Preview 2020 – Minnesota Twins, l’année de la confirmation

TWINS:TSOIl existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Et on enchaîne avec les Minnesota Twins et leur attaque de feu. 

Retour sur 2019

La saison dernière a été un rêve éveillé pour les Twins. Pour résumer simplement, ils ont gagné leur division pour la première fois depuis 2010 et ont atteint la barre symbolique des 100 victoires, du jamais vu depuis 1965. Ils ont amélioré leur record de 23 victoires par rapport à la saison 2018 et ont fait leur deuxième apparition en postseason en 3 saisons. Ces résultats peuvent s’expliquer largement par le fait que les Twins ont pu compter sur une attaque en fusion ; la deuxième meilleure de la ligue.

Leaders de la MLB en RBI (906) et en homeruns (307), les Twins ont eu 8 de leur 9 joueurs starters a avoir frappé au moins 20 coups de circuit avec une mention spéciale pour l’Allemand Max Kepler (36) et Nelson Cruz (41). A 38 ans, l’ancien joueur des Rangers a connu une saison faste à la batte avec une moyenne au bâton de .311, son meilleur total en carrière depuis 2010. Cependant, à l’inverse de son coéquipier Jorge Polanco (22 HR, .295 de moyenne au bâton) il n’a pas été sélectionné pour le All Star Game 2019, J.D Martinez et Hunter Pence lui étant préférés.

Comme le dit l’adage, l’attaque amène du public et la défense amène des titres, et ce dicton s’est malheureusement confirmé pour les Twins. L’incroyable machine de guerre de la saison régulière, a paru bien pâle face aux lanceurs des Yankees, une fois la postseason enclenchée. Battue sèchement 3-0 en ALDS, la 9e meilleure défense de MLB (4.18 d’ERA), s’est faite ouvrir en deux par les batteurs New-Yorkais (23 à 7 sur l’ensemble des trois rencontres). Pourtant les Twins ont pu s’appuyer sur leur jeune pitcher vedette, Jose Berrios et ses 3.68 d’ERA mais également sur le solide Jake Odorizzi (3.51 d’ERA). Les trois autres lanceurs partants dont Michael Pineda affichant un ERA supérieur à 4. Mais c’est surtout du côté du bullpen que les gros bras se sont mis en évidence avec notamment Taylor Rogers et ses 30 saves mais aussi Trevor May, Tyler Duffey, Zack Littell ou encore le revenant Sergio Romo.

Cette très belle saison concorde avec l’arrivée d’un nouveau coach sur le banc des Twins : Rocco Baldelli. L’influence de ce manager inexpérimenté de 37 ans, s’explique en partie selon Do-Hyoung Park,  par sa volonté de « créer des relations et un environnement agréable et confortable dans le club-house pour donner du pouvoir à ses joueurs. » Baldelli a d’ailleurs été récompensé pour ses efforts extraordinaires en recevant le prix du manager de l’année de la Ligue américaine de baseball. Tout cela prépare le terrain pour une saison 2020 très excitante…

La saison 2020

Comme si avoir choqué le monde du baseball en établissant un nouveau record de tous les temps pour le plus grand nombre de home runs frappés en une saison ne suffisait pas, les Twins ont décidé d’engager à grands frais -92 M$ / 4 ans- un nouveau slugger en la personne de Josh Donaldson.  L’an dernier, le joueur de troisième base a frappé 37 HR et drivé 94 runs avec les Braves. Nommé Comeback Player of the Year de la NL, il entend bien renforcer l’attaque mais également la défense de Minnesota. Donaldson a notamment sauvé 15 runs défensifs, soit le meilleur total pour un 3B de National League.

Les Twins ont donc décidé de faire glisser leur third baseman titulaire, Miguel Sano en première base. Une transition qui fonctionne plutôt bien à en juger par le spring training. Mais le plus grand chantier de cette offseason pour les Twins était bien de renforcer leur rotation de départ. En effet, quatre des cinq lanceurs titulaires des Twins sont arrivés au terme de leur contrat à la fin de la dernière saison. Kyle Gibson (4.84 d’ERA) qui n’a jamais connu un autre club que les Twins, a signé 3 ans chez les Rangers, Martin Perez (5.12 d’ERA) lui, s’est envolé chez les Red Sox pour un an. On s’attendait alors chez les fans des Twins que leur organisation frappe un grand coup en signant Gerrit Cole -oui, elle en avait les moyens-, Dallas Keuchel, Madison Bumgarner ou encore Hyun-Jin Ryu mais ce ne fut pas le cas. Les Twins ont d’abord assuré l’essentiel en resignant Jake Odorizzi dans le cadre d’une offre qualifiante pour un an (17.8 M$). Enfin, Minnesota s’est mis d’accord avec Michael Pineda (4.01 d’ERA) sur un contrat de deux ans à 20 M$ en dépit de ses 60 matchs de suspension infligés par la ligue en septembre dernier à la suite d’une violation de la politique antidopage du circuit. Contrôlé positif à un diurétique, il aura encore 39 matchs de suspension à purger et débutera donc la saison 2020 au début du mois de mai [article écrit avant le report de la saison, le retour de suspension interviendra plus tard].

Non content de son rôle chez les Dodgers, Kenta Maeda avait demandé à partir de L.A

Pour combler les trous dans la rotation de départ, les Twins ont récupéré dans le cadre d’un trade avec les Dodgers, le SP Kenta Maeda. Le Japonnais a posté un ERA de 4.04 avec les Californiens en 26 starts la saison passée. Homer Bailey, lui, a été acquis sur le marché des agents libres et a signé pour un an pour 7 M$. Le starting pitcher qui aura évolué la majeure partie de sa carrière chez les Reds, a passé la dernière saison entre les Royals et les A’s pour un bilan de 13 victoires et 9 défaites et un ERA de 4.57. Enfin, les Twins se sont assurés les services de Rich Hill pour un an et 3 M$. L’ancien Dodgers (ERA de 2.45 en 13 starts) se remet d’une opération de l’épaule gauche qu’il a subi en octobre dernier. Il sera apte à débuter sous ses nouvelles couleurs au mois de juin au plus tôt. Minnesota démarrera cette année avec de légitimes ambitions même si l’équipe devrait connaître une saison un brin moins faste que la précédente. Il est par exemple fort peu probable que le vétéran Nelson Cruz atteigne des sommets comme ce fut le cas en 2019.

Le joueur à suivre : Luis Arraez 

Avec le départ de Jonathan Schoop (23 HR, .256 de BA) du côté des Tigers, Luis Arraez a une place bien au chaud qui l’attend en deuxième base. L’an passé il aura disputé 92 matchs sur 5 postes différents (2B, 3B, SS, LF, DH). Au total, il a frappé 4 HR et surtout obtenu une moyenne au bâton de .334 et un OBP de .399. Des chiffres impressionnants pour le rookie qui débutera la saison 2020 avec la ferme intention de répéter. Mais le pourra-t-il ? A priori, oui, tous les feux sont au vert.

Pur produit du farm system des Twins, il n’y jamais eu aucun doute sur le fait qu’Arraez était capable de mettre la balle sur la batte. À chaque arrêt qu’il a fait au cours de son voyage en ligue mineure, le gaucher a affiché une moyenne de .300 à la batte tout en accumulant de nombreux coups sûrs. Ce qui a empêché Arraez d’être mieux classé en tant que prospect était son manque de puissance.

Bien qu’il ne sera jamais un frappeur de 30 coups de circuit, sa saison de débutant avec les Twins a montré qu’il a plus de puissance que sa légère carrure pourrait le laisser croire. En 2019, Arraez a affiché un slugging pourcentage de .439 (la moyenne de la ligue était de .435) et aurait frappé 35 doubles sur la base de 162 matchs, ce qui l’aurait placé à la 30e place dans la ligue. Mieux, Luis Arraez n’a été striked out que 7.9% du temps, ce qui le classe parmi les tous meilleurs dans le domaine.

Parmi ses points faibles, on peut citer la défense qui demeure encore très perfectible chez le Vénézuélien de 22 ans mais également sa vitesse de pointe qui est loin d’atteindre des sommets. Néanmoins comme c’est le cas lors du spring training, il devrait être utilisé en tant que leadoff hitter par les Twins. Selon les diverses projections, Luis Arraez devrait afficher une ligne de .312/.369/.415 et 2.5 WAR pour la saison à venir.

La star : Nelson Cruz 

Arrivé à Minnesota avec le statut de machine à HR, le Dominicain a largement confirmé sa réputation lors de l’exercice 2019. Au cours de cette saison, il a notamment frappé son 400e coup de circuit en carrière. Avec une ligne de .311/.392/.639 avec 41 HR et 108 RBIs en 120 parties, Nelson Cruz a été l’une des pièces maîtresses du succès des Twins. La seule ombre au tableau liée à son âge -il aura 40 ans en juillet prochain- est le temps qu’il passe à l’infirmerie. Il aura notamment raté un quart de la saison 2019 et devrait logiquement manquer encore un peu plus lors de l’exercice à venir. Malgré cela, le DH est un joueur offensif d’élite qui sera craint par tous les pitchers adverses.

Il s’est classé parmi les cinq premiers de MLB en OPS (1,031), ISO (.328), wOBA (.436), barrel rate (12,5 %), pourcentage de hard hit (51,5 %) et vitesse de sortie moyenne de la balle (93,7 MPH). Il a par ailleurs affiché un taux de strikeout de 25,2 %, le pire total de sa carrière, et son BABIP de .351 va probablement régresser vers sa moyenne de .308, mais le vétéran n’a montré aucun signe de ralentissement malgré son âge avancé. Selon plusieurs projections, son batting average (.311 en 2019) devrait être en nette baisse pour 2020 (aux alentours de .280), en revanche il devrait frapper un nombre de HR quasi équivalent (autour de 38), idem pour les RBIs (≈ 108). Même s’il risque de passer un certain nombre de jours à l’infirmerie, Nelson Cruz sera à n’en pas douter une arme de destruction massive pour les Twins.

Notre prono

Non seulement les Twins ont conservé l’essentiel de leur excellente attaque d’il y a un an, mais ils ont aussi ajouté à leur palmarès un triple All-Star et ancien MVP de la Ligue américaine, Josh Donaldson. Seule leur rotation de départ peut soulever des doutes légitimes même si l’ensemble paraît assez solide. En clair, Minnesota devrait une nouvelle fois rafler la mise et remporter l’AL Central même si les les Indians et les White Sox se sont renforcés. Les Twins devraient connaître une année sans doute moins faste que la saison passée mais ils dépasseront très certainement les 90 victoires, ce qui leur permettra de gagner une nouvelle fois leur division. Les Tigers et les Royals, quant à eux, se battront pour ne pas finir dernier.

Projections The Strike Out : 1ère place en AL Central ; 93 victoires – 69 défaites.

Projections Bleacher Report : 1ère place en AL Central ; 90 victoires – 72 défaites.

Publié dans MLB

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