[Bilan de Mi-Saison] Les Dodgers, trop forts pour la National League?

Après l’American League, direction la National League à quelques heures du All Star Game 2019. De la domination des Dodgers à l’émergence de Pete Alonso, en passant par les performances monumentales de Christian Yelich et Cody Bellinger, retour sur les hommes qui ont fait ce début de saison, et représenteront la Ligue Nationale cette nuit à Cleveland.

World Series - Boston Red Sox v Los Angeles Dodgers - Game Three
Cody Bellinger, Max Muncy et les Dodgers marchent sur la National League (Photo: Kevork Djansezia, Getty Images)

NL West : Les Dodgers en mode Bulldozer

On attendait les finalistes malheureux des deux dernières World Series au tournant, on les savait revanchards, mais pouvait-on les imaginer à un tel niveau? Car depuis le début de saison, rien ne résiste aux Los Angeles Dodgers, et ils sont encore une fois partis pour dominer la National League de la tête et des épaules.

Avec 60 victoires pour 32 défaites à la trêve estivale, les Dodgers sont dans les clous pour une saison à plus de 105 victoires ! Avec une attaque portée par un duo Cody Bellinger (27 HR, 68 RBI, 8 SB, 0,344 AVG) – Max Muncy (20 HR, 58 RBI, 0,276 AVG), troisième de NL en termes de points marqués ; et la défense seconde en termes de points concédés, cette équipe semble n’avoir aucune faille.

Et si Kershaw, au corps vieillissant, continue tout de même d’enchaîner les bonnes performances (7-2 avec un ERA de 3.09 cette saison), les Dodgers peuvent compter sur un Ryu hors norme depuis le mois d’avril, avec déjà 10 victoires, et un ERA de 1.73 (109.0 IP) depuis le début de la saison. Bien entendu, les Dodgers affichent le meilleur ERA collectif de National League (3.37), le meilleur pour les starters (3.06) et le quatrième pour les releveurs (3.95). Ce bullpen dont bien des équipes de MLB rêveraient est peut-être le « point faible » de ces Los Angeles Dodgers. Ça laisse rêveur sur le potentiel de la franchise californienne pour le reste de la saison.

Acuna Freeman
Ronald Acuña Jr. et Freddie Freeman : coéquipiers, All Stars et moteurs des Braves

NL East : Les Braves ont mis les Gaz, Washington à la (re)lance

Du côté d’Atlanta, les premières semaines de la saison auront eu le don d’inquiéter les fans des Braves, surexcités après une saison 2018 pleine de promesses ! Avec un bilan de 21-21 au 14 mai, les Braves ne décollaient pas. Et puis, quatre séries gagnées contre les Cardinals (deux fois), les Brewers et les Giants ont changé la donne. Depuis, les Braves enchaînent à un rythme presque comparable avec celui des Dodgers : 33 victoires et 16 défaites ! Freddie Freeman est impressionnant (22HR, 65 RBI, .309 AVG), Ronald Acuna Jr. confirme (20 HR, 52 RBI, 13 SB), Dansby Swanson (17 HR, 57 RBI) ressemble enfin à un ancien premier tour de draft, et la jeune garde de lanceurs scoutés, recrutés et développés en Géorgie cartonne aux cotés de l’inamovible Julio Teheran. Impressionnant cette saison, Mike Soroka fait même figure de prétendant au Cy Young avec ses 9 victoires et son ERA de seulement 2,42 en 15 matchs lancés.
Si les Phillies commencent à marquer le pas, malgré un Aaron Nola toujours redoutable (8-2, 3.84, 124 SO) et un Rhys Hoskins (20 HR, 59 RBI) qui mène la ligne offensive devant un Bryce Harper encore en-dessous de son meilleur niveau ; attention tout de même au retour des Washington Nationals qui, après un départ désastreux (20-31 au 24 mai) affichent un bilan de 27-11 depuis la fin mai, bien menés par un trio de MONSTRES sur la butte. Avec bien sûr, dans le rôle de la superstar, le triple Cy Young, Max Scherzer, qui affiche un bilan a mi-saison de 9-5, un ERA de 2.30 et 181 Strikeouts lancés, mais surtout une série incroyable de 9 starts sans défaite avec 9BB concédés et 94K! Avec Stephen Strasburg (10-4, 3.64, 138 SO) et Patrick Corbin (75, 3.34, 129 SO) pour l’accompagner, Washington peut voir venir !

Et puis il y a les Marlins et les Mets, déjà perdus pour la saison, ou presque. Coté Marlins c’était prévu, et ce sera probablement le lot des protégés de Derek Jeter pour de nombreuses saisons à venir. Mais les Mets… Comment une équipe aussi talentueuse, emmenée par le meilleur frappeur de moyenne de MLB ( Jeff McNeil, .349, All Star), le second meilleur frappeur de Home Runs (Pete Alonso, 30 HR, All Star), alignant notamment le Cy Young Jacob DeGrom et Noah Syndergaard sur la butte ou encore Robinson Cano ou Michael Conforto au bâton, peut-elle être si médiocre sur la durée d’une saison. Mets doing Mets things!

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NL Central et Wild Card : Trois fauteuils pour… presque tout le monde

Cela fait plusieurs saisons que la NL Central est l’une des, sinon la division la plus disputée des Ligues Majeures. Et cette année, à mi-saison, tout le monde reste en course, même les Cincinnati Reds ! Les cinq équipes se tiennent en moins de cinq matchs, marquant du même coup les contours de la course à la Wild Card.

Dans la foulée de Javier Baez (.289, 22 HR, 62 RBI), vice-MVP 2019 et Antony Rizzo (19 HR, 58 RBI, .903 OPS), les Chicago Cubs mènent la danse à mi-saison, avec une rotation vieillissante mais toujours efficace pour manger les innings (Hamels, Lester Quintana, Darvish), un bullpen suffisant et un lineup de talent, même s’il semble n’avoir jamais vraiment digéré le titre historique de 2016. Suffisant pour tenir la tête de la division a mi-saison…

Tenir la tête, si l’on peut dire puisque les Milwaukee Brewers leurs collent aux basques, à une demi-victoire, emmenés par un Christian Yelich (.329, 31 HR, 67 RBI) parfaitement inarrêtable depuis qu’il est arrivé dans le Wisconsin. Le souci reste que si Yelich est monstrueux, s’il est bien soutenu par Moustakas (25 HR, 53 RBI) ou Grandal (19 HR, 48 RBI), le MVP sortant évolue dans une équipe ou aucun autre joueur n’est capable d’approcher les .300 en moyenne, soutenus par un pitching staff parfaitement quelconque (18 ERA collectif de MLB, 4.82) sans véritable As, à moins que l’on ne .veuille considérer Zach Davies (3.07, 7-2 tout de même) ou Brandon Woodruff (10-3, 3.67) comme tels. Le bullpen, mené par Josh Hader et Jeremy Jeffress, offre de belles promesses, mais là aussi le manque de profondeur est flagrant. Des manques qui semblent beaucoup trop profonds pour espérer terrasser les Dodgers dans un remake des NLCS de la saison dernière, mais des qualités suffisantes pour se mêler à une course endiablée à la postseason.

Car là est véritablement l’autre enseignement majeur de cette première partie de saison en Ligue Nationale. Si la NL n’a qu’un maître, elle regorge d’outsiders qui ne se feront aucun cadeau pour aller chercher les places d’honneurs, et tenter crânement leur chance au jeu de la Wild Card. Dans un écart de cinq matchs à mi-saison, on retrouve donc les Cubs (47-43) de Baez et les Nationals (47-42) de Scherzer, les Phillies (47-43) de Harper et les Brewers (47-44) de Yelich…

Les Diamondbacks (46-45), menés par un Greinke de feu (10-3, 2.73) et un Ketel Marte enfin au top (.311, 20 HR, 53 RBI) restent en embuscade en compagnie de leurs rivaux préférés, les Colorado Rockies (44-45) de Charlie Blackmon, Trevor Story et Nolan Arenado (59 HR, 174 RBI et une moyenne combinée de .311 à eux trois… oui…), des San Diego Padres (45-45) et de leur armée de jeunes prodiges enfin à maturité (Renfroe, Reyes, Tatis Jr) menés par le toujours splendide Eric Hosmer, et bien entendu des St-Louis Cardinals (44-44) de Marcell Ozuna et Paul Goldschmidt.

Si les Reds de Cincinatti (41-46) sont un tout petit peu plus loin (n’oublions pas qu’ils sont la meilleure défense de National League en termes de points concédés, la seconde en ERA), les Pittsburgh Pirates (44-45) sont eux aussi dans la course, menés par – peut-être – le joueur le plus excitant de cette première partie de saison, le phénoménal Josh Bell qui explose enfin au plus haut niveau après deux saisons de léger flottement. Difficile de voir Pittsburgh ou Cincinnati faire illusion encore longtemps, au vu des failles défensives pour les uns (les Pirates ont le 23e ERA de MLB) et offensives pour les autres (les Reds possèdent la 28e attaque des Majors).

On me fera remarquer que je n’ai pas abordé le cas des Giants. C’est maintenant chose faite. Comme les Miami Marlins, les Giants vont avoir besoin de temps pour reconstruire. En attendant, nous nous contenterons de poser un voile pudique sur les prestations de la franchise californienne qui vivote a un niveau correcte, mais devrait perdre ses derniers véritables atouts (dont Madison Bumgarner) lors de la prochaine Trade Deadline.

Les Starters de National League pour le All Star Game

C – Wilson Contreras – Il n’a pas les qualités défensives d’un Molina ou d’un Posey, mais quand il s’agit de frapper, on ne fait pas beaucoup mieux aujourd’hui au poste de receveur que Wilson Contreras (.286, 18 HR, 52 RBI)

1B – Freddie Freeman – Quatrième visite au All Star Game pour la star des Atlanta Braves, préféré par les votants pour débuter le match au poste de première base plutôt que Josh Bell, Pete Alonso et Max Muncy. C’est vous dire si il est balèze !

2B – Ketel Marte – Il est l’un des deux newbies de cette sélection. Après des débuts prometteurs, Marte a réussi à gagner en puissance et en régularité, depuis son arrivée chez les Diamondbacks en 2017. Une juste récompense.

3B – Nolan Arenado – Cinq fois All-Star, six fois Gold Glover, 4 fois dans le Top 10 du classement MVP, Nolan Arenado continue son petit bonhomme de chemin et sa carrière qui ressemble chaque année un peu plus à celle d’un futur Hall of Famer.

SS – Javier Báez – On a beaucoup parlé de la présence d’Anthony Rizzo, du talent de Kris Bryant, des coups d’éclats de l’étoile filante Addison Russell… Mais depuis le titre historique des Cubs 2016, c’est bien « El Mago » qui est sorti du lot, pour s’affirmer comme un MVP en puissance sur la durée.

OF – Ronald Acuña Jr. – Rookie of the Year l’an dernier, All Star cette saison, il est peut-être le plus grand talent à avoir émergé en National League depuis Bryce Harper. Rapide, agile, puissant, véritable five-tool player, attendez-vous à le voir devenir un habitué de ce rendez-vous estival.

OF – Christian Yelich – Que reste-il à dire sur le MVP en titre, sinon qu’il plane au-dessus du baseball depuis son arrivée à Milwaukee ? Une moyenne aux alentours de 33%, des Home Runs à la pelle, 19 bases volées et un OPS de 1.140 à mi saison. Yelich est fabriqué dans le métal dont on forge les triples couronnes !

OF – Cody Bellinger – Après une saison de Rookie exceptionnelle, Cody Belinger avait un peu marqué le pas en 2018. Cette année, il se place tranquillement en tant qu’égal de Yelich et Trout, avec un OPS de 1.124, 30 HR et 71 RBI. Comme Yelich, il pourrait prétendre à la triple couronne en fin de saison.

P – Hyun-jin Ryu – Un bilan de 10-2, un ERA de 1.73 et un WHIP de 0.91 en 109 manches lancées. Toujours bon et régulier depuis son arrivée dans les Majeures en 2013, Ryu a passé un énorme cap cette saison, en devenant dans les faits l’As de son équipe sur cette première partie de saison. Il est récompensé par un premier All Star Game, dans la peau d’un starter !

Egalement sélectionnés dans le roster de National League:

Catchers : Yasmani Grandal, J. T. Realmuto
Infield : Pete Alonso, Josh Bell, Max Muncy, Mike Moustakas, Kris Bryant, Anthony Rendon, Paul DeJong, Trevor Story,
Outfield : Charlie Blackmon, David Dahl, Jeff McNeil
Lanceurs : Sandy Alcántara, Walker Buehler, Luis Castillo, Jacob deGrom, Sonny Gray, Clayton Kershaw, Will Smith, Mike Soroka, Felipe Vázquez, Brandon Woodruff, Kirby Yates
Forfaits : Max Scherzer, Zack Greinke, Josh Hader


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