Preview 2020 – Miami Marlins : Sortir la tête de l’eau

Il existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Place aujourd’hui aux Marlins de Miami.

La saison 2019

Derniers de MLB en homeruns frappés, avant-derniers en runs marqués, les Marlins ont terminé derniers de NL de loin avec seulement 57 victoires (35,2%). 13 de moins que les Pirates, 14èmes de NL et 40 de moins que les Braves, champions de la division Est. Le calendrier n’a pas été clément avec les Fish dans cette division qui a vu 4 équipes atteindre un bilan de 50% ou moins. Miami est l’équipe de MLB a avoir joué le plus de matches contre des équipes à plus de 50% : 121 pour un bilan de 31,4% (38 victoires). Presque trois quarts du calendrier ! On pourrait rétorquer que c’est précisément à cause de ces rencontres intra-division contre une équipe faible que les Braves, les Nationals (15-4 tous les deux contre les Marlins) et les Mets (13-6) ont obtenu d’aussi beaux bilans. Les Phillies (81-81) en revanche n’ont pas pu faire mieux que 9-10 contre Miami l’an dernier.

Déjà diminués par les départs de Stanton, Yelich et Ozuna à l’intersaison 2017-2018, les Marlins ont surtout souffert l’an dernier du départ de Realmuto, échangé aux Phillies. Même la sculpture pittoresque derrière le mur du champ extérieur s’en est allée ! L’arrivée du vétéran Curtis Granderson, surnommé « le Grand Homme », a sans doute apporté de la sagesse dans le vestiaire mais très peu d’impact à la batte (.183/.281.356 en 138 matches). Du côté pitching, pas beaucoup mieux. Si la pépite Sandy Alcantara a montré quelques signes de dominance, la rotation a surtout ramé toute la saison, avec très peu d’aide du bullpen. Les lanceurs partants de Miami ont terminé 8èmes de MLB en nombre de manches lancées avec 888 tandis que Trevor Richards et Nick Anderson quittaient Miami pour Tampa Bay à la mi-saison, et Sergio Romo partait dans le Minnesota.

Les ambitions pour 2020

Après une intersaison très active, il est difficile de prédire exactement le futur proche de cette jeune équipe. On compte notamment parmi les nouvelles recrues Francisco Cervelli (C), Corey Dickerson (LF), Jesus Aguilar (1B), Jonathan Villar, sans oublier le lanceur ambidextre toujours fascinant Pat Venditte. Etonnant, me direz-vous, de voir une équipe en reconstruction ajouter autant de vétérans. Dans un marché allergique aux joueurs vieillissants, ils sont au contraire d’excellents choix à court terme et bas prix permettant de stabiliser un lineup inexpérimenté. Ils seront encadrés par un nouveau hitting coach, Eric Duncan, qui a déjà posé sa marque lors du Spring Training avec l’utilisation de la vidéo lors de sessions de batting practice. Les joueurs qui le souhaitent peuvent revoir leur swing entre chaque balle ! Plus notable encore l’arrivée de James Rowson aux postes de bench coach et coordinateur offensif, après avoir été depuis 2017 hitting coach des Twins, dont la Bomba Squad détient le record de homeruns en une saison (307).

Les Marlins ont également ajouté par soustraction en se séparant du lanceur Wei-Yin Chen (ERA à 5,10 en 4 ans à Miami). Celui-ci avait signé un énorme contrat en janvier 2016 qui lui assure 22 millions de dollars en 2020. Il essayera de rebondir chez les Mariners, où il a signé un contrat de ligues mineures. Le terrain n’a pas été épargné par les soustractions cet hiver. Le mur dans le champ centre et droit de Marlins Park a été rapproché, ce qui devrait remettre en question la réputation anti-offensive de ce stade (3ème plus bas facteur de HR en MLB).

Si le chat noir de la malchance décide aussi de laisser les Marlins tranquilles, ceux-ci pourraient voir des progrès jusque dans la rotation. Avec un FIP de 4,28 en 2019, le droitier rookie de 23 ans Pablo Lopez pourrait voir son ERA de 5,09 dégringoler en 2020. Cette différence était la 6ème plus élevée l’an dernier. Les autres rookies Alcantara, Caleb Smith et Jordan Yamamoto devraient continuer leurs progrès et former un groupe solide pour les années à venir.

Le joueur à suivre : Sixto Sanchez

Arrivé lors du transfert de J.T. Realmuto aux Phillies, le lanceur droitier de 21 ans est le « top prospect » numéro 1 des Marlins. Non seulement sa fastball peut atteindre 100 mph, mais les scouts font aussi l’éloge du contrôle qu’il a sur la localisation de ses lancers. Gêné par des soucis à l’épaule en 2018, Sanchez n’a atteint que le niveau AA l’an dernier mais rien n’a semblé l’arrêter. En 103 manches, il a ramassé 97 strikeouts et n’a concédé que 29 earned runs (2,53 ERA), 87 hits, 19 walks (1,03 WHIP) et seulement 5 homeruns. Il pourrait rejoindre les ligues majeures dès cette année et rapidement devenir l’ace des Marlins.sixto sanchez jacksonville

La star : Brian Anderson

Ayant apporté le plus de Wins Above Replacement (WAR) à l’équipe en 2019 (et second derrière Realmuto en 2018), Brian Anderson est sans contestation le joueur proéminent des Marlins à l’aube de la saison 2020. Après avoir partagé son temps entre le champ extérieur et la 3ème base dernièrement, il pourra probablement se concentrer sur cette dernière grâce au recrutement de cette intersaison. A 26 ans, Anderson a fait de beaux progrès au niveau de la puissance de frappe (SLG à .400 en 2018 et .468 en 2019) et même si sa chance sur les balles mises en jeu a baissé (BABIP à .332 en 2018 et .305 en 2019) il a pu garder une production offensive satisfaisante (wRC+ à 112 en 2018 et 114 en 2019). Frappant avec succès les balles cassantes, Anderson devra apprendre à profiter des balles rapides pour passer un cap supplémentaire cette année.

Le prono

Attendant patiemment le déclin des grosses cylindrées de NL Est, les Marlins se préparent à jaillir et aiguisent déjà leurs couteaux et leur rostrum. 2020 sera encore le champ de bataille entre Atlanta et le Nord mais les armes de Miami pourront déjà faire quelques dégâts.

Prono The Strike Out : 5èmes de NL Est, 70-92

Bleacher Report : 5èmes de NL Est, 66-96


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