Preview 2021 – Chicago White Sox : Le Futur se conjugue au Présent

Après le marasme et la déprime de l’hiver 2020 accouchant d’une pandémie mondiale et d’une saison MLB raccourcie façon premier lavage à 60°C, TSO revient aux sources et à ses premiers amours : l’écriture. Et si pour le commun des mortels, l’arrivée du printemps signifie l’éclosion des bourgeons et les premiers chants d’oiseaux, pour la grande famille du baseball, printemps rime avec entraînement. Celui du spring training, des premières sorties avec de nouvelles couleurs pour certaines stars et de vieilles retrouvailles avec des rosters déjà bien armés pour d’autres. Que l’on soit fan de la petite balle blanche ou non, le printemps signifie surtout la préparation, le devenir. Et sans révolutionner votre quotidien, The Strike Out vous apporte son brin d’espoir : les fameuses 30 franchises en 30 jours. Aujourd’hui, TSO débarque chez les White Sox !

La saison 2020

Telle était la hype autour des White Sox à l’aube de la saison 2020, qu’il aurait été bien facile d’oublier que les Southsiders sortaient d’une saison à 89 défaites et resteraient, pour au moins une saison encore, une équipe en reconstruction. Facile à oublier tant la patiente reconstruction du roster des White Sox a pris des allures de modèle du genre, assemblant à coups de trades, de scouting et de tours de drafts bien sentis l’une des meilleures escouades de prospects vues ces dernières décennies.

Mais entre le talent brut, les diamants à polir, et les réalités du terrain au plus haut niveau, il y a un pas, une marche, un énorme fossé à franchir. Et si 2020 a prouvé une chose, c’est que les White Sox, s’ils n’étaient pas encore totalement prêts, ont les moyens de mettre la main sur l’American League dès cette saison. Emmenés par un gigantesque José Abreu (voir plus bas) qui a tenu à rappeler aux jeunes qui est le Franchise Player du côté du Guaranteed Rate Field et s’en est sorti avec son premier titre de MVP, les White Sox ont été absolument injouables par moments, affichant notamment un bilan de 22-5 entre le 22 aout et le 15 septembre avant de craquer sur les dernières deux semaines (3-9) et de perdre une première place de division qu’on leur pensait acquise, puis une Wild Card Series qui avait pourtant démarré de façon admirable par un match colossal de Lucas Giolito (7.0 IP, 2 H, 1 ER).

Giolito, l’as designé de la rotation des White Sox, a encore sorti une saison plus que solide (72.1 IP, 3.48 ERA, 97 SO, 8 QS), couronnée par un no-hitter au mois d’aout et une septième place au Cy Young Award, mais il ne fut même pas le meilleur lanceur de son équipe en 2020, le revenant et ancien Cy Young Dallas Keuchel s’offrant cet honneur avec une saison de très haute volée (6-2, 1.99 ERA, 63.1 IP) et une cinquième place au trophée du meilleur lanceur. Et puisque Dylan Cease et le rookie Dane Dunning ont tenu le coup, tandis que Reynaldo Lopez et quelques autres lanceurs défilaient pour le dernier poste de la rotation, les White Sox ont pu se garantir, malgré le manque de profondeur, une rotation parmi les meilleures de l’American League (3.85 ERA, 4e) bien soutenu par un bullpen tout aussi efficace (3.76 ERA, 5e) et mené entre autres par un Alex Colome de gala (22.1 IP, 0.81 ERA, 12 SV) et un Cody Heuer, sorti tout droit du farm system, au diapason (23.2 IP, 1.52 ERA, 9.5 K/9).

Du côté de l’attaque, c’est tout aussi excitant mais avec quelques bémols : deuxième attaque d’American League en termes de Runs et de moyenne au bâton, premiers en termes de Home Run, les Southsiders sont en revanche 11e en termes de Walks (179) , 2e au nombres de Strikeouts subis (571) et douzièmes en termes de bases volées (20). En d’autres termes les White Sox, à l’image de leurs leaders José Abreu et Luis Robert (lire plus bas), sont peut-être trop dépendants de leur puissance et de leur force de frappe mais incapable de canaliser leur présence au bâton.

Il faut dire qu’avec Abreu, Robert mais aussi Jimenez (.296, 14 HR, 12 BB, 56 SO), Encarnacion (.157, 10 HR, 16 BB, 54 SO) ou encore Yoann Moncada (.225, 6 HR, 28 BB, 72 SO), les White Sox étaient bien fournis en termes de frappeurs « All or Nothing ». Une situation à laquelle le nouveau manager Tony La Russa devra remédier, au moins en partie, pour éviter que ses hommes ne heurtent les mêmes écueils que les Twins de ces dernières années, surpuissants au bâton mais inoffensifs et sans armes dès que se présente la postseason.

White Sox hope Keuchel's back stiffness not a long-term problem
En 2020, Dallas Keuchel est redevenu l’un des meilleurs lanceurs des Majors. Confirmation en 2021?

La saison 2021

Car oui, il y a un nouveau taulier dans le Southside. Merci pour tout Rick Renteria, mais le board des White Sox a décidé de miser sur l’expérience d’un entraineur de légende, un dinosaure du baseball, Tony La Russa. Trois fois vainqueurs des World Series en 1989 (A’s), 2006 et 2011 (Cardinals), quatre fois manager de l’année, Tony La Russa n’a plus rien à prouver. Mais qu’a-t-il à perdre ? Sa nomination, en tous cas, a fait grincer quelques dents jusque dans les vestiaires du Guaranteed Rate Field si l’on en croit la rumeur.

Dinosaure du coaching, il a démarré son premier mandat de Manager des White Sox en 1979 et il a déjà sa plaque au Hall of Fame mais, lui qui a eu des propos « au mieux » maladroits sur les questions de société et de racisme, sera-t-il capable de gérer un des vestiaires les plus jeunes et les plus divers de Major League ? Bref, on dit que parfois les inverses s’attirent, et peut-être La Russa sera-t-il capable de s’adapter au baseball moderne et à ses analytics toujours plus poussés tout en apportant sa grinta Old School à une équipe qui a craqué au pire moment l’an dernier ?

Ce qui est certain, c’est qu’il aura à disposition toutes les armes pour remporter l’American League Central dès 2021 et, au vu de la situation globale de l’American League, il est loin d’être exclu que les White Sox ne soient la meilleure équipe d’AL dès cette saison. En tous cas, les quelques trades et signatures réalisés cet hiver semblent avoir été pensés comme l’assemblage des dernières pièces d’un long puzzle, et l’injection d’expérience nécessaire : Liam Hendricks (1.78 ERA, 25.1 IP, 14 SV en 2020) au poste de closer pour faire oublier Colomé ; Jonathan Lucroy en doublure de Grandal pour succéder à McCann ; Le retour d’Adam Eaton, champion avec les Nationals en 2019, pour remplacer Nomar Mazara ; l’arrivée de Lance Lynn, 5e et 6e du CYA en 2019 et 2020 et arrivé des Rangers en échange du talenteux mais bien jeune Dane Dunning.

Hey, on ne va pas le dire trop fort, mais entre la rotation et le bullpen, ces White Sox 2021 aligneront quatre lanceurs parmi le Top 10 du Cy Young Award la saison dernière, on a vu bien pire pour se donner les moyens de ses ambitions. D’autant que dans le lineup, Adam Eaton apportera de l’expérience et un bâton de frappeur de moyenne à la surpuissance collective de ses nouveaux coéquipiers. Et, si Moncada peut devenir le Top Joueur correspondant au Top Prospect qu’il était, si le toujours rookie Nick Madrigal (103 AB, .340 AVG en 2020) peut confirmer les belles promesses entrevues l’an dernier et si Tim Anderson (.322 / .357 / .529) continuer sa production offensive et ses progrès en défense, la postseason ne devrait pas être bien loin pour les White Sox.

Cuban Players Are Powering The White Sox | FiveThirtyEight
Jose Abreu et Luis Robert, la Cuban Connection et l’Arme Fatale des White Sox

Le joueur à suivre : Luis Robert

Il fut la sensation de l’intersaison 2019-2020 avant même d’avoir mis les pieds sur un terrain de Major League, en signant dès le mois de janvier un contrat de 6 ans et 50 millions de dollars avec les Southsiders. Il faut dire que les White Sox avaient fait all-in sur lui trois ans plus tôt déjà, en 2017, en lui offrant une prime à la signature de $26m alors qu’il était Free-Agent International. Un montant presque comparable avec les $31.5m dépensés par les Red Sox pour recruter Yoan Moncada en 2015, pour plus tard le trader en compagnie de Michael Kopech et deux autres prospects en échange de Chris Sale.

Mais revenons-en à Luis Robert. Auréolé de son contrat en or quand la plupart des rookies sont simplement heureux de découvrir les Ligues Majeures, l’outfielder cubain a immédiatement montré au monde du baseball pourquoi le management des White Sox lui avait offert cette faveur. Redoutable au bâton (11 HR, 31 RBI), agile sur les sentiers (9/11 SB), il s’est aussi fait remarquer par sa facilité défensive dans son poste, tellement exigeant, de Centerfielder. 

Luis Robert n’a pas simplement brillé défensivement, il a plané sur le champ extérieur, donnant une telle impression de facilité pour couvrir non seulement le champ centre mais aussi pour venir donner un coup de main à droite, à gauche, sans jamais donner l’impression d’être sous pression. Comme un taulier avec 10 ans d’expérience des Majors mais les jambes du gamin de 23 ans qu’il est encore.

Pour autant, tout n’est pas parfait, et c’est pour cela que nous allons suivre de près l’évolution de Luis Robert. Il frappe fort, il court vite, il défend bien, mais sa discipline au bâton est, pour le moment, un aspect plus que perfectible de son jeu. Il subit beaucoup trop de retraits sur prises, c’est un aspect de son jeu récurrent depuis ses débuts dans le baseball américain (3.29 K/BB en Minors, 3.65 K/BB en MLB) et une statistique habituelle pour un gros slugger, mais lui qui frappait à plus de 30% de moyenne sur tout son parcours en Minor Leagues s’est contenté d’un AVG de .233 en 2020, avec une présence sur base de .302.

Alors bien entendu, Luis Robert ne sera jamais un roi de l’OBP, mais s’il peut apprendre à choisir ses lancers et varier son approche pour mettre plus souvent la balle en jeu (Il a scoré plus de HR que de 2B en 2020 et aucun triple, malgré ses jambes de feu !), on pourrait bien avoir sous nos yeux le matériel dont l’on fait les futurs MVP.

La star : José Abreu

Et le matériel dont l’ont fait les MVP, justement, Luis Robert le côtoie tous les jours à l’entrainement. Lui aussi Cubain exilé, lui aussi passé par l’International Free Agency pour rejoindre les White Sox, en 2014, José Abreu n’a certes jamais eu de problèmes en ce qui concerne la régularité au bâton. Il faut dire aussi que quand Robert découvrait le baseball américain à 19 ans, Abreu était lui déjà une superstar, et un Rookie of the Year de 27 ans.

En sept saisons au cœur de White Sox mangeant leur pain noir José Abreu a tenu le cap, alternant le bon et l’excellent saison après saison tandis qu’autour de lui se construisaient et se déconstruisaient les rosters au fil des trades destinés à l’empilage de prospects et des saisons plus ou moins tankées. Abreu, lui, s’en est sorti avec trois Silver Sluggers, trois participations au All Star Game et, en 2020, la récompense individuelle suprême avec le titre de MVP.

Alors certes, le format à 60 matchs modifie la dynamique de la course au MVP, mais les stats parlent pour le slugger cubain : 1er d’AL au SLG, 5e à l’AVG, 10e à l’OBP, deuxième frappeur de Home Runs (19) et leader en termes de points produits (60), Abreu n’a montré aucun point faible sur sa saison 2020, sinon peut-être, comme toujours, son ratio de Strike Out par rapports aux Walks un peu trop élevé (3.10 K/BB), pour continuer le parallèle avec son jeune compatriote.

Mais aujourd’hui, à 34 ans et avec deux saisons restantes sur son contrat avec les White Sox, José Abreu est plus que jamais la star et le leader technique de cette équipe. Et nul doute que les ambitions des White Sox à court terme, la route vers les play-offs et un véritable status de contender, passeront par une confirmation de la part de leur First Baseman qu’il n’est plus simplement l’un des meilleurs joueurs de Major League, mais qu’il est prêt à se faire une place de choix dans le cercle réduit de ses superstars.

Notre Prono :

A l’image des Padres l’an dernier en National League, les White Sox semblent avoir atteint, sinon la maturité, le moment de vérité dans leur progression vers les sommets de l’American League. Et à l’inverse des Padres avec les Dodgers, les White Sox n’ont pas un monstre intouchable dans leur division, ni même dans leur Ligue. A partir de là, et au vu du potentiel encore inexploité des Southsiders, notamment dans l’aspect offensif, est-il déraisonnable d’imaginer les White Sox candidats au Pennant d’American League dès cette saison ? Absolument pas.

Des Yankees ou des Astros au complet et sans bobos leurs restent probablement supérieurs sur le papier, mais les White Sox ont toutes les armes pour traiter d’égal à égal, dès cette année, avec les gros bras de leur division. A condition de ne pas brûler les étapes, et de ne pas oublier de se débarrasser d’abord de la compétition des Twins voire des Indians.

Prono TSO : 90-72

Projection PECOTA : 83-79


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