Preview 2022 – Toronto Blue Jays : une nouvelle marche vers la gloire ?

Au bout d’une lutte acharnée dans l’American East, les Blue Jays ont vu les Rays, les Yankees et les Red Sox partir en postseason sans eux. Cela s’est joué de peu que Toronto participe à la October Fest de la MLB. Mais la franchise du Canada a démontré qu’elle serait une des grandes forces à venir de la MLB et ce, dès 2022. Car les Blue Jays ont encore bien travaillé cet hiver. Dans une course à quatre pour le titre de division, ils porteront leur regard au-delà des seuls 162 matchs de la saison régulière. C’est bien de faire des prouesses en automne que visent Vladdy et compagnie.

La jeunesse au pouvoir – crédit : Blue Jays Toronto

La saison 2021

Les Blue Jays ont vécu une saison crève-coeur en 2021. Dans un premier temps, la pandémie a contraint le club à évoluer à Dunedin, sur leur terrain de Spring Training avant de retourner à Buffalo comme en 2020. Heureusement, avec l’amélioration relative de la situation sanitaire, les Blue Jays ont pu finir la saison du côté de Toronto. Si la situation du stade fut mouvementée, ce fut le cas aussi sportivement. Après une première partie de saison presque moyenne, les Blue Jays sont monté en puissance terminant très fort dans la dernière ligne droite. Malheureusement, cela n’a pas suffi dans une division de l’AL East relevée, où les Rays, les Red Sox et les Yankees sont partis en playoffs, les deux derniers livrant avec les Blue Jays, mais aussi les Mariners et, dans une moindre mesure, les A’s, une féroce mais passionnante wild card race. Au final, pour une victoire, ce furent les deux grands rivaux de l’Est qui emportèrent les Wild Cards de l’Américaine.

Une saison crève-coeur qui l’est d’autant plus que le club n’aura pas pu compter sur George Springer. Recruté à prix d’or pour faire passer un cap à la jeunesse des Jays, l’ex-star des Astros a joué de malchance. Blessé, il n’a joué 78 matchs, frappant tout de même 22 homeruns et laissant présager l’atout qu’il aurait été dans la lutte pour les playoffs avec une saison complète. Tout aussi rageantes auront été les saisons de Vlad Guerrero Jr (cf. ci-dessous), 2ème du vote MVP, et de Robbie Ray (13-7, 2.84), Cy Young 2022. Pourquoi rageantes ? Parce que ces deux joueurs furent le symbole d’une équipe des Blue Jays à fort potentiel qui auront manqué les playoffs pour une seule et petite victoire.

Néanmoins, difficile de dire que Boston et New York aient volé leurs places en postseason. Certes, Toronto avait un lineup effrayant (1er MLB en OPS, OPS+, SLG et HR, 2ème en AVG et 3ème en WAR collective pour les joueurs de position). Derrière Vladdy, Marcus Semien a sorti une saison de quasi-MVP (.265/45HR/WAR 7.3) dont il finira 3ème au vote pour l’Américaine, en plus d’une sélection All-Star, d’un Gold Glove et d’un Silver Slugger. D’autres joueurs ne furent pas en reste, comme Teoscar Hernandez (.296/32HR), Lourdes Gurriel Jr (.276/21HR) ou Bo Bichette (.298/29HR).

Le pitching a répondu présent également avec le 10ème ERA de la MLB (3.91) même si le FIP collectif de 4.18 fait reculer le pitching staff vers le milieu du championnat, la faute à un bullpen plus inconstant que la rotation, si ce n’est même très décevant en première partie de saison, malgré les belles prestations des releveurs Jordan Romano (7-1, 2.14) et Adam Cimber (2-2, 1.69). La rotation a, pour sa part, rempli son rôle. Derrière le Cy Young Robbie Ray, deux recrues ont permis de solidifier un secteur défaillant de l’équipe les saisons précédentes : Steven Matz (14-7, 3.82) et José Berrios (5-4, 3.58), arrivé en cours de saison en provenance des Twins. Enfin, Alek Manoah, 8ème du ROY, a offert de belles promesses pour sa première saison (9-2, 3.22). La déception sera venue du coréen Hyun Jin Ryu, beaucoup moins en vue que ses précédentes saisons, malgré une fiche positive (14-10, 4.37).

La saison 2022

Avec le départ du Cy Young 2022 et du 3ème du MVP, on pourrait penser que les Blue Jays se sont affaiblis durant cette longue offseason, surtout que Steven Matz et Randal Grichuk, sont aussi partis sous d’autres cieux. Les Blue Jays se sont montrés ambitieux en recrutant Kevin Gausman, l’ace des incroyables Giants 2021 (14-6, 2.81, 6ème au Cy Young) et Yusei Kikuchi pour remplacer Robbie Ray et Steven Matz, ainsi que le 3B Matt Chapman, la star des A’s, qui amène sa puissance et son triple gant doré au lineup de Toronto.

Tout n’est pas parfait encore du côté de la franchise canadienne mais elle affiche le plus enthousiasmant roster de la division Est de l’Américaine, ce qui en fait la favorite de la division, même si on peut s’attendre à une terrible lutte à quatre avec les Yankees, les Rays et les Red Sox. Avec des playoffs élargis, il ne serait pas impossible de voir ces quatre équipes en octobre.

La force numéro 1 des Jays sera évidemment son attaque. Déjà puissante en 2021, elle pourrait se montrer tout aussi efficace, voir plus avec un Springer en forme et un Chapman retrouvant un peu de constance (27HR en 2021 mais un petit .210 en moyenne de frappe). On attendra aussi que Bo Bichette passe une étape de plus, à l’instar de Vladdy en 2021, ainsi que Cavan Biggio prenne enfin la mesure du potentiel vu en lui. Teoscar Hernandez, Alejandro Kirk et Lourdes Gurriel Jr devraient également être des piliers de l’attaque tandis que la défense, avec Chapman, va gagner en solidité. A voir si Vladdy ressortira une saison digne d’un MVP. Il est probable qu’il soit dans la course encore cette saison.

Le pitching staff ne verra peut-être pas un deuxième Cy Young consécutif mais Berrios, Gausman, Ryu, Kikuchi et Manoah offrent une rotation solide, avec au besoin Ross Stripling et Nate Pearson pour amener de la profondeur. Il ne faudra pas attendre de Gausman une saison identique à 2021 mais il sera précieux pour Toronto. La confirmation de Manoah sera importante et attendue également. Une nouvelle fois, le bullpen risque d’être le maillon faible, manquant de talents décisifs et de profondeur pour rassurer sur les fins de matchs. Mais on espèrera, du côté des fans et de la franchise que les Romano, Cimber, Mayza, Richards et la recrue Yimi Garcia feront le job, avec Stripling et Pearson. Il n’est pas impossible qu’un excellent releveur soit demandé selon le déroulement de la saison malgré l’expérience malheureuse avec Brad Hand en juillet dernier.

La star : Vlad Guerrero Jr

Le drame de Vladdy : avoir sorti une saison MVP de premier ordre l’année où Shohei Ohtani a sorti une saison tout bonnement historique et légendaire. Résultat, la star des Blue Jays a fini 2ème du vote en American League sans avoir une seule première place dans les votes, Ohtani faisant une razzia sur celles-ci. Dernièrement, il a exprimé le regret de ne pas en avoir récolté au moins une et on le comprend. Il termine co-leader de MLB en homeruns (48 comme Salvador Perez des Royals), 6ème en WAR (6.8), 5ème en AVG (.311), 2ème en OPS, 3ème en OBP et SLG, 1er en runs scorés et Total Bases, il a mené l’équipe des Blue Jays, dans les bons comme les mauvais moments, même si Semien a aussi été d’une importance capitale dans l’équipe. Les deux ont d’ailleurs complété le podium derrière Ohtani. Pas étonnant tant ils ont rayonné dans une division extrêmement difficile avec, face à eux, des pitching staff d’élite, notamment ceux des Rays et des Yankees.

La saison de Vladdy a surtout validé les espoirs placés en lui. Après deux premières saisons en demi-teintes, tant la hype autour de lui était grande avant son arrivée en MLB, le fils du Hall of Famer Vlad Guerrero a montré que son immense talent n’était pas une illusion. Il avait tout simplement besoin que son détenteur l’utilise sérieusement. Sa préparation athlétique, son repositionnement en 1ère base, son éthique de travail et sa nouvelle approche du jeu ont transformé le joueur. Avec la longue expérience des jeunes talents qui ont gâché leur haut potentiel, il est heureux de voir que Vladdy a pris conscience très tôt de ses erreurs et de la nécessité de vite se remettre sur de bons rails. La saison 2021 a validé cette prise de conscience et on attend de lui qu’il continue à briller très haut dans le ciel de la MLB. Après tout, il est un des nouveaux visages de la ligue et Ohtani ne sortira pas des saisons de légende chaque année.

Le joueur à suivre : George Springer

Le choix du joueur à suivre n’a pas été facile tant il existe bien des noms à suivre chez les Blue Jays 2022. On pense naturellement aux nouveaux venus comme Matt Chapman (nous fera-t-il une Semien 2021?) ou Kevin Gausman (peut-il réitérer sa saison 2021?). On pense aussi à Alek Manoah (va-t-il confirmer sa saison rookie?), Bo Bichette (peut-il rejoindre le niveau de Vladdy?) ou encore Cavan Biggio (va-t-il enfin éclore quand il reviendra de blessure?). Mon choix est celui de George Springer.

Sa signature aux Blue Jays pour six ans et 150 millions de dollars était le symbole que Toronto passait un cap, affichant clairement ses ambitions pour les années à venir. Mais des pépins physiques l’ont éloigné des terrains une partie de la saison, ne jouant que 78 matchs. Malgré tout, en août dernier, il fut nommé deux fois consécutivement joueur de la semaine en American League. Recruté à la fois pour son bâton, sa défense et son expérience de la postseason, Springer peut avoir un rôle décisif pour les Jays, car ces derniers visent à aller plus loin que la simple qualification en playoffs.

Le prono

En l’état des forces actuelles, les Blue Jays présentent les plus grandes garanties des quatre équipes en lice pour le titre de division et ils sont en pôle pour le ravir, ce qui serait une première depuis 2015… et une deuxième depuis 1993 ! Mais la marge ne sera pas grande face à la concurrence. Hormis les Orioles hors course, chaque équipe de la division pose des interrogations et des ajustements devraient avoir lieu d’ici la trade deadline si la concurrence est aussi acharnée qu’en 2021. Mais, si tout se passe bien, les Blue Jays en auront moins à faire que les autres, leur assurant la tête de la division au bout des 162 matchs de la saison régulière.

Prono TSO : 92-70

Projection FanGraphs : 89-73


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