[Wild Card NL] San Francisco Giants vs New York Mets : L’Heure des Bras!

Si le premier Wild Card Game entre les Toronto Blue Jays et les Baltimore Orioles était avant tout un duel entre gros frappeurs, on devrait changer d’ambiance ce soir à Citi Field entre les New York Mets et les San Francisco Giants. Départagés seulement aux confrontations directes (4-3, Mets) après avoir atteint un bilan identique de 87 victoires et 75 défaites, Mets et Giants envoient leurs meilleurs bras sur la butte pour ce choc des titans : Madison Bumgarner contre Noah Syndergaard ! La récompense? Une série de NLDS contre les Chicago Cubs …

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Pourquoi les New York Mets vont se qualifier – Bastien LeGrom

La saison régulière

Une fois tournée la page des World Series 2015, perdues face aux Kansas City Royals, les Mets abordaient 2016 avec une confiance retrouvée, un lineup presque inchangé et, potentiellement, la meilleure rotation des Ligues Majeures. On s’aventurait même à comparer les bras surpuissants de Citi Field au trio légendaire des Braves dans les années 90 (Maddux-Glavine-Smoltz). Et, malgré le départ de Daniel Murphy, les Mets pouvaient voir venir avec l’arrivée de Neil Walker et surtout le retour du héros de 2015, Yoenis Cespedes !

Hélas, rien ne s’est passé comme prévu. Tandis que les Washington Nationals dominaient la ligue tranquillement (et que Daniel Murphy atteignait un niveau de performance qu’on ne lui imaginait pas), les Mets luttaient pour ne pas perdre le fil de leur saison, pénalisés par une avalanche de blessures touchant à la fois leurs cadres et leur rotation.

Ainsi, si Lucas Duda a récupéré d’une fracture de fatigue au dos et si Asdrubal Cabrera ou Yoenis Cespedes continuent de braver la douleur, les Mets continueront jusqu’au terme de la saison à faire sans Matt Harvey, David Wright, Jacob de Grom, Steven Matz, Zack Wheeler, Wimer Flores, Neil Walker, Jon Niese… n’en jetez plus !

Pour beaucoup d’équipes, une telle avalanche de blessures aurait été ingérable, mais les Mets ont de la réserve. Exit, la « rotation en or », bonjour les Gsellman, Lugo pour supporter le veteran Bart « Big Sexy » Colon et la jeune star Noah « Thor » Syndergaard. Et ça marche !
Depuis le 20 Aout, et une victoire 2-0 face aux Giants à l’AT&T Park (avec huit manches blanches lancées par Syndergaard), les Mets ont tout simplement posté le meilleur bilan des Ligues Majeures (27-13) pour s’offrir un Wild Card Game à domicile, le premier de leur histoire.

Ball Park et Expérience  

Depuis le départ du Shea Stadium en 2008, les Mets semblaient avoir laissé un peu de leur âme dans leur enceinte légendaire. Presque une décennie de galères sportives, de mauvaise gestion, et de petites histoires comme celle de la relation financière entre MM. Wilpon et Madoff avaient assombri le tableau et l’humeur du public, jusqu’en 2015. Soudain, emportés par un élan de succès inattendu et pour ainsi dire improbables, les Mets allaient réveiller le Queens et transformer pour la première fois Citi Field en un véritable chaudron.

Un an plus tard, l’antre des Mets est prête à s’enflammer de nouveau pour pousser ses protégés sur le chemin des World Series. Les Mets, leur public et leurs lanceurs n’ont peur de personne, pas même des Giants en mode année paire ou des Cubs tout puissants, et ils sauront certainement canaliser et utiliser toute l’expérience de leur épopée de 2015 pour passer l’obstacle californien.

Forces et Faiblesses

Quelle meilleure illustration pour ce mélangé de passion, d’efficacité et de sérénité que le duo de stars des New York Mets. Quand ils ne s’offrent pas une petite balade en cheval avant l’entrainement, Noah Syndergaard et Yoenis Cespedes sont les leaders incontestables de leur équipe dans cette course aux World Series.

S’il a été quelque peu dérangé par une douleur récurrente au bras, Syndergaard n’en reste pas moins l’un des tous meilleurs lanceurs des Ligues Majeures en 2016 avec le troisième ERA de MLB (2.60), le quatrième taux de Strike-out par neuf manches lancées (10.68) et 14 victoires malgré un manque de run-support récurrent. Surtout, Syndergaard a de la glace dans les veines, comme le prouvent ses performances remarquables lors de la Postseason 2015, et du feu dans les bras (On parle ici d’un pitcher partant dont la balle rapide atteint en moyenne 99 mph, avec des pointes au dessus de 101 mph)

Il sera guidé et accompagné par Bartolo Colon (15-8, 3.43), toujours frais, vaillant et fiable à 43 ans, et comptera sur le support des jeunes pousses Gselmann (4-2, 2.42), Lugo (5-2, 2.67) qui ont pour le moment justifié toute la confiance du staff. Mais ces jeunes qui n’ont pas réussi à mener l’équipe de Triple-A des Mets vers les Playoffs de Pacific Coast League sauront-ils gérer la pression de la postseason dans les Ligues Majeures ?
Rien n’est moins sûr mais on demande à voir. L’un d’entre eux devrait d’ailleurs être disponible dans le bullpen ce soir en cas de difficultés pour Syndergaard. Dans ce bullpen, on trouvera aussi Jeurys Familia et ses 51 saves (sur 56) en 2016, meilleure performance des Ligues Majeures, et son remarquable set-up man Addison Reed (1.97, 4-2, 77.2 IP) qui sont les têtes d’affiches du troisième meilleur bullpen de National League en termes d’ERA (3.53).

Au bâton, Yoenis Cespedes est le leader naturel et le détonateur des Mets, celui par qui le succès est revenu dans le Queens en 2015, et celui que tous les supporters des Amazin’ croient capable de pousser les Mets vers le titre suprême. Gêné depuis plusieurs mois par une blessure au Quadriceps, le slugger cubain n’en a pas pour autant oublié son efficacité et rend une carte de .280, 31 Home Runs et 86 RBI qu’il aura pour ambition de garnir un peu plus lors de ces playoffs.

Pour ce faire, La Potencia (la Puissance) comptera également sur ses acolytes du lineup : Asdrubal Cabrera, qui affiche un OPS de .911 depuis le All Star Game (.309, 26 XBH, 33 RBI) ; Curtis Granderson qui a réussi sa première saison a 30 Home Runs depuis 2012 ; Jay Bruce (33 HR, 99 RBI / 25-80 avec les Reds), qui semble avoir trouvé ses marques à New York au meilleur moment, et puis les bannis du printemps José Reyes et Michael Conforto, qui ont toutes les armes pour jouer un rôle déterminant dans la course au titre.
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En résumé

Qu’on se le dise, les Mets sont armés pour aller chercher les World Series, et les difficultés rencontrées au fil d’une année 2016 parfois calamiteuses ne sont qu’une motivation supplémentaire pour Terry Collins et les autres.
Etienne vous parlera peut-être des années paires ci-dessous, il insistera – fort justement – sur les merveilleuses qualités de Madison Bumgarner. Il passera peut-être sous silence les difficultés du bullpen des Giants, les si nombreuses opportunités ratées avec des coureurs en positions de marquer, et la seconde partie de saison apocalyptique des coéquipiers de Buster Posey. Et en soi, il a probablement raison, car dès demain tous les compteurs seront remis à zéro. Mais avec l’équilibre qu’il a réussi à établir entre jeunesse et expérience, entre rotation et bullpen, entre puissance et lucidité, Terry Collins a toutes les cartes en main pour faire de ce choc des titans à Citi Field l’un des moments majeurs de son mandat à la tête des Mets !

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Pourquoi les San Francisco Giants vont se qualifier – Etienne Bumgarner

Saison régulière: Docteur Jekyll et Mister Hyde

Durant la saison régulière, les Giants ont donné à leurs fans autant de raisons de se réjouir que d’espérer. Après une première partie de saison bouclée avec le meilleur ratio victoires/défaites de toute la MLB, et ce malgré une avalanche de blessures (Duffy, Panik, Pence…) et un lineup parfois bancal, les Giants ont ensuite sombré en seconde partie de saison, laissant les Dodgers remporter la NL West malgré 8 victoires de retard à mi-chemin. Cette seconde partie de saison terrifiante est essentiellement dûe à deux choses: une attaque aphone, et ce malgré de nombreux retours de blessure, à l’image d’un Buster Posey gêné par une blessure au dos et qui a frappé le plus faible total de home runs de sa carrière en saison régulière (14); et un bullpen désastreux, notamment sur les dernières semaines du championnat, avec 6 blown saves sur 10 opportunités en Septembre. Résultat, Santiago Casilla a perdu son rôle de closer au profit de Sergio Romo.

Mais il ne faut jamais enterrer les hommes de Bochy. Au coude-à-coude avec les Cards pour la seconde place dans ce Wild Card game, ils ont terminé avec 4 victoires consécutives dont un sweep des Dodgers, portés par une attaque revigorée mais surtout par des performances de haut niveau de leurs starters Bumgarner, Blach et Moore.

Madbum: the man, the legend

S’il y a bien une raison de ne pas douter des Giants, c’est celle-ci: Madison Bumgarner. Sa postseason 2014 a cimenté sa légende, et il se montre particulièrement efficace loin de San Francisco, avec un ‘road ERA’ de 0.60 en playoffs. Mieux, il a souvent fait de Citi Field son jardin, où il affiche un record de 4-0 et un ERA à 0.66. D’ailleurs, deux des trois plus grosses menaces offensives du lineup des Mets sont deux frappeurs (Bruce, Granderson) avec des statistiques plus inquiétantes face à un lanceur gaucher. Jay Bruce, par exemple, affiche un 3-for-23 dans sa carrière face à Madbum.

Par ailleurs, il est probable qu’en cas de nécessité, Bochy se tourne vers un autre de ses starters pendant ce match, comme par exemple Jeff Samardzija.

Auteur d’une saison de grande qualité (l’ERA la plus faible de sa carrière en saison régulière à 2.74), il a cependant démontré deux faiblesses: la première, une tendance à concéder trop de home runs lors de la seconde partie de saison; et la seconde, un côté diesel qui le conduit à démarrer lentement ses matches et à concéder des points et gaspiller des pitches dans la première manche.

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Forces et faiblesses

Au-delà d’une rotation qui pourrait bien être la meilleure de toutes les équipes engagées en playoffs (Bumgarner, Cueto, Samardzija, Moore), les Giants peuvent compter sur une défense de qualité. Avec Posey, Belt, Panik et Crawford, l’infield est l’un des meilleurs de la ligue défensivement parlant. Si l’agile Eduardo Nuñez, blessé, venait à manquer, il serait remplacé par Conor Gillaspie, inférieur défensivement. Le lineup, bien que manquant de puissance (13e équipe sur 15 au nombre de home runs en saison régulière avec 130), est relativement équilibré, porté par un Brandon Belt auteur d’une belle saison et revigoré par son passage dans le two-hole (meilleur OPS de sa carrière à 0.868). Le secret des Giants n’a pas changé: bien pitcher et bien défendre d’abord, keep the line moving ensuite.

Ensuite, les Giants sont une équipe que la MLB a appris à ne pas sous-estimer quand arrive le mois d’Octobre. Ils sont, comme le dit Buster Olney d’ESPN, les cockroaches du baseball, les cafards increvables. Bochy affiche une expérience incomparable dans les matches qui comptent; et les Posey, Belt, Crawford, Pence, Pagan, Bumgarner ont montré qu’ils étaient faits de l’étoffe des meilleurs.

Mais les incertitudes offensives demeurent. D’une soirée à l’autre, les Giants peuvent être soit totalement inoffensifs, soit dans la forme de leur vie. Des joueurs comme Span ou Panik, traditionnellement d’excellent contact hitters avec un average autour des .300, ont livré une saison bien en-deça de leurs qualités réelles (.266 d’avg. pour Span, .239 pour Panik). Ensuite, le bullpen manque cruellement de certitudes. Au-delà de l’excellent Derek Law (2.13 ERA) et de l’acquisition estivale Will Smith, qui devrait faire office de setup man, les certitudes sont limitées. Sergio Romo s’est montré plutôt efficace en closer ces derniers temps, mais sur un nombre de matches limité.

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Pour finir

Les Giants retrouvent leurs qualités au meilleur moment de la saison. Leur expérience, leur résilience et leur foi inébranlable en Madison  Bumgarner en font des adversaires redoutables. Leur lineup n’est pas construit pour frapper des home runs à 430 pieds, mais comporte plusieurs joueurs dangereux et capables d’exécuter leur West Coast baseball: défense solide, pitching dominant et attaque efficace. Comme chacun le sait, les World Series se gagnent d’abord sur le pitching, et les Giants sont armés à ce niveau. Enfin, ils connaissent bien l’enjeu de ces matches de Wild Card. En 2014, dans l’arène surchauffée de PNC Park  face aux Pirates, les Giants s’étaient imposés 8-0, dans le sillage d’un Bumgarner auteur d’un match complet sans aucun point concédé. Les Mets sont prévenus. Noah qui?

Le Pronostic de la Rédaction : San Francisco Giants

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