Preview 2020 – Atlanta Braves : Petit courageux deviendra grand

Il existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Place aujourd’hui à un sérieux contender aux World Series : les Braves d’Atlanta. 

Retour sur l’année 2019

Dès l’entame de cette saison 2019, les Braves se sont assurés les services de leurs deux vedettes pour les années à venir : 7 ans pour Ozzie Albies (35 millions de $ !) et 8 ans pour Ronald Acuna Jr. (100 millions de $)… Une vraie preuve de confiance pour des joueurs de 22 et 21 ans qui affichaient en avril dernier, respectivement 215 et 111 matchs de MLB au compteur. Et les minots d’Atlanta n’ont pas déçu !

Le joueur de Curaçao a frappé 22 hits de plus, produit 14 points supplémentaires, concédé 4 K de moins entre 2018 et 2019 en jouant quasiment le même nombre de matchs (158 puis 160). Albies a amélioré toutes ses stats offensives avec une ligne à la fin de la saison de AVG .295/ OBP .352/ SLG .500/ OPS.852. Pour le Vénézuélien, les stats sont plus difficilement comparables d’une année sur l’autre car il a disputé 45 matchs de plus l’an dernier par rapport à son année rookie (111->156). Acuna a légèrement reculé avec des moyennes de AVG .280/ OBP .365/ SLG .518/ OPS .883 mais il a été tout prêt de réaliser l’exploit d’une saison en 40-40 (40HR et 40SB) en échouant seulement à 3 petites bases volées (41HR-37SB).

Autour de ces deux pépites, c’est toute une équipe qui a signé une saison régulière de toute beauté : 97 victoires et 65 défaites. Après un début de saison un peu mitigé, le bilan des Braves est passé définitivement dans le positif le 15 mai, et dans une Division Est très incertaine – à l’Opening Day – il n’y a finalement pas eu photo pour désigner le vainqueur. Josh Donaldson a retrouvé ses élans de jeunesse (37HR, 94RBI) et Freddie Freeman a connu une nouvelle saison MVPesque (38HR, 87RBI). Côté rotation, ce sont les jeunes Mike Soroka (21 ans, 13W-4L, ERA 2.68) et Max Fried (25 ans, 17W-6L, 173K) qui ont brillé, alors qu’à l’inverse Mike Foltynewicz a lui déçu (8W-6L, ERA 4.54).

Saison régulière parfaite ou presque… mais une postseason très décevante avec une élimination en Division Series face aux Cardinals. Refroidis au Sun Trust Park sur le Match 1, les Braves avaient repris l’avantage 2-1 au terme du Match 3, et croyaient même à la qualification au Match 4 avec un avantage de 4-3 dans la 8e manche avant de finalement céder en 10e. Malgré cette déception, les Braves ont toujours la faveur des pronos pour le Match 5 puisqu’ils le joueront à domicile… mais joueurs et fans seront très très vite refroidis : Folty ne peut retirer qu’un batteur avant de laisser la place à Fried pour terminer la 1e manche défensive avec un retard de 10 points ! Oui 10 points concédés à domicile en 1e manche dans un match décisif de postseason, un vrai cauchemar. Ce même Fried puis Luke Jackson concède trois points supplémentaires dans les deux manches suivantes. Les Cardinals mènent 13-0 après 3 manches pour se hisser au tour suivant.

On le voit avec cette contre-performance : les jeunes d’Atlanta ont encore une marge de progression.

L’année 2020

Et pour progresser l’objectif du club était de retenir Josh Donaldson. Mais face à l’offre de 4 ans et 92 millions des Twins, Atlanta n’a rien pu faire, peu désireux d’offrir un contrat aussi long à un joueur aussi souvent blessé dans sa carrière. Même si sa résurrection a quand même chauffé les dirigeants qui lui avaient tout de même fait une offre. Du coup Josh est parti et il laisse un gros trou dans l’alignement des Braves. C’est donc devenu la nouvelle priorité, pallier, si possible au départ statistique de Donaldson. On a d’abord vu le nom du club se positionner sur des gros dossiers comme Anthony Rendon ou bien tenter d’arracher Nolan Arenado aux Rockies, sans succès.

Au final Alex Anthopoulos n’a pas opté pour du poste pour poste mais s’est rabattu sur une grosse batte de l’OF : l’agent libre Marcell Ozuna. Membre du Big Three de Miami et auteur d’une saison stratosphérique en 2017, Ozuna a rejoint Saint-Louis en 2018 avec une grosse réputation de gros frappeur. Et il va confirmer dès sa première saison chez les Cards, avec moins de puissance mais plus de régularité. En revanche, lors du dernier exercice, c’est totalement l’inverse puisque le slugger a frappé 29 HR (son 2e plus gros total en carrière) mais avec seulement une moyenne au bâton de .241. Rien de dramatique, surtout qu’il a même drastiquement augmenté son nombre de but sur balles (62 en 2019 contre 38 en 2018).

S’il est clair qu’on ne retrouvera sans doute pas le Ozuna de 2017, on peut estimer qu’il tournera entre 25 et 30 HR cette saison ainsi qu’entre 80 et 90 points produits. De quoi bien entretenir l’attaque des Braves. Il sera là pour épauler la progression des jeunes pousses et aider Acuna à atteindre son potentiel de MVP qu’on lui connait. Car oui l’objectif 2020 pour les Braves c’est de passer un nouveau cap et au moins atteindre les Championship Series. Et on le sait, les jeunes pousses auront un grand rôle à jouer mais, on l’a vu lors de la défaite face aux Cards lors des NLDS de 2019, il manque un peu d’expérience dans ce groupe.

C’est pourquoi le Front office a fait le travail en amenant Ozuna (29 ans) et Travis D’arnaud (33 ans), un achat très sous-côté à mon avis, après son excellent passage chez les Rays. Ce dernier a été loué pour ses qualités de leader et de gestionnaire de pitching staff. Le club a aussi fait un effort pour conserver une année de plus Nick Markakis, présent au club depuis 2014. Pour revenir au poste de 3e Base, qui est donc à pourvoir, le duel se déroulera entre Johan Camargo (.233/7HR/32RBI) qui a eu du mal à confirmer après une grosse saison 2018, et la sensation Austin Riley.

Rookie, il a forcé son arrivée en MLB après avoir tout explosé en Ligues mineures, si bien qu’Atlanta l’a déplacé en champ extérieur pour lui faire une place sur la grande scène. Auteur d’un début de saison tonitruant, nommé rookie du mois de mai, il est peu à peu rentré dans le rang mais en gardant un très bon niveau notamment offensif avec 19HR et 53 RBI malgré une moyenne au bâton de .244. Il faut qu’il progresse défensivement mais il semble avoir une longueur d’avance sur son poursuivant.

Vous l’avez compris, on ne peut pas remplacer Josh Donaldson, sans casser sa tirelire, du coup le club a opté pour une option plus abordable avec Ozuna et du remplacement interne avec Riley pour compenser la perte de l’ancien MVP. Tout en amenant de l’expérience avec des joueurs de devoir comme D’Arnaud ou Hechavarria.

Et bien le club a décidé de prendre la même direction pour son pitching staff, l’expérience Dallas Keuchel, arrivé on le rappelle seulement en juin, s’est avérée être un succès. Mais le joueur a décidé de prendre le long contrat et de rejoindre les White Sox pour 3 ans et 55 millions. Là aussi, on n’a pas paniqué du côté des Bureaux du Sun Trust Park et on n’a pas sorti le chéquier. Le club a même décidé de faire confiance à sa jeune garde de lanceurs, même après la désillusion de 2019.

Soroka a désormais un nouveau statut, celui d’ace en puissance, et Max Fried semble être un lanceur de confiance. Tandis que Foltynewicz et Newcomb sont des bons lanceurs mais vont devoir montrer autre chose en 2020 pour conserver leurs places dans un roster de contenders. Sachant qu’il y a encore pas mal de jeunes lanceurs à gros potentiel dans les ligues mineures, je pense à Touki Toussaint ou encore Bryse Wilson qui semblent aux portes du roster.

On le sait cette rotation est très jeune (25.5 ans de moyenne d’âge), on a donc décidé d’infuser de l’expérience et des vrais leaders. C’est ainsi que la légende de Seattle, Felix Hernandez (34 ans), vient tenter un baroud d’honneur après des dernières saisons très compliquées. Mais surtout Cole Hamels (36 ans), qui sort de deux belles saisons avec les Cubs et qui en 14 ans de carrière affiche un ERA de 3.42. Il pourrait être une très belle addition tant sportivement que pour encadrer les jeunes loups. Cependant, il faudra voir comment il revient de son opération à l’épaule. Il ne devrait pas relancer avant mai. A suivre donc.

Pour le bullpen on prend les mêmes et on recommence. Le club est parvenu à conserver Darren O’Day et Chris Martin (4.08 d’ERA), l’une des très belles acquisitions du mercato estival. Car oui, Atlanta avait fait le plus gros du travail lors de la trade deadline 2019 avec pas moins de 3 arrivées dans son bullpen et non des moindres. Puisque outre Chris Martin, c’est également Mark Melancon, ex closer des Giants et Shane Greene, ex closer des Tigers qui ont rejoint un bullpen déjà plutôt efficace. 2 closers en plus dans un bullpen, ça fait la différence. Et bien Alex Anthopoulos a décidé de ne pas s’arrêter là, et il est parvenu à s’offrir les services de l’un des releveurs les plus demandés du marché, le gaucher Tony Watson pour seulement 9 millions et 3 ans.

Cadeau pour un lanceur qui tourne à un ERA en carrière de 2.81 (malgré une saison 2019, plus compliquée du côté des Giants, mais peut-on le blâmer ?). Les manches 7 à 9 sont assurées par des garçons qui ont l’habitude de ces situations et c’est un gros plus pour cette équipe.

Pour conclure, on aurait pu croire que la perte de Donaldson et Keuchel serait difficile à avaler pour les Braves mais force est de constater que sans se ruiner et donc de mettre en péril le futur de la franchise, le club est parvenu a bien compenser ses départs. Le tout en infusant de l’expérience avec des vétérans respectés et encore bien capables d’être performants. L’objectif est clair : continuer à faire grandir ses jeunes stars comme Acuña et Soroka dont on va parler tout de suite.

Le joueur à suivre : Mike Soroka (SP)

L’an dernier il fut la révélation du côté d’Atlanta, seulement barré par un Pete Alonso stratosphérique et historique dans sa folle course aux HR (voir par ici) pour le rookie de l’année. Et s’il aura fallu un ours polaire pour bloquer Soroka sur la banquise du ROY, le 28e choix de la draft 2015 a éclaboussé la ligue de son talent. Et ce sans être un lanceur dominant, bien au contraire.

Car le prodige canadien n’est pas une machine à « K » comme peut l’être un Gerrit Cole ou un Chris Sale. Avec seulement 7.2 K/9, l’ancien étudiant de Bishop Carroll à Calgary, est encore loin de ses pairs dans ce domaine, mais sa maîtrise de la zone reste exceptionnelle pour son âge. Preuve en est avec plus de la moitié des balles frappées contre lui qui se terminent en groundball. Son arsenal de lancers est déjà impressionnant : Sinker, slider, four-seamer ou changeup, Soroka semble toujours être en contrôle, quel que soit le compte. À 22 ans, c’est impressionnant !

Car c’est peut-être le facteur majeur pour comprendre le potentiel du joueur. Élu joueur étoile à 21 ans aux côtés du phénomène Acuña Jr. et de la légende Freeman, celui que l’on surnomme « Rock » est déjà en haut de l’affiche.

Gueule de bambin pour le plus jeune pitcher de l’histoire des Braves nommé All-Star.

Sa première saison MLB (13-4, 2.68) est digne des plus grands. Avec la 3e ERA de sa League, Soroka affiche des stats A-HU-RI-SSANTES. Au XXIe siècle, seuls deux joueurs (minimum 162 innings) ont réussi à descendre sous les 2.70 d’ERA à Atlanta. L’inconnu Jair Jurrjens, que bon nombre ont oublié, en 2009 (2.60, 215 IP) et le quadruple Cy Young et Hall Of Famer Gregg Maddux en 2002 (2.62, 199,1 IP). Comme ses aînés, Soroka a réussi à se hisser sur le podium de l’ERA en NL pour devenir le troisième « Bravos » en 20 ans à réussir cet exploit.

Sa première saison l’aura placé dans le top 10 dans les principales catégories. L’ERA donc, mais aussi les victoires (10e avec 13 wins), le WHIP (11e) ou encore sa très bonne sortie en postseason contre St Louis (1.29 ERA, 9K/9) me font dire que ce joueur a les cartes en main pour suivre le chemin d’un Maddux plutôt que d’un Jurrjens. A lui d’élever son taux de strikeouts, pousser encore plus le curseur de la vélocité et répondre présent maintenant que toutes les attentes de la Géorgie sont placées sur ses jeunes épaules. Un nouveau costume d’ace pour celui qui a fini 6e du dernier Cy Young ? On a hâte de voir ça !

La star : Ronald Acuña Jr.

Il a débarqué en MLB en 2018, à tout juste 20 ans et avec une énorme pancarte sur le dos, celle d’une future star du sport… Et en deux saisons, le gamin de La Guaira a mis les choses au clair : il n’est pas une simple superstar, mais peut-être LA star des quinze prochaines années.

Rookie of the Year en 2019, All Star et 5eme du classement MVP en 2019, l’Outfielder vénézuélien des Braves sait déjà tout faire : en 156 matchs disputés la saison dernière, il a entre autres marqué 127 points (1er de National League), affiché une slash-line de .280/.365/.518, frappé 41 Home Runs, produit 101 points et volé 37 bases… Le tout en affichant une solidité défensive plus que respectable avec un Fielding % de .991 et pas moins de 11 runs défensifs sauvés, qui le placent confortablement dans le Top 20 des Outfielders de MLB.

Vous l’aurez compris, Ronald est déjà un joueur de baseball exceptionnel, mais peut-il aller encore plus haut ? Absolument, si l’on en croit ses déclarations, puisqu’il a annoncé il y a quelques semaines viser un bilan historique de 50 Home Runs et 50 buts volés. Inimaginable ? En 2019, il est devenu le second joueur de moins de 22 ans de l’histoire à rejoindre le Club des 30/30 (après un certain Mike Trout), et est passé à 3 vols de base de devenir le cinquième membre du Club des 40/40 (Soriano, A-Rod, Bonds, Canseco).

Si la saison 2020 devrait être tronquée suite aux reports dus au Coronavirus, Ronald Acuña Jr semble avoir été créé de toutes pieces pour devenir ce monstre qui inaugurera à terme le club des 50/50. Il a la puissance, il a la vitesse, il ne lui reste plus qu’à diminuer son taux de frappes roulantes (38%) pour enchainer les Home Runs, et augmenter encore un peu sa moyenne et sa présence sur base. Avec un lineup de grande qualité tout autour de lui, il n’aura plus qu’à se baisser pour cueillir les opportunités.

Mais tout cela n’est que statistiques, contentons nous d’admirer ce talent unique, ce futur MVP dont l’on parlera peut-être dans 10 ans comme l’on parle de la légende Mike Trout aujourd’hui !

Le prono

On l’a dit et on l’a répété au fil de ces previews, la NL East s’annonce injouable pour les parieurs cette saison, avec quatre équipes capables de l’emporter, toutes équipés de sérieux atouts pour le titre de division. De par leur expérience récente de double champions, leur jeunesse triomphante dans la rotation comme dans le lineup, emmenés par leurs jeunes superstars (Soroka, Acuna Jr.) et leurs hommes d’expérience (Freeman, Hamels, Melancon, d’Arnaud), les Braves semblent tout de même avoir l’effectif le mieux bâti et fourni pour conserver leur titre.

Si postseason il y a, il restera ensuite aux hommes de Brian Snitker à apprendre de leurs récentes expériences et montrer la force physique et mentale pour tenter d’aller un peu plus loin que ces dernières saisons, et viser une qualification pour les Championship Series. Ils ont toutes les armes pour le faire.

Prédictions Bleacher Report : 92-70 1er NL East

Prédictions TSO : 95-67 1er NL East


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