Double choc Nord/Sud en demi-finales du championnat de France Baseball D1

Les barrages de playoffs ont rendu leurs verdicts le week-end dernier. Des verdicts sans surprise avec les qualifications en demi-finale du championnat de France Baseball D1 de Montpellier et Toulouse, respectivement face aux parisiens du PUC et aux Arvernes de Clermont-Ferrand.

Place maintenant aux demi-finales qui débuteront ce week-end et se poursuivront le suivant au meilleur des cinq matchs. Les équipes qui remporteraient les deux matchs du week-end prendraient alors une sérieuse option sur la qualification.

Schéma du Game of Thrones du baseball français
Schéma du Game of Thrones du baseball français

Retour sur les barrages de playoffs

Avant d’aborder les demi-finales, il faut revenir sur les barrages qui ont vu deux des demi-finalistes se qualifier. Des qualifications logiques qui donnent un bon momentum à ces équipes. Cela sera-t-il suffisant pour les demies ?

Montpellier envoie le PUC en vacances

Dans l’affrontement des UC, le MUC s’est imposé en deux matchs face au PUC malgré une belle résistance des parisiens. Mais les pucistes s’inclinent en terre héraultaise 7-3 puis 8-3. Si les stats du second match se font désirer, on sait que celui-ci a vu un beau travail des lanceurs Thomas Langloys (5IP, 3R), Laurent Andrades (3IP) et Antoine Villard (1IP). Une autre triplette montpelliéraine a assuré lors du premier match. Musson a lancé six manches pour 3 points dont 2 mérités et 8 strikeouts. Il a ensuite été relevé par Thomas Meley (2IP) et toujours Antoine Villard en closer (1IP).

Musson, en plus d’une bonne prestation sur la butte, a frappé 3 en 5 avec 3 points produits, démontrant tous les qualités de ce joueur aussi à l’aise au lancer, qu’à la batte ou en défense. Un utility top player qui semble déjà être au rendez-vous de ces playoffs.

En face, le PUC n’a pas démérité en frappant 11 coups sûrs contre 12 pour les Barracudas. Mais ces derniers ayant pris les devant avec 6 points dans les deux premières manches, ils avaient pris une sérieuse option sur le gain du match bien que les pucistes scoraient 3 points dans les manches 2 et 3. Mais les parisiens ont à chaque fois rencontré une relève solide, un atout majeur des Barracudas.

En même temps, au regard de leur début de saison, les pucistes peuvent s’estimer heureux d’avoir profité des bienfaits du soleil sudiste et d’avoir pris de l’avance sur leur bronzage. Les voilà en vacances pour le parfaire avec une saison honorable finalement.

Quand le coach puciste a dit à ses joueurs "au moins, on a bronzé"
Quand le coach puciste a dit à ses joueurs « au moins, on a bronzé »

Toulouse brise le bouclier arverne

Là encore, Toulouse a fait respecter la logique du classement de la saison régulière même si Clermont avait plus de place pour un mini-exploit que le PUC pour un gros exploit. L’absence du meilleur frappeur clermontois Warren Stehn, remercié pour un « manque d’esprit sportif » selon nos informations, a pesé dans la balance côté offensif.

Dans le premier match, le jeune Peter Gehle n’a pas réussi à contenir les frappes toulousaines encaissant 5 points dont 3 mérités en quatre manches de travail. Le releveur Freddy Lange encaissait lui 4 points tous mérités en quatre manches. En face, l’ex Major Leaguer Harvey Garcia faisait le taf en lançant sept manches pour 2 points dont 1 mérité. La relève de Laurent Prunière ne laissait plus Clermont marquer. Toulouse l’emporta facilement 9 à 2 avec notamment une belle performance de Sébastien Neumann à la frappe avec 3 coups sûrs en 4 passages au bâton, pour 2 points scorés et 2 points produits au final.

Dans la seconde rencontre, Clermont était un peu plus à l’aise offensivement avec 9 coups sûrs contre 11 pour Toulouse mais sans être clutch. Face à eux, Euri Garcia-Martinez réalisait un très beau complete game avec neuf manches lancées, 3 points concédés dont un seul mérité et 9 strikeouts. Malheureusement pour eux, les clermontois ont subi la dure loi de la manche catastrophe. Après, cinq bonnes manches de Brahim Taybi (1 point mérité), Olivier Battut accorda 5 points tous mérités en une seule manche lancée. Si la relève de Yoann Bernard n’a concédé qu’un point mérité dans les trois dernières manches, le mal était déjà fait, le lanceur adverse, Garcia-Martinez, se permettant même un beau 2 en 5 avec 1 point scoré et 2 points produits en plus de sa belle performance sur la butte.

Sans totalement démériter, la marche était trop haute pour les Arvernes. Il est loin le temps de l’imprenable Gergovie.

Manche catastrophe
Manche catastrophe

Demi-finales : un choc équilibré et un choc déséquilibré

Deux affrontements nord/sud constituent ces demi-finales. C’est la seule similitude entre elles. Car si Sénart – Montpellier promet d’être chaud bouillant et assez ouvert, on ne voit pas comment Toulouse peut passer l’ogre rouennais. De là à dire que cette demi est jouée d’avance ? Oui. Mais on aimerait bien se tromper pour le suspens de ce championnat.

Toulouse vs Rouen ou David contre Goliath, le pot de terre contre le pot de fer, etc, etc.

Disons-le clairement. Toulouse peut gagner contre Rouen… un match. Pas deux ou trois. Un. Ils l’ont déjà fait à maintes reprises. Un classique. Toulouse est une équipe de coups, capable de prendre un match de temps à autre à un cador du championnat. Et cette année, ils ont même gagné 9-0 un match perdu 12-2 contre Rouen. Oui, c’était sur tapis vert. Mais Toulouse sait diversifier ses techniques de gagne face aux Huskies. En revanche, sur les trois autres rencontres du championnat, Rouen a dominé le STB (9-0, 6-4, 6-0) sans compter un cinglant 9-1 au Challenge de France.

Disons-le clairement. Les chances que Toulouse accède à la finale du championnat, comme en 2006 contre Rouen, oscillent entre l’improbable et l’impossible. Un peu comme Leceister champion de la Premier League mais avec un côté vraiment impossible ce coup-ci. Bien sûr, Toulouse est une équipe qui a toujours possédé un mental de guerrier. Les Tigers ne renonceront pas. Et ils ont des joueurs de talents comme l’ancien des Ligues Majeures Harvey Garcia ou encore Sébastien Neumann.

Sauf que du talent, Rouen en a aussi et en plus grande quantité, voir qualité. Les Huskies possèdent le meilleur frappeur (Larry Infante), le meilleur lanceur (Owen Ozanich, toujours invaincu en championnat), une défense de fer, le meilleur mental du championnat, une profondeur indécente tant en attaque qu’au monticule avec des partants redoutables et des releveurs de talent. Tant dans les statistiques collectives qu’individuelles, Rouen est nettement supérieur à Toulouse.

Et pas question de penser que Rouen ne jouera pas le coup à fond, laissant croire à une possible démobilisation pour une demi déjà gagnée d’avance. Rouen jouera sa demi-finale à fond… pour préparer sa finale.

Ah. Que la réalité est cruelle. Mais le sport, tout aussi cruel, sait également défier les réalités les plus implacables. Aux toulousains de défier cette implacable réalité.

Toulouse s'entraînant à stopper Rouen
Toulouse s’entraînant à stopper Rouen

Sénart vs Montpellier : le choc des poulidors de la D1

Généralement, depuis quelques années, Sénart et Montpellier sont les challengers malheureux de Rouen en finale du championnat de France, exception faite de la saison 2014 où le PUC avait sorti Rouen en demi-finale avant de perdre contre Sénart lors de l’ultime série. Montpellier avait eu sa chance en 2015, perdant la finale trois matchs à un.

Ce choc entre le second et le troisième de la saison régulière promet. La saison régulière donne l’avantage aux Templiers de Sénart qui ont remporté trois des quatre rencontres mais sur des scores serrés : 13-9, 3-2, 6-4 et une défaite 6-9. Collectivement, Sénart est devant dans les trois catégories statistiques (offensive, pitching, fielding) mais sans être loin devant non plus. Les atouts de Sénart sont avant tout des individualités de talent dans tous les secteurs, notamment ses recrues US James Jensen, Nick Masonia et Maxwell Mac Nabb. Autre force de Sénart, ses joueurs français internationaux, des expérimentés Pierrick Lemestre et Matthieu Brelle-Andrade aux plus jeunes comme Jonathan Mottay et Jacques Boucheron.

Avec une rotation Jensen, Mac Nabb et Mottay, Sénart peut voir venir (même malgré la limitation de manches lancées par un joueur non sélectionnable en équipe de France). Le seul point noir, sa relève. Sur le monticule, Lemestre, Brelle-Andrade et Haywood Wise n’ont pas été à leur niveau connu en saison régulière. Une faiblesse que pourrait exploiter Montpellier si les partants flanchent. En revanche, si ces trois-là lancent à leur niveau, l’offensive héraultaise pourra se faire du souci.

Parce que Montpellier a des ressources en attaque mais n’a pas non plus beaucoup de marge face aux Templiers. Enfin, cela dépend de la capacité des Barracudas à réunir tous ses top frappeurs un même week-end. Si Montpellier peut aligner les Will Musson, Fred Walter, Eric Herman, Guillaume Felices, Anthony Cros et Laurent Andrades en même temps, l’équipe se dotera alors d’un effrayant lineup. Sauf que leur meilleur frappeur en saison régulière, Fred Walter sera au camp européen de la MLB avec Mélissa Mayeux. Déjà un handicap important.

Sinon, Montpellier s’en remettra à la profondeur de son monticule avec des lanceurs qui, pour certains, peuvent performer en partant ou en releveur comme Thomas Meley, Laurent Andrades, Grégory Cros ou Thomas Langloys. Rajoutons à cela l’ace Will Musson et les jeunes releveurs Antoine Villard et Yoan Antonac. Il n’y a pas que le soleil en surplus à Montpellier. Sauf que là aussi, Yoan Antonac sera absent pour cause de camp MLB comme Walter et Mayeux.

Une belle profondeur tout de même qui peut assurer une victoire finale sur une série au meilleur des cinq matchs, surtout si la série se prolonge jusqu’au cinquième match. Une forte probabilité dans ce choc des challengers.

Quand le vainqueur du choc des challengers réalise qu'il a gagné la finale pour la 2ème place du championnat #RouenRules
Quand le vainqueur du choc des challengers réalise qu’il a gagné la finale pour la 2ème place du championnat #RouenRules

Le progamme des demi-finales

06 & 07 août : match 1 le samedi – match 2 le dimanche

Stade Toulousain Baseball vs Huskies Rouen

Barracudas Montpellier UC vs Templiers Sénart

13 & 14 août : match 3 le samedi – match 4 et/ou 5 le dimanche si nécessaire

Huskies Rouen vs Stade Toulousain Baseball

Templiers Sénart – Barracudas Montpellier UC

Résultats et statistiques : http://ffbsstats.org

Si vous passez du côté de Toulouse et Rouen
Si vous passez du côté de Toulouse et Rouen
Si vous passez du côté de Montpellier
Si vous passez du côté de Montpellier
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