Le jour où … les Twins ont viré David Ortiz

La très riche histoire du baseball s’est écrite avec des quantités d’épisodes savoureux que l’on vous fera (re)découvrir dans ces petits billets. On commence notre série avec l’histoire d’un futur Hall of Famer dont le numéro vient d’être retiré par les Red Sox, Mister David Ortiz. Avant d’écrire sa légende à Fenway et d’avoir une rue à son nom, le géant dominicain a connu des années galères et s’est même fait dégager de Minnesota.

A tout juste 17 ans, en 1992, le Dominicain, David Ortiz qui est présenté alors sous le nom de David Arias est signé par les Mariners en tant qu’agent libre international. Il commence sa carrière professionnelle, deux ans plus tard au plus bas niveau des ligues mineures (Rookie League). Après une première année complexe, ses chiffres prennent de l’ampleur en 1995 avec une moyenne au bâton qui passe de .246 à .332.

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Le très jeune David Ortiz avec l’écusson des Mariners sur la poitrine, rare !

Ortiz se révélera en tant que slugger l’année suivante alors qu’il évolue au niveau Single A, en 129 matchs, il claquera 18 homeruns avec 93 points produits et une moyenne au bâton de .322. A 20 ans, sa première saison complète est une réussite et le Dominicain commence à faire parler de lui dans les Minors.

Pourtant, à la recherche d’un batteur vétéran les Mariners décident de l’échanger à l’intersaison ’96-’97 aux Twins contre Dave Hollins. Il profite de son transfert pour reprendre son vrai nom, Ortiz, et corriger sa date de naissance, puisque sur les registres de la MLB, il était plus vieux de 9 mois. Et ces changements ont été très bénéfiques…

Il commencera la saison en Single A avant de filer en Double A et de terminer par quelques apparitions en MLB… Tout ça lors de la même année. Une progression extrêmement rapide où malgré un taux de strikeouts élevé, il affiche une moyenne au bâton solide à tous les niveaux. Il est clair qu’Ortiz est un batteur très doué et les Twins comptent sur lui à part entière pour la saison ’98. Mais les choses ne passent pas vraiment bien entre le Dominicain et son coach Tom Kelly. Ce dernier lui reproche sa défense plus que médiocre en première base et son poids. Pendant cette saison à Minnesota, âgé de 22 ans, il jouera 86 rencontres pour 9 homeruns, 46 RBIs et une moyenne au bâton de .277.

A cette époque, la philosophie de cette excellente équipe est orientée « small ball » avec beaucoup de voleurs de bases et des moyennes au bâton solides, les frappeurs puissants n’ont pas vraiment leur place à Minnesota, excepté l’immense Torii Hunter. Alors, les nombreux strikeouts et la vitesse quasi nulle d’Ortiz ne conviennent pas du tout au coach qui exprime publiquement son mécontentement vis à vis des performances du Dominicain.

Il sera alors renvoyé pour la saison en ’99 dans les ligues mineures, en AAA, où il frappera 30 homeruns avec un BA à .315. Malgré ses performances, il ne disputera que 10 matchs en MLB. Il regagnera sa place en 2000 et ne la quittera plus jusqu’en 2002 malgré des blessures récurrentes. En trois saisons chez les Twins, il cumulera 48 homeruns et produira 186 points. Malgré une année 2002 à 20 homeruns, 75 RBIs et 32 doubles, les Twins décident de libérer Ortiz de son contrat pour gagner un peu d’argent (1.5 millions de dollars de salaire par an) et investir dans un joueur qui correspond mieux à la philosophie du club, à savoir Matt Lecroy. Ce nom ne vous dira probablement rien et pour cause, malgré une bonne saison 2003, sa carrière est assez anecdotique.

En 2002, les Twins ont disputé le titre de conférence d’American League (ALCS). Depuis Ortiz est parti et plus jamais ils ne sont arrivés à ce stade de la compétition. Existe t-il une malédiction autour de ce trade ? Toujours est-il que dans les faits, « Big Papi » a ramené 3 World Series à Boston, a été 10 fois All-Star et deviendra Hall of Famer très prochainement.

Terry Ryan, le General Manager des Twins s’est récemment exprimé sur ce dossier : « Ce fut une décision terrible, nous pensions avoir de meilleure options sur le plan sportif mais on s’est trompé dans les grandes largeurs […] toute la responsabilité me revient, j’aurais pu faire obstacle à cette résiliation de contrat, je ne l’ai pas fait ».

Invité à réagir David Ortiz a assuré que son ancien patron « n’était pas uniquement désolé car il avait fait un mauvais choix mais parce qu’il sait que je n’ai pas été bien traité par le coach ». Le Dominicain a encore beaucoup de rancœur vis à vis de Kelly qui le prenait souvent « pour cible » et ne lui laissait pas exprimer sa puissance à la batte.

Une attitude lourde de conséquences pour cette franchise qui aurait pu connaitre des heures très glorieuses avec « Big Papi » dans ses rangs.

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