Preview 2021 – Oakland Athletics : la magie Moneyball risque de ne pas suffire

Après le marasme et la déprime de l’hiver 2020 accouchant d’une pandémie mondiale et d’une saison MLB raccourcie façon premier lavage à 60°C, TSO revient aux sources et à ses premiers amours : l’écriture. Et si pour le commun des mortels, l’arrivée du printemps signifie l’éclosion des bourgeons et les premiers chants d’oiseaux, pour la grande famille du baseball, printemps rime avec entraînement. Celui du spring training, des premières sorties avec de nouvelles couleurs pour certaines stars et de vieilles retrouvailles avec des rosters déjà bien armés pour d’autres. Que l’on soit fan de la petite balle blanche ou non, le printemps signifie surtout la préparation, le devenir. Et sans révolutionner votre quotidien, The Strike Out vous apporte son brin d’espoir : les fameuses 30 franchises en 30 jours. Aujourd’hui, l’équipe qui passe sur le gril des previews TSO nous emmène dans la Bay, avec les Oakland Athletics.

A's

Retour sur 2020

Les Astros, malgré l’énorme scandale de triche industrielle qui alimenta les chroniques MLB durant l’intersaison, restaient les favoris de la division Ouest de l’Américaine et un prétendant au titre pour laver l’honneur de la franchise. Malheureusement, de nombreuses blessures à la Yankees et quelques stars à la dérive ont amoindri les texans. Naturellement, ce sont les Athletics qui en ont profité. Les hommes de Bob Melvin évoluaient dans l’ombre des Astros ces dernières années. Mais en se montrant solides, comme cette franchise avec son petit budget sait le faire sans avoir de grandes stars en son sein, les A’s ont su sortir de la saison régulière avec le 2ème bilan de la Ligue Américaine (36-24). Oakland a été dominant à domicile (22-10) et a su bien naviguer à l’extérieur (14-14), profitant d’un gros mois d’août (19-8) pour faire la différence dans sa division.

Pourtant, à regarder les statistiques, les A’s n’avaient pas spécialement de grands joueurs, hormis l’impérial closer Liam Hendricks, et collectivement, l’équipe se trouve souvent dans la moyenne MLB. Sa rotation a été moyenne avec le 16ème ERA des Majeures (4.49), malgré la belle saison de Chris Bassitt (2.29, 5-2). L’attaque n’a pas semblé folichonne non plus avec le 25ème AVG MLB (.225) et la 16ème place en runs scorés. Alors, comment expliquer les performances de l’autre équipe de la Bay ? Trois éléments de réponses principaux :

1 – Une défensive de haut vol, avec les Semien, Chapman, Olson, Murphy and co. Les Athletics étaient une des 5 meilleures défenses de la MLB.

2- Un bullpen de feu, là encore, un des meilleurs de la MLB et avec probablement le meilleur closer du moment, Liam Hendricks (1.78/14SV/3W-1L).

3- Une attaque clutch, capable de sortir la longue balle au bon moment ou le walk-off hit en fin de 9ème.

Ces trois éléments expliquent la success story des A’s en saison régulière. Si vous étiez menés par les A’s après la 7ème manche, entre leur défensive et leur bullpen, il était difficile d’espérer la victoire. Si vous meniez les A’s à la 7ème manche, vous risquiez de les voir revenir et gagner le match au buzzer. Ce fut l’équipe qui réalisa le plus de comebacks de fin de matchs en MLB après la 7ème manche. Autre stat démontrant qu’il était dur de jouer Oakland en 2020 : l’équipe ne perdit jamais plus de deux matchs consécutifs après le 31 juillet en saison consécutif. Ce niveau de jeu permit logiquement aux Athletics de gagner leur première série de postseason depuis… 2006 ! Ils firent tomber l’équipe montante mais encore trop tendre des Chicago White Sox en Wild Card Series. Mais la bonne saison pris fin en Division Series face aux Astros de Houston. Alors qu’Oakland avait dominé Houston durant la saison régulière, les Astros en difficulté ont retrouvé leurs esprits en playoffs pour l’emporter 3 matchs à 1, une série qui mit en évidence les faiblesses des A’s face à la puissance offensive retrouvée des texans.

La saison 2021

Les A’s ont perdu quelques noms importants de sa belle saison 2021. Exit Marcus Semien parti renforcer l’équipe montante des Blue Jays. Parti Liam Hendricks devenir le closer d’un des favoris de la ligue, les Chicago White Sox. Adieu Tommy La Stella (.281/5HR/25RBI), qui a traversé la baie pour jouer chez les Giants. Autres départs majeurs, le champ extérieur Robbie Grossman et l’infielder Jake Lamb, les lanceurs Mike Minor et Jake Soria ainsi que le slugger emblématique mais en difficulté Khris « Krash » Davis. Devant cette fuite de talent qui entame également la profondeur du roster, les A’s ont tenté plusieurs coups. Au bullpen, Sergio Romo et Adam Kolarek débarquent mais c’est surtout Trevor Rosenthal, en plein renouveau la saison dernière, qui aura la lourde charge de faire oublier Liam Hendricks. En défense et à la batte, deux nouveaux joueurs devront faire oublier les départs, deux vétérans sur la fin mais avec encore du talent, Elvis Andrus, venu des Rangers dans le trade avec Khris Davis, et Mitch Moreland. De quoi avoir de la puissance pour réussir encore les fins de match. En espérant un retour pas trop tardif de Matt Chapman. Matt Olson sera lui aussi décisif pour l’équipe et les A’s attendront de Sean Murphy qu’il passe un nouveau cap en 2021 pour les garder compétitifs.

Les A’s semblent avoir perdu du talent globalement mais si les nouvelles additions prennent, le roster pourrait conserver de la puissance et de la solidité défensive, et un bullpen de talent. Malheureusement, cela reste un pari, avec une profondeur moindre, et la rotation n’apporte pas de garanties. Bassitt réussira-t-il une autre saison aussi dominante ? Quel retour pour le jeune espoir AJ Puk ? Jesus Luzardo va-t-il encore monter de niveau à la hauteur des espérances placées en lui ? Quid des Frankie Montas, Sean Manaea et Mike Fiers dont les performances sont irrégulières ou plafonnent ? Les partants auront un rôle encore plus important dans la réussite ou les échecs d’Oakland cette saison.

 

Le joueur à suivre : Sean Murphy

Les A’s possèdent peut-être l’un des receveurs stars des prochaines années. Sean Murphy, 26 ans, débarquait dans les Majeures en septembre 2019, se signalant avec un homerun pour son premier match. En 2020, il s’est déjà installé comme receveur titulaire avec 43 matchs au compteur et représente l’avenir de la franchise avec des joueurs comme Ramon Laureano, Jesus Luzardo et AJ Puk. Si les A’s ont réussi leur saison 2020, Murphy y est pour beaucoup. S’il n’a pas été particulièrement constant (.233), il a tout de même frappé 7 homeruns pour 14 RBI, participant à solidifier l’attaque tout en étant également solide derrière le marbre, se classant dans le top 10 2020 en WAR chez les receveurs, se plaçant proche de joueurs comme JT Realmuto, Yasmani Grandal et Wilson Contreras. Le potentiel de Murphy est certain et 2020 aura été un amuse-bouche. On espère désormais à Oakland que la saison 2021 le verra véritablement exploser offensivement tout en gérant adroitement le personnel de lanceurs des A’s. Un pitching staff qui aura bien besoin d’un solide receveur pour garder l’équipe au niveau.

La star : Matt Chapman

Avec le départ de Marcus Semien à Toronto, Matt Chapman est devenu l’unique grande star des A’s, avec Olson en dauphin. Si une blessure l’a éloigné de la fin de saison dernière et continuera de l’éloigner des terrains en début de saison, son retour sera décisif pour Oakland. Difficile d’imaginer les Athletics espérer quoique ce soit sans le bon bâton et l’excellente défensive de Chapman, l’un des meilleurs gants de la MLB. Son absence avait pesé sur la production des A’s face aux Astros en Division Series. Certes, sa slash line (.232/.276/.535) n’apparaît pas extraordinaire, lui qui est un frappeur qui manque de constance et prend pas mal de K mais sa puissance et ses frappes clutchs (10H/25RBI en 2020) contrebalancent tout cela, sans compter, une nouvelle fois, sa défensive. On attend de lui désormais qu’il devienne le taulier de l’équipe.

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Le prono

La Division Ouest sera probablement la plus faible de la Ligue Américaine. Les Astros sont en déclin et verront leur leadership encore contesté. Les Angels ont encore déçu en ne recrutant pas un Ace mais les additions à l’équipe sont plutôt bien pensés et la rotation pourrait se montrer relativement solide, à défaut d’être talentueuse. Les Mariners seront encore fragiles et feront grandir leurs multiples talents. Ils pourront jouer des coudes dans la division. Seuls les Rangers risquent d’être aux fraises. Dans tout ça, les A’s, moins talentueux qu’en 2020, auront moins de marge de manœuvre qu’en 2020, particulièrement sur 162 matchs où le manque de profondeur devrait être rédhibitoire. Les Astros, par défaut, domineront la division et les Angels devraient prendre la deuxième place. Les A’s seront à l’équilibre mais pas de playoffs cette saison pour eux. A moins que la magie Moneyball opère une nouvelle fois dans cette équipe combative et clutch. Une magie qui risque d’être un peu courte cette année…

 

Prono TSO : 81-81

Projection PECOTA  : 80-82


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