Salma Boulares : « Le sport facilite l’intégration »

La semaine dernière, nous vous faisions découvrir le baseball en Afrique à travers un entretien avec le président de la fédération de baseball Tunisienne, Saber Jlajla. Suite et fin de notre voyage au Maghreb aujourd’hui avec un tête à tête particulier. Car nous avons mis cette fois une femme en lumière en la personne de Salma Boulares, joueuse de Soft et de baseball depuis 6 ans. Membre de l’équipe nationale depuis 2015, 3 fois championne de Tunisie, la receveuse fait aujourd’hui les beaux jours des Lions… de Savigny ! 

Salma Boulares entourée de GiOnna DiSalvatore et Chelsea Thomas, deux stars américaines du softball
Salma Boulares entourée de GiOnna DiSalvatore et Chelsea Thomas, deux championnes du soft américain

TSO : Commençons par votre parcours. Parlez-nous de vous ? Comment avez-vous commencé le softball ?

Salma Boulares : J’ai 22 ans, je suis née en Tunisie dans une petite ville, Metline. Après mon Bac je suis venue finir mes études en France. Mais avant j’ai donc débuté le baseball en 2014. Il n’y avait aucune activité sportive pour les filles. Mon père a fait des recherches et le seul sport qui pouvait se jouer sur un terrain de foot c’était le baseball. Afin de nous le faire découvrir il a organisé la finale de la Coupe de Tunisie. Nous avons assisté à la finale, ce sport a intéressé beaucoup de filles. Derrière une équipe féminine a été très vite créée. C’était d’ailleurs la première équipe féminine dans mon village. Après beaucoup de travail, nous avons réussi dans ce sport en devenant notamment 3 fois championnes de Tunisie.

En 2016 vous arrivez donc en France au PUC, comment se passe votre intégration ?

Je connaissais le PUC avant mon arrivée définitive en France car lors de mes différents séjours ici je m’entrainais avec le PUC. Mon intégration a donc été facile. J’ai l’habitude de voyager et je venais en France 4 fois par an depuis de nombreuses années pendant les vacances scolaires. Donc ça n’a pas été difficile pour moi de déménager. L’intégration s’est déroulée très facilement vu que je connaissais très bien le pays et sa culture. Mais il est vrai que le sport facilite l’intégration puisqu’il vous permet d’être au contact avec d’autres personnes. En plus avec le sport vous parlez le même langage.

Pourquoi avoir rejoint Savigny en 2017 ?

Le PUC pratiquait le baseball et les joueurs étaient plus âgés. L’équipe de Savigny est plus jeune, c’est plus simple de communiquer avec les filles et d’organiser des petites sorties entre amies. Le classement de Savigny m’a aussi aidé dans mes choix. C’est une équipe très compétente possédant de bonnes joueuses et coaches.

En 2019, vous organisez avec deux joueuses de l’équipe américaine de Soft, à savoir GiOnna DiSalvatore et Chelsea Thomas, un softball clinique. Pouvez-vous nous décrire cette expérience en tant qu’organisatrice ? Etait-ce différent d’être de l’autre côté de la barrière ?

Au début ce n’était pas facile du tout, c’est une nouvelle expérience pour moi et puis il y a le décalage horaire entre la France et les Etats Unis. Mais après 6 mois d’organisation, d’échanges et d’aide de la part de la ligue j’ai enfin réalisé mon rêve. Et j’ai pu rencontrer mes idoles. Être aussi la responsable du projet m’a beaucoup stressé de peur de ne pas faire les choses dans les règles de l’art ou de manquer quelque chose mais heureusement tout s’est super bien passé et mes invitées étaient contentes de leur séjour à Paris.

Salma Boulares et deux supportrices 😉 (Chelsea Thomas à gauche, GiOnna DiSalvatore à droite)

Au-delà de ces deux joueuses, existe-t-il des joueuses qui vont ont impressionné durant votre parcours ?

J’ai joué à deux niveaux différents entre la France et la Tunisie, j’ai intégré un sport peu développé en Afrique et qui n’est pas si médiatisé en Europe. J’ai donc suivi sur les réseaux sociaux des joueuses américaines avec qui j’ai pu échanger et des pages d’entraînements gérées par des coaches américains pour pouvoir développer mes connaissances dans cette discipline. Beaucoup de joueuses m’ont influencé dans mon parcours. Et encore aujourd’hui d’ailleurs. Mais mes deux références restent malgré tout les américaines avec qui j’ai travaillé (NDLR : Chelsea Thomas et GiOnna DiSalvatore)

À titre personnel, pouvez-vous nous raconter votre meilleur souvenir sur un terrain ?

Oui bien sûr. C’est quand j’ai gagné la coupe de Tunisie en 2015 après l’effort et les entraînements que notre coach nous imposait à 6h du matin. Et ce tous les jours.

Parlons maintenant de la Tunisie. Comment le baseball est-il perçu ?

Il se développe petit à petit grâce à la fédération et ses événements pour faire connaitre cette discipline à travers toutes les régions.  En Tunisie il y a 5 grands clubs de baseball : Ben Arrous 1 et 2, Bizerte, Rejich Mahdia et El Kef. Nous avons aussi trois clubs de Softball dont Metline, « mon ancienne équipe ».

Quelles différences y-a-t-il entre le soft européen et africain ? Est-ce les mêmes styles de jeu ?

L’unique et seule différence ce sont les moyens sinon pour le reste l’envie, l’amour du jeu, la passion de jouer et de s’entrainer sont les mêmes. Les joueuses tunisiennes sont très douées et passionnées par cette pratique et veulent toutes s’améliorer et participer à des tournois internationaux. C’est vraiment le rêve de chaque joueur peu importe la discipline

Y-a-t-il des joueuses ou joueurs nord-africains dans les ligues américaines ?

En ce moment non, mais je l’espère dans les projets futurs de la fédération tunisienne. Certainement qu’il y a beaucoup de joueuses qui mériteraient d’avoir une chance d’intégrer une ligue américaine

Quelle est la place accordée aux femmes dans le softball ou baseball en Tunisie ? Existe-t-il des difficultés particulières pour faire accepter la pratique ou est-ce dans les mœurs ?

Avec le Président de la fédération Tunisienne : Saber Jlajla

C’est une discipline qui n’est pas encore bien connue en Tunisie et qui mériterait d’être développée. La Tunisie est très ouverte et le sport peut être pratiqué par les hommes comme par les femmes. Le manque de moyens fait la différence. Dans certains villages on préfère utiliser le peu d’argent pour les hommes. Mon père a dû se battre pour obtenir les fonds nécessaires pour le matériel et la gestion de l’équipe féminine. Le point positif a été que les parents ont compris que leurs filles voulaient faire du sport et les ont laissé jouer. Et ils étaient encore plus fiers quand nous avons remporté trois fois la coupe de Tunisie et que neuf joueuses de notre équipe ont été prises dans l’équipe nationale.

TSO remercie chaudement Salma Boulares d’avoir accepté de répondre à nos questions.


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s