Preview 2020 – Houston Astros : Bang, Bang, you shot me down

Il existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. On arrive quasiment à la fin avec notre avant-dernière équipe et Place aujourd’hui aux finalistes les Houston Astros.

Retour sur 2019

Evidemment, vous m’attendez au tournant sur cette saison 2019 des Astros et notamment sur les révélations de l’affaire de triche qui a frappé la franchise Texane.  Heureusement pour moi, avec l’équipe de The Strike Out on en a parlé en long, en large et en travers que ce soit chez nos amis du podcast Hype (qu’on vous conseille d’aller follow pour plus de podcast sur les Sports US), sur les réseaux sociaux ou bien sur notre site. J’avais d’ailleurs écrit un papier, spécialement sur cette affaire (que vous pouvez retrouver par ici ). Donc je ne vais pas épiloguer plus longtemps sur cette affaire, mais je vais le redire, une nouvelle fois, ce qu’ont fait les Astros est inacceptable. Mais c’était en 2017, le club a affirmé que ces pratiques n’étaient plus d’actualités au sein du clubhouse. Place au jeu. En début de saison 2019, on était pourtant encore loin d’imaginer que le ciel tomberait sur la tête des Astros. Le club sortait d’une élimination face à une équipe des Red Sox qui restera dans la légende. Peu de changement dans ce groupe, on fait confiance aux acteurs du titre de 2017, on amène juste un nouveau receveur en la personne de Robinson Chirinos et un starting pitcher pour compenser l’absence de Lance McCullers, avec l’arrivée du gaucher Wade Miley. Comme à son habitude le club va partir tambour battant avec des mois d’Avril et Mai titanesques avec 37 victoires sur 54 matchs. Le club peut compter sur ses deux aces qui survolent la saison régulière, dont l’infatigable Justin Verlander qui du haut de ses 36 ans continue à s’améliorer au fil des années. Et cette saison 2019 verra encore la domination de l’ancienne icone des Tigers, il termine la saison avec un ERA de 2.58 en 223 manches (oui, oui 223 manches à son age, évidemment plus gros total de la MLB) et 34 matchs débutés (là aussi le meilleur total de la Ligue) ainsi que 300K à la clé, un record en carrière. Vous l’aurez compris, Justin n’a une nouvelle fois pas chomé pour porter les Astros vers les sommets. Avec en point d’orgue son 3e no-hitter en carrière.

Il entre grâce à cela dans le club très fermé des lanceurs avec au moins 3 no hitters. Un club qui ne compte que cinq autres membres (Nolan Ryan (7), Sandy Koufax (4) et Larry Corcoran, Bob Feller ainsi que Cy Young avec 3). Pour la 2e fois ce sont donc les Blue Jays qui subissent la loi du natif de la Virginie, cette fois il a dû attendre la fin de la 9e manche pour que son équipe lui donne un avantage, et il a fallu au lanceur pas moins de 120 lancers et 14 K pour blanchir les canadiens. Cette performance est un bon résumé de la saison du vétéran. De la domination et du Strikeout. Il obtiendra d’ailleurs son 2e Cy Young au terme de l’exercice. Et si Verlander a maintenu un tel niveau de jeu pour aller chercher ce Cy Young, c’est qu’il avait un adversaire de poids dans cette course. Et un adversaire au sein de sa propre équipe. Si la saison du numéro 35 a été phénoménale comment décrire celle de Gerrit Cole ? Déjà monstrueux avec Houston lors de sa première saison avec un ERA de 2.88 et 276 K, l’ancien joueur des Pirates est parvenu, on ne sait comment à faire encore mieux en 2019. Il termine ainsi son exercice avec un ERA minuscule de 2.50 (meilleur total de la MLB) mais aussi un impensable 326 K à la clé, là aussi le meilleur total de la Ligue. Le tout avec 20 victoires en 33 départs et 212 manches lancées. Une masterclass !! Surtout si Verlander a été dominant, Gerrit Cole a lui été tout simplement injouable. Vous voulez un exemple ? Entre le 22 mai et le 22 octobre, Gerrit Cole ne va tout simplement pas perdre un seul match. Soit un total de 25 matchs sans aucun revers mais surtout 19 victoires !! La meilleure série en 107 ans et un certain Rube Marquard des New York Giants en 1912. Et sans un immense Verlander, Cole aurait certainement décroché son premier Cy. Avec déjà ces deux monstres on se dit que Houston ne peut pas encore améliorer sa rotation, c’était mal connaître Jeff Luhnow. Le futur ex-GM des Astros frappe un grand coup lors de la trade deadline en faisant venir ni plus ni moins qu’un ancien Cy Young, un certain Zack Greinke.

Arrivée en cours de saison, l’ancien Cy Young Zack Greinke est venu composer un Big Three du côté des Astros avec Verlander et Cole. Et sa contribution a été immédiate. Photo : Getty Images

Ce dernier s’avèrera extrêmement précieux dans le sprint final, avec un ERA de 3.02 en 10 matchs et 8 succès. Il portera la franchise de Houston lors des World Series avec deux gros starts notamment lors du Game 7, avant d’être mystérieusement remplacé du match dans la 6e manche, on connaît la suite …. Will Harris craquera et Washington remportera ces World Series. Pour revenir sur le bilan de cette rotation, Wade Miley (3.98) aura bien tenu avant de souffrir sur la fin de l’exercice, Brad Peacock aura une nouvelle fois fait l’aller retour entre la rotation et le bullpen (23 matchs, 15 starts et un ERA de 4.12) mais Houston s’est également trouvé un nouveau lanceur, et un rookie que personne n’attendait, José Urquidy. Il aura rendu de fiers services au cours de la régulière (3.95 d’ERA) et sera même lanceur de départ lors du Game 4 des World Series avec à la clé une très belle performance (5 manches, 2 hits concédés, aucun point et 4K). Une révélation. Au niveau du bullpen rien à signaler sinon la confirmation que Ryan Pressly (2.32) et Will Harris sont des options XXL derrière Osuna et que Joe Smith en a encore dans le bras (1.80 d’ERA).

En attaque, Houston peut toujours compter sur ses valeurs sures malgré une cascade de blessures: José Altuve (.298/31HR/74RBI et presque 30 matchs manqués), George Springer (.292/39HR/96RBI et lui aussi plus de 30 rencontres loupées) ou bien Yuli Gurriel qui a pris une autre dimension, (.298/31HR/104RBI et seulement 65K). Sinon, Alex Bregman continue de prouver qu’il est un constant candidat au titre de MVP avec une saison XXL : .296 à la batte, 41HR, 112RBI mais surtout 119 but sur balles (le meilleur total en MLB). 5e en 2018, 2e en 2019, Bregman se rapproche du trophée prestigieux. Mais les performances de ces 4 fantastiques étaient prévisibles. On évoquera également Carlos Correa qui continue à être enquiquiné par de nombreuses blessures, et n’aura joué que 74 petits matchs en 2019.

Là, aussi pas une surprise. Mais ce qui a le plus marqué la saison des Astros, au niveau offensif, c’est l’émergence et le niveau de Yordan Alvarez. En seulement 87 matchs, le rookie a détruit les petites balles blanches, Son arrivée en MLB a apporté le petit plus qui manquait pour distancer les Oakland A’s qui sont restés toute la saison dans le rétro des Astros. Le Cubain termine la saison avec une moyenne à la batte de .313 avec 27HR et 78 RBI. Ce qui est à noter, c’est que le rookie a joué la majorité de ses matchs au poste hyper difficile de batteur désigné. Il sera élu à l’unanimité Rookie de l’année.

Au final pour la 3e saison de suite, Houston termine avec un bilan à plus de 100 victoires (107 en 2019) et remporte sa division. Le parcours en postseason sera loin d’être aisé, avec notamment l’os Tampa Bay Rays dès les Divisions Series qui vont pousser les Astros au Game 5, et il faudra un Gerrit Cole stratophérique pour venir à bout des Floridiens. Ce sera ensuite les Yankees qui tenteront une nouvelle fois leur chance face aux Astros et comme en 2015 et en 2017, Houston viendra au bout de l’Empire du Mal en 6 matchs (4 victoires à 2). Avant, on l’a dit de chuter face aux Nationals lors des Worlds Series dans une série folle puisque aucune équipe n’aura gagné à domicile. Histoire de démontrer que les poubelles n’étaient pas de sorties lors de cette saison 2019…

La saison 2020 

La fin de saison 2019 a été cataclysmique pour Houston avec une défaite sur un fil face aux Nationals et le début des répercussions suite aux révélations sur l’affaire de triche. Entre l’avalanche médiatique et la colère, méritée, des fans de baseball, Houston a donc vécu une intersaison comme dans une mer d’astéroïdes. Le club en ressort cabossé éthiquement, mentalement et sportivement. Éthiquement d’abord puisque les révélations n’ont pas été tendres avec le Front office des Astros. Mentalement ensuite, les joueurs doivent faire face à la colère non seulement des fans, du monde de la MLB mais aussi de leurs collègues, les joueurs. Il y aura t-il des représailles durant la saison régulière ? Et enfin sportivement puisque le club a perdu son GM et son coach licenciés suite aux révélations, ses deux premiers tours de draft pour les deux prochaines saisons et aussi son co-ace Gerrit Cole, parti du côté des Yankees avec un contrat record de 324 millions de dollars sur 9 ans. Ca fait beaucoup à digérer. Heureusement, Jim Crane a réagi rapidement et a nommé Dusty Baker comme nouveau coach de la franchise, un profil parfait pour ses temps troublés (On en parlait dans le podcast Hype à retrouver ici : Podcast Hype épisode 9 ). Le club aura aussi perdu durant cette intersaison Will Harris, Robinson Chirinos ou encore Collin McHugh, 3 titulaires de son effectif. Limité financièrement, le club n’aura pas beaucoup bougé sur le marché : deux receveurs Dustin Garneau et la resignature de Martin Maldonado, le recrutement du lanceur Austin Pruitt et la prolongation de Joe Smith. Ca fait pas rêver, le club compte donc sur ses options internes pour compenser le départ de Gerrit Cole. D’abord avec Zack Greinke qui récupére le poste de lanceur numéro 2 mais surtout avec le retour de Tommy John du jeune Lance McCullers. Justin Verlander est toujours là, même s’il vient d’être opéré de l’aine, et devrait tout de même rester l’ancre de cette rotation. Il faudra le surveiller car en 2019, il a concédé bien trop de HR, une tendance qui pourrait lui causer bien plus de tort en 2020. Et pour le 5e poste, on aura le droit à un duel entre Austin Pruitt (4.40 d’ERA) et José Urquidy.

Au niveau offensif, pas un seul changement dans l’alignement, il faudra suivre comment Yordan Alvarez va gérer sa Sophomore Year, souvent la plus dure. Le plus important pour cette saison sera de voir la gestion des joueurs par rapport au contexte extérieur. Car sur le papier cette équipe reste largement capable de se hisser loin en postseason, même avec des Athletics toujours plus fort et les Yankees qui se sont bien renforcés.

Le Joueur à suivre : Le roster 

La grande question et LE truc à suivre pour 2020 sera la capacité des Astros à gèrer la pression extérieure qui s’annonce monumentale. Photo : DR

J’aurai pu citer le jeune Kyle Tucker, un jeune très prometteur, et qui devrait avoir une carte à jouer cette saison. J’ai préféré me concentrer sur le roster tout entier car la performance des Astros en 2020 sera largement impactée par leur capacité à gérer l’atmosphère pesante et de haine qui plane au dessus d’eux.

Mais si la pression est trop forte à gérer, ce qui pourrait être compréhensible vu toute la haine déversée sur les réseaux par les fans mais aussi les autres joueurs, Houston pourrait perdre l’une de ses dernières années au top niveau. Je m’explique : à la fin de la saison, c’est pas moins de 5 titulaires qui seront en fin de contrat (Springer, Reddick, Brantley soit l’intégralité de l’OF, mais aussi Yuli Gurriel et Brad Peacock) et à la fin de 2022, c’est juste Justin Verlander, Zack Greinke, Carlos Correa ou encore Roberto Osuna qui seront Agents Libres. Ca commence à faire beaucoup, et quand on sait que le club n’a plus ses deux premiers tours de Drafts pour 2021 et 2022, difficile de renouveler son effectif. Surtout que les nombreux trades ont asphyxié le farm system qui se retrouve classé 29e par la MLB. 2020 est donc l’une des dernières fenêtres de tir pour s’offrir une deuxième bague avant que le roster ne soit complètement chamboulé.

La Star : Alex Bregman 


Justin Verlander est sans contexte le phare de l’équipe des Astros, même si cela ne fait que 3 ans qu’il a posé ses valises à Houston. Depuis son arrivée, il a été étincelant. On aurait pu évoquer José Altuve ou George Springer, mais c’est bien Alex Bregman qui est LA star de cette équipe. Loué en 2017 pour sa capacité à faire le lien entre les Hispanophones et les Anglophones, il est à 26 ans, un membre déjà indispensable au vestiaire des Astros. Un leader en dehors mais surtout sur le terrain. Depuis 2016 et ses premiers pas en MLB, il ne cesse de progresser et d’améliorer ses stats dans l’ensemble des catégories. En 2019, il a encore été le fer de lance de cette attaque et a terminé 2e dans la course au MVP. En même temps lorsqu’on frappe à .296 avec 41HR et 112 RBI tout en étant capable d’action défensives de hautes voltiges, on a plus de chances de bien figurer dans ce classement. Il n’y a aucune raison qu’en 2020, il ne continue pas sur sa lancée, il sera difficile de faire mieux au niveau statistiques mais s’il parvient juste à s’y maintenir, il restera dans la discussion. Et il y a fort à parier qu’il y soit pour de nombreuses années.

Le prono : 

Houston reste sur le papier une équipe de premier plan et même une des favorites pour le titre, même après la perte de Gerrit Cole. Mais la compétition sera bien plus féroce, Oakland commence à s’installer comme un prétendant très sérieux au titre de division et profitera de la moindre faiblesse des Astros. Par exemple en cas d’un début de saison raté par les hommes de Dusty Baker, à cause du contexte extérieur. Néanmoins, l’attaque reste de haute voltige tandis que le tandem Verlander/Greinke n’a pas trop d’équivalent et est largement suffisant pour la saison régulière. Je pense que Houston conservera sa couronne d’AL West, et que c’est encore une année trop tôt pour les hommes de la Baie.  En revanche, à moins d’un trade, peu probable en cours de saison, ou de performances incroyables de la part de Urquidy ou des jeunes lanceurs comme Josh James ou Cristian Javier, la rotation, derrière ses deux aces aura dû mal à tenir la cadence de la postseason. Je vois Houston s’arrêter au maximun au Championship Series. Ce qui serait déjà une belle performance. Un peu moins pour l’immense Dusty Baker qui n’a toujours pas gagné la moindre bague.

Le pronostic de Bleacher Report : 1er de l’AL West avec 95 victoires et 67 défaites
Le pronostic de The Strike Out : 1er de l’AL West 96 victoires et 66 défaites


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