
Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. On continue dans les bas-fonds de la MLB, après les Rockies, on enchaine avec les White Sox qui se rapprochent du bout du tunnel.
Retour sur 2025
Après une saison historiquement mauvaise, on n’avait que très peu d’ambitions pour ces White Sox. En plein milieu de leur rebuild, le club semblait encore bien loin de voir le bout du tunnel. Surtout les incompréhensions se succédaient avec un Luis Robert Jr. toujours au club, lui qui avait pourtant la meilleure valeur marchande. Après l’expérience Grifol, un nouveau coach débarque dans le South Side avec Will Venable. L’ancien joueur a une mission claire : accompagner la jeunesse montante du club vers les sommets.

Et on peut dire qu’il s’en est bien sorti puisque le club termine 2025 avec 102 défaites. SI le chiffre est tout de même vertigineux, c’est tout de même une amélioration de 19 victoires par rapport à 2024. Après, difficile de faire pire que 2024 (on dit donc bravo aux Rockies 2025). En plus de l’amélioration des résultats, les fans des White Sox ont pu apercevoir, un peu de ce que réserve l’avenir. En effet, les grands travaux de 2023, 2024 et 2025 ont permis de découvrir quelques unes des pépites du club. Surtout dans le secteur offensif. Ainsi c’est 4 joueurs qui ont découvert la MLB en 2025. Et quatre joueurs qui pourraient être les piliers du futur de la franchise.
On commence par le duo de receveur : Kyle Teel et Edgar Quero. Si le premier a plus un profil défensif, le 2e, a lui plutôt un penchant pour l’attaque. Si bien que Quero est souvent déployé en DH. Au final, belle saison pour eux avec pour Kyle Teel : .273/8HR/35RBI en seulement 78 rencontres tout en gérant une rotation, elle aussi en progrès. De son côté Edgar Quero termine avec .268/5HR et 36 RBI en 111 matchs, lui qui n’a même pas encore 23 ans (il les aura en juin).

Autre binôme de rookies : Chase Meidroth et Colson Montgomery. Ces deux-là devraient patrouiller autour de la 2e base pour de nombreuses années. Le premier, d’abord connu pour sa défense élite, a sorti une saison plutôt solide pour ses premiers pas en MLB (.253/5HR et 23 RBI et 14 bases volées). Sa propension à monter sur base et surtout son faible taux d’élimination au marbre (14.3% de strikeout) font de lui, un batteur leadoff de talent. Ensuite, Colson Montgomery, un des meilleurs prospects de la Ligue a lui aussi débuter en MLB mais bien après ses copains. Puisqu’il a dû attendre le mois de juillet pour enfin connaître les joies de la cour des grands. Si son premier match a été compliqué (0-2), son 2e match a été exceptionnel avec 3 hits (dont un triple et un RBI). On a vite compris qu’il avait quelque chose en plus. Et on parlera un peu plus bas.
Au niveau du pitching, on n’a pas encore eu le droit d’assister aux débuts des jeunes pépites Noah Schultz ou Hagen Smith, mais on a eu quelques belles surprises quand même. On le sait Chris Getz a le nez fin pour trouver des joueurs sur le marché des agents libres et pour ensuite les échanger à la deadline. En 2024, ce fut Erik Fedde et en 2025 c’est Adrian Houser qui a épaté la galerie. Après 7 saisons solides mais pas exceptionnelles à Milwaukee, Houser a eu plus de mal du côté des Mets en 2024 (5.84 d’ERA). C’est donc sans ambition qu’il débarque chez les White Sox. Et là, la magie opère, en 11 starts pour les South Siders, il claque 6 victoires (1/10e des victoires du club) avec 2.10 d’ERA en 68.2 manches. Il est ainsi devenu l’un des noms les plus demandé à la trade deadline. Et c’est finalement, les Rays qui remportent le pactole en échange de deux prospects et de Curtis Mead. Mais son passage chez les Rays sera bien moins glorieux (4.79 d’ERA en 10 matchs). Preuve que ça bosse bien chez les White Sox.
Autre belle surprise, Shane Smith. Le rookie récupéré lors de la Draft 5 [ NDLR : Qui permet à des joueurs pas dans les rosters de 40 d’être choisis par d’autres équipes afin de jouer en MLB]. Après avoir subi une opération Tommy John en 2021 lors de sa dernière année d’Université (Wake Forest), il n’est pas drafté mais termine tout de même dans le farm system des Brewers, qui est un gage de qualité. Suite donc à cette Draft 5, Smith débarque chez les White Sox et on se dit qu’il est là pour boucher les trous. Et bien il a fait mieux que colmater puisque ce fut l’un des meilleurs lanceurs de la saison tout court. Il termine avec 146.1 manches en 29 starts pour un ERA de 3.81 et 145 K. Sélectionné au all-star game, il terminera même 10e au classement de rookie de l’année. De joueur non voulu, à probable Opening Day starter en seulement une saison quelle progression! On peut également citer la bonne performance de Davis Martin (4.13 d’ERA en 26 matchs) ou encore Sean Burke (4.22 d’ERA pour sa première saison complète) qui sont deux joueurs issus du farm system. Ces trois lanceurs seront les figures de proue de la rotation en attendant les pépites prometteuses.
Si ces deux secteurs ont bien progressé, au niveau du bullpen ce fut bien plus compliqué. Seul Mike Vasil (2.50 d’ERA en 101 manches !!!! et 4 sauvetages) a surnagé. Et c’est bien là qu’il faudra se renforcer pour la suite. Même si ce n’est pas la priorité du club. Ce sera un chapitre à écrire quand l’équipe se rapprochera d’un semblant de compétitivité.
Pour résumer, une saison 2025 beaucoup moins moche que 2024, même si ce n’était pas très compliqué. Et on commence à voir se dégager la future ossature de la franchise pour les années à venir, et avec encore du beau monde dans la couveuse.
Qu’attendre de 2026
On l’a vu, le train White Sox est réparti dans la bonne direction et avance à une allure de croisière intéressante. Le gros objectif de Will Venable va être de continuer cette croissance. Pour cela, le club va devoir s’améliorer dans les matchs serrés. En effet, 115 matchs la saison dernière se sont décidés par un écart de 4 points ou moins. Et c’est même 51 rencontres qui l’ont été par un seul petit run. Et dans ces dernières, Chicago a terminé avec 36 revers. Elle est là la marge de manœuvre pour encore progresser et gagner plus de matchs. Venable est de la nouvelle école lorsqu’il s’agit d’utiliser son bullpen. C’est à dire utiliser ses meilleurs releveurs lorsque ça compte le plus et peu importe la manche. C’est pourquoi le club a décidé de se pencher sur le sujet à l’intersaison. Alors, pas encore de foudre de guerre du côté du South Side, le club n’étant pas encore assez attractif pour les gros poissons.
Mais des noms intéressants, et un beau travail une nouvelle fois du front office. La plus grosse prise reste Seranthony Dominguez qui débarque en tant que closer, lui qui a souvent eu le 2e role dans les bullpens. Après une saison 2024 compliquée, il est bien revenu en 2025 entre Baltimore et les Blue Jays. Son expérience en carrière et la folle aventure jusqu’aux World Series de Toronto seront les bienvenues dans cette jeune équipe. S’il parvient à corriger son contrôle parfois inconstant, il pourrait être un atout majeur. Autre prise : Sean Newcomb. Ancien starter, converti releveur, il a connu une fin d’année 2025 tonitruante avec 1.75 d’ERA chez les Athletics en 36 rencontres (2.73 sur la saison avec son passage à Boston). Il fera partie des joueurs de confiance de Venable avec Mike Vasil (voir plus haut) et Jordan Leasure (déjà au club en 2025 3.92 d’ERA et qui a mieux terminé la saison). Enfin le club a fait le pari de prendre Jordan Hicks. A l’inverse de Newcomb, il a commencé sa carrière en releveur avant de tenter une transition vers le poste de starter. Une conversion vite annulée après les petites performances et son année 2025 a été calamiteuse (6.95 d’ERA mais 8.20 en fin de saison à Boston). Avec un poste attitré, releveur, et une pression moindre, on pourrait sans doute retrouver un peu du Hicks de 2018 ,2019 ou 2023. C’est un pari mais Chicago n’a rien à perdre et Boston a payé cher pour s’en débarrasser, lui et son salaire (3 joueurs plus de l’argent).
Au niveau de la rotation, on l’a dit on va repartir avec les 3 belles trouvailles de 2025, et pour combler les trous, on a également fait travailler le front office. D’abord, un retour, celui d’Erik Fedde, lui qui avait été la belle trouvaille de 2024, qui a eu du mal à confirmer en dehors de Chicago. Il a connu trois franchises en 2025 (Saint-Louis, Atlanta et Milwaukee) et il espère qu’un retour chez les White Sox lui permette de retrouver ses belles performances. Et pour l’accompagner dans le bas de la rotation, le front office est une nouvelle fois passé par sa filière asiatique (Erik Fedde est arrivé de Corée). C’est Anthony Kay qui débarque auréolé de deux superbes saisons en ligue japonaise. En 2024, il signe 3.42 d’ERA en 136.2 manches. Et après cette saison d’adaptation, il explose en 2025 avec 1.74 d’ERA pour Yokohama. Il sera intéressant de suivre le retour de celui qui avait quitté la MLB par la petite porte en 2023 mais qui revient plein de confiance. Et qui confirme la tendance de ces joueurs en difficulté en MLB qui partent se refaire la cerise dans les championnats asiatiques avant de revenir par la grande porte.

Enfin au niveau offensif, Chicago a fait très fort en s’offrant les services de Munetaka Murakami, l’un des plus gros frappeurs japonais. On en parle juste en dessous. Derrière cette énorme prise, le club a signé Austin Hays, un soldat et capable de choses intéressantes au bâton. Miguel Vargas sera de retour (.239/16Hr en 2025) comme l’un des capitaines de cette équipe, tandis qu’Andrew Benintendi, dernier des mohicans, tentera de surfer sur sa belle saison 2025 (.240/20HR et 63 RBI) lui qui n’a jamais confirmé son plein potentiel. Derrière place à la jeunesse que l’on a commencé à apercevoir en 2025. Et puis on a hâte de voir ce que vaut Luisangel Acuna, petit frère de Ronald, qui est arrivé dans le trade d’un Luis Robert enfin sous de nouvelles couleurs. La contrepartie est bien loin de ce que le club à un jour espéré mais Acuna a un potentiel certain. Et colle surtout plus à la timeline du club.
Difficile de pronostiquer cette saison 2026. On le sait la 2e saison est souvent la plus dure pour les jeunes pousses qui arrivent en MLB. On espère qu’ils vont continuer leur progression et ainsi ramener un peu de bonheur aux fans de la franchise qui souffrent depuis un bon moment.
La pépite : Colson Montgomery

Il était très attendu par les fans. C’était sans doute le meilleur prospect frappeur des White Sox. La franchise a retardé un maximum son arrivée en MLB afin de ne pas le cramer et à sans doute bien fait. Après avoir surdominé les niveaux inférieurs, le club aurait pu l’envoyer en MLB plus tôt. Mais on a préféré le laisser se heurter au mur du triple A que Montgomery a eu du mal à franchir (.218 en 2025). Cependant, sûre de ses qualités, la franchise fait finalement appel à lui en juillet 2025. Et on l’a dit celui qui fut drafté au premier tour en 2021 (22e place), n’a pas attendu longtemps pour épater la galerie. Il va frapper 21 HR et 55 RBI en seulement 71 matchs, mais devra travailler sa constance (.239). Mais il possède un énorme potentiel et forme avec Meidroth, une sacrée paire de défenseur.
L’arrivée de Murakami va lui enlever un peu de pression et ce sera le bienvenu pour celui qui n’a que 24 ans et qui va voir les lanceurs s’adapter à lui.
Petit point cocorico : Notre Mathias LaCombe national continue son bonhomme de chemin dans l’organisation des White Sox. Après avoir impressionné au niveau Rookie Ball (2.52 d’ERA sur 12 matchs dont 9 départs et 35.2 manches), notre français a découvert la Class A.

Du côté de Kannapolis, dans l’état de la Caroline du Nord, il termine avec un ERA de 4.08 en 7 matchs (5 starts) et 17.2 manches. Au total, c’est 73 strikeouts au compteur pour Mathias et sa slider dévastatrice. J’ai pu discuter avec son entourage qui m’ont confié qu’il avait passé l’hiver à s’entrainer et avait même participé à un camp d’entrainement avec des grands noms MLB comme Alex Bregman et Zac Gallen. Rien que ça. On a hâte de suivre la progression de Mathias en 2026.
La Star : Munetaka Murakami

C’est une arrivée qui a surpris tout le monde. Longtemps, Murakami fut l’un des noms les plus convoités. Mais petit à petit, les équipes intéressées se sont désistées. Pour le plus grand bonheur des White Sox qui vont offrir au slugger 32 millions sur deux ans. Alors déjà qui est Murakami ?
Et bien pour faire simple, c’est peut-être le plus gros cogneur de l’histoire du Japon. En 2022, il devient le japonais à avoir frappé le plus de HR sur une saison avec 56. Battant au passage la légende Sadaharu Oh (le record all time en NPB est de 60 par Wladimir Balentien). Cette année là, il est élu MVP du championnat japonais en décrochant la triple couronne (meilleur frappeur en moyenne, en HR et en points produits). Une saison historique à seulement 22 ans. Car oui, il n’a que 25 ans aujourd’hui. Il part du Japon avec 224 HR au compteur. Au niveau de la moyenne, outre sa saison hors du temps en 2022 (.318, 56 HR et 134 RBI), il tourne entre 24 et 27% au bâton. C’est donc une énorme force de frappe qui débarque dans le South Side.
Petit hic, et pourquoi il n’a pas rejoint une plus grosse pointure. Sa propension à se faire strikeout, déjà élevé au Japon et qui risque d’empirer en MLB. Peu importe, c’est un joueur qui peut terminer la saison avec 23%, 30 HR et 100 RBI et ce serait déjà très bien pour les White Sox qui ont besoin de puissance de frappe.
Notre prono
68-94, une saison de transition pour les White Sox. Les jeunes pousses vont être confrontées au « Sophomore Wall » et c’est là que l’on verra s’ils ont ce qu’il faut pour faire passer la franchise dans la prochaine étape du rebuild. Néanmoins, l’ossature est déjà en place, reste à trouver les pièces manquantes. Une de ces pièces pourraient être Murakami. Mais va-t-il réussir sa transition en MLB ?
