peuvent pas se permettre de sortir de cette postseason dès leur premier match. D’autant qu’attendent au prochain tour les Giants!

Los Angeles Dodgers 5 – Saint-Louis Cardinals 1


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