« Le baseball en Haiti part de zéro »

Haiti, le pays le plus pauvre de l’hémisphère ouest, a la particularité de partager son île avec la République Dominicaine. Entre les deux pays ce n’est pas l’amour fou et on ne partage pas vraiment la même passion pour le baseball. Alors qu’à Saint Domingue ce sport est pratiqué depuis plus de 100 ans, à Port-au-Prince cela fait seulement trois petites années que l’on s’intéresse vraiment à cette discipline. The Strike Out a pu s’entretenir avec Gardy Cyriaque Prophète, le président de l’Association Haïtienne de baseball et de softball.
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Un match de baseball à Port-au-Prince

The Strike Out : Pourriez vous présenter et nous expliquer vos missions au sein de la Fédération de baseball haïtienne ?

Gardy Cyriaque Prophète : Je m’appelle Gardy Cyriaque Prophète, président de l’Association Haïtienne de Baseball et de Softball. Le baseball et le softball sont des disciplines toutes nouvelles en Haiti, et c’est justement ce fait qui pose les principales difficultés parce que tout est à faire. Nous sommes obligés de faire face à de multiples contraintes telles que l’inexistence d’infrastructures, le manque d’entraîneurs et autres techniciens qualifiés. Au quotidien nous faisons face à des défis indescriptibles. Ajoutez à tout cela le fait qu’il n’existe pas en Haiti une politique gouvernementale de subvention pour le sport et les activités sportives. Les membres du comité olympique haïtien sont régulièrement sollicités pour financer les activités de l’Association compte tenu qu’ici le sponsoring reste quelque chose de tout à fait occasionnel et ponctuel.

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Le Président de l’Association haïtienne de baseball et softball
TSO : Le baseball n’est pas un sport très populaire à Haïti, le football et le basket sont les disciplines dominantes. Toutefois pendant près de 20 ans et jusqu’en 1990, la société Rawlings avait confié sa production manufacturière au savoir-faire haïtien. Même si leur départ de l’île a été brutal, cette collaboration a t-elle eu des répercussions positives sur le baseball haïtien ?

GCP : Le baseball ne fait partie du panorama sportif haïtien que depuis trois ans. Cette discipline, de même que le softball, n’a pas connu l’existence de Rawlings en Haiti. Toutefois des tentatives pour implanter le baseball en Haiti étaient courantes à une certaine époque, mais c’étaient des entreprises individuelles qui n’ont pas survécu. Mais à présent il existe une Association reconnue par le WBSC, La Confédération Pan Américaine de Baseball, le Comité Olympique Haïtien et l’Etat Haïtien.

TSO : Nous savons que les relations entre la République Dominicaine et Haiti n’ont jamais été très bonnes. Pourtant votre voisin est LA place forte du baseball en dehors des Etats-Unis. Il y a t-il de la coopération sur le plan sportif entre vos pays pour autant ?

GCP : Haïti se trouve dans une région ou le baseball connait son plus haut niveau dans la monde ce qui n’est pas un handicap en soi, mais le défi est grand au milieu de ces géants. Certains de nos voisins comptent plus d’un siècle d’histoire dans la pratique du baseball alors qu’en Haïti cela fait à peine 3 ans.

Malgré les difficultés historiques il existe bel et bien une coopération entre Haiti et la République Dominicaine, et cette coopération est déjà active puisque récemment le gouvernement dominicain et la fédération dominicaine ont procédé à la formation de cadres techniques pour notre association. Nous espérons approfondir sous peu cette coopération à travers un programme de développement du baseball le long de la frontière commune aux deux pays avec le support des dominicains, et encourager par là des échanges constants entre les jeunes des deux côtés de la frontière.

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Réunion entre des membres de la fédération haïtienne et le ministre des Sports dominicain (au milieu)

TSO : En mai dernier vous avez annoncé la création du premier vrai terrain de baseball en Haïti, où en êtes-vous sur le plan des infrastructures ?

GCP : Grâce à ce programme l’Association Haïtienne de Baseball et Softball vient de recevoir du gouvernement Haïtien pas moins de 24 terrains sur la frontière et nous sommes en attente d’en recevoir 12 autres. mais ce sont des impraticables sur lesquelles il nous faudra intervenir pour les aménager correctement. Au moment ou je vous parle notre association dispose des titres de propriété des terrains et n’a pas encore les moyens de procéder aux opérations d’arpentage. L’Association possède aussi d’autres terrains dans la zones métropolitaine de Port au Prince et ailleurs mais les aménager constitue un véritable défi. Plusieurs donateurs ont fait la promesse de nous aider mais la concrétisation de ces promesses tarde énormément.

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Le projet du premier « vrai » stade de baseball en Haiti
TSO : Désormais le baseball est un sport qui compte à Haïti alors ?

GCP : Sa pratique et son administration sont aujourd’hui permanentes en Haiti. Du fait que maintenant le baseball existe de manière institutionnelle il y a fort a parier qu’il se pérennisera en Haiti puisqu’il est déjà incontournable. En moins de trois ans d’existence l’Association compte déjà plus de cinq cent pratiquants et pas moins de 14 clubs dont certains comportent plusieurs équipes. Sans notre manque de moyens financiers pour former et recruter des entraîneurs, le baseball serait une discipline bien cotée en Haïti.

TSO : Le meilleur moyen pour le baseball Haïtien de gagner en popularité serait de constituer une équipe nationale et de concourir dans les compétitions mondiales…

GCP : Haïti a déjà une équipes nationale, les joueurs sont repartis aux USA et en République Dominicaine principalement et nous envisageons de participer aux prochains Jeux Centre Amérique et Caraïbes. Mais… avec quelles ressources financières ?

TSO : La MLB est-elle suivie en Haïti ? Les joueurs professionnels sont-ils connus ?

Le baseball n’est suivi en Haiti que dans un certain milieu, et par ceux qui ont vécu en République Dominicaine, à Cuba ou aux USA. Mais sa popularisation va se faire rapidement puisque nous aurons notre premier championnat de baseball de toute l’histoire d’Haïti du 5 mai au 3 juin 2017, soit dans une quinzaine de jours. Il mettra aux prises six équipes de jeunes (17, 18 ans) de la région de Port-au-Prince.

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Une réflexion sur “« Le baseball en Haiti part de zéro »

  1. Wi nou kapab fok nou gen bon volonté paske nou gen andirans pou nou jwe tout jwèt…..ayiti pou baseball,baseball pou ayiti mwen se Pierre-Louis Mario yon jèn ki vrèman bon mwen se yon benefisyè nan fomasyon sendomeng an tan ke fomatè se te vreman yon gran plezi pou mwen…….viv ayiti viv baseball

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