Closer, ton univers impitoyable

9e inning, le score est de 3-1. Les fans sont en ébullition. Le comeback est possible, le reliever sur le monticule est au bout du rouleau. Mais là… la porte du bullpen s’ouvre, la musique : « Enter Sandman » de Metallica retentit. Mariano Rivera entre sur le terrain. Et en 10 lancers, la partie est terminée. Rivera obtient le précieux Save sur sa ligne de stat et les Yankees la victoire. Et ça fait 19 ans que ça dure pour lui. Mais le mythique closer des Yankees est un contre exemple du difficile métier de finisseur. En effet rares sont ceux qui durent sur plusieurs saisons. Alors, le « closer » est-il une race à part ?

Fait amusant, il y a eu plusieurs « trades » pour un closer cet hiver. Chapman chez les Yankees, Kimbrel vers les Red Sox, Giles pour les Astros, McGee pour les Rockies ou encore la resignature de Melancon du côté des Pirates. Autant de mouvements qui mettent en lumière ce rôle si prisé.

Comme l’a dit le grand Greg Maddux : « Quand le closer se manque, tu perds. Tout le monde peut avoir un 0-4 au bâton et pourtant parvenir à gagner. Un lanceur partant peut se faire frapper durant la 5e manche, et pourtant tu peux parvenir à l’emporter. Un lanceur de relève peut entrer et se rater également. Mais tu peux toujours gagner. Mais mentalement, être closer est le travail le plus dur en baseball. » C’est donc pour ça que l’on voit si peu de closer conserver leur rôle l’année d’après. Ainsi après une enquête de ESPN, 19 lanceurs ont effectué au moins 30 saves durant la saison 2013.  Seulement un est toujours closer dans la même équipe (il s’agit de Glen Perkins pour Minnesota). Et seulement 4 sont encore finisseur. Mais surtout 7 sont blessés ou ne sont plus dans un roster de Ligue majeure. Le monticule, cette terre hostile.

Me viennent à l’esprit des joueurs comme Brian Wilson, Jason Motte, Andrew Bailey, Chris Perez et Joel Hanrahan. Des lanceurs qui ont dominé le 9e inning pendant un an ou 2 avant de complètement disparaître des radars. Le fait est qu’il y a tellement de pression mental sur un closer que souvent ils finissent par craquer. Mais comme le disait ce cher Maddux, un closer ne peut pas craquer. C’est toute la différence entre un closer et un lanceur partant. Un lanceur de départ ne sait jamais quand un match peut changer alors que le closer sait que le match peut changer dans la 9e. Donc, lorsque l’on ne lance que pendant une manche, on donne tout ce que l’on a sur chaque pitch. Car chaque lancer peut être décisif. Positivement ou négativement. Voilà pourquoi ce rôle est aussi exigeant tant mentalement que physiquement. C’est aussi pourquoi Mariano Rivera va être un Hall of Famer dès sa première année de présence.

Rivera
Mariano Rivera, closer des Yankees pendant près de 19 ans.

Prenons un exemple, nous sommes en 9e manche. Il y a 1-0 pour votre équipe, le lanceur de relève vient de concèder un simple. Une victoire permet à votre équipe d’aller en Play-offs. Vous y allez ? Moi personnellement pas trop.

Mais souvent, un closer ne devient finisseur que lorsqu’il atteint le Triple AAA. Dans les ligues mineures vous n’avez que très peu de closer en titre. Et le plus souvent, un closer est d’abord un lanceur de départ qui a échoué dans ce rôle. Même le grand Mariano Riviera a d’abord été un lanceur de départ. Mais que faire alors quand on passe d’un pitcher qui lance entre 100 et 110 balles par match à seulement 15-20. Et bien on élimine ses lancers les plus faibles pour se concentrer sur ses lancers forts. Généralement deux lancers : une balle rapide et une cassante (Slider, Cut, 12-6 etc…).

Luke Gregerson, le closer des Astros durant la saison 2015
Luke Gregerson, le closer des Astros durant la saison 2015

Du coup récemment, les franchises de MLB misent sur des lanceurs pouvant toucher la barre symbolique des 100 MPH (soit 160 Km/h …). Vous avez entendu parler des Craig Kimbrel ou encore Aroldis Chapman et bien ce sont les plus recherchés du moment. La preuve en est encore avec Houston. Les Astros possèdent Luke Gregerson, leur closer attitré depuis une saison. Lui qui n’avait jamais eu ce rôle. Pourtant ce bon vieux Luke termine avec un honorable 31 saves sur sa ligne de stats. Mais, Houston à l’hiver 2016, va pourtant donner 5 joueurs dont 2, très talentueux (Velasquez et Appel) pour Ken Giles, le closer des Philadelphie Phillies. Et devinez quoi ? Ce jeune pitcher peut atteindre 100 MPH sur sa balle rapide.

Mais un débat règne tout de même aux Etats-Unis sur le rôle de closer. La position de closer est-elle surévalué ?
Selon une étude de Dave Smith de Retrosheet, Entre 1944 et 2003, une équipe qui mène au début de la 9e manche, a 95% de gagner à la fin. Cela remonte donc même avant l’instauration de la stat Save datant de 1960 et inventé par le regretté Jerome Holtzman.
Mais je vous vois venir avec vos gros sabots : « oui mais cette stat se base aussi sur les grosses victoires… » Toujours selon l’étude de Dave Smith, les équipes menant d’un point après le 8e inning, gagnent 85% du temps. Un avantage de 2 points est égal à 95% de victoires et ce taux monte à 96% avec une avance de 3 points.

Selon moi le rôle de closer agit plus comme une aura. Il doit impressionner l’adversaire. Notamment grâce à ses lancers et c’est pourquoi les lanceurs, avec une balle rapide surpuissante, sont prisés pour ce rôle. Ou par le « show », d’où l’utilisation fréquente de musiques.

Votre closer se sent investit d’une mission, sauver l’équipe, le poussant donc à donner le meilleur de lui même. Il est sous les feux des projecteurs. Une place qui au début de sa carrière semblait inaccessible. Mais le rôle de closer devrait revenir au lanceur le plus fort mentalement de votre équipe. Ou à celui qui est le plus « chaud ».

Au final le plus important est d’avoir les 27 outs. Peu importe la manière.

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