[NLCS] Dodgers vs. Cubs : Comme on se retrouve !

On prend les mêmes et on recommence. Il y a un an pile poil, ces deux équipes s’affrontaient pour une place pour les World Series dans un choc des légendes endormies. Chicago, favori, avait alors pris le meilleur sur les Dodgers (4-2) avant d’aller mettre un terme à sa malédiction. Mais cette saison, les rôles sont inversés, c’est les Dodgers qui se présentent en tant que favori et avec le meilleur bilan de la MLB. Alors les Dodgers vont-ils retrouver les World Series 29 ans après ou les Cubs vont les en empêcher et ainsi tenter de conserver la couronne ? On fait le point avant le début de la NLCS. 

 

Los Angeles Dodgers : 1e MLB avec un bilan de 104- 58 / Vainqueur des DiamondBacks 3-0 en NLDS

Après un mois de septembre bien terni par une fiche de 12 victoires pour 17 défaites, Los Angeles abordait cette postseason avec une jauge confiance un peu entachée par une dernière ligne droite de saison régulière complètement ratée. 20 runs et un sweep sur les DBacks plus tard, L.A. a fait taire les critiques tout en rassurant ses fans. Oui « The Boys in Blue » joueront bien pour un 22e Pennant de National League face aux Cubs. Surtout, les hommes de Roberts doivent cette fois passer ce cap qui se refuse à eux depuis 1988 et leurs dernières World Series disputées… et remportées.

Les Dodgers se sont amusés avec les Dbacks et réalisent un sweep sur le club de l’Arizona lors de ces NLDS 2017. Photo : Rick Scuteri/AP

Le contexte

50 %. C’est bien simple, depuis dix saisons, la franchise californienne débarque en Championship Series une fois sur deux. Un taux incroyablement haut synonyme d’une régularité au plus haut niveau remarquable. Une continuité éclatante jalonnée cependant par 4 défaites sur la dernière décennie. D’abord deux cuisantes face au Phillies des belles années. Celui marqué du fer rouge de la gagne par la génération Howard, Utley, Rolllins ou Hamels avec à chaque fois cette même fessée au final (4-1 en 2008 et 2009).

Ensuite avec des séries plus disputées à quelques années d’écart mais toutes perdues sur le score de 4-2 face à de (très) grandes équipes. En 2013 ce sont les Cardinals version Molina, Carpenter, Holliday et Wainwright qui barrent la route à Kershaw et consorts. L’an dernier ce fut les Cubbies de Maddon, et ce titre remporté quelques jours plus tard face aux Indians, qui les empêchèrent de retrouver des World Series qui leur échappent depuis près de trente ans. Une éternité pour un marché aussi important (1e budget des Majeurs).

Alors après une saison dominée de la tête et des épaules et un sweep rassurant sur Arizona, Los Angeles a cette fois la grosse étiquette « favori » dans le dos et aucun droit à l’erreur.

Des Divisions Series plus que rassurantes

Mais que les fans se rassurent, lors des NLDS, Les Dodgers ont débarqué bien revanchards pour envoyer un gros message au reste de la ligue. Seule équipe à avoir réussi un sweep lors de ces Divisions Series, L.A. a surtout trouvé une attaque en feu lors de ces trois matchs. 20 runs au total, soit près de 7 pions inscrits toutes les 9 manches qui plus est dans des rencontres forcément au couteau, postseason oblige. Question mental, tout est en ordre. « The Blue Crew » a mis en orbite son offense au meilleur des moments. Près de 7 runs par matchs, c’est beaucoup plus qu’en saison régulière où l’équipe affichait la 12e attaque MLB avec en moyenne 4.45 R par rencontre. Surtout « Los Doyers » ne laissent pas passer les occasions pour scorer. Dès que l’équipe se met au diapason et frappe le pitcher adverse, il y a de grandes chances de voir rentrer un ‘Dodger’ au marbre quelques coups de bâtons plus tard. 31 hits et 20 runs face aux Diamondbacks, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Puis cette impression féroce que ça peut péter à tout moment. Le line-up amène réellement sa dose de danger à chaque spot. Ainsi un Turner qui frappe toujours en #3 est « passé à la caisse » plus d’une fois lors des NLDS faisant rentrer le quart des points de son équipe (5 RBI). Mais les RBI-men de L.A se retrouvent aussi bien plus loin dans le batting order. On pense à un Yasel Puig surpuissant avec un SLG à .727 sur la série capable de frapper en #5 pour ramener du point mais aussi en avant-dernier comme lors du 2e match (3 hits en 4 passages) et ainsi préparer au mieux le leadoff à venir. Roberts possède donc plusieurs possibilités et peut mixer à souhait son ordre de passage en fonction de l’adversaire.

La fin de l’alignement reste ultra solide avec notamment un Austin Barnes battant en #6 ou #7 contre Arizona. Avec une moyenne de 50% à la frappe, 4 runs et 3 RBI, le catcher des Dodgers a pris feu face au rival de l’Ouest. Au total 8 joueurs sont rentrés dans le dugout avec un point dans l’escarcelle et 7 ont justement permis aux copains d’aller s’asseoir avec un run au tableau d’affichage. Si on attendait la rotation c’est pourtant une offense homogène qui a pointé le bout de sa bâte en Divisions Series. Face à des oursons complètement en panne dans la batter’s box au tour précèdent (.180 avg), « The Blue Crew » pourrait très vite creuser l’écart avec son rival. À condition de continuer son récital au bâton.

Clayton Kershaw ou Clayton Kerchoke

On en vient là au cœur du mythe californien. Et comme tout mythe, comme toute légende, elle recèle aussi d’un certain côté darkness. Quel Clayton Kershaw verra-t-on face aux Cubs ? Celui de la saison régulière capable d’afficher la meilleure ERA de NL (2.31) avec 18 victoires (1e MLB) ? Ou celui aperçu en Divisions Series encaissant 4 HR pour la seconde fois de sa carrière ? On le sait, Clayton Kershaw est ce phénomène incroyablement talentueux au double visage.

Le CK de la saison régulière possède une ERA en carrière à 2.36, 144 wins pour 64 défaites et des trophées à la pelle (MVP, CY à trois reprises etc). Celui des play-offs par contre affiche 4.63 d’ERA et 7 défaites pour 5 victoires. À tel point que le surnom peu flatteur de Kerchoke est revenu au goût du jour parmi ses plus fidèles détracteurs. Or beaucoup l’oublient, mais tout Clayton Kershaw qu’il est, l’homme est géré de manière désastreuse lorsqu’arrive le mois d’octobre. En atteste encore ce dernier start face aux D-Backs avec un Dave Roberts complètement à l’ouest dans le dugout.

Starter tu protégeras, loin en play-offs tu iras

Revenons deux secondes dessus. Après 6 manches pleines, CK possède un pitch count de 92. Le garçon n’a dépassé les 104 pitchs qu’à 3 reprises en 27 rencontres cette saison. C’est à dire qu’à ce moment précis du match, Dave Roberts estime qu’il est « absolument crucial » de faire repartir son ace pour 12 lancers. 12 lancers alors que l’avance est à ce moment du match de 5 points. Mais que peut-il espérer obtenir avec une dizaine de pitchs ? Un retrait à la limite. Mais guère plus. Ce choix-là, mes amis, est pour moi l’image même du traitement abusif et aveugle réservé à la star californienne en postseason.

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D’abord starter, Kenta Maeda s’est transformé en reliever de qualité durant les NLDS. Et si c’était lui la clé pour la transition starter-closer. Photo : (AP Photo/Jae C. Hong)

En 2017, le « Kersh » lançait en moyenne 93 pitchs par match. Il avait donc atteint sa moyenne. Mais en play-offs on lui demande « plus ». Et c’est précisément ce « plus » qui plombe le joueur. Si Roberts le sort après 6 manches, son ERA tombe à 3.00 (au lieu de 5.68) et sans parler de match parfait, personne ne lui tombe alors dessus. Il a fallu attendre un back-to-back HR pour que le Manager ouvre les yeux et sorte son ace. Et le bullpen dans tout ça ? Ne peut-il pas aller chercher un 9-out save dans ce genre de rencontre ? Et bien si, totalement. Morrow en ‘middle reliever’ a été propre ne concédant qu’un seul run en 3.1 manches. Niveau setup man, on peut même retrouver du lourd avec Maeda (2 IP, 4 K, 0.00 ERA vs Arizona). Enfin Los Angeles possède le meilleur closer de National League et peut-être des Majors en la personne de Kenley Jansen.

Pour voir loin en octobre, il faut savoir économiser ses starters et faire confiance au bullpen. Et pour ceux qui pensent que CK n’a pas de mental je répondrai par une petite stat ô combien significative. Plus d’un run sur trois encaissé par le célèbre #22 des Dodgers en postseason est concédé à partir de cette fameuse 7e manche… Ou quand la gestion du bras prend tout son sens. Dave Roberts si tu m’entends…

Une rotation ahurissante

Enfin derrière CK se cache une forêt de talents. C’est bien simple on parle ici de la meilleure rotation du monde. 3.39 d’ERA en 2017, personne ne fait mieux au niveau des starters. Quant au WHIP c’est la même chose. Une première place des Majeurs avec 1.15 runner sur base par manche seulement. Enfin les trois garçons arrivent frais comme des gardons. Darvish n’a lancé que 5 manches (1.80 ERA, 7 K, 1 W) et Hill seulement 4.

Trois aces qui déboulent donc avec un état de fraicheur non négligeable à l’heure d’entamer une série qui peut durer jusqu’à un éventuel Game 7. Or la « fraicheur » des Cubbies est quant à elle déjà bien entamée avec des starters qui sont tous revenus à deux reprises sur la butte. Pendant ce temps-là, dans l’ouest américain, on n’a toujours pas envoyé Alex Wood (16-3, 2.72 ERA) lancer la moindre manche. Avec son sweep, L.A. s’est payé le luxe d’économiser mister « Woodman » et ainsi garder sous le coude l’un des meilleurs lanceurs du monde en 2017. Quand on vous dit que c’est monstrueux…

By J-Sé Gray

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Chicago Cubs : Vainqueur de la NL Central avec un bilan de 92-70/ Vainqueur des Washington Nationals 3-2 en NLDS

C’est ce qu’on appelle l’orgueil du champion : battus au Game 4 alors qu’ils pouvaient se qualifier à domicile, les Cubs sont allés chercher leur billet pour le tour suivant dans l’atmosphère bouillante du Nationals Park. Outsiders face aux Nats, les Chicago Cubs l’ont emporté au bout du suspense dans le Game 5 pour s’offrir une 3e présence consécutive en NLCS. Ils ne partent pas non plus favoris face aux Dodgers et ça leur va bien !

wrigley sign

Les Oursons jouent au « small ball »

A l’inverse des trois autres qualifiés pour ces Championship Series (Dodgers, Astros, Yankees) qui misent – quasiment – tout sur leur puissance offensive, les Cubs ont joué « small ball » ces derniers jours. C’est-à- dire qu’ils ont avancé hit après hit, en marquant des points sans sortir la balle des limites. Les joueurs de Joe Maddon ont frappé seulement 2 HR en 5 matchs de Division Series, aucun dans ce désormais fameux Game 5 alors qu’ils ont inscrit 9 points ! 9 points c’est bien… c’est même mieux que sur les matchs 1 à 4 cumulés puisque les Cubs n’avaient inscrit que 8 points… Il faudra en marquer beaucoup plus pour pouvoir inquiéter le number 1 de la saison régulière.

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Bryant et l’attaque des Cubs ne s’est illustrée vraiment que sur le Game 5 des ALDS / Crédit cubs.com.

L’attaque de Chicago a été bien muselée par les lanceurs de Washington jusqu’à ce match 5… les AVG sont faibles à l’issue de cette série : .200 pour Bryant et Rizzo  ou .222 pour Russell mais ils ont su faire la différence au meilleur moment. Surtout le shortstop, très critiqué tout au long de la saison qui sort un Game 5 avec 4 RBIs : « I would say this is the most fun I’ve had playing in a baseball game, and it ranks right up there with winning the World Series », a déclaré Russell sur MLB.com à l’issue de la rencontre [traduction : « C’est l’un des matchs les plus dingue que j’ai disputé, il se hisse tout en haut à côté de la victoire en World Series ».] Mais attention tout de même à convertir les occasions qui vont se présenter : Bryant et Heyward ont chacun laissé 5 hommes sur base dans ce Game 5 !

Des lanceurs aux fortunes diverses

Coach Maddon a utilisé 6 lanceurs mercredi au Game 4 puis 7 lanceurs jeudi au Game 5… autant dire que le jour de repos de vendredi n’aura pas été de trop pour reposer un bullpen éprouvé. Il s’agit surtout pour le closer Wade Davis de recharger les batteries. Appelé avec 2 retraits en 7e manche dans ce Game 5, il a lancé 44 pitches pour assurer la victoire des siens, son 3e save de la série!

Davis est la satisfaction de Chicago, car pour Carl Edwards Jr cette série a été plus difficile. Après une saison régulière très réussie (BAA .134), la liane a été appelée à tous les matchs face à Washington avec des résultats très irréguliers : parfait au Game 1, lanceur perdant au Game 2, lanceur gagnant au Game 3, mauvaise aux Games 4 et 5 ; pour une ERA sur cette NLDS de 23.14 ! Très utilisés – avec succès – dans la saison, Pedro Strop et Brian Duensing ont peu joué sur cette série, comparé à leur camarade Edwards Jr. Starter en saison régulière, Mike Montgomery est sorti du bullpen à deux reprises mais sans peser sur la rencontre (0.2 inn au Game 2 et 0.1 inn au Game 5).

Du côté de la rotation, l’ace de la postseason Kyle Hendricks a réussi une superbe perf au Game 1 avant d’être moins bon sur ce Game 5. Sous les 2.00 en carrière, sa ERA sur cette série a finalement « grimpé » jusqu’à 3.27. Jon Lester a été très bon sur le Game 2, la défaite de Chicago ne lui est pas due, et il a enchainé avec une longue relève de 3.2 manches au Game 4. Juste après la qualif face à Washington, Maddon n’écartait pas de le faire débuter la série face à l’ace des Dodgers, Clayton Kershaw [A l’heure d’écrire cet article, la rotation des Cubs n’a pas été annoncée].

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Starter au Game 3 puis releveur au Game 5, Quintana a réussi ses débuts en postseason / Crédit cubs.com

Pour sa première postseason, Jose Quintana affiche une ERA de 0.00 après les NLDS ! Excellent sur le Game 3, il est entré en jeu dans le Game 5 : sa première relève depuis son année rookie en 2012. Il a lancé 0.2 manches, concédant un H et un BB mais en retirant Harper sur un flyout avec les bases pleines, limitant donc le dommage à un point non mérité. 4e partant de la NLDS : Jake Arrieta qui dispute sans doute ses dernières rencontres sous le maillot de Chicago, lui qui sera agent-libre en fin de saison. Blessé en septembre, il a fait preuve d’un manque de contrôle pour son retour avec 5BB et seulement 4K en 4 manches et la défaite au compteur. Son expérience va forcément compter dans la série face aux Dodgers.

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Les Cubs veulent continuer de faire flotter leur drapeau W mais la tâche sera rude face aux Dodgers qui espèrent faire tomber le champion / Crédit cubs.com.

Les Dodgers veulent leur revanche

Battue 4 matchs à 2 la saison dernière en NLCS, l’équipe de LA compte bien sortir le champion en titre pour en quelque sorte une passation de pouvoir. Les Dodgers ont remporté sur le même score la série entre les deux équipes en saison régulière, dont un sweep sur 3 matchs au Dodgers Stadium en mai. Du côté des Cubs, on retiendra quand même que lors d’une de ces défaites, ils sont parvenus à frapper 3 HR à Clayton Kershaw, par Contreras, Baez et Rizzo ! Dans les duels que l’on a vu en saison régulière et que l’on pourrait revoir dans cette postseason : Lester vs. Wood (no decision pour les deux) et Arrieta vs. Wood (défaite d’Arrieta). Les deux équipes abordent ce CS différemment : les Dodgers se sont baladés face au Dbacks et tranquillement regardé leurs adversaires devant la télé cette semaine… pendant que les Cubs ont cravaché pour passer mais cela ne fait que renforcer leur cohésion, leur esprit d’équipe et leur grinta.

Prono : LA Dodgers 4 – Chicago Cubs 2
Léger avantage pour les Dodgers en raison de la fraîcheur de leurs lanceurs.

By Marion Jeterette

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