San Francisco Giants : Les raisons de la galère

Champions en 2010, 2012 et 2014, les San Francisco Giants connaissent une saison 2017 épouvantable. Avec un record de 26 victoires pour 42 défaites, soit le 2ème pire total de MLB, la saison est déjà finie pour ceux qui visaient légitimement une place en postseason en début d’année. Blessures, contre-performances, comportements douteux sur et en-dehors du terrain,  The Strike Out passe en revue les raisons de l’effondrement des Giants qui ressemble fort à une fin de règne.

La saison des Giants a été une réussite pendant les 8.2 premières manches de l’Opening Day. Madison Bumgarner venait déjà de marquer l’histoire en étant le premier lanceur à frapper deux homeruns lors du premier match de l’année. Mark Melancon, le closer recruté à grands frais à l’intersaison -62 millions de dollars pour 4 saisons- était à un seul out d’une save gagnée en patron, venant ainsi effacer une année 2016 plombée par des sauvetages bien trop souvent gâchés. Puis Arizona, mené 6-5, prend feu, les D-Backs égalisent avant de l’emporter sur un walk-off single. Dur !

Les Giants commencent leur saison de la pire des manières avec une défaite cruelle malgré l’arrivée d’un closer d’excellence. Et même s’ils ont gagné le lendemain, ils se retrouvent très vite avec un record atroce 6-13, le pire départ de la franchise depuis 1983. Jamais ils n’auront su rebondir, aujourd’hui à 24-37, il ne reste quasiment plus aucun d’espoir pour la franchise californienne. Pourtant, elle était l’une des favorites pour glaner une place en postseason, alors il est où le problème ?

Environ partout ! Prenons cela point par point.

Des battes sous anesthésie 

Statistiques d’équipe : 

Runs marqués : 242 – 30ème en MLB

Homeruns frappés : 49 – 30ème en MLB

RBI : 232 – 30ème en MLB

Moyenne au bâton : .236 – 28ème en MLB

Faut-il vraiment commenter ces chiffres ? Plus mauvaise attaque de la MLB, les Giants sont amorphes offensivement, la plupart de leurs matchs sont des purges d’un ennui mortel où l’on ne peut que constater les dégâts. Même si depuis le départ de Barry Bonds, SF n’a jamais été une référence sur le plan offensif, on a rarement fait pire. Pourtant mis à part le départ de Pagan à l’intersaison l’attaque est restée la même qu’en 2016 et celle-ci se classait 12ème. Le board des Giants a décidé de ne pas remplacer Angel Pagan préférant miser sur une concurrence entre 3 LF de ligue mineure Mac Williamson, Jarett Parker et Chris Marrero.  Le premier a joué 10 matchs avec un BA à .161, le deuxième en a disputé 9 pour une moyenne au bâton de .143 et pour le dernier c’est pire ; .132 en 15 rencontres.

Aujourd’hui, ces trois énergumènes ne sont plus dans le 25-man roster et pour Parker la saison est finie puisqu’il s’est cassée la clavicule. Du coup, le coach Bruce Bochy a dû composer, en exportant tantôt Eduardo Nunez (3B) tantôt Bruce Bochy (1B) en LF. Un bricolage de fortune qui a profité à Christian Arroyo (3B/SS), le meilleur prospect de l’organisation, très réclamé par les fans et malgré de premiers bons matchs il s’est complètement écroulé en cumulant une tonne de K’s. Renvoyé en AAA, les Giants ont appelé deux nouvelles têtes, Orlando Calixte (LF) et Austin Slater (CF/2B). Ils n’apportent pour l’instant pas la moindre satisfaction et Calixte nous a même offert une action type bêtisier de très haut niveau.

Austin Slater -lui aussi prospect estimé- a été appelé pour servir de backup à un Dernard Span particulièrement médiocre en tant que leadoff hitter. Une solution pas vraiment attendue en début d’année, Gorkys Hernandez étant désigné pour assumer ce rôle mais ce dernier est catastrophique avec une moyenne de .195 en 53 matchs…

Vous l’aurez compris, l’outfield des Giants est un désastre sans nom. Pas de LF, en CF un Denard Span, leadoff hitter rarement satisfaisant, souvent blessé sans solution de backup et pour finir en RF, Hunter Pence (3HR, .236 BA) en bout de course et de plus en plus fragile physiquement. Au niveau de l’infield c’est meilleur -et dans le fond ça ne peut que l’être-, Posey (C/1B) et Nunez (3B/LF) sont de vrais satisfactions offensives, Panik (2B) et Crawford (SS) ne sont pas reluisants à la batte mais excellent défensivement… c’est déjà ça !

Vient le cas épineux de Brandon Belt (1B/LF), censé être le power guy avec Posey de cette formation, il a claqué 11 homeruns (54ème en MLB) avec une moyenne au bâton de .225. Pas vraiment reluisant même si son OBP (.345) est loin d’être catastrophique. Le gros problème reste le nombre beaucoup trop élevé de stikeouts qu’il a concédé (65) contre seulement 54 hits frappés. Il arrive rarement à tirer profit des counts favorables et des opportunités de RBI (.237 RISP). Une situation qui ne peut convenir à personne d’autant que le 1st baseman empochera 17 millions de dollars par an jusqu’en 2022 à compter de la saison prochaine.

Les Giants ont toujours vu en lui un frappeur puissant et malheureusement malgré des éclats il n’aura jamais été ce joueur là. Son nom est très fréquemment évoqué dans le cadre d’un trade qui lui permettra de relancer sa carrière.

SOS leader chez les lanceurs partants 

La rotation de San Francisco 

Ty Blach (4-4) – 10 starts, 3.86 ERA

Johnny Cueto (5-6) – 14 starts, 4.57 ERA

Matt Moore (2-7) – 14 starts, 6.00 ERA

Jeff Samardzija (2-8) – 13 starts, 4.31 ERA

Matt Cain (3-5) – 13 starts, 5.22 ERA

ERA collectif des SP : 4.59 (15ème en MLB)

Si l’attaque n’a jamais été la principale arme des Giants pour gagner des titres c’est parce que les lanceurs étaient d’une qualité extrême. Cette année ce n’est pas du tout le cas. A l’exception d’un Matt Moore franchement décevant, le reste n’est pas catastrophique mais on est légitiment en droit d’attendre plus d’un Johnny Cueto dont les envies d’ailleurs semblent avoir pris le dessus.

Impérial l’an passé dans un duo explosif qu’il formait avec Madison Bumgarner, le lanceur dominicain est de plus en plus vulnérable aux homeruns et n’apporte plus de garantie suffisante. La satisfaction vient de Ty Blach, en concurrence au début d’année avec Matt Cain pour prendre la 5ème place de la rotation, il a remplacé au pied lever Madison Bumgarner blessé, avec talent. Aaaaah Madison Bumgarner ! Après 3 bons starts, une escapade en motocross fin avril, l’a lourdement blessé et il ne reviendra probablement qu’en début juillet. Une longue absence du franchise player aussi important sur le terrain que par son influence sur l’équipe et très lourde de conséquence sur l’équipe. Il est bien évidemment impossible de matérialiser ce qu’aura coûté cette virée stupide mais le record de SF ne serait sans doute pas le même avec un MadBum en pleine forme.

Avec un ERA collectif à 3.77, les releveurs de San Francisco font du boulot même s’il manque clairement de profondeur derrière un bon quatuor de leaders ; Gearrin, Melancon, Strickland et Law.

Des comportements étranges 

Nous avons longuement évoqué le cas de Madison Bumgarner dans un article précédent et nous n’y reviendrons pas. Il est clair que son attitude a été pour le moins discutable mais ce qui est fait est fait ! En revanche, un autre joueur est sous le feu des critiques pour son comportement et non des moindres puisqu’il s’agit de Buster Posey. Le leader absolu de cette franchise depuis des années et encore brillant en 2017 (.356 BA, 9 HR et .440 OBP) fait beaucoup parler.

Il y a d’abord eu ces images où il ne semblait pas vivre aussi intensément les victoires de son équipe, puis ces fréquentes prises de becs avec Brandon Belt ou encore le coach de 3ème base Phil Nevin à qui il reprochait de manquer d’audace.

Dernier incident en date et non des moindres ; après avoir été frappé par une balle lancée par Strickland, le Nats s’est rué sur le pitcher sans que Buster Posey ne cherche à le protéger.

Une attitude très étrange et même si le catcher des Giants assure avoir agi pour ne pas se blesser à nouveau, son indifférence questionne. D’ailleurs son body language trahit bien des choses, Buster Posey semble ressentir une forme de lassitude et même s’il est considéré comme intouchable au même titre que Brandon Crawford par les dirigeants des Giants, il y a clairement quelque chose qui cloche.

Dépourvu d’un leadoff hitter solide, d’un leader à la butte et d’un leader tout court, les Giants semblent condamnés à vivre une saison exécrable. Même si on dit ne pas avoir abandonné la lutte, le retard est trop important à couvrir dans une division qui carbure à fond. Incapables d’enchaîner les victoires, SF va devoir se faire une raison et des mouvements très importants devraient intervenir à mesure que le trade deadline se rapprochera. En décrochant trois titres en cinq ans, les Giants ont marqué l’histoire et comme le baseball est cruel, ils vivent en ce moment le revers de la médaille.

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