Preview 2021 – Dodgers : Les Anges de l’enfer !

Après le marasme et la déprime de l’hiver 2020 accouchant d’une pandémie mondiale et d’une saison MLB raccourcie façon premier lavage à 60°C, TSO revient aux sources et à ses premiers amours : l’écriture. Et si pour le commun des mortels, l’arrivée du printemps signifie l’éclosion des bourgeons et les premiers chants d’oiseaux, pour la grande famille du baseball, printemps rime avec entraînement. Celui du spring training, des premières sorties avec de nouvelles couleurs pour certaines stars et de vieilles retrouvailles avec des rosters déjà bien armés pour d’autres. Que l’on soit fan de la petite balle blanche ou non, le printemps signifie surtout la préparation, le devenir. Et sans révolutionner votre quotidien, The Strike Out vous apporte son brin d’espoir : les fameuses 30 franchises en 30 jours. Aujourd’hui, il est l’heure de refermer ce chapitre des #PreviewsTSO avec le tenant du titre en route pour un premier back-to-back depuis plus de 20 ans, Les Dodgers de Los Angeles

Retour sur 2020 : Puis soudain… Le Paradis

L.A a enfin payé son dû à Charon ! Condamnée depuis des années à entrevoir les portes du paradis pour finalement échouer sur les rives du Styx, Los Angeles a donné sa pièce au passeur pour rejoindre le jardin d’Eden. Et faire taire par la même occasion toutes les critiques reçues pendant une décennie de frustration.

L’équipe débuta la saison par 30 victoires en 40 matchs, soit le meilleur départ de son histoire. Concrètement, les Mariners 2001 et leurs 116 victoires avaient affiché 31 après 40 matchs… Voilà dans quelle sphère évolua l’équipe l’an passé avec notamment un mois d’août dantesque (21-7) et une série de 11 victoires en 12 rencontres qui propulsa la franchise loin devant les Padres.

Au final la régulière est ponctuée d’un bilan à .717 (43-17) avec la meilleure défense de National League et la meilleure attaque des Majors. Emmenés par un Mookie Betts de gala (voir plus bas), les Bellinger, Pollock, Seager, Muncy claquèrent tous plus de 10 HR faisant de l’attaque des Dodgers la plus puissante du show loin devant Atlanta. Avec 118 balles propulsées dans les gradins soit 15 de plus que les Braves, 2e du classement des HR, et un slugging percentage collectif à .483, la puissance dégagée fut impressionnante.

Sur la butte, les Kershaw (2.16 ERA), May (2.57), Gonsolin (2.31) furent redoutables et permirent à Los Angeles d’afficher le meilleur bilan collectif (3.02 ERA) devant le pitching des Indians. Tout ce beau monde permit au club de décrocher un huitième fanion consécutif de National League West, ce que personne n’a jamais fait dans cette division. On ne parlera pas encore des Braves des 90’s qui remportèrent pas moins de 14 divisions de rang entre 91 et 2005 à l’époque des Maddux, Glavine, Smoltz, Jones mais l’hégémonie de la cité des Anges commence fortement à y ressembler.

La suite on l’a connaît : deux coups de balais sur les Brewers et les Padres avant de s’offrir le scalp de valeureux Braves en 7 rencontres pour se retrouver en World Series pour la troisième fois en quatre ans. Et écrire cette fois une page de leur histoire avec un 7e sacre, le sixième depuis le départ à Los Angeles et le premier depuis 1988. Au grand dam de ses détracteurs, Clayton Kershoke cèda sa place à Clayton Kershow et on vit, enfin, ce que tout le monde savait mais ne pouvait écrire : Kershaw est bel et bien une légende. Deux starts, deux victoires, 14 strikeouts en 11.2 manches pour une ERA à 2.31 et une nouvelle ligne sur baseball-référence intitulée ‘2020 World Series’. Une ligne seulement mais qui fait toute la différence entre l’un des plus grands pitchers de saison régulière et l’un des plus grands pitchers de l’histoire. Assis à la table des Verlander et Scherzer, il n’a aujourd’hui plus rien à prouver à qui que ce soit.

Clayton Kershaw World Series
Kershoke a enfin fait tomber le masque en postseason ? CP : Ronald Martinez

2020 derrière nous, il est temps de se tourner sur ce qui nous attend et une rivalité qui monte en puissance avec les Padres. Evidemment incomparable avec un Yankees – Red Sox mais tout de même. Nous jetterons un coup d’œil avec un intérêt entre les séries à répétition à venir entre les deux mastodontes de National League. Histoire de faire monter la sauce, Justin Turner y est même allé de sa petite décla.

« Nous allons avoir 19 matchs de la Série mondiale cette année ».

La sortie du 3B des Dodgers, mi mars, à propos de ce duel avec le rival de l’ouest est toute sauf anodine. Dans un sport où bon nombres d’équipes n’essayent pas de gagner, sortent le tank où sont en continuel « rebuild », voir deux franchises avec des effectifs aussi rodés dans la même division est du pain béni pour la MLB. En 2021, la côte ouest est « The Place to Be » pour les amoureux de la balle blanche.

La saison 2021 : L’enfer sur terre

rotation dodgers
Allégorie du cerbère à trois têtes… CP : Jon Sooho/Los Angeles Dodgers and Getty Images

Walker Buehler, Clayton Kershaw, Trevor Bauer, David Price, Julio Urias. Vous vous croyez au All-Star Game ? Non non, vous êtes dans le pitching staff des Dodgers uniquement. Alors oui on a ici 3 Cy Young différents et seul Julio Urias n’a pas encore décroché une sélection à la messe de juillet, on s’y croirait je vous l’accorde, mais il s’agit bien d’une seule rotation. Le Mid Summer Classic annulé l’an passé devait se dérouler au Dodger Stadium. Il n’y aura finalement pas besoin d’attendre 2022 pour voir des lanceurs étoilés aux 18 mètres dans l’antre du Blue Crew. Surtout on surveillera d’un coin de l’œil si Trevor Bauer daigne enfin ouvrir le deuxième…

Plus sérieusement, pronostiquer comment le facétieux et trublion Bauer va s’intégrer dans une franchise peu adepte des secousses reste une énigme. Dans ce marché où les Kershaw, Bellinger and co sont les gardiens d’une franchise peu enclin à faire la une des tabloïds, voir l’insaisissable Cy Young 2020 (5-4, 1.73) habitué des polémiques rejoindre cette armada reste terriblement excitant et déroutant à la fois. Au final, on ne saurait que conseiller aux fans californiens de lire le célèbre roman de Louis Stevenson, « L’Etrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde » pour se préparer au mieux à ce qui arrive. On fera court sur le reste de la rotation qui semble posséder les codes de tir nucléaire et qui peut appuyer sur le bouton rouge à tout moment. Si on devait sortir « un point faible » de cette équipe, ce serait peut-être l’enclos. Mais je préfère tuer dans l’œuf tout espoir chez les fans des 29 autres équipes, on parle d’un point faible qui termina 1e Bullpen de National League en 2020. Voilà voilà… Avec des David Price, Dustin May, Julio Urias qui peuvent manger des innings dans une saison qui va faire mal aux corps après un exercice 2020 raccourci, c’est une vraie force. Les Knebel, Gonsolin, Graterol, Morrow, Kelly, Santana devraient tous à tour de rôle prendre la balle en relève. Les Kahnle, Gonzalez et Treinen en setup et l’increvable Jansen en closer. Oui bon… oubliez le point faible en fait.

En infield on prend les mêmes et on recommence. Le diamant, poli, taillé et briqué à souhait est devenu l’une des clés du succès 2020 et il n’y a aucune raison que cela change. Au marbre comme depuis plusieurs saisons, le plastron et le casque seront partagés entre Austin Barnes et un Will Smith qui peut dorénavant prétendre à une première sélection au match des étoiles vu son niveau offensif. Quant à Barnes, on le sait, il enfilera la tenue dès que Kershaw prendra la butte. Les Smith, Barnes, Muncy, Lux, Seager et Turner furent les rouages de ce stellar infield et sont prêts pour le Back-to-Back.

Côté outfield, avec deux MVP dans le pré, les Dodgers peuvent voir les balles adverses débarquer avec sérénité. Betts, qui termina 2e meilleur joueur de NL dès sa première saison en National, était la pièce manquante pour ramener les World Series dans la cité des Anges. Maintenant que c’est chose faite, l’œuf de Fabergé dérobé aux Red Sox en 2020 voudra continuer d’écrire sa légende, lui qui possède déjà deux bagues. On rappelle au passage qu’à 28 ans, il rentre dorénavant dans son prime… Effrayant ! A ses côtés Bellinger qui connut une année 2020 un peu en deçà, reste l’un des dix meilleurs joueurs au monde, capable de faire la différence dans les instants qui comptent. Pour rappel, il frappa le HR décisif face aux Braves, synonyme de ticket pour les World Series. Enfin, AJ Pollock complète le tableau et tentera de confirmer à quel point il est bon lorsqu’il est n’est pas touché physiquement par ses blessures. L’an dernier, dans une saison sans infirmerie, il fut tout de même le plus gros bombardier de sa franchise avec Mookie (16 HR).

Bref avec ce cerbère à trois têtes, Hadès peut dormir sur ses deux oreilles, les portes de l’enfer sont bien gardées.

Le joueur à suivre : Andrew Friedman et son board

« Tu vois le Back-to-Back Dave ? Mais si juste là ! » (CP : Keith Birmingham, Pasadena Star-News/SCNG)

Compliqué de sortir un jeune joueur à suivre d’un effectif 5 étoiles, complet à tous les postes. En réalité tout ce dont une équipe a besoin pour pratiquer un bon baseball, ils l’ont. Ce qui explique aussi que lorsque les GM prennent leur portable pour joindre Andrew Friedman, Président des opérations baseball de LA, ils n’ont pas grand chose à proposer car… ils n’ont besoin de rien ! Ils sont complets en défense, au pitching, au bâton, dans tous les compartiments du jeu.

C’est ici l’argument numéro un qui est de dire qu’ils ne font jamais de mauvaises affaires. Et pour cause, le board n’est jamais aux abois, pris de vitesse ou désespéré. Ils n’ont pas besoin de renforts et peuvent à la limite simplement s’orienter sur des jeunes prospects qui manquent un peu dans le réservoir. Aujourd’hui LA possède un pipeline classé 14e contre 1e en 2016. Mais justement les jeunes loups des années 2015 sont tous sortis du bois à l’instar des Urias, Seager, Bellinger, Smith ou Lux pour ne citer qu’eux. Une génération dorée qui a ramené un titre et a donc là aussi validé la politique de l’époque.

Enfin les partants sont tous des potentiels Cy Young et avec l’arrivée d’un Mookie Betts, on ne peut que s’incliner devant les choix réalisés depuis maintenant plusieurs saisons par la direction californienne. On surveillera du coup comment le front office réussira à se maintenir au sommet, peut-être le challenge le plus compliqué finalement. Car quand on a besoin de rien, on a finalement tout à perdre…

La star : Mookie Betts (OF)

Mookie Betts ou la rage de vaincre (Photo by Kelly Gavin/MLB Photos via Getty Images)

Il est la star qui fit basculer la balance du bon côté. Le petit gramme d’or qu’on ajoute à la pesée et qui change le cours du destin. Avec lui, Los Angeles a enfin vaincu le signe indien ramenant les WS après trois décennies d’attente. En 2020, l’excellent joueur de bowling n’a pas mis le feu qu’à l’argile cuite des pistes mais bien à toute la ligue.

Sa saison fut magnifique, .292 à la frappe, une présence sur les coussins à .366 et 10 bases volées pour 16 HR. Avec une 2e place au trophée MVP derrière Freddie Freeman, Mookie valida l’investissement du board californien en moins d’une saison. On n’en doutait peu, mais tout de même. Réussir une première volée de ce type, alors qu’on est attendu telle la fin du Covid par la terre entière du côté de la côte ouest n’est pas évident. Les sourires sont donc pour les fans de la cité des Anges et les regrets resteront éternellement scotchés au Green Monster de Boston. Mookie termine 2020 avec une WAR à 3.6, ce que ni Freeman, Trout ou Bieber n’ont réussi en une demi-saison.

Côté défense, il a encore été le Gold Glove que l’on connaît avec 13 runs sauvés et des highlights en veux-tu en voilà. Au final un 5e gant doré consécutif sur la cheminée, un 4e bâton d’argent et un chèque de 356 M$ en banque pour un contrat XXL de 12 ans. Le 2e plus gros de l’histoire derrière Mike Trout. En attendant d’être LA star de Los Angeles, il est d’ores et déjà sans sourcilier l’étoile de son effectif après un trimestre de baseball. Et quand on sait qu’en 2020, il est le nom inscrit sur le maillot de baseball le plus vendu au monde on a de quoi se demander, si la star d’Hoolywood, ça ne serait pas lui in fine…

Le prono : 

On vous l’a dit dès le début, l’enfer sur terre est promis par la bande à Dave Roberts. Le premier back-to-back depuis 20 ans n’a jamais semblé si proche tant le lineup est composé d’All Stars qui se connaissent maintenant par cœur. La rotation ressemble à un bulldozer et l’équipe possède du MVP ou du Cy Young en pagaille. Bref on ne voit pas qui pourrait venir contrarier les plans diaboliques de la cité des Anges si ce n’est… Les Dodgers eux mêmes au final. En attendant de voir si l’équipe marquera définitivement l’histoire d’un doublé, on avance les Dodgers à 110 victoires. Car vous l’aurez compris, c’est bien le terrible tartare qui s’amène sur terre pour le reste de la MLB…

Le prono TSO : 110-52, 1e NL West

Projection Pecota : 103-59

J-Sé Gray : « In Billy Beane we trust »


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