Preview 2019 – Oakland Athletics : Le chêne a bien poussé

La NFL ? Terminée. La NBA ? Presque terminée. Ces deux sports majeurs aux Etats-Unis vont peu à peu laisser leur place au 3e larron. La MLB. Un peu comme la nature, au printemps, la MLB sort de son hibernation et vient fleurir nos soirées (et surtout nos nuits). Alors qu’on se rapproche de plus en plus du début de la saison régulière, il est grand temps de se pencher sur les forces en présence. Du coup The Strike Out passe en mode présentation et vous propose de faire connaissance avec les versions 2019 des 30 franchises. Chaque jour, retrouvez une nouvelle équipe. On prend la direction du grand ouest américain pour poser nos valises dans la ville du chêne, à Oakland !

Retour sur 2018 : Une saison au-delà des attentes

18 Juin 2018. Oakland affiche un bilan mi-chêne mi-sapin de 13 victoires pour 13 défaites et pointe à 12 matchs de Houston qui semble déjà dans les astres. Les A’s sont alors avant-derniers d’AL West. Après deux mois de déglingo, le 18 août 2018, la bande à Melvin est à 74-49, 1e ex-æquo avec les Stros. Partie en début de saison avec 66M$ à la banque, la franchise de John J. Fisher décroche finalement un ticket pour le wild-card game et devient la première équipe en près de 30 ans à atteindre les play-offs avec le pire budget des Majors. Un peu comme si le sans abris du coin braquait le casino avec 1 euro de mise. L’histoire est belle et dépasse alors la Californie pour finir en une nationale. L’Amérique adore se nourrir de ces récits qui reviennent par cycle dans l’histoire du sport où le petit David défie le grand Goliath. Le « Grand » pour le coup est incarné par une équipe de New-York, sans aucun doute la plus mythique et riche franchise de ce sport : les Yankees. La marche est trop haute et une nouvelle fois Oakland prend la porte des play-offs assez rapidement.

Mais l’essentiel est ailleurs pour les fans qui vivent une saison hors-norme dans un exercice 2018 qui était pourtant annoncé comme une année de « reconstruction ». Matt Chapman explose complet notamment en défense et devient le meilleur défenseur de la planète avec un quadruplé irréel :

  • Gold Glove (meilleur 3B en défense d’AL)
  • Platinum Glove (meilleur défenseur d’AL)
  • Wilson Defensive Player (meilleur 3B en défense en MLB)
  • Overall Densive Player (meilleur défenseur de toute la MLB)

 

Le #26 éclabousse la planète de ses highlights quotidiens pour s’adjuger toutes les récompenses inimaginables pour un défenseur et devient à 25 ans la pièce maîtresse de l’échiquier de Bob Melvin. Ce dernier met d’ailleurs la MLB en « échec et mat » et braque son 3e titre de meilleur Manager pour revenir à un petit sacre du record absolu. De son côté Khris Davis a fait du Khris Davis en devenant le 2e meilleur frappeur de l’histoire de la franchise sur une saison avec 48 longues balles. Il en est tout de même à 133 pépites envoyées par dessus les clôtures depuis son arrivée chez les « Green and Gold » en 2016. Dans sa lignée l’équipe termine sur le podium MLB au nombre de HR et 4e au nombre de runs inscrits.

Enfin si la rotation tire la langue, le bullpen termine sur le podium des Majors avec une ERA à 3.37 et un Blake Treinein de folie en closer (9-2, 0.78 ERA, 38 saves, 100 Ks en 80 IP).

Que faut-il attendre pour 2019 : L’heure de la récolte

C’est donc une nouvelle saison qui débute et les attentes sont logiquement grandissantes à Oakland après cet exercice à 97 wins, une première depuis 2002 et cette fameuse série de 20 victoires (voir le film Moneyball). La meilleure nouvelle de l’intersaison nous est venue du front office avec la prolongation du trio Beane (Executive Vice President of Baseball Operations) – Forst (GM) – Melvin (Manager). Le cerbère des A’s est renouvelé sur du long terme, de quoi rassurer les fans des Swingin’ A’s qui commençaient à imaginer le pire. Pour rappel l’histoire d’amour entre Billy Beane et les « Eléphants Blancs » a débuté en 1989 lorsque le natif d’Orlando était encore joueur. Depuis il est resté au club à différents postes, du simple scout au Vice President en passant par la case General Manager pendant 15 ans. Avec lui Oakland réalise 9 saisons à 90 wins ou plus en 19 ans, remporte 6 AL West et 3 place en Wild-Card. Depuis les 2000’s seules 5 équipes ont disputé plus de postseason qu’Oakland. Bref l’ancien OF a apporté une régularité exemplaire pour un si petit marché et reflète aujourd’hui mieux que personne l’âme des « Eléphants ».

Forst quant à lui est GM depuis 2015. Oakland lui doit entre-autres les Chapman, Olson, Davis, Piscotty ou Treinen. Quant à Melvin, inutile de le présenter d’avantage, le bonhomme a ramené 22 victoires de plus à son équipe entre 2017 et 2018 et reste l’un des 4 dinosaures avec Yost, Bochy et Hurdle sur le même banc depuis au moins 8 ans.

Avec ce trio gagnant aux manettes, les ajouts malins de Profar en infield ou Soria dans le bullpen, et la venue d’Estrada pour stabiliser une rotation en délicatesse, les perspectives sont bonnes. L’inconnue reste sans aucun doute cette rotation décimée par les blessures l’an passé à tel point que 13 starters ont effectué au moins 5 départs. En l’absence de Sean Manaea (épaule) prévue au moins jusqu’au All-Star Break, le cinq de départ reste très bancal. On espère pour Oakland que la bande à Mike Fiers, promu nouveau 1 par la force des choses, saura se sublimer pour relever le défi qui l’attend.

Enfin l’attaque quant à elle reste dans la lignée culturelle d’Oakland. Une « offense » forte, solide avec des gaillards puissants aux bras aussi larges que des troncs d’arbres, symbole de la ville s’il fallait encore le rappeler. Des Canseco et McGwire aux Giambi et Tejada en passant aujourd’hui par le « gang des Matt », à différentes époques de son histoire, la franchise cultive cette tradition. Aujourd’hui Matt Olson et Matt Chapman sont donc les nouveaux bûcherons chargés des corners sur le diamant qui incarnent le visage neuf de la franchise californienne.

La star à suivre : Matt Chapman

On aurait pu mettre Khris Davis qui fait le show depuis 3 saisons dans la baie, mais le véritable futur franchise player c’est lui ! En une saison et demi dans le grand bain, le gamin de Californie a su passer du mode rookie à la case « best defensive player ». Un exploit retentissant quand on connaît la concurrence qui peut exister à son poste avec notamment un certain Nolan Arrenado. All Star en double A il y a trois ans, dans la Rookie All Team de Baseball America il y a deux ans, il devrait vite arriver dans la cour des grands avec une première sélection au All Star Game. Surtout que ses statistiques à la batte sont en progrès. Drafté au 1e tour en 2014, Chapman est le visage du futur d’Oakland qui peut voir sur du long terme en bâtissant autour de lui, le garçon étant sous contrat jusqu’en 2024.

Le joueur à suivre : Jesus Luzardo

Pas encore dans le roster des 25, Jesus Luzardo est le nouveau diamant attendu en provenance du farm system. Classé aux portes du Top 10 des meilleurs prospects (12e), Luzardo est avant tout annoncé comme le meilleur lanceur gaucher parmi les jeunes loups qui tapent aux portes de la MLB. Dans une rotation où 3 places sont à aller chercher derrière le ticket Fiers – Estrada, le gosse de 21 ans a une véritable carte à jouer face aux Mengden, Blackburn, Bridwell, Montas, Bassitt, Brooks ou Anderson. Né à Lima au Pérou et acquis des Nationals lors du trade de Doolittle et Madson, Luzardo est le seul gaucher en l’absence de la star Manaea parmi les 10 lanceurs qui peuvent prétendre à un départ sur la butte. Un vrai avantage pour un prodige qui lance déjà une fastball à 98mph et qui paralyse très souvent les frappeurs avec sa changeup. De quoi rapidement se faire un trou et décrocher une place en tant que starter.

Notre prono :

La puissance de l’offense ajoutée à la qualité du bullpen devrait permettre aux A’s de rester compétitifs voire même de venir chatouiller les tenaces rivaux de Houston. Je ne serai d’ailleurs pas tant surpris que ça d’assister à un passage de témoin cette saison entre les deux équipes. Par prudence je vais avancer Oakland en deux derrière les Stros avec une petite fourchette de 95-99 wins juste en-dessous de la barre des 100. L’envie de miser une piécette sur les Athletics champions d’AL West est grande mais rassurez-vous, le fan d’Oakland que je suis va bien y aller de son petit prono chauvin. Les A’s seront non seulement au wild-card game, mais pour la première fois depuis 2013 nous verrons les verts et or en Division Series…. Voire plus !

J-Sé Gray : « In Billy Beane we trust »

 

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