Preview 2022 – Houston Astros : Le dernier voyage ?

Après une saison 2021 maitrisée, Houston s’est avancé une nouvelle fois en World Series. Mais pour la deuxième fois en trois ans, les Astros ont cédé sur la dernière marche. Il va falloir surmonter la déception mais aussi digérer le départ de l’enfant du club et capitaine, Carlos Correa. Pour cela, Dusty Baker et le Front Office misent sur la continuité, la maturation de ses jeunes pousses, et encore une fois son farm system plein de surprises. Histoire de s’offrir une dernière danse avec ce groupe avant de refermer la période la plus glorieuse de la franchise.

Deuxième défaite en World Series sur les trois dernières saisons pour les Astros, de quoi faire la moue. Photo Getty Images
Deuxième défaite en World Series sur les trois dernières saisons pour les Astros, de quoi faire la moue. Photo : Getty Images

La saison 2021

Il y avait deux manières d’envisager la saison 2021 en ce qui concerne les Astros. La première était le scenario d’un début de déclin inéluctable, le départ de Springer et la blessure de Verlander pénalisant lourdement une équipe encore pétrie de talent mais comptant de plus en plus sur des joueurs manquant d’expérience.  La seconde était de compter sur le talent et la profondeur incroyables de la franchise de Houston au moment de repousser les assauts des Athletics et des Mariners.

Et au final, si l’on a brièvement cru que ces derniers pouvaient faire vaciller les Astros, ils ont surtout pris date pour 2022, et les gars de Dusty Baker ont terminé la saison à leur place, sans trembler, avec 95 victoires au compteur et le deuxième bilan de l’American League. Un succès construit avec, une fois de plus, la toute meilleure attaque des Majors (863 runs marqués, OPS+ 113), un ERA collectif inférieur à 4.00 (3.76, ERA+ 114) et la deuxième meilleure rotation d’American League dans ce domaine (3.63 ERA, 1.19 WHIP, .227 AVG) juste derrière les White Sox (3.57 ERA, 1.17 WHIP, .227 AVG).

Le point fort de ces Astros 2021, c’était tout d’abord de ne pas avoir de véritable point faible. A commencer par une rotation composée de starters tous performants de Lance McCullers (162.1 IP, 13-5, 3.16 ERA et 136 ERA+), septième au Cy Young d’American League et qui s’est affirmé comme l’as de cette rotation en l’absence de Verlander, à Jake Odorizzi, utile dans son rôle de sixième roue du carrosse, en passant par les jeunes Luis Garcia, Framber Valdez et Jose Urquidy et le vétéran Zack Greinke.

Une rotation homogène, sans véritable point faible (voir le tableau ci-dessus), mais qui a peut-être tout de même manqué d’un géant, son as, lors des matchs clés de la postseason qui ont vu la fatigue et la pression accumulées peser sur les jeunes bras notamment.

Sans être exceptionnel, le bullpen a été bon et régulier, avec en tête d’affiche l’excellent Ryan Pressly, auteur de sa meilleure saison en 2021 dans le rôle de closer (64 IP, 26 SV, 81 SO, 2.25 ERA et 191 ERA+), bien secondé par le jeune prodige Cristian Javier (101.1 IP en tant que starter puis releveur, 3.55 ERA, 130 SO), l’expérimenté Kendall Graveman, arrivée en cours de saison des Mariners, et une flopée de bons mangeurs d’innings dont Ryne Stanek, Brooks Raley ou encore Brandon Bielak. Solide.

McCullers chez les partants, Pressly dans le bullpen, et Correa dans le lineup. En attaque également, les Astros ont pu compter sur une superstar au sommet de son art, survolant son année de Free Agency en attaque comme en défense : second frappeur des Majors en WAR totale (7.2), premier dans l’aspect défensif (2.9), Correa s’est offert une année XXL avec une sélection au All Star Game, des gants d’Or et de Platine et une cinquième place au MVP d’American League.

Nullement dérangé par les spéculations sur son avenir, l’infielder portoricain a dominé et excellé dans son rôle de leader, bien secondé par deux gamins de 24 ans en les personnes de Kyle Tucker (5.7 WAR, 129 OPS+, .294, 30 HR et 92 RBI, 14 SB, 20e au MVP) et le Designated Hitter Yordan Alvarez (136 OPS+, .277, 33 HR, 104 RBI).

Même avec Bregman et Altuve, un peu moins dans le coup, Houston a tout de même conservé une attaque élite. Photo DR

Ajoutez à cela les métronomes Brantley et Gurriel (.311 et .319 en moyenne respectivement), et vous comprendrez pourquoi, même avec un duo Altuve/Bregman relativement ordinaire (traduisez : Elite pour le commun des Major Leaguers) , les Astros restent une force offensive redoutable en toutes situations, ou presque…

La panne offensive des World Series restera peut-être comme l’une des plus grandes déceptions de l’histoire de la franchise, tant les Texans ont semblé désemparés face au pitching staff et au bullpen des Braves, subissant deux blanchissages et ne marquant que quatre points au total sur les quatre matchs perdus, contre 15 sur les deux victoires. La pression d’une occasion unique ?

La saison 2022

Après ce nouvel échec cruel en World Series, Houston s’avance lors de cette intersaison avec pas mal de questions. En effet Carlos Correa, Zack Greinke, Justin Verlander et une grande partie du bullpen sont Agents libres. Si pour Greinke et les lanceurs du bullpen, les dossiers étaient clos, pour Correa et Verlander, deux membres hyper importants du groupe, cela a été un long feuilleton.

Mais lorsque l’on a appris que Lance McCullers devrait louper une partie de la saison 2022, Houston a répondu en offrant un contrat de deux ans et une en option à Verlander (25 millions l’année). Un pari pour un joueur qui n’a lancé que six manches en deux ans et qui a été payé 66 millions pour être à l’infirmerie. On dirait les Mets. Mais lorsque le numéro 35 est en forme, rien à dire, il fait partie des meilleurs de la Ligue et l’âge ne semble pas avoir de l’impact sur lui. Comme le prouvent ses récentes performances lors du Spring Training.

Après quasiment deux ans sans jouer, Verlander doit prouver qu’il est bien de retour. Photo by Ezra Shaw/Getty Images

Derrière lui on retrouvera la rotation « homemade » des Astros avec Garcia, Valdez et Urquidy. Les deux premiers ont été excellents en saison régulière avant de craquer en postseason. On sait désormais qu’ils ne sont pas des aces, et qu’il leur faut un lanceur superstar devant eux pour qu’ils puissent briller. C’est chose faite avec Verlander puis avec McCullers lors de son retour. En attendant le rétablissement de McCullers, c’est Odorizzi qui sera sur le monticule. Même si sa saison 2021 fut loin d’être mauvaise (4.21 d’ERA), on en attendait plus de l’ancien des Rays et des Twins.

Luis Garcia a atteint un niveau que l’on attendait pas en 2021. Photo : DR

Au niveau du bullpen donc, quelques changements. LA grosse recrue de l’été, Graveman n’est déjà plus là, il sera remplacé par l’ancien closer des Phillies, Hector Neris. Ses qualités sont indéniables mais son irrégularité peut faire peur. Heureusement, il évoluera derrière le trio inchangé Maton, Stanek et le closer attitré depuis 2018, Ryan Pressly. Cristian Javier continuera son rôle de 6e lanceur ou lanceur de longue relève. Mais la principale inquiétude dans ce bullpen reste les performances de Rafael Montero et surtout Pedro Baez. Arrivé en grande pompe la saison dernière, il n’est que l’ombre de lui même et n’a presque pas joué.

Au niveau offensif, l’imbroglio autour de Correa a été d’autant plus long que ce dernier n’avait pas signé avant le lockout. Entre rumeurs et intox, tout le monde se demandait où la superstar allait signer. A la fin de la grêve, Houston semblait prêt à offrir un nouveau contrat mais au final, le front office a préféré faire confiance à la jeunesse et Jeremy Pena (voir plus bas). Au final Correa a décidé de rejoindre les Twins pour 3 ans (avec 3 player options) et on verra si Houston s’en mord les doigts.

La fin d’une ère à Houston avec le départ de Carlos Correa, grand ami d’Altuve. Photo : AP Photos/Christian Smith

Sinon, outre la présence du rookie, on prend les mêmes et on recommence pour Houston. Et on espère fort du côté des Astros qu’Alex Bregman retrouve des couleurs. Les espoirs sont encore de mise au Minute Maid Park, car on assiste à l’émergence de Tucker et Alvarez qui peu à peu deviennent les leaders d’attaque de la franchise. Ils sont encadrés par les expérimentés et talentueux Brantley, Altuve et Gurriel. De quoi faire encore des misères à l’AL West et pourquoi pas en postseason.

Le joueur à suivre 

On aurait pu parler d’Alex Bregman, Jose Altuve et autres Yuri Gurriel, mais s’il y a bien un joueur qu’il va falloir suivre de près, c’est Jeremy Pena. Car il va avoir la lourde tâche de succéder au numéro 1 de draft et héros de Houston, Carlos Correa. Pour un joueur confirmé cela aurait déjà été compliqué mais quand on est rookie cela peut devenir un fardeau bien lourd à porter. Pourtant cela ne semble pas l’affecter.

Jeremy Pena a été designé comme l’héritier de Carlos Corera et il semble prêt à assumer cet héritage. Photo : Karen Warren/Houston Chronicle

Comme l’a affirmé José Altuve « Je peux vous dire que de par son attitude il veut être le meilleur. Il va devenir une superstar ». Sélectionné au 3e tour de la draft 2018, il va connaitre une saison 2019 complète (.303/7HRs/54RBis) avant de voir sa progression stoppée après l’annulation de la saison 2020 pour cause de COVID. Mais le jeune homme à faim, puisqu’il va jusqu’à jouer en Dominican Winter League lors de l’exercice 2020-2021.
Malheureusement une blessure va venir entraver son retour en Minors en 2021. Il ne jouera finalement que 37 rencontres, 7 en rookie ball, où il va tout simplement détruire l’opposition, puis 30 en triple A, où il sera encore au dessus du lot (.287/10HRs/19RBIs). Des performances suffisantes pour que Houston soit confiant pour laisser son destin au poste d’arrêt court au joueur de 23 ans. Et pour le moment, il le rend bien avec un Spring Training de haute voltige avec au passage un HR frappé contre Jacob DeGrom.

Physiquement prêt pour la MLB, sa batte, elle aussi, semble prête à se frotter aux lanceurs de la Ligue, reste à le prouver lors de la saison régulière.

La Star 

Après avoir confirmé les très belles choses aperçues en 2019, on le sait désormais, Yordan Alvarez a les qualités pour être MVP. Photo Will Newton/Getty Images

J’ai longtemps hésité entre Kyle Tucker et Yordan Alvarez. Mais mon choix se porte sur le rookie de l’année 2019. Alvarez a tout pour devenir un prétendant régulier au titre de MVP. Même si ses détracteurs pointent du doigt le fait qu’il soit plus que limité défensivement, ce qui n’est pas complètement faux, il compense largement grâce à sa batte magistrale. En 2019, il avait déferlé sur la MLB comme un ouragan et en seulement 87 matchs, il est venu arracher le titre de rookie de l’année. Il faut dire que frapper .313/27HRs/78RBIs, ça vous place un bonhomme. Malheureusement, déplacer sa grande carcasse de 1m96 pour 102 kilos a des conséquences sur son corps. Alvarez dut ainsi passer sur la table d’opération pour ses deux genoux, manquant ainsi la grande majorité de la saison 2020.

On était donc dans l’expectative en 2021, et il a répondu de la meilleures des manières. En nous gratifiant d’un excellent exercice terminé avec .277 à la batte, 33 HRs et 104RBIs. Désormais bien ancré au cœur de l’alignement offensif des Astros, Alvarez sera l’atout n°1 de cette attaque. Et il a toutes les qualités pour signer encore une saison XXL.

Notre prono : 

Après Keuchel, Springer et Cole c’est au tour de Correa de quitter le navire Astros. Pourtant malgré ces départs, Houston arrive toujours à les compenser grâce à son farm system. mais pour combien de temps encore ? Pour le moment, c’est encore suffisant pour se défaire de l’AL West notamment grâce à son attaque toujours surpuissante. Mais la grande question c’est au niveau du pitching, on a vu les limites de Garcia et Valdez en postseason. Le manque d’un véritable ace s’est fait sentir. Verlander de retour après deux saisons sans jouer, semble être la clé de voute. Son niveau de jeu définira jusqu’ou peuvent aller les Astros.

Projections Fangraphs : 1er d’AL West 91-71
Prono TSO : 1er d’AL West 95-67

 


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