Home Run Derby 2021: le retour

C’est le retour des gros bras ce lundi 12 juillet dès 20 h (local, 3 h du matin chez nous). Après avoir mis les canons au placard en 2020 (et en même temps, avouez, un Home Run derby sans public, c’est comme un kouign-aman sans beurre salé, ça ne sert à rien), les sluggers vont pouvoir s’éclater au moins un soir dans cette saison de lanceurs.

Coors Field, Denver, Colorado, altitude 1609m

Cette saison, cap sur Mile High City, Denver Colorado et le Coors Field. Le ballpark le plus sympa pour les frappeurs, au vu de l’altitude et de la relative sécheresse de l’air. C’est bien simple, le surnom du stade est « Coors Canaveral », par rapport aux mises sur orbite… Et les humidors seront éteints.

La dernière édition à Denver, en 1998, avait vu la victoire de Ken Griffey Jr, lors d’un concours historique, auquel il ne voulait pas participer. Mais les huées des fans et une petite discussion avec Brooks Robinson remirent les choses à leur place.

Cette année, le plateau des participants reste limité à sept frappeurs invités pour l’occasion (et pas nécessairement sélectionnés pour le All Star Game) et le tenant du titre.

Faites vos pronostics !

Les règles sont simples : 4 minutes pour frapper le maximum de home runs, 30 secondes de bonus si deux home runs sont mesurés à plus de 440 feet (132 mètres); un temps mort de 45 secondes en quart et demi, un de 45 secondes et un de 30 secondes en finale.

Après une édition 2019 marquée du sceau du rookie Pete Alonso et de la demi-finale historique entre Vladimir Guererro Jr et Joc Pederson, petit tour des forces en présence pour cette édition 2021 :

  • A tout seigneur, tout honneur, le tenant du titre 2019, Pete Alonso des New York Mets ! Après son sacre de 2019, et une édition 2020 annulée, le champion en titre revient pour défendre sa couronne. En retrait au niveau des HR en ce début de saison (mais ayant l’exit velocity la plus haute de la saison à égalité avec Aaron Judge et Shohei Ohtani – 119mph), le Polar Bear n’en est pas moins ultra motivé pour conserver son titre et être le premier vainqueur de victoires consécutives depuis Yoanis Cespedes (2013-2014). Côté fun, Pete collabore de nouveau avec l’artiste Gregory Siff qui customisera les huit battes dont il s’armera, comme lors de sa victoire il y a 2 ans.
Pete à la recherche de son swing.
  • Tout droit venu du district d’Itawe, au Japon, le leader actuel du classement des home runs de la MLB, Shohei Ohtani des Los Angeles Angels ! Premier participant à s’annoncer, « Sho time » réussit pour le moment une saison exceptionnelle, au double rôle très exigeant. Ultra dominateur au marbre, précis et régulier au monticule, il faut espérer que le phénomène japonais ne soit pas sur les rotules après le doubleheader à Seattle dimanche. Inutile de rappeler qu’il sera aussi DH partant et lanceur pour l’American League mardi soir, une première depuis Martin Dihigo et le match East-West servant de All Star game aux Negro Leagues en 1935… Attention à l’indigestion pour le probable MVP.
Shohei s’excuse de ne pas avoir eu le temps de plier les serviettes entre sa manche de lancers et son tour de bâton.
  • Le produit des Fighting Irish de Notre Dame, Trey Mancini des Baltimore Orioles. C’est le début de la feel good story. Le 1B/DH de Baltimore a reçu une invitation pour participer à la sluggfest, tout juste un an après son opération pour retirer une tumeur. Après avoir passé la saison 2020 en soins pour son cancer de stade 3, Trey profite d’un excellent début de saison et d’un énorme capital sympathie de la part des fans. Son surnom « Boomer », acquis chez les Fighting Irish, était à l’origine « Boom Boom », le même que le boxeur Ray Mancini. A noter qu’au sein d’une franchise comptant bon nombre de légendes, Trey détient le record de l’Oriole le plus rapide à atteindre cent Home Runs (531 matchs).
Non mais en fait, il est content d’être là.
  • Le régional de l’étape, Trevor Story des Colorado Rockies. Story participera à ce qui ressemble beaucoup à une audition. En effet, le shortstop étoile finit son contrat de 6 ans et testera le marché des agents libres cet été, avec beaucoup à apporter à sa future équipe. Il a fini leader des doubles et des bases volées en National League en 2020, et shortstop le plus rapide à avoir frappé cent home runs en carrière. L’outsider de la soirée espère devenir le quatrième batteur à remporter l’événement à domicile après Ryne Sandberg (Cubs – Wrigley Field 1990), Todd Frazier (Reds – Great American Ballpark 2015) et Bryce Harper (Nationals – Nationals Park 2018). Selon BaseballSavant, « True » (c’est son surnom, vous voyez le jeu de mots) est aussi un des frappeurs les plus malchanceux du début de saison, ayant frappé 10 HR pour un xHR (expected HR, Home Runs attendus) de 18.
Trevor vient d’apprendre qu’il restera chez les Rockies pour la fin de la saison
  • Un receveur n’a jamais gagné le derby. Le vénézuélien Salvador Perez des Kansas City Royals peut-il le faire ? Nommé par les fans pour être le receveur partant de l’American League, il tentera de devenir le premier des Royals à remporter le Derby, après les participations de Bo Jackson (1989), Danny Tartabull (1991) et Mike Moustakas (2017). Il est pour le moment le leader des Royals pour les HR avec 19 cette saison et cinquième sur la liste de tous les temps de Kansas City avec 171. Il fait partie des malheureux ayant moins de HR frappés que de xHR selon Baseball Savant. C’est aussi le doyen du plateau avec 11 saisons disputées dans l’élite.
La puissance de Miggy sera aussi utile à « El Niño » lundi soir
  • Le frappeur en chef des Oakland Athletics, Matt Olson, tentera de devenir le troisième A’s à gagner le derby (McGwire 1992 – Cespedes 2013-14). Déjà à 20 HR cette saison, Olson n’a envoyé qu’un seul HR au Coors Field en 8 matchs. On le verra également mardi comme first base de réserve pour sa première sélection All-Star et seul Athletic présent à la fête de mi-saison. Une sélection basée aussi sur la qualité de son jeu défensif (deux Golden Gloves en trois saisons complètes) mais ce seront ses qualités de frappeur qui permettront à « Oly » de ramener le trophée dans la Bay Area.
L’essentiel pour Matt, c’est de trouver le rythme
  • Le champion des frappeurs de la National League en 2020 (35,1% de moyenne au bâton), Juan Soto, tentera de devenir le second joueur des Washington Nationals à gagner le titre (Bryce Harper 2018). Le puissant frappeur dominicain arrive au Derby avec des chiffres en retrait par rapport à ses standards (9 HR, 27,7%) mais extrêmement motivé en raison de sa première sélection All-Star. « The Childish Bambino » fait aussi partie de cette nouvelle génération de frappeurs, disputant seulement sa quatrième saison en majeur mais avec déjà une World Series dans la poche.
Juan ne néglige jamais son stretching
  • Et enfin, le Texas Rangers, Joey Gallo. Après avoir refusé la participation en 2019 au sortir de sa blessure aux obliques, Joey a enfin accepté. Sa première sélection All Star en poche, et un potentiel échange dans les semaines qui arrivent l’ont motivé pour disputer le Derby sous l’uniforme des Rangers. Parmi les leaders en HR dans l’American League depuis ses débuts en 2016, « Pico de Gallo » connaît un pic de forme ces dernières semaines avec 11 HR et 19 RBI depuis le 21 juin et le renforcement des sanctions contre l’usage des substances collantes.
C’était moins une, mais Joey est à l’heure pour le derby

Cette cuvée 2021 nous offre donc un champ de joueurs jeunes, la nouvelle génération des frappeurs puissants. On peut regretter l’absence des grands noms tels Tatis Jr, Guerrero ou Acuna, qui préfèrent, et on les comprend, profiter de ce jour sans match pour se reposer. Les mauvaises langues diront qu’ils ont peur de dérégler leur swing, ou, tout simplement, de perdre.

Cependant, aucun favori clair ne se dessine, même si les formes actuelles avantagent Ohtani et Gallo. Mais la puissance naturelle d’un Alonso ou d’un Soto, font que ce derby sera ouvert et passionnant.

En tout cas, n’hésitez pas à vous brancher sur votre diffuseur pour regarder ce concours toujours fun. Et profitez du soleil couchant sur le Coors Field et la ville de Denver.


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