National League : la Wild Card au centre des convoitises

A trois semaines de la fin de la saison régulière, le tableau se précise en National League. Loin de la foire d’empoigne pour les derniers strapontins en American League, il ne reste plus qu’une réelle incertitude : qui des Giants, des Mets ou des Cardinals manquera à l’appel quand les Wild Cards seront distribuées début Octobre ? Tour d’horizon.

MLB: Philadelphia Phillies at San Francisco Giants
SF Giants  – Credit: Kelley L Cox-USA TODAY Sports


Vainqueurs de Divisions : Les Cubs et les Nationals dans un fauteuil, les Dodgers ont fait le trou

Commençons ce passage en revue, comme il se doit, par les deux meilleures équipes de National League qui sont également, à l’instant où j’écris ces lignes, les deux meilleures équipes des Ligues Majeures en termes de bilan :

Les Chicago Cubs (.639, 94-53) n’ont cessé d’impressionner depuis Avril et continuent de tout renverser sur leur passage. Vainqueurs de leur division après seulement 146 matchs (Un record pour les Cubs et pour la NL Central), 17 victoires d’avance sur les Cardinals, seconds de la National League Central, les hommes de Joe Maddon devraient facilement dépasser les 100 victoires et sont plus que jamais favoris pour représenter la National League aux World Series. Mais, comme les NL Championship Series 2015 l’ont prouvé (Elimination face aux Mets, 4 victoires à 0, malgré un bilan de 7-0 pour les Cubs en saison régulière), la postseason est une toute autre histoire.

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Les Washington Nationals (.599, 88-59) sont bâtis pour gagner, et Dusty Baker a su gérer et relancer à la perfection un effectif traumatisé par la fin de l’ère Matt Williams. Si Bryce Harper n’a pas encore réussi à retrouver son niveau de 2015, les Nationals n’en restent pas moins une machine de guerre sur la butte et à la batte, qui a tranquillement marché sur la National League East, reléguant les Mets, deuxièmes, à dix victoires. Si l’on peut se poser des questions sur l’état de fraicheur des lanceurs du côté de DC, les Nationals sont à l‘abri et vont pouvoir préparer tranquillement les Divisions Series, qui devraient logiquement les opposer aux Dodgers.

Les Los Angeles Dodgers (.565, 83-64) semblent avoir finalement pris le dessus sur les San Francisco Giants dans une National League West longtemps indécise. Si l’hypothèse d’un retour des coéquipiers de Madison Bumgarner n’est pas totalement à exclure, les Dodgers semblent avoir fait la différence avec un avantage stabilisé autour de quatre victoires sur ses rivaux californiens, et se dirigent tout droit vers les Division Series. Mieux, les hommes de Dave Roberts ont enregistré la semaine dernière le retour de Clayton Kershaw, pour sa première sortie depuis la fin juin. Si leur lanceur star peut profiter des trois semaines à venir pour monter en puissance, les Dodgers auront une superbe carte à jouer au mois d’Octobre.

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Mais nous aurons tout le temps de parler en détail de ces trois franchises dans quelques semaines, aux portes de la postseason. Intéressons-nous plutôt aux équipes qui vont se livrer une lutte acharnée pour s’offrir une place en Wild Card (et une possibilité d’affronter les Cubs en Division Series).

Avant de les ignorer complètement jusqu’en 2017, on accordera une mention honorable aux Miami Marlins (.497, 73-74), aux Pittsburgh Pirates (.493, 72-74), et aux Colorado Rockies (.476, 70-77), qui ont longtemps maintenu le contact avant de finalement lâcher prise, tous ensemble, vers le début du mois de septembre. Si les Pirates ont atteint la fin d’un cycle et se préparent à reconstruire, on reverra sans aucun doute les Marlins l’an prochain (surtout si Giancarlo Stanton réussit à ne pas se blesser toute une saison). Quant aux Rockies, l’histoire se répète, et on ne peut que se demander combien de temps encore des joueurs du calibre de Nolan Arenado ou Charlie Blackmon continueront de briller dans un Ball-club dont le potentiel énorme est, chaque année, gâché par les mêmes limites structurelles.

Mais intéressons-nous maintenant aux Giants, aux Mets et aux Cardinals en commençant par un fait intéressant : les trois prétendants au Wild Card Game ont pris part aux six dernières World Series, pour quatre succès (Giants 2010, 2012, 2014 et Cardinals 2011) et deux défaites (Cardinals 2013, Mets 2015), tandis que les trois futurs vainqueurs de divisions n’ont ou jamais vu les finales (Nationals) ou n’y ont pas pris part depuis plusieurs décennies (Dodgers 1988, Cubs 1945). Alors, une voie royale pour le vainqueur du Wild Card Game ?

Wild Card : deux fauteuils pour trois

On commencera bien entendu par les San Francisco Giants (.537, 79-68, +1). . Parce que les pensionnaires de l’AT&T Park sont depuis plusieurs semaines en pole position pour l’attribution du premier ticket. Parce que 2016 est une année paire et que les Giants ont remporté les Word Series en 2010, 2012 et 2014. Et parce que les Giants, même au sortir d’une deuxième saison médiocre de rang, sont toujours capables de se transcender quand cela est nécessaire, et ont cette culture des grands évènements.

Emmenés par une rotation parfois frustrante mais capable du tout meilleur dans ses performances (Bumgarner, Cueto, Samardzija) et un batting lineup tout aussi talentueux, et tout aussi irrégulier, même si sa productivité en 2016 a quelque peu frustré les fans (12 à la moyenne au bâton, 16e au nombre de points marqués), San Francisco est capable de se surpasser et de se transcender à tout moment pour atteindre son objectif.

S’ils parviennent à conserver leur maigre avantage, les Giants seront une fois de plus redoutable dès le match de Wild Card (avec Madison Bumgarner sur la butte ?) et pour le reste de la postseason. Brandon Belt (.272, 74 RBI, 15 HR), Brandon Crawford (.267, 80 RBI, 12 HR) ou Buster Posey (.294, 68 RBI, 13 HR) n’ont peut-être pas réalisé leur meilleure saison avec les Giants, mais ils ont un avantage certain sur la concurrence : ils sont multiples vainqueurs des World Series, et ils savent parfaitement qu’une fois le ticket validé, la saison commence véritablement au mois d’octobre !

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Derrière les Giants, ce sont les New York Mets (78-69, .531, 0) qui pointent le bout de leur nez. A la limite de la rupture toute la saison, distancés par les Nationals en NL East, on aurait pu enterrer les finalistes des World Series 2015 plusieurs fois cette saison.

Victimes d’une avalanche de blessure qui a frappé leurs cadres sur le champ (David Wright, Lucas Duda, Dan Walker, Neil Walker, Asdrubal Cabrera, Travis d’Arnaud…) comme sur la butte (Matt Harvey a terminé sa saison début juillet, Zach Wheeler ne reviendra pas avant 2017, Noah Syndergaard, Steven Matz et Jacom De Grom ont tous souffert de fatigue chronique… Bartolo Colon va toujours bien, merci !), les Mets continuent pourtant encore et toujours de s’accrocher à leur rêve de retrouver – et remporter – les World Series .

Avec la renaissance en cette fin d’été de Curtis Granderson – qui flirte avec le record (54) du plus faible nombre de points produits (49) pour un joueur à plus de 25 HR (26) -, le retour en forme de Yoenis Cespedes (30 HR, 80 RBI), et l’avènement des jeunes lanceurs Seth Lugo et Robert Gsellman, les Mets semblent monter en puissance. Et ils ont sans aucun doute le calendrier le plus favorables des prétendants en cette fin septembre (trois matchs contre les Twins, Braves et Marlins, sept matchs contre les Phillies). De quoi envisager sérieusement un retour – même par la petite porte – en postseason. De là à imaginer les Mets prendre part à leurs deuxièmes World Series consécutives ? Il y a deux marches (Cubs, puis Dodgers ou Nationals) que les hommes de Terry Collins devront s’employer à franchir.

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Et puis il y a les St. Louis Cardinals (.517, 76-71, -2). Meilleure équipe des Ligues Majeures lors de la saison régulière en 2015 (100-62, seule équipe à atteindre les 100 victoires), les Cards n’avaient pourtant pas réussi à passer les Division Series, battus 3-1 par leurs adversaires de NL Central, les Chicago Cubs.

Les Cardinals 2016 ne sont clairement pas aussi impressionnants que leurs prédécesseurs. John Lackey et Jason Heyward ont quitté le Missouri pour le rival, les Cubs, Lance Lynne et Jhonny Peralta ont passé une bonne partie de la semaine sur la liste des blessés, et Adam Wainwright n’est pas encore redevenu l’Ace qu’il était. Il faut l’admettre, les Cards brillent principalement par leur irrégularité et la densité de niveau de leurs batteurs.

Parmi les Carpenter, Gyorko, Piscotty, Moss, Grichuk et compagnie, aucun ne se place parmi les meilleurs batteurs de la Ligue, que ce soit en termes de moyenne (.309 pour Aledmys Diaz) de Home Runs (Gyorko, 26) ou de Points Produits (Piscotty, 81), mais tous sont capables de frapper le coup qui fera la différence, à tout moment d’un match, à chaque instant d’une série.

Mais cette densité de bons joueurs et la rotation raisonnable des Cardinals sera-t-elle suffisante pour permettre à Mike Matheny et aux siens de retrouver les World Series pour la troisième fois en  cinq ans ? Il faudra tout d’abord se faire une place entre les Giants et les Mets…

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Du côté de la Rédac, on parie sur les Mets, qui ont de loin le calendrier le plus abordable des trois candidats à la Wild Card, et sur les Giants qui semblent plus a-même de se transcender au bâton comme au lancer.

Le Prono:
Vainqueurs de conférence : Washington (Est), Cubs (Central) et Los Angeles (Ouest)
WC : San Francisco (Ouest) et New-York Mets (Est)

 

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