Preview NLDS : Rockies – Brewers

C’est en numéro 1 de la National League que les Milwaukee Brewers se présentent pour ces NLDS. Face à l’équipe du Wisconsin, les Rockies de Colorado qui ont arraché leur place à l’issue d’un match de Wild-Card épique contre les Cubs. Entre un favori logique et un outsider plein de ressources, quel duel attendre? Deux de nos rédacteurs défendent les atouts de leur team et décryptent les failles adverses.

 

 

Milwaukee Brewers (Marion Jeterette)

Le point fort : une équipe complète

Yelich, Aguilar, Shaw… un trio qui a porté l’attaque de Milwaukee pendant toute la saison. Un trio qui a frappé 32 (Shaw), 35 (Aguilar) et 37HR (Yelich) pour un total dans l’effectif de 218 longues balles, bon pour une 4e place en MLB. Aguilar et Yelich ont la faculté de frapper fort et surtout juste puisqu’il ont dépassé la barre des 100RBI! Si sa puissance est moindre, Cain a grandement fait sa part avec un AVG de .308 et 30 bases volées. La vitesse c’est un autre atout de cette équipe qui domine toutes les autres de NL dans cette catégorie (124 bases volées).

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Cain – Aguilar – Yelich : les Brewers ont un combo puissance – vitesse impressionnant / Crédit Getty Images.

Mais ce n’est pas que sur l’attaque que Milwaukee a basé son succès mais aussi sur son pitching staff. Pourtant si je vous dis Chacin, Anderson, Guerra ou Suter… aucun nom ronflant mais des résultats sans doute au-delà des attentes. Les Brewers affichent le 4e ERA collectif en NL derrière les Dodgers, Cubs et Dbacks qui affichent eux des noms bien plus connus. Seuls Chacin et Anderson ont dépassé les 30 starts pour des bilans de 15-8 et 9-8. Derrière eux pas vraiment d’ordre ou de plan établi : 26 starts pour Guerra (6-9), 18 pour Suter (8-7), 16 pour Miley (5-2), 14 pour Peralta (6-4) et 13 pour Davies (2-7) qui restera la seule déception de la saison pour l’équipe du Wisconsin même si pour sa défense il a semblé souffrir du bras à chacune de ses sorties.

Ce sont peut-être et surtout les releveurs des Brewers qui ont bâti les fondations d’une saison réussie avec le 2e meilleur ERA des bullpen de NL juste derrière celui des Cubs (3.47). Le trio Knebel – Jefress – Hader a brillé avec des WHIP respectives de 1.08 , 0.99 et 0.81!!! Hader c’est 143K en 81 1/3 manches donc une performance historique le 1er mai dernier avec 8K sur les 8 batteurs affrontés pour terminer un match contre les Reds. Une rotation qui assure sans star, un bullpen très efficace et une attaque aux multiples facettes : la clé des Brewers dans leur quête d’un premier titre suprême.

Le point faible adverse : la fatigue

Les Rockies, comme les Brewers, ont disputé un 163e match de saison régulière lundi ; mais à l’inverse des Brewers, ils en ont joué un autre dès le lendemain… et quel match! Colorado est sorti vainqueur de la NL Wild-Card contre les Cubs au terme d’un suspens insoutenable de 5 heures avec 13 manches de haute tension. Alors oui, s’imposer à l’extérieur face au favori a forcément redonner un surplus d’énergie aux joueurs des montagnes, mais leur état mental et de fatigue pourrait leur jouer des tours pour cette série face à Milwaukee. Ottavino, Davis, Oh, Rusin et Oberg sont tous sortis du bullpen pour au moins une manche avec le sort de la rencontre dans le bras. Wolters est sorti de nulle part pour offrir la victoire aux siens avec ce RBI face à Hendricks mais la magie ne pourra pas fonctionner sur la durée. Méfiance tout de même, même fatigués, les Arenado, Story et autre Blackmon n’ont besoin que d’un coup de batte pour faire basculer une rencontre.

Le facteur X : Le statut de favori

Vainqueurs des Cubs lundi à Wrigley Field, les Brewers ont non seulement décroché le titre en NL Central mais aussi validé le meilleur bilan de la National League. Cela leur donne un avantage du terrain en NLDS et éventuellement en NLCS, bon pour le moral et aussi pour s’octroyer le statut de favori à la barbe des Dodgers (qui affrontent les Braves en NLDS) et des Cubs (sortis en Wild-Card).

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Les Brewers favoris en NL après la victoire face aux Cubs lors du tie-breaker / Crédit USA Today.

Le recrutement de l’hiver dernier ne laissait planer aucun doute sur les ambitions du club (Cain, Yelich, Chacin) qui avait manqué la postseason pour un petit match en septembre 2017. Les bons résultats de la première partie de la saison ont encore renforcé le front office dans la quête de la meilleure équipe possible : Moustakas, Schoop, Granderson, Gonzalez, Soria et Cedeno sont arrivés en juillet avec la ferme intention de déloger les voisins chicagoans de leur trône. C’est chose faite à l’issue d’une saison à 96 victoires (record de franchise égalé et 4e meilleur total en MLB derrière les ogres de l’American League). Dans une Division hyper compétitive où les Cardinals ont eux aussi postulé à une place en postseason, les Brewers ont prouvé leur valeur et leur niveau… à eux d’assumer et d’offrir à la franchise son premier titre en National League voire ses premières World Series (la franchise a remporté le titre d’American League en 1982 puisqu’elle évoluaient en AL à sa création en 1969, sous le nom des Seattle Pilots, jusqu’à 1997).

Le MVP : Christian Yelich

Quand on dit que le baseball est un sport qui se gagne ou se perd sur des détails… Christian Yelich a disputé 147 matchs cette saison et il ne lui a manqué que 2HR et 1RBI pour devenir le 13e joueur à remporter la Triple Couronne (depuis 1920). Le jeune outfielder de 26 ans pourrait se consoler dans quelques semaines avec le trophée de MVP de la National League. Arrivé l’hiver dernier du soleil floridien, Yelich a trouvé son bonheur dans l’air vivifiant du Lac Michigan et signé une saison exceptionnelle : AVG .326 / OBP .402 / SLG .598 / OPS 1.000 ; 36HR ; 110 RBI ; 118 R et 22SB, que des records en carrière! Il a été élu joueur de la semaine à trois reprises et joueur du mois en septembre. Yelich a accompli l’exploit de réussir deux « cycles » cette saison (un simple, un double, un triple, un HR dans le même match), une performance que seuls quatre joueurs avaient réussi avant lui dans l’histoire de la MLB.

C’est donc avec le plein de confiance qu’il aborde la première postseason de sa carrière. Même si l’expérience personnelle compte à ce moment-là, il pourra s’appuyer sur des coéquipiers qui ont déjà connu le frissons des postseason (Braun, Granderson, Schoop, Gonzalez, Soria) et même du titre suprême (Cain et Moustakas avec les Royals en 2015).

Le prono : 3-1 Brewers

 


 

Colorado Rockies (par Martin Keuchel)

 

Le Héros de la série précédente : Tony Wolters

Kyle Freeland aurait eu largement sa place dans cette catégorie puisque le jeune lanceur a livré une performance de toute beauté face aux Cubs : 6 2/3 manches, 4 Hits, 0 ER, 6 Ks. Faisant de lui le premier lanceur de l’histoire des Rockies à réaliser un start sans concéder de point durant un match de postseason. Mais la performance que l’on va retenir de ce match reste le coup de batte de Tony Wolters dans le début de la 13e manche. Un simple à un point avec deux éliminés qui restera dans les mémoires des supporters de Denver. Ce qui est d’autant plus marquant ici, c’est que Wolters a connu une année extrêmement difficile avec une saison régulière terminée avec une moyenne au batôn de .170. Lui qui est passé 3e dans la hiérarchie des receveurs de Colorado n’était donc pas titulaire ni prévu à la batte. Mais le match allant en prolongation et ses receveurs n’étant pas performants en attaque, Bud Black décida de tenter un coup de poker. Et ça marche, sur son seul passage, Tony Wolters délivre les siens. Un héros comme seul le baseball peut nous en offrir.

Pour les points forts de cette équipe de Colorado, Bastien en avait très largement (et bien) parlé dans la preview de la NL WC. Un article que vous pouvez retrouver en cliquant ici 

Le point faible adverse : Les lanceurs de départ

Marion l’a dit, Milwaukee est une équipe très complète avec une attaque de feu et un bullpen intraitable. Mais s’il y avait une petite faiblesse à trouver du côté des Brewers, ce serait surement du côté des lanceurs de départ. Certes Chacin et Anderson ont terminé la saison avec des ERA sous la barre de 4.00, mais le reste de la rotation me semble un poil faible pour tenir tête à la puissance de frappe des Rockies mais aussi au facteur de Coors Field. Que ce soit Peralta (4.40), Guerra (4.27) ou bien Suter (4.56), aucuns ne semblent être une assurance pour un match de postseason. Pour preuve du peu de confiance du staff à son groupe de lanceur partant, il se peut qu’un lanceur de rélève débute le Game 1. Si Colorado veut s’en sortir durant ces NLDS, il faudra capitaliser sur les lanceurs partants car on le sait le bullpen de Milwaukee est incroyable (coucou Josh Hader).

Le facteur X : Les matchs au Miller Park

Sur les 5 matchs qui peuvent se disputer dans cette série, 3 auront lieu dans le stade de Milwaukee. Dont les deux premiers et ils vont être capitaux. En effet, on le sait le Coors Field de Denver est un endroit très particulier. Que ce soit pour les lanceurs ou pour les frappeurs. Ainsi, à l’extérieur, les batteurs de Colorado sont  en grande difficulté dans la moyenne au batôn (.225 contre .287) mais la production en Homerun est quasiment identique. Pour compenser, les hommes de Bud Black pourront peut-être tenter d’être plus agressifs en attaque notamment dans le vol de vases. En effet, les Rox comptent des joueurs efficaces dans ce domaine comme Story (27), Desmond (20) ou encore Blackmon (12).

A domicile, les Rockies auront donc un gros avantage, mais il va falloir être bien plus performant au bâton à l’extérieur et pour cela, Colorado a peut-être une arme fatale.

Le MVP : Trevor Story

Photo : Getty Images

Oui Nolan Arenado ou Charlie Blackmon peuvent prétendre à ce titre. Mais, c’est oublier la saison remarquable de Trevor Story : .291/37 HR/108 RBI/27 SB. 2e de NL en terme de HR, 4e de NL à égalité en terme de RBI, le jeune arrêt-court est dans la discussion pour un podium du trophée de MVP. Mais si je place Story en MVP de ces NLDS, c’est tout simplement parce qu’il est la Kryptonite des Brewers. Puisqu’en seulement 7 matchs face à eux cette saison, il a frappé 7 HR ainsi qu’un triple et un double avec à la clé 18 points produits. Pour faire simple, il adore frapper contre les lanceurs du « BrewCrew » et à chaque fois il fait mal. Il va donc falloir le suivre de près.

Le prono : 3-2 Rockies


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