The Strike Out Looking N° 6 – Randy Johnson : d’énigme à the Big Unit

Randy Johnson est sans doute l’un des meilleurs lanceurs de tous les temps, et on peut même dire un top 3 des meilleurs pitchers gauchers. Son armoire à trophées pourrait remplir un studio parisien avec cinq trophées de Cy Young (dont quatre consécutifs), une triple couronne, quatre fois la meilleure ERA de la Ligue, dix participations à un All-Star Game, une bague de champion (2001) ainsi que son trophée de MVP des Finales et enfin une deuxième place All-Time en terme de strikeouts derrière l’intouchable Nolan Ryan. Et pourtant jusqu’à ses 29 ans, il a souvent été sous-estimé. La faute sans doute à son physique particulier. Du haut de ses 2 m 08, il est, à ses débuts, un lanceur introverti mais avec un gros caractère. Cependant, à force de travail et grâce à une rencontre décisive, Randy Johnson va se transformer en The Big Unit, le lanceur aux 303 victoires.

Un talent à polir

Né en Californie, à Walnut Creek précisément, Randy Johnson tomba amoureux du baseball devant les exploits du lanceur, gaucher lui aussi, Vida Blue des Athletics, vainqueur du Rookie de l’année et du Cy Young (trophée du meilleur lanceur) en 1971. Déjà très grand dès son plus jeune âge, on le prédestinait à une carrière de basketteur car, malgré sa taille, il possédait une bonne motricité. Ses débuts en Little League furent éblouissants, il fut surclassé par deux fois. Arrivé au Lycée, Randy put enfin s’adonner à ses deux sports en même temps, et il devint la star du Lycée Livermore grâce à ses performances tant sur les parquets que sur un monticule. Les radars affichaient déjà 90 mph et il réussit de très nombreux strikeouts malgré un contrôle défaillant. Longiligne, il était souvent moqué par les joueurs adverses tandis que les entraîneurs se plaignaient de sa gestuelle particulière. Pourtant les stats étaient là, en 1982, il affichait 121 strikeouts en seulement 66 manches. Et pour son dernier match pour Livermore, il sortit le grand jeu avec un Perfect Game. Paradoxalement ce ne fut que sa quatrième victoire de la saison, la faute au niveau assez faible des batteurs de son équipe. Il fut alors repéré par les Braves d’Atlanta qui le sélectionnèrent au deuxième tour de la draft de la même année, avec à la clé un joli bonus, à la signature, de 50 000 $. Mais ses parents n’étaient pas emballés par les perspectives d’avenir, tandis que son coach lui conseillait de choisir l’université afin qu’il continuât à se développer. Il eut énormément d’offres de bourses pour des Universités réputées et finit par choisir l’Université de Southern California et son équipe, les mythiques Trojans. 

USC baseball great Randy Johnson
Extrement talentueux, Randy Johnson est drafté à sa sortie du Lycée avant de choisir de rejoindre l’université. Photo : USC

Situé à Los Angeles, Randy était épanoui, il pouvait jouer à la fois au basket et au baseball tout en profitant d’une éducation de haut niveau. Et cela se ressentait sur son baseball, il remporta dix victoires et réalisa cinq saves lors de ses deux premières années.

Un diamant qui se craquèle

A l’aube de la saison 1985, de nombreux experts et scouts firent de Johnson un des joueurs à suivre pour l’exercice à venir. Le très réputé Baseball America le plaça même comme le quatrième meilleur lanceur universitaire. Malheureusement, avec cette exposition vint également le début des problèmes pour Randy. Il avait du mal à garder ses nerfs lorsque les arbitres ne lui donnaient pas un strike ou quand un de ses partenaires commettait une erreur. Ses problèmes de contrôle firent alors de nouveau surface et il devint le lanceur avec le plus de walk concédés, avec un total faramineux de 104 en 118 manches. De plus, à cause de sa gestuelle, les vols de bases se multiplièrent. Au final, USC réalisa l’une des pires saisons de l’Histoire de la Pac-10. Johnson fut tellement déçu et frustré qu’il hésita à continuer le baseball. Heureusement pour ce sport, il fut tout de même drafté en juin 85, une nouvelle fois au deuxième tour, par les Montréal Expos. Et ces derniers réussirent à convaincre Johnson de continuer le baseball et, qu’en gagnant en expérience et en maturité, il parviendrait à contrôler à la fois la balle et ses émotions.

Malgré son immense talent, Randy Johnson a du mal à gérer la pression et il ne parvient pas à trouver de gestuelle efficace du fait de sa grande taille. Il est pourtant sélectionné au 2e tour de la draft par les Expos de Montréal. Photo : DR

Ses débuts en Ligues Mineures furent catastrophiques mais, pour le staff, l’important n’était pas là. Le club souhaitait que Randy prît son temps afin de trouver une gestuelle de lancer dans laquelle il se sentait à l’aise et cela peu importaient les résultats. Une initiative louable et qui montrait la confiance des Expos dans le potentiel du gaucher. En 1986, il entra dans la rotation de l’équipe de Class-A, dirigée à l’époque par un certain Felipe Alou. Une nouvelle fois, l’objectif était de trouver la meilleure gestuelle pour le lanceur. Et les progrès se firent sentir : il remporta huit de ses quinze matchs grâce à sa balle rapide efficace et à une slider qu’il apprit à maîtriser rapidement.  Bien qu’il fût une nouvelle fois le lanceur qui comptait le plus de walks, il parvint à limiter la moyenne à la batte de ses adversaires à .211. Promu en Double-A, Randy continua sa progression, toujours avec ses soucis persistants de contrôle. Mais ce qui inquiétait le plus les Expos était sa capacité à s’autodétruire sur le monticule et à perdre ses nerfs.

C’était exactement ce dont se rappelait Orrin Freeman, responsable du scouting des Expos entre 1988 et 1991 et qui nous a malheureusement quitté en 2020 : « la raison pour laquelle il n’a été sélectionné « qu’au » deuxième tour de la draft, c’est qu’il était capable de lancer à 95 mph dans une manche et seulement à 80 dans la suivante se souvient-il dans des propos relayés par Scott Miller de Bleacher Report.  J’en parlais avec un coach qui l’a supervisé lors d’une summer league. Lorsque que l’on voyait cette différence arriver, on lui demandait s’il avait mal quelque part et il répondait que non. »

Pourtant, les Expos continuèrent à croire en lui, et lui firent poursuivre son ascension des Ligues mineures. Après un gros spring training, il gagna une place dans l’équipe de Triple A et rencontra le premier coach important de sa carrière. Comme il l’a avoué lui-même, Joe Kerrigan, entraîneur des lanceurs eut une grande place dans sa vie de joueur. En effet, le coach, lui aussi très grand, le prit sous son aile et ensemble ils peaufinèrent sa gestuelle, si bien qu’on parla rapidement d’une promotion de Johnson vers la MLB. Mais voilà que les vieux démons du gaucher refirent surface. Après avoir reçu une balle frappée par un batteur sur son poignet gauche, Randy fut si énervé et effrayé que ce coup pût signifier la fin de sa carrière, qu’en rentrant dans le dugout, il frappa et explosa une batte avec sa main droite.

Echangé comme un vulgaire caillou

Les résultats des radios furent rassurants. Sa main gauche, celle de ses lancers, n’avait rien, tandis que la droite, elle, présentait des fractures. Mais du côté des Expos ce fut sans doute la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Déjà dans le collimateur de la franchise pour ses errements et son manque de maturité, ce coup de chaud fut celui de trop. Kerrigan continua de travailler avec son poulain du côté de la Triple A et le fit lancer malgré sa main droite toujours blessée. Vint alors le grand moment: le 15 septembre, Montréal voulut tester Johnson et l’appela pour ses grands débuts en MLB. Et il fut étincelant puisque sur ses quatre matchs disputés, il en remporta trois avec à la clé vingt-six K, et seulement sept BB en trente manches. Alors que personne ne l’attendait, Johnson avait répondu plus que présent; mais voilà, comme à l’Université, dès que les lumières se braquaient sur lui, le gaucher perdait ses moyens.

Annoncé comme un favori pour le titre de rookie de l’année en 89, le Californien sombra sur le monticule. Après sept matchs, il affichait un ERA de 6.67 ainsi que vingt-six walks en vingt-neuf manches. A l’époque, Montréal commençait sa saison sur des très bonnes bases et tentait le tout pour le tout pour essayer de se qualifier pour la Postseason. En gros, elle n’avait plus le temps d’attendre l’éclosion de  Randy Johnson. Il fut échangé, le 15 mai 1989 aux Seattle Mariners avec Brian Holman et Gene Harris contre Mark Langston. Et au moment du trade il n’était même pas considéré comme le meilleur jeune du package. Langston, qui sortait d’une grosse saison avec Seattle, était censé être la dernière pièce pour Montréal. Malheureusement pour la franchise canadienne, cela ne se passa pas comme prévu et après des débuts prometteurs, l’équipe rentra dans le rang et termina à une piteuse quatrième place de sa division. De leur côté, les Mariners n’étaient pas pressés et firent confiance à Johnson. Ce dernier put continuer son développement face à des batteurs de MLB. Ainsi sur les trois saisons suivantes il lança en moyenne 210 manches. Pourtant, malgré ses problèmes de contrôle de balle toujours bien présents, il mena la ligue en termes de but sur balles lors de ces trois saisons, il afficha un ERA moyen de 3.79. Et puis lors de cette saison 1992, un événement changea tout.

Une rencontre comme une passation

Alors que les Mariners accueillaient les Rangers, Randy Johnson rencontra la légende Nolan Ryan, qui lançait alors pour la franchise d’Arlington, à l’âge de 43 ans. Celui qui fut le leader All-Time des strikeouts discuta alors avec le gaucher, qui lui rappelait ses débuts. En effet, tout Ryan qu’il était, lui aussi connut des débuts difficiles. La légende prodigua alors des conseils sur la gestuelle de Johnson et lui montra même comment la régler. Le problème que personne n’était parvenu à régler durant toutes ces années, Ryan ne mit que quelques jours pour le résoudre.

La rencontre entre Johnson (à gauche) et la légende Nolan Ryan (à droite) a complétement changé la carrière du premier. Photo : Twitter J. Daniel

« Je pense que Randy était déjà sur le point de tout résoudre. nous nous sommes rencontrés un jour à Seattle et puis comme ça se passait bien, s’en sont suivies d’autres rencontres » a confessé Nolan Ryan en 2009.

Même si Ryan fit le modeste, on constata un réel avant-après. Sur les onze départs suivant cette rencontre capitale, on assista déjà à des progrès monumentaux. Johnson atteignit 102 mph sur sa balle rapide, il parvint à placer ses balles cassantes où il le souhaitait. Il termina la saison en boulet de canon avec cinq victoires sur les onze derniers matchs avec 2.65 d’ERA lors de ces rencontres. Et comme un symbole, pour son dernier départ, Johnson lança huit manches avec 18 K à la clé face …. Aux Rangers de Ryan.

C’était le début de The Big Unit

La consécration de The Big Unit

Voilà, tout était en ordre, Randy Johnson entrait dans une nouvelle dimension. De saison en saison, il ne cessait de s’améliorer, et, en 1995, ce fut la consécration, il fut élu Cy Young. Grâce à une saison monumentale avec dix-huit victoires à la clé pour deux petites défaites, un ERA de 2.48 et surtout 294 K. A l’époque, il évoluait dans une équipe des Mariners de haute voltige avec Ken Griffey Jr ou encore Edgar Martinez, tous deux hall of famers, mais le pitching était le talon d’Achille de cette formation dont Randy Johnson fut la seule satisfaction. (On parle de ces Mariners, dans notre épisode d’En tout Franchise, à retrouver ici). Il découvrit pourtant la postseason durant cette saison 1995 où il ne fit qu’une bouchée des Yankees lors des Divisions Series, avant de tout donner contre les Indians mais sans pouvoir permettre aux Mariners de se qualifier. Ce fut un peu l’apothéose de Johnson sous la tunique de Seattle. Car à partir de 1996 et étonnamment, il revint souvent dans les rumeurs de trade.

Après un passage stratosphérique mais éclair avec les Astros, Randy Johnson signe un contrat XXL avec les Dbacks. Sans doute la meilleure signature de l’Histoire de la Franchise. Photo DR

Il est vrai qu’en 1996, Johnson était âgé de 32 ans et les Mariners s’inquiètaient de son âge et des petites blessures qui commençaient à s’accumuler. Et après avoir résisté à l’échanger, Seattle finit par se résigner et échanger Johnson lors des derniers instants de la trade deadline 1998, la dernière de son contrat. Il rejoignit alors les Astros et donna un coup de boost à la fois à la franchise texane mais aussi à sa carrière. Durant ses deux mois à Houston, Randy fut stratosphérique avec dix victoires lors de ses onze matchs, un ERA de 1.28 et 116 K en seulement quatre-vingt-quatre manches. Il échoua une nouvelle fois en postseason mais pas à cause de lui puisque il afficha un ERA de 1.72 lors de ses deux matchs disputés en Divisions Series. Et pourtant il repartit avec deux défaites. Mais ce trade eut au moins l’avantage de remotiver Johnson qui commençait à se lasser du côté des Mariners. Surtout ces performances exceptionnelles, sur sa dernière année contractuelle, lui permettaient d’espérer un gros contrat. Houston, qui souhaitait le garder, ne put s’aligner sur l’offre des Diamondbacks.  La franchise de Phoenix s’offrit les services de The Big Unit grâce aux 52 millions sur quatre ans posés sur la table.

La naissance d’une légende

Ce fut sans doute le meilleur investissement de l’Histoire de Dbacks, puisque les retombées furent immédiates. Randy Johnson reprit là où il s’était arrêté : à savoir, dégoûter les batteurs et être intouchable. Et il joua sans doute les quatre saisons les plus dominantes de l’Histoire.  Durant ces quatre exercices consécutifs, il y eut quatre Cy Young à la clé, quatre-vingt-une victoires en cent quarante matchs dont trente et un matchs complets et 11 shutouts. Et surtout 1417 strikeouts en 1030 manches. Tout simplement indescriptible. Il fit taire les critiques sur son âge et sa longévité en étant par deux fois le lanceur avec le plus de manches au compteur, et surtout, il parvint au graal en 2001 avec l’obtention de la bague de champion. Au terme d’une campagne de playoffs stratosphérique avec 1.13 d’ERA en deux matchs lors des finales de conférence, mais surtout 1.04 en trois matchs et trois victoires lors des World Series face à l’ogre Yankees. Sans doute l’une des plus grandes performances d’un lanceur lors de Finales. Il fut logiquement élu MVP de ces World Series, à la saveur particulière, quelques semaines après le 11 septembre.

2001 est d’ailleurs considéré comme sa meilleure en carrière, même si statistiquement elle semble derrière celle de 2002. Il y avait un tel sentiment de domination de Johnson. La preuve, avec un record en carrière de 372 strikeouts sur la saison, seuls Nolan Ryan et Sandy Koufax ont eu plus de K sur une saison.

Après ce quatre à la suite, cher à nos amis de France 3, Randy Johnson connut une saison de mou en 2003, tronquée dès le début par une blessure au genou droit. Il ne parvint pas à revenir à son niveau et finit la saison avec un ERA de 4.26, qui en soit n’est pas honteux mais très loin des standards et standings du natif de Walnut Creek. Et alors que beaucoup commençaient à douter d’un retour au premier plan de Johnson pour 2004, lui qui fêta ses 40 ans, il répondit de la meilleure des manières avec un énorme exercice. Il afficha 2.60 d’ERA et 290 Ks en trente-cinq matchs (exploit réalisé pour la troisième fois de sa carrière). Mais le plus important, il lança pour 245 manches prouvant une nouvelle fois sa longévité de folie. Il profita de cette saison pour lancer un perfect game face aux Braves.

Il devint alors le lanceur le plus âgé à réaliser une telle performance surpassant pour l’occasion un certain … Cy Young. Mais il ne s’arrêta pas là et fêta également son 4000e strikeout en carrière. Bref une énorme saison, encore. Malheureusement pour lui, les Dbacks n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes. Son compère de la rotation, Curt Schilling fut envoyé à Boston.  Les Yankees offrirent monts et merveilles à la franchise de Phoenix pour se payer les services de The Big Unit. Mais les appels de George Steinbrenner restèrent sans retour, non sans quelques hésitations évidemment.

Une fin de carrière pour l’Histoire

Mais après de nombreuses tractations, le deal eut finalement lieu, et du haut de ses 41 ans Randy Johnson arriva dans le Bronx et rejoignit les Yankees. Il arriva pour tenter de faire rivaliser la franchise de New-York face au Boston Red Sox de David Ortiz et surtout de …. Curt Schilling.

Devant la montée en puissance des Red Sox, New-York tente un gros coup en recrutant Randy Johnson, mais ça ne va pas se passer comme espéré. Photo : Howard Earl Simmons/NY Daily News Archive

Or, pour la première fois de sa carrière, le californien débarquait dans une franchise XXL avec une pression médiatique comme nulle part ailleurs. Et qu’il lançât un magnifique match ou une rencontre moyenne, à chaque fois son casier était entouré par les journalistes. Et comme durant sa jeunesse, Johnson eut du mal à gérer cette pression et cela se ressentit sur le terrain. Il fit ce pour quoi la franchise l’avait fait venir: dominer les Red Sox. Il afficha un bilan de cinq victoires face à l’ennemi juré mais,  malgré dix-sept victoires au total et un ERA de 3.79, Johnson ne paraissait pas lui-même. Les batteurs de l’American League semblaient avoir trouvé la réponse à son arsenal, la preuve avec ces trente-deux homeruns concédés, son pire total en carrière.  D’habitude si dominant en playoffs, les Yankees s’en souviennent encore, The Big Unit galérait sous la tunique rayée. Il fut remplacé dès la 4e manche lors du match 3 des Divisions series face aux Angels après avoir concédé deux HRs. En 2006, Randy parvint tout de même à remporter dix-sept victoires mais sa saison fut marquée par de nombreuses blessures au dos, il alterna le bon et le très mauvais et termina l’exercice avec un ERA de  5.00. Après avoir été diagnostiqué avec une hernie discale, il reçut un traitement pour pouvoir tenir sa place lors de la postseason. Mais face à de surprenants Detroit Tigers lors des Divisions Series, Johnson sombra une nouvelle fois et concéda 5 points en 5.2 manches. Il ne le savait pas encore mais c’était sa dernière sortie pour les Yankees.

A l’aube de la saison 2007, New-York renvoya Randy Johnson en Arizona dans un trade. Un échange sur demande du joueur, qui avait perdu son frère et ne souhaitait plus supporter la pression médiatique de New-York, afin de pouvoir faire son deuil. Pour faire simple, il voulait rentrer à la maison, Phoenix. Pour deux saisons avec les Dbacks, il réalisa des performances correctes avec des ERA de 3.81 puis 3.91 mais des saisons tronquées par les blessures avec seulement cinquante-six et cent quatre-vingt-quatre manches lancées. Mais dans cette jeune et joyeuse équipe de Phoenix, il apporta au moins son expérience, sans toutefois pouvoir participer à la campagne de playoffs de 2007 qui vit son club créer la surprise en sortant les Cubs avant de s’incliner face aux Rockies. En effet ses douleurs au dos étaient trop insoutenables et on le décida même à se faire retirer un disque du dos.

On fera l’impasse sur sa dernière saison en carrière disputée du côté des Giants de San Fransisco mais après cette saison 2009 et à l’âge de 45 ans, Randy Johnson rangea son gant et put sortir néanmoins la tête haute.

Malgré des dernières saisons marquées par les blessures, Randy Johnson est élu dès sa première année au Hall of Fame où il devient le premier joueur des Dbacks à recevoir cet honneur. Photo: DR

Il fut évidemment élu au Hall of Fame en 2015 dès sa première année d’éligibilité avec 97.3% des voix et il entra à Cooperstown avec la casquette des Diamondbacks. Mais sa carrière est un parfait exemple des ingrédients nécessaires pour réussir : beaucoup de travail mais aussi de la patience.

« Je suis très content pour Randy confessait Orrin Freeman, responsable du scouting des Expos entre 1988 et 1991 et ancien assistant GM des Marlins. C’est un joueur qui a fait un long chemin depuis son arrivée en MLB en tant que gaucher maigre, longiligne et qui ne parvenait pas à contrôler ses lancers. Et il termine en devenant un des meilleurs lanceurs gauchers de l’Histoire alors qu’il n’a commencé à devenir bon qu’à partir de ses 25 ans. Je pense que c’est un magnifique exemple pour le baseball qui a tendance à abandonner trop vite sur des joueurs. Vous savez Curt Schilling n’a pas connu de bilan positif avant sa 25e année. Pareil pour Tom Glavine qui affichait 7 victoires pour 17 défaites en 1988 pour les Braves lâchait dans Bleacher Report celui qui a été élu scout de l’année en 2014. De nos jours, c’est une « Now generation » les gens vivent dans l’immédiateté et ils auraient abandonné un lanceur comme Randy. Mais il a mûri physiquement et mentalement et c’est comme ça que vous entrez au Hall Of Fame.


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