Preview NLDS : Braves – Dodgers

Expérience contre jeunesse. Voici sur le papier, le résumé de cette série de NLDS entre Atlanta et Los Angeles. Oui mais voilà, les Dodgers sont passés par un 163 matchs de saison régulière pour se qualifier en Postseason. Tandis qu’Atlanta a pu faire tourner et reposer ses cadres, car l’équipe est qualifiée depuis un petit bout de temps. Alors comment vont réagir les jeunes pousses des Braves ? Quels visages vont nous monter les joueurs des Dodgers ? Nos deux rédacteurs vous présente cette affiche qui s’annonce aussi passionnante qu’indécise. 

Atlanta Braves (par Marion Jeterette)

Le point fort : l’effet de surprise

Atlanta retrouve la postseason pour la première fois depuis 2013, avec au passage le titre en NL East. Il faut bien avouer que l’on aurait plutôt parié sur eux pour la saison prochaine (cf ma preview). On n’imaginait pas les jeunes Braves prendre le meilleur sur les Nationals, les Mets et les Phillies cette année même si Ronald Acuna Jr. était annoncé comme un phénomène, même si Ozzie Albies avait tout pour confirmer d’excellents débuts, même si Freddie Freeman pouvait sortir une nouvelle saison MVP, même si Markakis et Inciarte sont des mentors parfaits. Bilan le 29 avril après un mois de compétition? 16-11. Au 31 mai? 32-23. Au 30 juin? 46-34. Au 31 juillet? 56-47. Au 31 août? 74-59. A la fin de la saison? 90-72. Tous ces chiffres pour montrer qu’Atlanta a bien démarré sa saison et a maintenu son niveau toute la saison. Pas de coups de mou, de trous d’air, de frissons, même si les Phillies se sont un peu accrochés à cette première place. Les Braves ont amplement mérité ce qui leur arrive. Camargo et Swanson (24 ans), Albies (21 ans) et Acuna Jr. (20 ans, voir ci-dessous) ont été d’une régularité incroyable pour leur âge. Les lanceurs rookies Biddle, Carle, Minter et Winkler ont eux aussi répondu présents en sortant du bullpen. Leur manque d’expérience devrait toute de même les laisser à la porte du roster pour ces NLDS. Petite interrogation aussi concernant Swanson, blessé, et qui pourrait déclarer forfait (remplacé par Culberson).

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La jeunesse des Braves s’est offert le titre de NL East à la surprise générale / Crédit USA Today.

La plus grosse surprise de cette saison en Géorgie c’est peut-être la rotation. Le quatuor Foltynewicz (programmé pour le Game 1), Newcomb, Teheran, Sanchez n’était pas forcément gage de sécurité… et pourtant. Les 4 sont au dessous des 4 de ERA avec au minimum 12 « quality starts » pour chacun. Brandon McCarthy était le 5e homme jusqu’à l’arrivée en juillet de Kevin Gausman. Les starters des Braves c’est tout simplement le 5e ERA collectif en MLB! Si on prend en compte les releveurs, on passe au 10e ERA général, c’est bien pour une équipe dont les rôles n’étaient pas spécialement définis dans le bullpen (16 saves pour Vizcaino, 15 pour Minter). Les lanceurs (toutes catégories confondues) terminent 27e en nombre de HR concédés et 28e pour les hits concédés (30e étant la meilleure place avec les plus petits nombres). Si on prend des stats dans lesquelles il faut être le plus haut possible ça marche aussi : 2e en BB concédés, 3e en AVG adverse, 11e pour le nombre de K… Bref, Atlanta ça a fonctionné dans toutes les catégories et peut-être parce que les joueurs n’avaient aucune pression de résultats. Ils n’en auront pas plus à l’amorce de ces NLDS car ils ne sont pas favoris face aux Dodgers.

Le point faible adverse : l’inconstance

Si retrouver les Braves en NLDS est une surprise, la présence des Dodgers n’en est pas une. En revanche, le cheminement a été beaucoup plus compliqué que prévu. Les joueurs de L.A ont dû passer par un tie-breaker face aux Rockies pour valider un nouveau titre de NL West. Les deux premiers mois de la saison des Californiens ont surpris : le 17 mai, après avoir été sweepés par les Reds et battus deux fois par les Marlins, ils affichaient un bilan de 16-26! Il a fallu attendre le 9 juin pour les voir repasser en positif. Ils ont beaucoup mieux géré la deuxième partie de saison pour un bilan final de 92-71! Les raisons à cette inconstance ? Rebondir d’une défaite en World Series et des blessures nombreuses : Justin Turner a manqué le début de saison, Corey Seager rapidement out pour 2018, les passages réguliers de Clayton Kershaw à l’infirmerie, Julio Urias n’a pas encore joué cette saison, Hyun-Jin Ryu seulement en août puis pour finir les problèmes cardiaques de Kenley Jansen en fin de saison. Alors oui, Manny Machado est arrivé (Brian Dozier aussi) à la Trade Deadline mais L.A s’est fait peur. Je nuancerai un peu ce propos avec  l’avantage du terrain qui est en faveur des hommes de Dave Roberts et un bilan en saison favorable : les Dodgers ont remporté la série contre Atlanta 5 victoires à 2 (2 victoires à domicile et 3 au SunTrust Park).

Le facteur X : Ronald Acuna Jr.

A la lutte avec Juan Soto (Nationals) pour le trophée de NL Rookie of the Year, le jeune Vénézuélien (il n’a pas encore 21 ans) va disputer sa première postseason sur la lancée d’une régulière éblouissante. Annoncé comme le prospect n°1 ou 2 (selon où était placé Ohtani), Acuna Jr. a plus que répondu aux attentes.

Les Braves ont fait appel à lui dès le 25 avril et il a disputé au total 111 matchs. Si ses débuts ont été plus qu’honnêtes, que dire de sa deuxième moitié de saison! Le gamin avait le feu en lui.

Pre All-Star (43 matchs) : .249 / .304 / .438 ; 7HR ; 19RBI ; 56K ; 2SB

Post All-Star (68 matchs) : .319 / .403 / .633 ; 19HR ; 45RBI ; 67K ; 14SB

Acuna Jr. a signé une première saison avec 26HR, c’est le 2e meilleur total en MLB parmi les rookies derrière les 27 de Andujar (Yankees) et Palka (White Sox). 15 de ses 26HR ont été frappés en tant que leadoff et par conséquence de sa place de l’alignement 19HR ont été frappés avec des bases vides. Son apport en points produits sera donc peut-être limité mais sa présence sur bases sera essentielle au succès de son équipe. Une question se pose forcément : sa jeunesse est-elle un atout ou un poids? Lui seul peut répondre.

Le MVP : Freddie Freeman

Le joueur américano-canadien a tout connu avec les Braves : les playoffs de 2013 après une superbe saison à 96 victoires et 66 défaites… puis la lente descente dans les bas-fonds du classement. Le voilà de retour en postseason avec son rôle de leader et de mentor pour cette jeune équipe, lui qui a fêté le mois dernier ses 29 ans seulement. Le triple All-Star (dont cette année), a disputé les 162 matchs de saison régulière en proposant le 2e meilleur AVG de sa carrière (.309) avec plus de RBI que la saison dernière mais moins de HR. Le joueur de première base a un peu faibli dans la 2e partie de saison mais il arrive sans blessure et avec une envie monstre d’emmener encore plus haut son équipe. Sa petite expérience en postseason s’était bien passée avec une moyenne de .400 et un OBP de .455 en 20AB. A lui de faire aussi bien si ce n’est mieux.

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Le genre d’images que les fans des Braves aimeraient revoir pendant cette postseason / Crédit Chat Sports.

Le prono : 3-2 Braves

 

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Los Angeles Dodgers (par Bastien LeGrom)

Le point fort : du talent dans toutes les lignes

On ne va pas se mentir, la régularité n’a pas été le point fort des Los Angeles Dodgers lors de cette saison régulière, entre blessures et difficultés à digérer la défaite en World Series l’an dernier. Pourtant, si la cohésion a souvent fait défaut cette saison, les Dodgers possèdent certainement le seul effectif de National League en mesure de rivaliser avec les monstres de l’Américaine. Une  situation illustrée par les 235 Home Runs et 804 points frappés en 2018 (1er de National League) pour une équipe qui n’a que le huitième ERA de la Ligue Nationale.

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Machado (n°8) et Dozier (n°6) les deux recrues estivales des Dodgers / Crédit DR.

Les Dodgers sont armés d’un lineup sans point faible visible, encore renforcé cet été par les arrivées de Manny Machado et Brian Dozier, et qui a terminé une saison qui semblait pourtant relativement quelconque avec la meilleure attaque de National League en termes de points marqués, de Home Runs, de Extra-Base Hits ou encore de buts sur balles. Ils se reposent également sur une rotation qui est la meilleure de National League en termes d’ERA (3.19) et seulement la deuxième (derrière… les Braves) en terme de moyenne au bâton adverse, menée encore cette saison par la légende Kershaw (9-5, 2.73) et ses fiers lieutenants Rich Hill (11-5, 3.69) et Hyun-Jin Ryu (7-3, 1.97) absolument injouable (voir ci-dessous) depuis qu’il est revenu de blessure à la fin du mois d’août.

Soyez prévenus, la franchise californienne semble avoir enfin trouvé son rythme de croisière lors des dernières semaines de la saison régulière, s’arrachant à une saison parfois morose pour remporter lors du match 163 face aux Rockies son sixième titre de division consécutif.

Le point faible adverse : la jeunesse

Les Atlanta Braves regorgent de talent, cela ne fait aucun doute, et leur éclosion autour de l’as en devenir Mike Foltynewicz, de l’ex N1 de la draft Dansby Swanson ou encore du talent brut Ronald Acuna Jr. était attendue, depuis plusieurs saisons que la franchise de Géorgie avançait ses pions à l’ombre du chantier de son nouveau stade, le Suntrust Park.

De là à jouer les premiers rôles des la saison 2018, il y a un pas que Alex Anthopoulos et le front office des Braves ne s’attendaient probablement pas à franchir aussi tôt, à l’image peut-être des Baby Yankees 2017. Si les Braves rêveront de réaliser un parcours similaire à celui des Bronx Bombers, passés si près d’une qualification pour les World Series l’an dernier, cela semble tout de même relativement utopique face à une équipe des Dodgers bien rodée aux joutes de la postseason.

A contrario, les Braves ne possèdent parmi leur lineup-type que trois joueurs qui ont connu les playoffs de MLB : les excellents Freddie Freeman et Mark Markakis, et le receveur vétéran Kurt Suzuki. Pour les autres, Acuna et Albies en tête, ce sera une toute nouvelle expérience, et un gros point d’interrogation. Alors certes, rien n’est impossible, mais la jeunesse de l’effectif, combinée à un bullpen moyen et sans véritable closer, risquent d’être rédhibitoires pour espérer se frayer un chemin vers le Fall Classic.

Le facteur X : Hyun-Jin Ryu

Superstar du baseball coréen arrivé en 2013 chez les Dodgers, Hyun-Jin Ryu fait partie intégrante de cette génération qui domine la NL West chaque saison. Après deux premières saisons de très bonne facture, une vilaine blessure à l’épaule l’éloignait des monticules pendant deux saisons, et son retour l’an dernier (5-9, 3.77) était encore à quelques distances de ses meilleurs standards.

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Ryu est une superstar en Corée / Crédit Kore Asian Media.

Mais, en avril 2018, la supestar d’Incheon était de retour, postant un bilan de 3-0 et un ERA de 2.12 sur ses six premiers matchs… avant de manquer à nouveau trois mois pour soigner une blessure à l’aine. De retour en août, il est monté en puissance rapidement pour finir la saison régulière en boulet de canon, finissant le mois de septembre avec trois victoires, trois Quality Starts, un run concédé sur les dix-neuf dernières manches lancées et un bilan final de 7-3 avec un ERA de 1.97 sur 15 matches lancés.

Ryu, qui n’a pas connu la défaite en postseason (en 3 matchs lancés, le dernier en 2014), aura à cœur de bien lancer les hostilités dans le Match 1 pour les Dodgers, et de mettre les Californiens sur les rails avant de donner la balle à leur Superstar, Clayton Kershaw dans le Game 2. Et si le corps suit cette fois, le Sud-Coréen a toutes les armes pour se confirmer comme le deuxième as que les Dodgers ont cherché toute la saison, après le départ de Yu Darvish pour les Chicago Cubs l’hiver dernier.

Le MVP : Max Muncy

Et dire qu’il n’était même pas dans le roster en début de saison. Joueur utilitaire chez les Athletics en 2015 et 2016, Max Muncy a été recruté par les Dodgers au printemps 2017 après que les A’s décident de le libérer. Il passera la saison 2017 en AAA à Oklahoma City, avant que les Dodgers ne lui laissent sa chance.

Et depuis la mi-avril, à l’image de son coéquipier Cody Bellinger l’an dernier, c’est l’explosion. Meilleur scoreur de Home Runs (35) des Dodgers en 137 matchs disputés, deuxième derrière Matt Kemp pour les RBIs (75 contre 79), premier au nombre de walks (79), Muncy s’est imposé comme l’un des meilleurs batteurs de la Ligue Nationale avec une slash-line plus que respectable de .263 / .391 / .582 pour un OPS de .973 qui lui permet de s’immiscer discrètement entre Christian Yelich (1.000) et Nolan Arenado (.953), excusez du peu.

Alors, joueur moyen en surrégime ou véritable superstar en devenir ? Les Division Series devraient nous donner quelques éléments de réponse sur les capacités de Max Muncy à rivaliser sur le long terme avec les plus fines gâchettes des Ligues Majeures.

Le prono : 3-1 Dodgers

 


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