Entretien avec Evert-Jan’t Hoen, manager européen de l’année en 2013 et 2015

Fin de saison 2015 : Neptunus célèbre le 16ème titre de Champion des Pays-Bas de son histoire. Une réussite impressionnante pour le club de Rotterdam couronnée par un titre en Champions Cup face à Bologne. A la tête du club le plus titré des Pays-Bas, il y a un homme : Evert-Jan’t Hoen. Ancien joueur, il a cumulé 485 matchs en minors leagues et plus de 100 sélections au sein de l’équipe nationale hollandaise. Une carrière de joueur brillante qui a précédé celle non moins glorieuse de manager. Entretien avec le coach européen des années 2013 et 2015.
The Strike Out : Vous êtes coach de Neptunus depuis 2013, un club que vous connaissiez puisque vous y avez été joueur par le passé. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?  
Evert-Jan’t Hoen : Vous avez raison, avant ma carrière d’entraîneur, j’ai été un joueur. J’ai commencé très jeune en Hoofdklasse avec les Twins de Oosterhout. Je suis parti pour deux années dans une Université aux Etats-Unis puis j’ai joué un an dans une ligue indépendante américaine avant de rejoindre l’organisation MLB des Anaheim Angels [LAA aujourd’hui, NDLR]. Je suis resté 6 ans membre de cette franchise où j’ai pu évoluer jusqu’en AAA. Ensuite j’ai rejoint Neptunus en 2001 où nous avons tout gagné mais une blessure au dos m’a forcé à prendre ma retraite en 2007. J’ai disputé en tout plus de 100 matchs avec l’équipe nationale dont 3 participations aux Jeux-Olympiques. J’ai commencé ma carrière de coach à l’académie de Rotterdam avant de rejoindre Neptunus en qualité de manager en 2013.
  
TSO : A quel point le baseball a changé en Europe pendant votre carrière ?
E-J.H : Disons que les nations qui étaient en retard ont fait des grands pas en avant. On observe sur l’ensemble du Vieux-Continent une amélioration notable des programmes d’entrainement pour les jeunes joueurs. Ce qui a pour conséquence de produire des meilleurs baseballeurs à terme. Il suffit de regarder le nombre de joueurs européens qui signent en MLB, la progression est flagrante.
TSO : Avez vous remarqué une amélioration ces dernières années, que ce soit en terme d’infrastructures ou de niveau de jeu en Hoofdklasse ?
E-J.H : Il n’y a eu de grands changements en terme de stades et d’infrastructures. Si ce n’est le nouveau stade fantastique de Hoofddorp inauguré en 2014 qui offre un standard proche de ce que l’on peut trouver aux Etats-Unis. Le terrain et les installations sont somptueux. Le niveau des joueurs n’a pas vraiment évolué non plus, davantage de joueurs signent des contrats pros dans des franchises MLB mais ils ne dépassent régulièrement pas le niveau single A. C’est un point sur lequel nous devons nous améliorer, il faut développer non seulement leurs qualités mais aussi les renforcer sur le plan mental.
TSO : Vous avez travaillé comme scout pendant 3 ans pour Cincinnati en tant que superviseur pour la première division hollandaise. Quels sont les liens entre la MLB et la Hoofdklasse ? 
E-J.H : Je suis toujours un consultant pour les Reds et je les aide s’ils ont besoin d’un quelconque renseignement à propos de la ligue hollandaise. La MLB nous ait d’une grande aide en ce qui concerne le développement de nos académies. Notre relation avec les instances américaines ont toujours été bonnes. Chaque année il y a un camp MLB en Europe destiné aux meilleurs joueurs européens ce qui permet à ces baseballeurs de côtoyer des coachs MLB et des anciens joueurs ce qui est une expérience inestimable.
TSO : Même si vous avez remporté la Champions Cup l’année dernière, il semble très compliqué pour les clubs hollandais de faire face à l’armada italienne, pourquoi cela ?
E-J.H : La seule vraie difficulté c’est notre contrainte de ne pouvoir faire venir uniquement que 3 joueurs étrangers par équipe. En Italie, ils ramènent souvent des anciens joueurs MLB, souvent des pitchers. C’est vraiment la chose la plus dure que l’on doit surmonter mais au final ça fait un bon challenge. On la compense comme notre victoire de l’an passé en atteste par la qualité de notre effectif et une alchimie entre les joueurs.
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TSO : Il y’a t-il un manque de compétition dans le championnat hollandais ? La Hoofdklasse semble se résumer à un duel entre votre équipe de Neptunus et Amsterdam ? 
E-J.H : Oui et non. Cette année nous avons perdu contre les Twins mais aussi DSS, deux équipes de bas de tableau. Nous sommes bien entendus favoris avec Amsterdam et nous aimerions forcément qu’il y ait un peu plus de compétition en haut de tableau.
TSO : Votre équipe est composée massivement de joueurs hollandais, est-ce une politique de limiter les apports des étrangers pour favoriser la progression du niveau des hollandais ? 
E-J.H : Nous cherchons évidemment le développement des joueurs qui vivent en Hollande pour rendre notre équipe meilleure. Cette année, nous avons seulement deux joueurs étrangers , des belges : Benjamin Dille et Kenny Van de Branden. Les meilleurs jeunes hollandais sont signés année après année par une équipe MLB, nous souhaitons à chaque fois qu’ils puissent rester 15 ans aux Etats-Unis, et si ce n’est pas le cas, ils savent qu’ils ont une place chez nous.
TSO : Quels sont les principales difficultés pour le baseball européen, afin de sortir de l’ombre des grands sports nationaux ?
 
E-J.H : Une vraie compétition européenne serait un excellent début mais bien sûr il faut de l’argent pour cela. La Champions Cup est un super événement mais ne dure que seulement 5 jours avec les 8 meilleures équipes en Europe. Nous avons besoin de davantage d’attention de la part des médias et plus de personnes derrière le backstop. Et même si c’est un petit sport en Europe, c’est fantastique de voir à quel point nous pouvons rivaliser à un niveau international. Nous nous efforçons d’avoir de plus en plus de jeunes sur les terrains ou dans le public. Beaucoup de choses peuvent être faites pour continuer l’ascension du baseball en Hollande et en Europe.
 
TSO : Comment pourriez-vous expliquer la longue et très nette domination de Neptunus sur le championnat hollandais ?
 
E-J.H : C’est avant tout le succès des dirigeants : Frans van Aalen et Geoffrey Kohl. Ils ont construit un club puissant sportivement et financièrement. La bonne gestion a permis d’inscrire le club dans la durée. Chaque année nous avons les mêmes objectifs : gagner le championnat national et jouer la finale de la Champions Cup. Ils font tout ce qu’ils ont en leur pouvoir pour que l’équipe puisse atteindre son but.
TSO : Quel est votre philosophie en tant que coach ? Votre carrière dans les ligues mineures américaines vous aide t-elle dans votre mission au quotidien auprès de Neptunus ? 
E-J.H : Bien évidemment avoir joué par le passé à un niveau professionnel m’a aidé. Mais avoir débuté mon travail de coach auprès des jeunes m’aide au quotidien. Ça m’a appris à gérer tous les aspects du travail de manager. Ma philosophie est simple : laisser les joueurs être eux-mêmes, jouer au baseball comme ils l’entendent tant qu’ils sont en phase avec les objectifs du club et qu’ils respectent le jeu.
Distinctions personnelles du coach avec Neptunus
  • Manager européen de l’année 2013 et 2015
  • Trois titres de champion des Pays-Bas (2013, 2014, 2015)
  • Un titre de champion d’Europe (2015)

En tant que joueur 

  • 485 matchs joués en ligues mineures
  • 3 Jeux-Olympiques disputés
  • 5 titres de champion en Hoofdklasse avec Neptunus (2001-2005)
  • 4 titres en Champions Cup avec Neptunus (2001-2004)
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