Preview 2020 – Washington Nationals : Enfin un back-to-back champion?

NATIONALS:TSOIl existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Dernier épisode de notre série et honneur aux champions : les Washington Nationals.

Retour sur 2019

« Remember when we brought camels at Spring Training, and everybody laughed at us… Who’s laughing now?! » [« Vous vous souvenez quand on a fait venir des chameaux au camp d’entraînement, et ça faisait rigoler tous nos adversaires… Qui rigole maintenant?]. Cette phrase signée Sean Doolittle sur le podium de la parade des champions des Nationals le 2 novembre dernier résume bien l’état d’esprit d’un groupe qui s’est forgé dans la difficulté et l’adversité mais qui a su rester uni et soudé quand bien d’autres auraient explosé en 1000 morceaux. Ces chameaux voulus par le manager Dave Martinez se voulaient l’image des difficultés à surmonter, la bosse de l’animal (« hump ») représentant en quelque sorte la montagne à gravir. C’est sûr que ça a fait marrer pas mal d’observateurs, moi même en premier lieu, mais cela donne offre au final une belle symbolique sur la saison des Washington Nationals.

On a déjà tout dit ou presque (ici sur TSO) de cette équipe revenue de l’enfer (un bilan de 19-31 à la mi-mai) pour finalement remporter le premier titre de l’histoire de la franchise (ce sont les ex-Expos). Des chameaux donc, mais aussi une chanson très entêtante devenue hymne de l’équipe (Baby Shark Doo-Doo-Doo-Doo-Doo), l’ombre de l’ancien enfant chéri parti sous d’autres cieux (coucou Bryce), un joueur majeur (Trea Turner) contraint d’évoluer toute la saison avec un doigt qu’il ne peut même plus plier, un manager victime d’un malaise cardiaque et contraint de subir une opération en pleine saison, un Ace (Mad Max Scherzer) qui se casse le nez en batting practice mais qui fait son start le lendemain et accessoirement réalise 10K pour 0BB en 7IP, un bullpen CA-TA-STRO-PHI-QUE, une rotation HE-RO-IQUE, deux jeunes dominicains (Soto et Robles) STRA-TO-SPHE-RI-QUES, un joueur de 3B (Rendon) MVP-ESQUE, une postseason DAN-TES-QUE… la saison 2019 des Washington Nationals a été complètement dingue du début à la fin… et quelle fin!

La saison 2020

Comment aborder la saison qui suit un titre? On a eu les deux extrêmes récemment : des Astros 2018 presque dans les pas de ceux de 2017 (mais un certain #Astroscheated est passé par là depuis) mais des Red Sox 2019 bien pâles comparés à ceux de 2018. Qu’attendre donc de ces Nationals? Un doublé? Ce n’est plus arrivé depuis le triplé des Yankees 1998-2000! Une bonne saison pour défendre le trophée jusqu’en octobre? C’est tout à fait possible! Ou une bonne gueule de bois façon Boston? Là encore c’est une éventualité!

Sur le papier, tous les héros sont encore là… ou presque, mais le presque a de l’importance. Dans la foulée de sa meilleure saison en carrière : sélection au All-Star Game, All- MLB Team 1, 3e au vote NL MVP, Silver Slugger Award, 6e WAR de NL (6.4), 3e AVG de NL (.319), 2e OBP de NL (.412), 5e SLG de NL (.578), meilleur total de RBI de NL (126), meilleur total de doubles de NL (44), 3e meilleur total de points marqués de NL (117)… Anthony Rendon est parti vers d’autres cieux, plus ensoleillés en Californie avec un contrat de 245 millions $ sur 7 ans chez les Angels. Les dirigeants des Nats auraient bien sûr aimé conserver le Texan mais ils ont du faire un choix financier bien plus que sportif : Rendon ou Strasburg? C’est ce dernier qui a signé un nouveau chèque pour rester dans la capitale fédérale (voir plus bas).

Rendon parti, Juan Soto aura les clés de l’attaque de D.C. Celui qui a eu 21 ans pendant la dernière postseason a tout pour relever le challenge : une puissance de feu, des jambes qui vont avec et cette dose d’arrogance/trashtalking/confiance en lui qui en font l’une des nouvelles coqueluches de la Ligue. Si Soto se distingue d’abord par ses habilités offensives, il ne faut pas oublier son jeu de défense. Plutôt moyen lors de sa première saison en 2018, il a montré de très très gros progrès l’an dernier récompensés par une place de finaliste du Gold-Glove Award pour le champ gauche. Aidé par sa vitesse de jambes et son sens du spectacle, il n’a pas hésité à tenter – et réussir – des actions spectaculaires. Il forme avec son compatriote Victor Robles un redoutable duo d’outfielders (voir plus bas).

Strasburg, mais aussi Zimmerman, Kendrick, Cabrera, Hudson, Gomes, Suzuki ont tous rempilé et l’option club a été levée pour Eaton. Ces vétérans/champions resteront les piliers de l’équipe mais attention ils prendront aussi un an de plus cette saison et il n’y a pas eu d’arrivées majeures pour les joueurs de position mais plutôt deux valeurs sûres qui partageront les postes avec les anciens : Eric Thames (1B) et Starlin Castro (2B-3B). La recrue phare va prendre place dans le bullpen et c’était déjà le meilleur ami des Nats avant même son arrivée : Will Harris, ancien des Astros, a concédé le HR décisif à Howie Kendrick dans la 7e manche du Match 7 des World Series après avoir relevé Zack Greinke.

Avant ce lancer qui a peut-être privé les Astros de titre, Harris avait réalisé une excellente saison régulière (4-1, ERA 1.50, 60IP, 62K) puis une excellente postseason (ERA 1.86, 8H, 2ER, 11K, 1BB en 9.2IP). A Washington, il peut former un redoutable trio de fin de match avec Sean Doolittle et Daniel Hudson, qui ont tenu la baraque à deux lors des derniers play-offs derrière les master pieces des lanceurs partants. Malgré son âge – 35 ans, il a décroché un superbe contrat de 24 millions $ sur 3 ans, nouvelle preuve que la direction des Nats n’hésitent jamais à sortir le chéquier pour un lanceur…

… Car la grande force de l’équipe l’an dernier, hormis les exploits offensifs de Rendon et Soto, c’était bien sûr la rotation, sans doute la meilleure de MLB pour les starters de 1 à 4 avec dans l’ordre Scherzer, Strasburg, Corbin et Sanchez. Ils ont gagné respectivement 11, 18, 14 et 11 matchs avec des ERA toutes inférieures à 3.90… puis réalisé des merveilles en postseason : à eux 4 + Hudson et Doolittle, ils ont lancé 83,4% des manches disputées par les Nats!!!! Les 4 seront de retour mais attention à Scherzer, 36 ans en juillet, qui pour la première fois de sa carrière a connu d’importants pépins physiques (dos). Strasburg n’avait lui jamais autant lancé dans sa carrière et aura en plus la pression de sa méga signature et enfin Sanchez, 36 ans également, pourra-t-il renouveler ses exploits de la postseason? Corbin est plus jeune, 31 ans en juillet, et un rôle prépondérant dans l’avenir des Nats. La direction des Nats n’a jamais caché sa préférence pour offrir des méga deal aux lanceurs plutôt qu’aux joueurs de position. En 2020, les contrats cumulés des 4 starters représentent la somme folle de 614 millions $!!!!

4 as
Les 4 Fantastiques ou le Carré d’As des Nats / Crédit AP.

Rendon parti (bis), le coussin de 3B sera sans doute confié en début de saison au prospect n°1 de la franchise, Carter Kieboom, 22 ans. Il n’a pas fait grande impression en avril-mai dernier en remplacement justement de Rendon blessé (.128/.209/.292) mais a la confiance de son front office qui n’a pas souhaité l’échanger pour aller chercher un gros morceau (Bryant, Arenado…). A lui de marcher dans les pas de Soto et Robles qui ont brillé à leurs débuts dans la Ligue sous le maillot rouge. Si Washington gère aussi bien le départ de Rendon que celui d’Harper un an avant, ils ont toutes les cartes en main pour prolonger longtemps leur saison.

Le joueur à suivre : Victor Robles

Après 13 matchs disputés en septembre 2017 grâce à l’expansion des rosters, il aurait du faire ses vrais débuts dans l’effectif au printemps 2018, mais victime d’une grosse blessure en Triple A,  Victor Robles a du ronger son frein une année de plus… et pendant ce temps là c’est un certain Juan Soto qui était entré par la très grande porte dans la Ligue, un mal pour un bien donc pour les Nats!

Le Dominicain de 21 ans s’est vu confier le champ centre des Nats dès l’Opening Day avec à ses côtés son compatriote Soto, 20 ans, champ gauche et le « vétéran » Adam Eaton, 30 ans, à droite. C’est d’abord par sa défense que Robles s’est distingué la saison dernière : des highlights dans tous les sens avec plongeons, attrapés au-dessus de la clôture, courses vers l’avant spectaculaire… au point  de faire partie des trois finalistes pour le Gold-Glove en champ centre, quand son copain Soto était lui aussi finaliste pour le champ gauche! Quelques données pour saisir les perfs de celui qui était rookie – rappelons-le – en début de saison : 6 petites erreurs commises sur la saison (plus faible total pour un OF en NL), 348 putouts (1er OF en NL), 12 assists (1er CF / 3e OF en NL) et 23 outs above average (1er OF en MLB).

Un sacré duo qui devrait ravir les fans des Nats pendant de nombreuses années, à condition pour le front office de bien négocier les extensions de contrats des deux jeunes pépites. Les dirigeants ont en tout cas envoyé un signe assez fort cet hiver car le nom de Robles est revenu plusieurs fois dans les rumeurs de trades afin de trouver un 3B pour combler le départ de Rendon. Il semble qu’à chaque discussion avec une autre équipe, Robles était demandé dans le package retour, et le FO de D.C a été clair : c’est non!

En plus de ses habilités défensives au-dessus de la moyenne, Robles a aussi montré des choses intéressantes en attaque : d’abord et forcement sa vitesse sur les bases (28SB, 5e total en NL mais 9CS donc il a encore de la marge avec un meilleur timing) et sa position agressive dans le box qui a tendance à attirer les balles du lanceur (25HBP, 2e total en NL). Ses moyennes finales ne sont pas transcendantes (.235/.326/.745) mais le garçon a encore une belle marge de progression dans ce domaine… Rappelons qu’il fêtera ses 23 ans en mai et que comme pour tous ses jeunes coéquipiers (Soto et Turner) l’expérience engrangée en allant jusqu’au titre la saison dernière lui fera sans aucun doute encore franchir un palier.

La star : Stephen Strasburg

Plus grand nombre de starts en saison régulière (33), plus grand nombre de victoires (18), plus grand nombre de manches lancées (209), plus grand nombre de K (251)… Stephen Strasburg aura attendu sa 8e vraie saison (on retire ses 12 matchs de rookie en 2010 et sa saison 2011 tronquée par son opération Tommy John) pour établir ses meilleures performances en carrière! Après plusieurs années dans l’ombre de Scherzer, Stras s’est révélé en 2019 : hors du terrain d’abord en étant beaucoup plus communicatif et expressif avec des coéquipiers (qui l’aurait imaginé danser dans le dugout après un HR? Merci Parra!).

Révélation aussi bien sûr sur le terrain avec des sorties impressionnantes en régulière pour maintenir les Nats dans la course à la postseason au coeur de l’été quand Mad Max s’est blessé… et que dire de sa postseason, si ce n’est qu’elle a été tout simplement historique!

  • 3IP en relève au Wild-Card Game : W, 4K, 2H, 0ER, 0BB
  • 12IP en 2 starts en NLDS : 1W et 1 no-decision, 17K, 9H, 4ER, 1BB
  • 7IP en 1 start en NLCS : W, 12K, 7H, 0ER, 0BB
  • 14.1IP en 2 starts en World Series : 2W, 14K, 12H, 4ER, 4ER, 3BB

Premier lanceur de l’histoire avec 5 victoires et 0 défaite dans une même postseason.

Inutile de préciser que le barbu a été désigné MVP des World Series! Mais coup de tonnerre en pleine célébration du trophée : Stephen Strasburg fait jouer son option et sort de son contrat. Son agent Scott Boras (aussi celui de Rendon) peut proposer les services de son poulain à n’importe quelle franchise prête à sortir le chéquier. Les rumeurs l’envoient chez les Padres (il est né et a fait la fac de San Diego), les Angels (encore l’attrait de la Californie) ou encore les Yankees (qui le veulent lui ou Cole pour frapper un gros coup)… mais Strasburg ne va nulle part. Après de calmes et apaisées négociations avec le front office de Washington, le voici de retour chez les Nats avec un contrat encore plus intéressant que le précédent : 245 millions $ sur 7 ans! L’ancien n°1 de draft espère faire toute sa carrière à D.C!

Il sera forcément très attendu en 2020, d’abord pour justifier de son nouveau salaire, mais aussi pour voir s’il peut enchaîner une deuxième saison consécutive au plus haut niveau, lui qui n’avait jusque là jamais été épargné par les blessures. Les manches encaissées jusqu’à la fin octobre vont elles peser lourd en court/fin de saison, ou au contraire le triomphe de 2019 va lui permettre de jouer relâcher et d’assurer ce statut de numéro 1 bis? Réponse dans quelques semaines…

Notre prono

Qui pariait sur des Nats sans Harper en début de saison 2019? Qui veut parier sur les Nats sans Rendon en début de saison 2020? Pour moi, la question qui déterminera les mois à venir de l’équipe championne c’est de savoir si elle parviendra à combler le départ de son meilleur atout offensif ? Bien sûr il y a Soto, mais Robles, Turner, Kieboom, Castro ou Thames devront compenser cette perte. Le bullpen, point archi faible de 2019, s’est nettement renforcé par la seule arrivée d’Harris et devra soulager des starters certes exceptionnels mais qui ont engrangé des manches, de l’âge et pour son As des blessures l’an dernier. Les Nationals ont sans aucun doute les joueurs qu’il faut pour de nouveau disputer la postseason mais ils ont aussi un problème majeur : ils évoluent dans la Division qui devrait être la plus disputée cette année! Les Braves qui ont remporté les 2 dernières bannières, les Phillies avec un nouveau coach et un Harper revanchard et les Mets capables du meilleur derrière leur double Cy Young (mais aussi du pire) seront des adversaires redoutables dans cette National League East. Les deux billets pour le Wild Card Game pourraient être distribués dans cette division, mais même si trois places sont qualificatives pour octobre, il ne faudra pas traîner en route pour accrocher le bon wagon. Je vois bien les Nats terminer pour la troisième fois de suite derrière Atlanta revivre les frissons du Wild-Card game.

Projections The Strike Out : 2e en NL East ; 90 victoires – 72 défaites.

Projections Bleacher Report : 3e en NL East ; 84 victoires – 78 défaites.


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