Playoffs 2020 – American League Wild Card Series Preview

La multiplication des cas de Covid au début de cette saison raccourcie nous fit craindre que nous n’irions pas au bout de cette mini-saison de 60 matchs. Et pourtant, la MLB l’a fait. Nous y voilà ! La Postseason ! Des playoffs élargis à 16 équipes au total qui voient la plupart des favoris au rendez-vous mais également quelques surprises du chef pour cette saison pas comme les autres. Pour débuter ce mois d’octobre, qui se jouera sous bulle à partir des Division Series, The Strike Out vous présente les 16 équipes qui vont disputer les Wild Card Series au meilleur des trois matchs. Tour de playoffs à haut risque où même les grands favoris pourraient tomber dans le piège d’une courte série. Pour débuter ces previews de playoffs : présentation des qualifiés de l’American League.

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Le format et son piège

Dans cette série 2 de 3, il suffit de deux victoires pour passer en Division Series. C’est donc le format le plus courant de la saison régulière, format qui permet à une modeste équipe de pouvoir prendre une série face à un des gros poissons de la ligue. Ce format ne permet pas d’exploiter pleinement la profondeur d’une équipe, notamment au niveau du pitching. Sans compter que les autres étapes de playoffs vont s’enchaîner sous bulle et sans pause dans la série même, ce qui va encore plus compliquer la gestion des lanceurs. Là où une équipe qui vise le titre devra gérer son pitching staff pour le reste du mois, une équipe sans réelle ambition de voir les World Series pourrait tout miser sur la Wild Card Series pour simplement passer un tour.

Les qualifiés de l’American League

#1 Tampa Bay Rays (Martin Keuchel)

Comment ils en sont arrivés là ?

A un rien de surprendre les Astros durant la postseason 2019, les Rays avaient une superbe base sur laquelle travailler en 2020. Et ça n’a pas manqué. Emmenée par une rotation de haute voltige (Morton, Snell, Glasnow) et un bullpen efficace (4e meilleure ERA collective de MLB avec 3.41), la franchise de Tampa s’est bien appuyée sur ses forces pour survoler la saison régulière. Elle ne fut d’ailleurs jamais inquiétée dans sa division, avec notamment un magnifique bilan de 8 victoires pour 2 défaites face aux Yankees, pourtant annoncés comme les grandissimes favoris. Niveau attaque, les hommes de Kevin Cash ont encore pu compter sur Brandon Lowe, qui s’impose comme le nouveau leader d’attaque de cette franchise dès sa 2e année. 3e au vote de Rookie de l’année en 2019, Lowe a encore signé une grosse saison avec .273 au bâton ainsi que 14HR et 36 RBI. Le tout, managé à la perfection par un Kevin Cash toujours aussi inventif, lui qui a tout de même dû affronter une cascade de blessures (12 blessés dans son pitching staff, et 12 lanceurs avec au moins un sauvetage cette saison). Voici le cocktail gagnant qui a fait de Tampa Bay, la meilleure équipe de l’American League et le 2e meilleur bilan de la MLB.

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Le MVP de la saison

J’aurais pu choisir Brandon Lowe, Nick Anderson (0.55 d’ERA, 6 sauvetages) ou Blake Snell (3.24 d’ERA, 50 IP, 63K) mais je me suis tourné vers l’architecte de ces Rays, le manager Kevin Cash. Si je vous demande quel est le manager de l’Histoire des Rays avec le meilleur pourcentage de victoire ? Vous allez vous précipiter et me dire Joe Maddon. Et bien non, c’est bien ce bon Kevin Cash. Sur les 6 dernières saisons, il est le 2e manager avec le plus de victoires en American League (derrière un certain Terry Francona). Dans le paragraphe précédent, j’ai parlé de son inventivité pour gérer son pitching staff malgré les blessures de cette saison, et pour sa lineup, c’est pareil. Près de 17 joueurs ont joué au moins 10 matchs, et 11 se sont retrouvés à évoluer à plusieurs positions. Et durant toute la saison, il n’y a jamais eu le même alignement de joueurs plus de 2 jours consécutifs. Du génie. Et quand on sait qu’il réalise cela avec un effectif estimé à 59 millions, comparé aux 247 millions des Yankees. On ne peut être qu’admiratif de Cash, lui qui termine sa 6e saison sur le banc des Rays et qui n’a jamais gagné de titre de manager de l’année. Ce qui devrait changer cette année.

Le point fort/le point faible

On le sait, le point fort des Rays, c’est le pitching avec une rotation de grande qualité et en quantité. Pour ces Wild Card Series, Tampa va présenter un enchainement Blake Snell, Charlie Morton, et Tyler Glasnow pour débuter ses 3 matchs. De quoi faire peur à n’importe quelle équipe. Son bullpen compte 4 lanceurs avec un ERA inférieur à 3 (Nick Anderson, Peter Fairbanks, Aaron Loup et Diego Castillo), de quoi bien protéger une avance. Mais pour avoir une avance, il va falloir marquer des points, et ça c’est bien plus difficile du côté des Rays. C’est la 10e équipe de MLB en terme de points marqués avec .284 mais surtout la 21e en moyenne au bâton collective. Également 19e en HR. Vous l’aurez compris, l’attaque de Tampa est en difficulté cette année et quand on sait que le niveau monte encore en postseason, il va falloir que les protégés de Kevin Cash viennent soutenir un peu le pitching staff. Sinon on pourrait avoir une mauvaise surprise du côté de la Floride. Ce serait dommage, les Rays sont mes favoris pour aller en World Series.

#2 Oakland Athletics (Bastien LeGrom)

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Comment ils en sont arrivés là ?

On les avait venu venir les Athletics, dans l’ombre des intouchables Astros. Deux fois seconds d’AL West et qualifiés pour le Wild Card Game en 2018 et 2019, cette saison 2020 était l’occasion ou jamais de renverser des Astros que l’on sentait proches du déclin après les affaires de l’hiver. Et les Athletics n’ont pas failli à la tâche. Bien calés dans la moyenne de la MLB, que ce soit en termes de performances offensives (274 runs marqués, 16e) et derrière une rotation qui a fait son taf, sans plus (4.49 ERA, 16e), les protégés de Billy Beane se sont démarqués par les performances de leur bullpen, le meilleur de toutes les Ligues Majeures (voir plus bas). Un bilan de 7-3 lors des confrontations directes contre les Houston Astros aura fait le reste. Les Athletics remportent leur premier titre de Division depuis 2013, avec le second bilan d’American League (36-24).

Le MVP de la saison

Une rotation qui fait le taf mais sans plus, un Marcus Semien fantomatique, un Matt Chapman sur le flanc pour de nombreux mois… vous avez déjà saisi le thème récurrent de cette courte présentation, c’est du côté du bullpen qu’il faudra aller chercher le roi des Athletics pour cette saison 2020 : et dans ce secteur de jeu, le patron c’est bien entendu Liam Hendriks. Le closer en chef des A’s a réussi 14 sauvetages sur 15 possibilités, seul Brad Hand (Indians, 16/16) a fait mieux, pour un ERA de 1.78 (FIP : 1.14, WHIP : 0.67). Avec 37 Strikeouts en 25.1 manches lancées (contre seulement trois buts sur balles !), le lanceur Australien possède également le troisième SO/9 (13.1) parmi les lanceurs de MLB ayant obtenu 8 sauvetages ou plus, derrière seulement Josh Hader et Trevor Rosenthal. Vous l’aurez compris, Liam Hendriks est l’assurance tout risque du bullpen des A’s, et dans des séries de postseason que l’on s’attend à voir dominées par les équipes de relèves, il pourrait s’imposer comme leur atout majeur.

Le point fort/le point faible

Est-ce que je vais insister lourdement sur l’importance du bullpen d’Oakland ? Absolument, et comment pourrait-il en être autrement puisqu’il s’agit du meilleur escadron de relève de toutes les Ligues Majeures en termes d’ERA (2.72). Aux côtés du closer Liam Hendricks, les A’s ont notamment pu compter sur un Jake Diekman exceptionnel (21.1 IP, 0.42 ERA, 31 K, .114 AVG), un Yusmeiro Petit au diapason (1.66 ERA, 21.1 IP, 5 BB, 17 K) et les contributions utiles de J.B. Wendelken (25 IP, 1.80), ou encore Joakim Soria (22.1 IP. 2.82), entre autres.
Si l’on peut également noter l’excellence défensive des A’s, une de leurs marques de fabrique depuis plusieurs saisons, difficile de leur trouver un véritable point faible, si ce n’est une attaque parfaitement quelconque, ou Olson frappe à tout ou rien, Semien ne frappe plus du tout, Chapman est absent… Au terme de la saison régulière, seuls les Texas Rangers (.217) ont une pire moyenne au bâton que les A’s (.225) en American League. Même avec le meilleur des bullpen, Oakland ne s’en sortira pas sans une rotation au top ou une attaque valide et, si les battes ne se réchauffent pas, la route des Athletics risque de s’arrêter, une troisième année de rang, au stade de la Wild Card.

#3 Minnesota Twins (Gaétan Jeter)

Comment ils en sont arrivés là ?

Les Twins, après une saison à 100 wins et du renfort sur la butte, s’affichaient comme les favoris de l’AL Central. Mais dans un format raccourci, la question était de savoir comment ils seraient challengés par la puissance montante des White Sox et le super pitching staff des Indians. La réponse est dans le classement de fin de saison. La lutte fut acharnée, surtout que les matchs inter-division se sont joués avec la division la plus indécise de 2020, la NL Central. Curieusement, la force numéro 1 de la Bomba Squad ne fut pas sa puissance mais son pitching staff, l’un des trois meilleurs de la MLB au niveau de l’ERA, notamment grâce à l’arrivée de Kenta Maeda (2.70,6-1).

Le MVP de la saison

Kenta Maeda est assurément l’un de deux MVP de la saison des Twins mais l’ayant cité plus haut, il faut citer l’autre, le quadragénaire Nelson Cruz dont la forme échappe aux ravages du temps. Comme en 2019, Cruz reste le leader de l’attaque des Twin Cities, par sa constance et sa force de frappe (.308/16HR/ 1.004 OPS). Inébranlable.

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Le point fort/le point faible

Comme dit plus haut, les Twins bénéficient cette année de l’un des meilleurs pitchings staffs de la ligue. Arrivé comme renfort, Maeda est devenu le leader de la rotation et le club aura une bonne profondeur, tant chez les partants que dans le bullpen, pour faire face aux séries sans jour de repos. Un pitching staff aidé, en plus, par une excellente défense. Coté faiblesse, la principale sera le manque de constance de l’attaque. Certes, l’équipe, même si elle n’est pas aussi puissante qu’en 2019 (91HR, 6ème MLB en 2020), reste capable d’expédier la balle très souvent derrière les clôtures. Mais offensivement, en dehors des homeruns, elle reste assez commune. Sa puissance, alliée au pitching staff et à la défense, lui a permis de jouer les premiers rôles mais est-ce que cela sera suffisant en playoffs ?

#4 Cleveland Indians (Marion Jeterette)

Comment ils en sont arrivés là?

On ne donnait pas cher de la peau des Indians en AL Central, derrière la Bomba Squad des Twins et avec l’éclosion attendue des White Sox, mais non seulement le nouveau format offre un 3e spot dans cette Division, mais les finalistes 2016 ne sont pas des qualifiés par défaut avec leur beau record de 35-25. Longtemps promis aux 7e ou 8e spots, les Indians ont réalisé un excellent mois de septembre pour finalement décrocher la tête de série n°4.

Comme depuis des années, et même si les hommes changent, la rotation de Cleveland a été brillante : 1e en nombre de K, 2e ERA collective derrière les Dodgers et plus petit nombre de points concédés. Bieber (voir ci-dessous), Civale, Plessac (malgré son écart de conduite), Carrasco ou encore le rookie McKenzie ont soigné leurs sorties et Hand a converti toutes ses tentatives de saves (16). Rappelons au passage que Clevinger, que l’on imaginait l’Ace de cette équipe avant l’émergence de Bieber, a été envoyé à San Diego dans les dernières minutes de la Trade Deadline.

C’est un peu moins flamboyant côté attaque avec un average collectif de .228, 23e de MLB mais pas le pire des qualifiés pour les playoffs (A’s 25e, Brewers 26e, Cubs 27e et Reds 30e). Comme son équipe, José Ramirez est monté tout doucement en pression et a fini la saison en boulet de canon : 10 de ses 17HR en septembre et 19RBI sur les 15 derniers matchs. Il est leader de son équipe en AVG, HR, RBI, SB, R, OBP, SLG, OPS.

Le MVP de la saison

Figure de proue de cette belle rotation: Mister Shane Bieber. Sans concurrence pour le trophée de AL Cy Young (il serait le 5e lanceur de la franchise à accrocher son nom au palmarès), il pourrait même s’offrir le doublé avec celui de AL MVP et il n’y aurait pas grand chose à y redire. Au bout de 2 starts et un record MLB égalé (27K), Bieber était déjà le meilleur lanceur de la saison et après 62.1IP il avait déjà atteint la barre des 100K, cette fois un record MLB rien que pour lui. Il termine avec des chiffres fous et une triple couronne : ERA 1.63 ; 122K; 8 victoires ; WHIP 0.87 ; AVG adverse .167 ; 121BB en 77.1IP. Débuté l’été dernier avec la récompense de MVP du All-Star Game à Cleveland le règne de Bieber, 25 ans, sur l’American League est lancé!

Le point fort / le point faible

Si le trio Bieber, Civale, Plessac est aussi performant en octobre qu’il ne l’a été en saison régulière, il va vraiment falloir se méfier des Indians… En plus, on dit souvent que c’est le pitching qui fait la différence en postseason, on en a eu l’exemple parfait en 2019 avec le trio infernal des Nats Strasburg, Scherzer, Corbin). En tout cas, on a très très hâte de ce duel face aux Yankees puisqu’il nous réserve LE choc de lanceurs tant attendu : Bieber vs. Cole. La défense des Indians est également un gros + avec peut-être le meilleur catcher de MLB cette saison : Roberto Perez, mais aussi Santana (1B), Hernandez (2B), Lindor (SS) et Ramirez (3B). Côté point faible, on en a parlé, c’est le manque de run support ou même simplement de bâton derrière Ramirez. Seul Hernandez a répondu présent mais par exemple Lindor n’a pas du tout connu son rendement habituel. Pour espérer battre les Yankees, il faudra marquer des points, car leurs adversaires peuvent les empiler grâce à leurs HR.

#5 New York Yankees (Gaétan Jeter)

Comment ils en sont arrivés là ?

Grandissimes favoris au titre, les Yankees ont assumé leur statut en début de saison avant que la machine ne se dérègle à la mi-août, entre blessures et contre-performances de joueurs stars. Pendant trois semaines, les Bombers ont pratiqué le pire baseball de la MLB, faisant craindre une élimination surprise. Mais des joueurs retrouvés, comme Cole ou Torres, et les retours de blessures ont permis aux Yankees d’enchaîner 10 victoires de rang pour se relancer vers le titre, avant de finir la saison sur une note mi-figue, mi-raisin.

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Le MVP de la saison :

Difficile de choisir entre DJ Le Mahieu, aka La Machine, la batte la plus constante de la MLB, et qui a finalement décroché Batting Title en AL, ou Luke Voit, leader MLB des homeruns. Le choix va se porter finalement sur le second qui a tenu l’équipe a bout de bras quand même La Machine a fait défaut à l’équipe en rejoignant l’infirmerie. Pendant la période sombre des Yankees, il fut la lumière au bout du tunnel pour guider les Bombers.

Le point fort / le point faible :

Difficile de répondre à cette question. La période sombre des Yankees a vu les points forts devenir des points faibles et inversement. Le principal point faible sera peut-être Aaron Boone qui a montré ses limites de jeune manager durant la mauvaise période des Bombers, notamment sur la gestion des lanceurs et du mental collectif. Ou alors son horrible défensive, la pire des Majeures actuellement. Le point fort pourrait être, étonnamment, sa rotation avec Gerrit Cole version Astros 2019, Tanaka qui répond toujours présent en postseason et JA Happ qui redevient celui que l’on a connu chez les Yankees en 2018 en cette fin de saison. Sans compter la force de frappe des Bombers.

#6 Houston Astros (Martin Keuchel)

Comment ils en sont arrivés là ? 

Que ce fut compliqué pour les Astros en 2020. On s’attendait au pire après les révélations de la triche de 2017, mais même sans les supporters, Houston à souffert. D’abord accablée par les blessures, avec la perte pour la saison de Justin Verlander après un petit match (sa tentative de comeback se soldera par un prolongement de son indisponibilité pour toute la saison 2021), du closer Roberto Osuna, de la majorité de son bullpen ainsi que ses joueurs offensifs qui se sont succédé les uns après les autres à l’infirmerie. Si bien qu’il a fallu attendre la fin de la saison régulière pour voir l’alignement offensif de Houston enfin au complet. Une cascade de blessures qui, dans le malheur, a permis à Houston de faire une très large revue d’effectif de ses jeunes talents. Et, James Click le nouveau General Manager, est s’est même retrouvé à piocher des joueurs qui n’avaient pas dépassé le niveau Simple A. Et si pour beaucoup la marche a été trop haute, pour d’autres ce fut la révélation. Je pense notamment à Cristian Javier (3.48 d’ERA en 10 starts) qui n’avait que deux matchs de Triple A à son actif et qui s’est rapidement imposé comme un membre important de la rotation. On peut également citer les lanceurs de bullpen comme Blake Taylor (2.18 d’ERA) ou encore Andre Scrubb (1.90 d’ERA). Zack Greinke et Lance McCullers ont connu des hauts et des bas mais restent des armes redoutables. Et Framber Valdez s’est révélé comme la valeur sûre de la rotation (3.57 d’ERA) et a épaté son monde après un début de carrière chaotique. Enfin, offensivement, Houston a pu compter sur Brantley, Springer, Gurriel et surtout Kyle Tucker pour tenir à bout de bras l’attaque des Astros.

Le MVP de la saison

Framber Valdez aurait pu mériter le titre, mais Kyle Tucker a été importantissime pour la franchise de Houston. Il incarne l’avenir de l’équipe en vue des départs sur le marché des agents libres à la fin de la saison des 3 titulaires : Springer, Brantley et Reddick. Et si la majorité des joueurs offensifs aura passé au moins un petit bout de temps à l’infirmerie, Tucker lui aura répondu présent toute la saison, devenant même le fer de lance de l’attaque pendant l’été et tenant à bout de bras cet alignement offensif moribond. Il termine la saison avec .268 à la batte, 9 HR et surtout 42 RBI. Il est également premier de la MLB au nombre de Triples. Pour sa première saison complète, il s’affirme comme le futur de la franchise… qui a bien besoin de ce rayon de soleil dans un avenir bien sombre.

Le point fort/point faible

Houston peut s’estimer heureux, pour la 4e année de suite, la franchise va connaître les joies de la postseason. Mais cette fois, elle s’y rend avec un bilan négatif et dans un momentum catastrophique. L’attaque est aux abonnés absents ce qui met une pression folle sur son pitching staff, très jeune et inexpérimenté. Ce dernier répond plutôt présent en vue des circonstances et la rotation peut rivaliser avec beaucoup d’autres. Mais il va falloir que l’attaque se réveille pour espérer au moins passer un tour car, pour le moment, elle parvient à peine à venir à bout des Rangers, c’est dire. Enfin, petit motif d’espoir pour les fans des Astros, on peut espérer compter sur l’expérience engrangée par ce groupe durant ces 3 dernières années en postseason, et sur la volonté pour ce groupe de finir en beauté avant d’être dispatché au gré du marché des agents libres. En somme, un baroud d’honneur en mode seul contre tous.

#7 Chicago White Sox (Marion Jeterette)

Comment ils en sont arrivés là?

Annoncés dès le mois de mars parmi les outsiders pour cette saison après un processus de reconstruction semble-t-il abouti (relire notre article ici), le statut des White Sox s’est renforcé en juillet avec l’annonce du nouveau format de playoffs… et ils ont confirmé les attentes placées en eux, au point même d’afficher pendant quelques jours le meilleur bilan en American League. Un gros bémol : ce mois de septembre très irrégulier avec 6 victoires consécutives entre le 9 et le 15 puis 6 défaites consécutives entre le 18 et le 24, qui leur a fait perdre leur objectif de titre de champion de la AL Central et même terminer à la 3e place de Division derrière les Twins et les Indians.

Abreu

Les jeunes southsiders ont répondu présent : les rookies Robert (AL ROY?) et Madrigal (AVG .340 en 29G avec seulement 7K) ; Jimenez (AVG .296 pour son année sophomore) bien appuyés par les vétérans Abreu (AL MVP? voir ci-dessous), Anderson, (longtemps candidat à un 2e titre de AL batting champ) ou le nouveau venu Grandal. Les WS sont 6e (MLB) en terme d’AVG collectif, 2e de AL en points marqués derrière les Yankees et ont même frappé le plus de HR en AL (96) devant les Yankees et les Twins. Quant à la rotation : intégration plus que réussie pour Keuchel (ERA 1.99 et 6W), confirmation du grand talent de Giolito (un no-hitter et 2e en nombre de K en AL derrière Bieber mais devant Cole) et renaissance de Colomé (12 saves en 13 tentatives).

Le MVP de la saison

Il est le MVP des White Sox mais pourrait aussi décrocher le titre de MVP de l’American League! Dans un relatif anonymat, José Abreu a été le fer de lance de cette équipe offensive et spectaculaire : 1er en HR (19), en RBI (60 et n°1 en MLB), en OBP, SLG et OPS et hits… Seul Anderson lui « vole » une catégorie : l’average mais Abreu se place quand même 11e en MLB! Je donne le trophée à Abreu mais difficile de passer sous silence la superbe saison de Giolito, récompensé par son premier no-hitter en carrière. Il pourrait très vite aller à la chasse à un autre trophée, encore plus prestigieux (coucou Cy Young).

Le point fort / le point faible

Les White Sox n’ont plus goûté au parfum de la postseason depuis 12 ans, comment vont-ils aborder ces matchs sous haute tension? Avec autant d’enthousiasme qu’en saison régulière ou avec appréhension? Le manque d’expérience à ce niveau (seuls Keuchel, Grandal et Encarnacion parmi les réguliers ont déjà participé aux PO). Il faudra aussi aux Chicagoans réenclencher la vitesse supérieure après quinze derniers jours au ralenti. Mais les Athletics sont prévenus, ces White Sox sont morts de faim et ne comptent pas gâcher ce qu’ils ont bâti depuis juillet. Ils vont s’appuyer, on l’a dit, sur leur superbe attaque, bien supérieure en productivité à celle de leur adversaire ; et ils ont aussi pu compter cette saison sur une meilleure défense que les Californiens, ce qui a plutôt été une agréable surprise.

#8 Toronto Blue Jays (Marion Jeterette)

Comment ils en sont arrivés là?

Les Blue Jays joueront les playoffs cette saison! Voici une phrase que peu d’observateurs ont écrite/prononcée en mars ou en juillet. On savait l’équipe canadienne, hébergée à Buffalo dans l’état de New York, sur la pente ascendante avec l’éclosion de ses pépites (Guerrero, Bichette et Biggio) et un recrutement ambitieux (Ryu, Roark, Anderson, Shaw) mais la saison 2021 semblait davantage dans le viseur. L’élargissement des playoffs permet aux Blue Jays de prendre de l’avance sur le tableau de marche mais le billet pour octobre est mérité pour cette équipe qui a taquiné les Yankees pour la 2e place de la AL East depuis la mi-août et jusqu’à la dernière journée.

Le front office a bien senti qu’il y avait un coup à jouer et a manœuvré à la Trade deadline pour notamment renforcer une rotation et un bullen touchés par de nombreuses blessures avec les arrivées de Walker, Ray et Stripling. Même si ce dernier n’a pas encore apporté ce qu’on attendait de lui, sa petite expérience en postseason pourrait être utile au cœur d’un effectif jeune.

Côté offensif : Bichette a été très régulier (.301/.328/.512) mais a manqué la moitié des matchs en raison d’une blessure au genou. Son camarade de promo, Biggio a été très précieux tout au long de la saison (16 doubles, 28RBI, 6SB). Le 3e larron de la bande, Guerrero Jr. n’a pas encore révélé la force de frappe que l’on lui connaissait en MiLB avec seulement 9HR. Il a aussi du s’adapter à un nouveau rôle de DH après avoir aussi été par moments replacé en 1e base. Toronto attendait depuis longtemps l’éclosion de Teoscar Hernandez et le Dominicain a répondu présent. Du haut de ses 27 ans, il fait déjà figure de grand frère de l’attaque canadienne (16HR, 34RBI, 6SB, leader de l’équipe en SLG et OPS). Grichuk du haut de ses 29 ans a été souvent décisif dans les fins de matchs (35 RBI, 59 H, 38 R).

Le MVP de la saison

Plus gros contrat jamais offert par la franchise à un lanceur, Ryu était la recrue phare de l’hiver. Certains doutaient qu’il puisse s’intégrer rapidement à la AL mais, sans proposer les mêmes perfs qu’en 2019 chez les Dodgers (dignes d’un Cy Young quand même), le Coréen a réalisé de belles choses : 72 K en 67 IP, une ERA de 2.69 en 12 starts. Il a été la valeur sûre d’une rotation – on l’a dit – très affaiblie par les blessures (successivement Pearson, Shoemaker, Anderson, Thornton + le closer Giles) et qui a du être renforcé à la Trade Deadline.

Le point fort / le point faible

Un peu comme les White Sox, les Blue Jays vont s’appuyer sur l’insouciance de leur jeunesse mais – comme pour les WS – cette jeunesse va-t-elle supporter le poids de la postseason? Contre-balançons avec l’expérience d’un Ryu sur le monticule pour lancer cette campagne de playoffs. Le duel face aux Rays promet après les affrontements de saison régulière et ce court avantage pour les Floridiens 6 victoires à 4. J’aimerais croire à une belle surprise en playoffs pour les Canadiens mais avouons qu’ils ne seront pas favoris face au n°1 de leur Division. Dans tous les secteurs du jeu, TB semblent avoir le dessus mais ne sous-estimons pas le cœur de cette équipe canadienne qui – rappelons-le – ne savait toujours pas où elle allait disputer ses matchs à domicile alors que la saison avait déjà commencé!

BONUS – Les Pronos de la Rédac

Rays           5-0  Blue Jays
Athletics     2-3  White Sox
Twins         3-2   Astros
Indians      3-2   Yankees

Attention, ce pronostic ne représente pas le score final de la série (en deux matchs gagnants) mais les pronostics de J-Sé, Bastien , Martin , Gaetan et Marion, avec un point par rédacteur.


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