Preview 2020 – Arizona Diamondbacks : Des serpents prêts à mordre

DBACKS:TSOIl existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Place aujourd’hui aux Arizona Diamondbacks.

Retour sur 2019

Quand on trade son meilleur joueur de position (Paul Goldschmidt) avant une saison, on apparait pas forcément comme une franchise à suivre dans les mois suivants. Et pourtant, les DBacks ont déjoué les pronostics en restant dans la course finale pour une Wild-Card… tout en tradant en cours de saison son meilleur lanceur (Zack Greinke)!

Les DBacks ont connu deux trous d’air avec 6 défaites consécutives en juin et en septembre (cette dernière leur a été fatal pour espérer jouer en octobre), mais le reste de l’année a plutôt été agréable dans le désert : des jeunes lanceurs se sont révélés (Gallen, Kelly, Young), des rookies ont dépassé les attentes (Kelly, Walker), et surtout un duo s’est particulièrement illustré. Ketel Marte et Eduardo Escobar ont connu leur meilleure saison en carrière et se sont révélés parmi les joueurs les plus productifs de la Ligue. Leur association a fait des étincelles. Tous les deux capables de frapper à droite comme à gauche, ils sont devenus la première paire de switch-hitters a frappé chacun 30HR en NL (la deuxième en MLB après Lindor-Ramirez chez les Indians en 2018). Ils sont aussi le premier duo switch-hitters de NL à compter 3 matchs avec un HR de chaque côté du marbre pour chacun (le deuxième après Teixera-Swisher chez les Yankees en 2009).

On peut aussi souligner les bons choix du front office des DBacks : Escobar et Marte ont fait plus qu’exceller après la signature de petits contrats (Marte : 24M$ sur 5 ans avant la saison 2018 et Escobar 21M$ sur 3 ans l’hiver dernier ; récupéré des assets dans le trade de Goldschmidt (Kelly) puis de Greinke ; l’envoi de ce dernier vers Houston a surtout permis d’économiser 53 millions de $ pour les deux ans et demi de contrat restants.

Un record positif donc en 2019 (85-77) mais loin, très loin des monstres de la Division que sont les Dodgers (21 victoires de retard). Les dirigeants ont fait pas mal d’ajustements cet hiver pour tenter de réduire ce fossé.

La saison 2020

Les DBacks ont perdu leur Ace en juillet 2019 (trade de Greinke aux Astros) mais ont déjà les yeux tournés vers le nouveau. Le front office a réalisé un joli coup en s’adjugeant les services de Madison Bumgarner, arrivé en fin de contrat chez les Giants. La somme (85 millions $) et surtout la durée de l’engagement (5 ans) font quand même tiquer quelques observateurs en raison du récent passé de MadBum : 2017 et 2018, deux années gâchées sur blessures. Si on a l’impression que sa légende dure depuis des siècles, le garçon n’a que 30 ans, et donc encore quelques bonnes années devant lui. Il a d’ailleurs parfaitement rebondi la saison dernière (voir plus bas).

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MadBum et les Giants c’est fini… bienvenue en Arizona ! Crédit San Francisco Chronicle.

Derrière MadBum, plusieurs noms se détachent pour composer la rotation : tout d’abord Robbie Ray qui était dans les rumeurs de trades ces dernières semaines mais qui semble se diriger vers le spot n°2 après son excellente saison 2019 (235K et 12.1K / 9IP, record en carrière ; 32,7% de « swing and misses » provoqués soit le 3e plus haut % en NL derrière Castillo et Scherzer) ; Mike Leake arrivé à la trade deadline représente une certaine sécurité avec au moins 30 starts réalisés et 50BB ou moins concédés lors de ces huit dernières saisons, mais attention il est également une machine à HR (41 concédés en 2019, n°1 en MLB) ; Luke Weaver a manqué quatre derniers mois pour des douleurs au bras mais n’a pas subi d’opération et se dit en pleine forme. Le dernier spot devrait se jouer entre deux sophomores : Zac Gallen, arrivé des Marlins en juillet a prolongé dans l’Arizona sa superbe saison (2e starter de l’histoire en NL avec Steve Rogers des Expos à concéder 3ER ou moins lors de ses 15 premiers starts) et Merrill Kelly qui a signé 158K soit le plus haut total pour un rookie, même si le lanceur n’était pas vraiment un débutant après ses quatre saisons dans la ligue coréenne. Gallen, Kelly, Alex Young et les autres lanceurs rookies de la franchise ont réalisé l’an dernier 73 starts c’est un record de franchise, et le plus gros total en MLB en 2019.

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Qui de Bradley, Blackmon ou Keuchel possède la plus belle barbe ? / Crédit Getty Images.

Nommé closer à la trade deadline, Archie Bradley s’est montré imbattable ou presque avec 18 saves enregistrés après le 30 juillet (n°1 en MLB) Ses 10.9K / 9IP et la moyenne adverse de .172 contre sa curve ball sont deux exemples de sa domination. Andrew Chafin est la machine du bullpen : seul pitcher de la Ligue avec 70 sorties ou plus sur les trois dernières saisons! Après sa promotion de Triple A le 5 août, Kevin Ginkel a signé une ERA de 1.48 avec 2 saves et 8 holds, et pourrait devenir le setup man idéal de Bradley. Yoan Lopez a réalisé le plus de holds et apparitions parmi les rookies de National League. Et comme si ce bullpen n’était pas suffisamment séduisant : Junior Guerra arrive en provenance des Brewers. Il a affiché en 2019 une WHIP de 1.12 pour sa première saison complète en tant que releveur.

Arrivé comme Weaver dans le trade de Paul Goldschmidt aux Cardinals, le jeune catcher Carson Kelly n’a pas manqué ses débuts. Il a été très important offensivement avec 18 HR (record de franchise pour un C), plus .490 SLG et .845 OPS. Ses 31,9% d’élimination sur bases en font aussi un excellent atout défensif.Il a gagné sa place de titulaire.

Meilleure saison en carrière pour Eduardo Escobar pour sa première complète en National League (il était arrivé des Twins en juillet 2018) : 35HR et 118RBI. Son compère Nick Ahmed s’est offert son 2e Gold Glove consécutif (18 points défensifs sauvés, n°1 en MLB) et a signé un record personnel de 19HR et une OPS de .753 ainsi qu’un record de franchise pour un short-stop avec 82RBI. Le rookie Christian Walker avait lui la lourde tache de succéder à Goldschmidt en 1B et il a très bien assuré tant en attaque : 29HR, 73RBI et 86R (record de franchise pour un rookie), qu’en défense puisqu’il était parmi les finalistes du Gold Glove. Limité par les blessures à l’épaule depuis deux saisons, Jake Lamb va devoir retrouver la santé et il pourrait être barré dans l’infield par le retour probable de Ketel Marte sur le 2e coussin. Ce dernier a passé la saison 2019 en champ centre mais devrait laisser la place au nouvel arrivant, son homonyme, Starling Marte.

Ketel a réussi une transition parfaite du champ intérieur vers l’extérieur, difficile à imaginer que c’était une première pour lui tant il a paru efficace. Il a en plus battu ses records personnels dans quasiment toutes les catégories offensives (32HR, 36 doubles, 92RBI) pour finir 4e au vote du MVP de National League, échouer à .0006 de Yelich pour pour le batting title de l’année mais s’est quand même offert une place de titulaire au ASG, pas facile quand on représente un petit marché comme Arizona. En champ gauche, David Peralta a fait trois passages sur la IL à cause de douleur à l’épaule et n’a pu retrouver son niveau offensif de 2018, en revanche sa très bonne défense a été récompensée par un Gold Glove (son premier). Le poste de champ droit sera confié cette saison au natif de Phoenix Kole Calhoun, qui rentre donc à la maison avec un contrat de 2 ans pour 16M$. Il a signé son record en carrière avec 33HR pour sa dernière saison chez les Angels.

Le joueur à suivre : Starling Marte

Quand on parle de trade intéressant, en voilà un qui devrait permettre aux DBacks de faire aussi bien que l’an dernier, voire mieux! Le FO a pioché dans son farm-system fourni (Liover Peguero, SS, 19 ans, très bonne 1e saison en MiLB ; Brennan Malone, P, 33e pick draft 2019)pour s’offrir un joueur reconnu dans la Ligue : Starling Marte.

Pour sa dernière année chez les Pirates, le champ centre de 31 ans a signé une belle fiche de stats dans une équipe pourtant à la déroute après le All-Star Week-end : 295/.342/.503 ; 23HR (meilleur total en carrière) ;  31 doubles ; 82 RBI (meilleur total en carrière) ; 25SB. Il ne prend pas beaucoup de BB mais concède aussi très peu de K (16% en 2019).

N’oublions pas l’apport défensif du joueur, vainqueur de deux Gold Gloves en 2015 et 2016. Il jouait alors en champ gauche aux côtés d’une autre ancienne pépite des Bucs : Andrew McCutchen. Marte a récupéré le champ-centre en 2018 et s’est tout de suite montré très à son aise. Son arrivée devrait permettre à son homonyme Ketel Marte de retrouver sa position dans l’infield.

Une tache tout de même dans la carrière du Dominicain : cette suspension de 80 matchs en 2017 suite à un contrôle positif aux stéroïdes.

La star : Madison Bumgarner

Faut-il encore que l’on présente MadBum, la légende de la postseason? Le lanceur quitte son cocon de San Francisco où il a passé 11 saisons pour rejoindre un adversaire de Division. C’est bien la principale surprise de cette signature, avec peut-être la durée du contrat (5 ans). MadBum devrait faire des misères à ses anciens coéquipiers lors des 19 rencontres qui vont les opposer. Il arrive en Arizona sur la lancée d’une saison plutôt quelconque sur le monticule (9-9 ; ERA 3.50) mais au sein d’une faible équipe. L’important est sans doute de se pencher sur son nombre de starts : 34, soit son record en carrière égalé. Après une série de blessures en 2017 et 2018 (épaule, orteils), il est resté en bonne santé… pas une mauvaise idée quand on est en contract year!

 

A Phoenix, MadBum n’a débarquera pas dans l’inconnu puisqu’il évoluera aux côtés de Matt Herges, bullpen coach des Giants la saison dernière et nommé pitching coach des DBacks cet hiver (il se pourrait bien que ce ne soit pas un hasard d’ailleurs). Immédiatement affublé du numéro 1 de la rotation, Bumgarner doit prouver cette saison qu’il fait encore partie des meilleurs lanceurs de la Ligue. Il est encore jeune et tout dépendra bien sûr de sa santé. S’il peut emmener les DBacks vers la Wild-Card, on plongera alors dans le doux parfum du October Baseball et là, attention les yeux, rentrez les enfants, ça peut être très très sanglant pour les adversaires!

Ah si on cherchait un truc inédit à vous dire sur MadBum… Savez-vous qu’il est fan de rodéo? On l’a appris nous-mêmes il y a quelques semaines grâce à un article sur The Athletic (sur abonnement) : depuis des années, Bumgarner participe à des compétitions sous le pseudo Mason Saunders (nom de jeune fille de sa mère). Une activité qui ne lui est pas interdite par son contrat mais qu’il ne voulait pas rendre publique pour ne pas perturber les autres concurrents lors de ses sorties. A priori, le garçon est aussi à l’aise sur un monticule que sur un cheval puisqu’il a empoché 26 000$ en début d’année avec son partenaire Jaxson Tucker (en photo) lors d’une compétition en duo pour l’assemblage de troupeau à la corde… On vous disait bien que MadBum était une légende!

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Mason Saunders alias Madison Bumgarner passionné de rodéo ! / Crédit DR

Notre prono

Beaucoup de bonnes vibrations autour de cette équipe de l’Arizona… mais soyons clair, ils ne seront pas en mesure d’aller chatouiller les Dodgers dans cette Division Ouest. Par contre, ils semblent les favoris pour la 2e place devant des Padres encore tendres et des Rockies et Giants dont on n’attend pas énormément. A condition de répondre aux promesses, les DBacks se lanceraient alors dans l’opération « Wild Card » mais attention il y aura de la concurrence avec les 5 équipes de la NL Central et les 4 de la NL East. Il va donc falloir engranger les W!

Projections The Strike Out : 2e en NL West ; 88 victoires – 74 défaites.

Projections Bleacher Report : 2e en NL West ; 83 victoires – 79 défaites.


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