Preview 2019 – Washington Nationals : un seul être vous manque…

La NFL ? Terminée. La NBA ? Presque terminée. Ces deux sports majeurs aux Etats-Unis vont peu à peu laisser leurs places au 3e larron. La MLB. Un peu comme la nature, au printemps, la MLB sort de son hibernation et vient fleurir nos soirées (et surtout nos nuits). Alors qu’on se rapproche de plus en plus du début de la saison régulière, il est grand temps de présenter les forces en présence. Du coup The Strike Out passe en mode présentation et vous propose de faire connaissance avec les versions 2019 des 30 franchises. Chaque jour, retrouvez une nouvelle équipe. Place aujourd’hui aux Washington Nationals.

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Retour sur 2018 : La fin d’une époque

Dominateurs en 2016, Intouchables en 2017, on s’attendait à voir les Nationals survoler une fois de plus la NL East en 2018, pour la dernière saison dans la capitale des Gio Gonzalez, Danny Murphy et bien entendu de leur superstar, Bryce Harper.

Au final, on a vu les Nationals commencer la saison doucement (14-16 au premier mai) et ne jamais vraiment hausser le rythme. Tandis que les Phillies et surtout les Braves performaient bien au-delà des attentes, sans pour autant être impressionnants, les coéquipiers de Max Scherzer restaient mollement installés autour des 50% de victoires, pour un bilan final de 82-80. Loin, bien loin de la qualification pour une Wild Card (91 victoires pour les Rockies).

Si Bryce Harper a tenu son rang (.249, 34 HR, 100 RBI, et 130 BB, plus haut total en MLB) sans retrouver le niveau de sa fantastique année 2015, le reste du roster n’a pas forcement été au niveau attendu à la batte. On retiendra tout de même les 43 bases volées par la mobylette Trea Turner ou les .308 de moyenne d’Anthony Rendon (24 HR, 92 RBI). Pour le reste, les statistiques offensives sont correctes, les Nationals sont entre la huitième et la dixième place en termes de Hits, de Runs ou encore d’OPS.

Constat similaire du côté des lanceurs. Le pitching staff des Nationals en termine avec un ERA de 4.04 (15e de MLB) parfaitement reparti entre les starters (4.03, 13e) et les releveurs (4.05, 15e).  Et cela malgré les saisons de très haute facture de Sean Doolittle (45 IP, 25/26 SV, 1.60 ERA, 0.60 WHIP) et surtout de l’inévitable Max Scherzer :  leader de MLB en termes de manches lancées (220.2), leader de National League en termes de victoires (18) auteur notamment de deux matchs complets en 2018, le tout avec un ERA de 2.53, il aura fallu une saison d’un autre monde pour empêcher Mad Max d’emporter son quatrième Cy Young Trophy.

Dans toutes les lignes, les Nationals pourront tirer le même constat : quelques belles performances individuelles mais un manque de consistance pour, au final, une saison correcte, sans relief, et finalement insuffisante.

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2019: No Harper, no party?

Difficile d’estimer avec précision le potentiel de ces Nationals post Bryce Harper. Alors certes, Harper est le visage de cette franchise et l’une des stars des Ligues Majeures depuis ses débuts au plus haut niveau, en 2012 déjà. Pour autant, le MVP 2015 était-il vraiment un atout majeur ou juste une individualité dominante, dans une franchise qui ne manque ni de talent, ni de profondeur ?

Une fois séparés de la forte personnalité de Bryce Harper, de son ego et de ses exigences salariales, Washington va pouvoir reconstruire autour, notamment, d’une jeune garde aux dents longues et prête à s’affirmer au très haut niveau. C’est déjà fait pour Trea Turner qui, malgré quelques blessures, s’est déjà affirmé comme un très bon arrêt-court, un batteur de bon niveau et un redoutable coureur de bases (.271, 19 HR, 73 RBI, 43 SB en 2018). C’est en cours pour Juan Soto, deuxième au classement du Rookie de l’année la saison dernière (.292 / .406 / .517, 22 HR, 70 RBI,) derrière l’intouchable Ronald Acuna. Ça ne devrait pas tarder pour Victor Robles (lire plus bas), qui après quelques courtes expériences en MLB et une mauvaise blessure au coude l’an dernier, devrait rejoindre les Big Leagues avec un job à temps complet et un statut de rookie encore intact en 2019.

Les deux jeunes outfielders devraient partager le champ extérieur du Nationals Park avec le revenant Adam Eaton, que l’on espère enfin de retour en forme après de grave blessures au genou et à la cheville ces deux dernières saisons. Dans l’infield, les Nationals ont remplacé Daniel Murphy par le régulier Brian Dozier (28 HR et 83 RBI par 162 matchs depuis ses débuts en 2012), qui sera donc allié au shortstop Trea Turner tandis que les coins du champ intérieur seront occupés par le vétéran Ryan Zimmermann (1B) et le toujours efficace Anthony Rendon (3B), l’ancien receveur des Indians Yan Gomes prenant quant à lui place sur le marbre.

Quelques bonnes additions donc, mais ce n’est pas spécialement dans le profil des nouveaux arrivants qu’il faudra chercher ce qui pourra porter les Nationals vers une saison 2019 réussie. Le succès, ou son absence, viendra plutôt de la capacité de Dave Martinez à mobiliser un effectif talentueux mais montrant tous les signes d’une irrégularité chronique.

Coté lanceurs, avec Scherzer et Strasburg (quand son corps tient le coup), Washington tient encore et toujours l’un des meilleurs 1-2 tickets des Majors Leagues, tandis que Patrick Corbin (200 IP, 11-7, 3.15, 246 SO en 2018 avec les Diamondbacks) a toutes les qualités pour venir prendre le flambeau de Gio Gonzalez, agent (toujours) libre depuis son départ de la capitale américaine en novembre dernier. Derrière, en revanche, c’est limite limite avec Anibal Sanchez, Joe Ross et Erick Fedde à la lutte pour les deux derniers sports de la rotation. Rédhibitoire dans une National League East plus compétitive que jamais ?

D’autant plus que si le bullpen a reçu les renforts non-négligeables de Trevor Rosenthal (121 Saves et un ERA de 2.93 en carrière pour les Cardinals, mais absent toute la saison 2018 en raison d’une blessure au coude) et de Kyle Barraclough, ancien des Miami Marlins, ces recrutements n’ont fait que compenser les départs en cours de saison dernière de Ryan Madson et Brandon Kintzler.

Alors on ne dira pas que cet assemblage ne peut pas fonctionner, on a vu des choses bien plus étranges arriver, mais il faudrait une énorme émergence de performances individuelles et collectives pour que les Nationals puissent faire mieux que leur bilan respectable de la saison dernière. Le départ du géant Harper sera-t-il l’élément déclencheur de cette petite révolution ?

La Star: Max Scherzer

Par sa régularité, son efficacité, sa capacite à enchainer les saisons pleines sans blessures ni fatigue apparente, le triple Cy Young (2013, 2016, 2017) est aujourd’hui la tête d’affiche des Washington Nationals et l’un des plus grands, sinon le meilleur lanceur de sa génération. Régulier (Au moins 200 manches lancées lors de chacune de ses six dernières saisons) , redoutable (recordman des Strikeouts en NL en 2016, 2017 et 2018 (300 Ks !), titulaire d’un WHIP en carrière de 1.097 (pour 2117.2 manches lancées et un ERA de 3.22), Scherzer affiche des statistiques tout aussi inhumaines que ce changeup qu’il garde bien au chaud pour écœurer ses adversaires sortie après sortie.

Seule ombre au tableau pour Mad Max : un bilan négatif (4-5, 3.73) lors de ses sorties de postseason, ou sans vraiment démériter, il n’a jamais vraiment pu faire la différence a l’inverse d’un Bumgarner ou d’un Kluber entre autres. Nul doute que l’as des Nationals fera tout pour s’offrir une chance d’aller chercher sa première victoire en postseason sous la tunique des Nationals. Et pourquoi pas aider les Nationals à remporter – enfin – leur première série de playoffs depuis le déménagement à Washington  !

Le Joueur à Suivre : Victor Robles

Certains le définissent comme le « talent d’une génération », à l’instar de Bryce Harper quelques années avant lui. Recruté par les Nationals lors de la Free Agency internationale de 2013, à l’âge de 16 ans, Victor Robles a gravi les échelons des Ligues Mineures à une vitesse folle pour une première apparence en MLB à l’âge de 20. Retardé par une blessure au coude en 2018, il a vu son jeune coéquipier et compatriote dominicain Juan Soto enchainer les apparitions au plus haut niveau et recevoir les lauriers.

Cette saison, c’est cote à cote que Robles et Soto devraient défendre l’outfield des Nationals. L’ombre géante de Bryce Harper dissipée, le duo dominicain s’annonce comme l’une des grandes attractions de la saison 2019 au Nationals Park. Mais revenons-en à Victor Robles, favori pour le titre de Rookie of the Year 2019, et à son profil de parfait « Five Tool Player ». En cinq saisons dans le farm system des Nationals, tous niveaux confondus, il a frappé une moyenne de .296 pour un OBP de .386, 35 HR et 182 RBI, et pas moins de 143 bases volées.

Vous l’aurez compris, si Victor Robles doit encore progresser au niveau de la puissance de batte, il a toutes les armes pour s’affirmer comme un redoutable adversaire pour les lanceurs et défenses des Ligues Majeures. D’autant plus qu’il possède également des compétences défensive au-dessus de la moyenne, qui lui ont valu d’être nommé dans la meilleure équipe défensive des prospects de MLB par les Executives de la ligue !

Autant vous le dire clairement : si le prospect numéro 4 des Ligues Majeures (classement MLB) a de grandes chaussures à remplir en l’absence du monstre Bryce Harper, le champ centre dominicain n’a pas peur de la mission qui s’offre à lui, et il devrait être l’un des hommes clé de cette saison 2019 pour la franchise de D.C.

Notre Prédiction :

Avec un effectif quasi-stable mais pourtant totalement chamboulé par le départ de sa superstar et de deux autres tauliers (Murphy, Gonzalez) , Dave Martinez devra trouver la clé pour définir, comprendre et appliquer les axes de progrès nécessaires à une équipe qui n’était pas foncièrement larguée l’an dernier, mais manquait juste de ce petit quelque chose qui fait toute la différence. Le départ de la superstar Harper sera-t-il cette petite étincelle qui permettra à chacun de ses ex-coéquipiers de prendre ses responsabilités et explorer son plein potentiel ? Le bas de la rotation sera-t-il capable de ramener ces longues sorties qui permettent d’économiser des innings à un bullpen de qualité mais qui semble relativement léger sur l’optique d’une saison entière ?

Dans une NL East ultra compétitive, où la course à l’armement fait rage entre les trois autres équipes susceptibles de remporter la division, difficile de voir les Nationals sortir leur épingle du jeu sans une véritable révolution : Dave Martinez a les joueurs pour créer ce mouvement, saura-t-il maintenant l’initier ?  Mon pari sera celui d’une saison un peu supérieure la précédente, pour un bilan entre 82 et 86 victoires et un nouvel automne aux portes de la postseason, Si près, si loin…


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