La MLB à l’international : aux origines de la World Baseball Classic

Alors que se rapproche la 6ème édition de la World Baseball Classic, TSO revient sur les origines de la compétition au milieu des années 2000, dans un contexte de globalisation économique néo-libérale, de développement d’Internet et d’une MLB entre réussite économique et gestion des crises comme les conséquences de la grève de 1994-1995 et des scandales de la Steroid Era mais aussi la concurrence toujours plus grande pour capter les publics jeunes entre les ligues sportives et les activités de loisir, en particulier, les jeux vidéos.

Crédit : World Baseball Classic Inc.

En mai 2005, Bud Selig, commissaire de la Major League Baseball, annonce la création d’une nouvelle compétition mettant aux prises des équipes nationales, tournoi dans lequel évolueront des joueurs des Ligues Majeures : la World Baseball Classic. Une révolution dans le baseball international qui fut longtemps le domaine des joueurs amateurs avant de s’ouvrir progressivement aux joueurs professionnels à partir du tournoi olympique des JO de Sydney en 2000. Malheureusement, sans que les joueurs de la MLB ou de la NPB prennent en marche le train de l’Olympisme professionnel. Alors pour mieux comprendre cette révolution WBC, petit retour en arrière.

Si le baseball est l’un des premiers sports modernes à se professionnaliser, le baseball international mit du temps à se construire, particulièrement le baseball entre nations. Ce baseball dut se battre pour exister au sein de deux espaces distincts : l’olympisme et les fédérations internationales, mondiales ou continentales.

Les débuts des matchs internationaux

Le baseball tente péniblement des débuts aux Jeux Olympiques lors des éditions 1900 et 1904 mais c’est bien en 1912 qu’une véritable rencontre internationale a lieu lors des JO 1912 de Stockholm, un match entre une sélection des participants aux compétitions d’athlétisme de la délégation américaine et un club suédois local, le premier du pays, le Västerås Baseball Club, renforcé par quatre athlètes de la délégation américaine. Les États-Unis l’emportent 13 à 3.

Par la suite, d’autres rencontres puis tournois entre nations auront lieu aux JO lors de certaines éditions comme en 1956 à Melbourne entre l’équipe nationale australienne et une équipe américaine composée de membres du commandement militaire basé au Japon, en 1964 à Tokyo avec une double confrontation USA – Japon, remportée par les premiers ou encore le tournoi de Los Angeles 1984 qui vit la victoire du Japon sur les États-Unis, dans un évènement réunissant huit équipes dont l’Italie, championne d’Europe 1983. À ce moment-là, le baseball est toujours un sport de démonstration, tout comme en 1988 à Séoul. C’est à partir des Jeux de Barcelone en 1992 qu’il devient sport officiel, rejoint ensuite par le softball féminin en 1996 pour les Jeux d’Atlanta. Il le sera jusqu’à l’édition de Pékin en 2008 avant de disparaître durant 13 ans, faisant son retour en 2021 lors des JO de Tokyo… 2020. Il sera également sport officiel à Los Angeles 2028.

Coté fédération internationale, l’histoire fut toute aussi compliquée. Et pour illustrer cette complexité, il faut remonter aux JO de Berlin en 1936. L’ancien major leaguer Leslie Mann y organise le tournoi de démonstration de baseball, qui se résumera à une rencontre américano-américaine, même s’il fut considéré un temps la participation de l’équipe de France, créée en 1929, et qui avait déjà joué des matchs contre les Pays-Bas, la Belgique ou l’Espagne. Mann souhaite développer le baseball aux Jeux Olympiques mais, au-delà, le baseball au niveau international. Souhaitant surfer sur la présence du National Pastime aux Jeux de 1936, Mann travaille à un évènement avec les équipes des États-Unis et du Japon en 1937 mais la deuxième guerre sino-japonaise l’oblige à change ses plans. Il organise alors un tournoi à deux équipes, la coupe John Moores, du nom du président de la fédération de baseball britannique, entre les États-Unis et la Grande-Bretagne en 1938 dans cinq villes du nord de l’Angleterre. Les hôtes remportent le tournoi dans ce qui est considéré comme la première coupe du monde de baseball, ou plutôt, au départ comme les premières Amateur World Series. La même année, La fédération internationale de baseball (IBF puis IBAF) est fondée, avec Mann à sa tête.

Bien que le baseball se dote d’une instance mondiale, celle-ci ne représente que le baseball amateur, suivant les règles de l’amateurisme du Comité International Olympique. La fédération n’a donc pas de liens avec la puissante MLB ni même le championnat pro naissant du Japon, qui deviendra la NPB. D’ailleurs, le Japon ne participe à sa première coupe du monde qu’en 1972. Il est alors le premier pays asiatique à rejoindre ce qui est encore les Amateur World Series. Les Pays-Bas et l’Italie l’ont précédé en 1970 comme premiers représentants européens depuis la Grande-Bretagne en 1938. Avant les années 1970, la compétition ne concerne essentiellement que l’Amérique Latine, les États-Unis ne participant plus entre les éditions de 1942 et 1969.

Mais alors que la fédération internationale commence, au début des années 1970, à sortir de sa zone de confort d’Amérique Latine, elle fait face, en 1973, à une scission, sur fond de guerre froide, avec une nouvelle organisation qui va proposer ses propres compétitions internationales jusqu’à la résolution des tensions, en 1976, entre les nations des blocs de l’Ouest et de l’Est, qui voit la fin de scission. L’apaisement au sein de l’instance permet à celle-ci de travailler à l’intégration pérenne du baseball au sein de l’olympisme à partir des Jeux de Los Angeles. Le succès du tournoi de 1984 et les efforts de développement de l’IBAF amènent le CIO à voter l’intégration du baseball comme sport officiel aux Jeux de 1992. Le baseball international passe à un autre niveau et les Amateur World Series changent de nom pour devenir officiellement la coupe du monde de baseball en 1988.

Pour autant, tout n’est pas réglé. L’IBAF a mauvaise presse auprès de la MLB. Quand celle-ci annonce la création de la WBC, la fédération internationale y joue un rôle plutôt mineur dans un premier temps. L’organisée et puissante ligue américaine ne fait pas confiance à une fédération qu’elle voit comme peu influente, peu structurée voire corrompue. Il faudra attendre l’arrivée d’un nouveau président, l’américain Harvey Schiller, un ancien de la NCAA et des médias Yankees, pour que les relations s’assainissent entre les deux organisations.

La MLB entre dans la danse

Mais qu’est-ce qui amène la MLB à investir dans une nouvelle compétition internationale où des nations vont s’affronter alors qu’elle organise depuis plus de 150 ans une ligue fermée de clubs ? Cette décision ne sort pas de nulle part. Elle est la conséquence de plusieurs phénomènes qui touchent la MLB et qui relève du défi pour cette ligue centenaire.

En premier lieu, le monde change. Drastiquement. Le début des années 1990 a vu la fin de la Guerre Froide et la victoire du monde occidental, particulièrement des États-Unis. Un monde nouveau apparaît, celui d’un capitalisme triomphant via sa mutation néo-libérale. C’est la fameuse « Fin de l’Histoire » de Francis Fukuyama qui déclare, à la fin de la décennie précédente, que la chute du Mur de Berlin et la fin d’un certain nombre de dictatures sont le signe que la démocratie libérale et l’économie de marché n’auront désormais plus d’entraves et que la guerre devient de plus en plus improbable. Si l’avenir lui a donné tort, cela représente bien l’esprit de l’époque.

Les mutations économiques touchent également le monde sportif. Certains sports se professionnalisent comme le rugby. D’autres se libéralisent comme le football. Plus que jamais, le sport est un spectacle et un business avant tout. Rien de neuf pour la MLB qui se construit sur ces principes depuis la fin du 19ème siècle mais cela signifie qu’elle va maintenant affronter une concurrence globalisée, tant au sein du monde sportif qu’avec l’ensemble des activités de loisirs. Et une concurrence qui se joue désormais à l’échelle mondiale sur une planète qui semble plus petite que jamais grâce à l’explosion des nouvelles technologies, particulièrement Internet.

Ce nouveau monde rend les publics moins captifs, y compris sur le marché américain où le National Pastime séduit moins les publics jeunes qu’auparavant, eux qui ont de plus en plus accès aux produits culturels numériques, via les jeux vidéos ou encore le piratage qui permet d’accéder gratuitement aux films, aux séries TV et à la musique. D’ailleurs, la MLB observe à l’époque que les jeunes Américains jouent de moins en moins au baseball et le regardent également de moins en moins, une tendance qui va se confirmer jusqu’à aujourd’hui, même si l’ère Ohtani semble avoir relancé l’audience chez les plus jeunes.

Deuxièmement, même si la MLB continue d’être une entreprise à succès, avec des records d’affluence au stade dès 2004, elle a dû faire face à deux crises qui ont entamé son capital confiance chez les fans. La première crise est la grève des joueurs de 1994-1995, qui amène à l’interruption définitive de la saison 1994 à partir du 12 août, avec pour résultat que les World Series ne sont pas jouées pour la première fois depuis l’édition 1904. Même si la MLB reprend, en retard, au printemps 1995, le mal est fait. La grève, très mal vécue par les fans, qui y voient un conflit entre de riches joueurs et de très riches propriétaires, conduit un grand nombre d’entre eux à se détourner de la MLB, de manière définitive ou non.

(Eric Risberg / Associated Press)

Ce qui va sauver le baseball, c’est, en autres, la grande course aux homeruns de 1998 entre Mark McGwire, Sammy Sosa et, dans une moindre mesure, Ken Griffey Jr. Les deux premiers vont battre le record de homeruns en une saison de Roger Maris (61 homeruns en 1961) et donc la marque iconique des 60 homeruns de Babe Ruth, datant de 1927. Évidemment, cette course affole tout le pays et redonne de l’intérêt à la MLB. Tout comme le record de Barry Bonds qui frappe 73 homeruns en 2001. Mais ces records cachent alors la deuxième crise : le dopage généralisé.

Si, ce que l’on nomme la Steroid Era, connaîtra son apothéose médiatique avec le rapport Mitchell, commandé par la MLB en mars 2006 et livré en décembre 2007, le début des années 2000 est déjà jalonné des premiers scandales et des premières révélations. Et personne n’était dupe pour la course aux homeruns de 1998. Tout le monde savait mais tout le monde a fermé les yeux. Pas longtemps. Quand la WBC est créée par la MLB, elle sait que la tempête va arriver prochainement. Même si les officiels de la MLB qui ont œuvré à la création de la compétition n’en ont jamais parlé, il est difficile de croire que ce contexte-là n’a pas joué au moment où il fallait positionner la marque MLB sur l’ensemble du globe, surtout que les scandales de dopage inondés aussi d’autres sports majeurs comme le football ou le cyclisme.

La MLB doit donc affronter des crises, des questions sur son avenir ainsi qu’une concurrence exacerbée dans un monde qui change et qui se rétrécit. Et surtout, elle se contentait jusqu’à présent d’un marché d’environ 330 millions d’habitants, entre les États-Unis et le Canada, alors que la planète compte plus de 6 milliards d’individus au début du 21ème siècle. Comme le dira Bob DuPuy, le président de la MLB, à l’origine de la WBC : « Notre monde est devenu de plus en plus petit. Par conséquent, les produits de divertissement, nos produits, vont devenir mondiaux. On ne peut plus se permettre d’être provincial. Il ne peut plus s’agir uniquement des États-Unis ». Le mantra est Growing the Game, développer le jeu.

C’est pourquoi la MLB décide de créer une nouvelle compétition, faite pour durer, afin de mettre en avant ses joueurs, au sein d’équipes nationales, et amorcer une nouvelle dynamique de sa marque au niveau international. En cela, elle suit une certaine tradition du baseball pro américain qui a, depuis la première tournée professionnelle de 1874 dans les îles britanniques, essayait de conquérir le monde. Spalding, qui était de la tournée de 1874, reprendra le concept en 1889 en faisant jouer son équipe des Chicago Cubs, avec une sélection de joueurs d’autres équipes de la National League, de l’Australie à l’Angleterre en passant par le Sri Lanka, l’Egypte, l’Italie et la France. Puis il y aura les tournées mondiales puis européennes des New York Giants et des Chicago White Sox en 1914 et 1924, qui joueront d’ailleurs en France. Les stars de la MLB iront aussi jouer au baseball au Japon, notamment la mythique tournée de 1934, avec Babe Ruth et Lou Gehrig, qui favorisera l’émergence du baseball pro sur l’archipel nippon.

Cependant, ces tournées étaient souvent des initiatives de présidents, de managers et de joueurs, et non une stratégie pensée par l’ensemble des dirigeants du baseball. Il faut attendre 1989 et la création de MLB International pour voir la ligue américaine commencer à penser à une stratégie d’internationalisation cohérente. Tout en s’occupant de vendre les droits de retransmission à l’étranger et à trouver de nouveaux sponsors, MLB International s’emploie aussi à développer le baseball dans des pays où ce dernier est émergent ou installé mais comme un sport mineur. En 1991, elle envoie plusieurs coachs aux Pays-Bas et elle le fera ensuite dans plusieurs dizaines de pays, notamment la Chine qui fut un temps une cible prioritaire de la MLB. Des académies de baseball et des événements type festivals sont également créés par la MLB ou des franchises de la ligue, les Los Angeles Dodgers, à la pointe sur ce sujet, inaugurant la première académie liée à la MLB en 1987, en République Dominicaine.

Néanmoins, il faut attendre une dizaine d’années pour voir MLB International commencer à organiser des évènements d’ampleur, via des matchs exhibition, comme à Cuba en 1999 ou au Venezuela en 2000, ou encore une série d’ouverture de la saison régulière au Mexique en 1999. Ces événements sont un prélude à l’apparition de la World Baseball Classic, alors que les équipes de la MLB ne cessent de voir leurs propres effectifs s’internationaliser, notamment avec l’arrivée de plus en plus de joueurs asiatiques en provenance du Japon comme Hideo Nomo en 1995 (2ème japonais en MLB après Murakami en 1964) ou le phénomène Ichiro en 2001, de Corée du Sud avec Chan Ho Park en 1994 (1er coréen) ou de Taïwan avec Chen Chin-feng en 2002 (1er taïwanais).

Couverture Sports Illustrated du 10 juillet 1995 avec Hideo Nomo – Crédits : Sports Illustrated

L’idée d’un tournoi international comme la WBC germe au sein de la MLB au milieu des années 1990 et prend de l’épaisseur au début des années 2000, malgré le scepticisme de nombreux dirigeants de clubs, notamment le big boss des New York Yankees, Georges Steinbrenner, ou des dirigeants de la MLBPA, l’association des joueurs. Pour les propriétaires, la crainte est de voir leurs joueurs se blesser durant une compétition autre que la MLB. Côté MLBPA, on s’inquiète de savoir quelle sera la politique anti-dopage de cette compétition mondiale, sanctionnée par la fédération internationale de baseball, qui doit respecter d’autres règles en la matière que celles, légères, de la MLB du début des années 2000.

Le tortueux chemin vers la WBC

Chez le syndicat des joueurs, un dirigeant croit à l’idée et sera l’une des chevilles ouvrières du projet, Gene Orza, le directeur général des opérations de l’organisation. Avec Bob DuPuy de la MLB, ils mènent ce projet qui doit faire face à de nombreuses craintes et critiques. Ils doivent également faire face à plusieurs obstacles, en plus des questions liées aux blessures et dopages, qui amenèrent la MLB a modifié son plan initial d’organiser la première édition en 2005.

Le premier obstacle concerna la participation des professionnels japonais de la NPB. Tout comme la MLB, la NPB est une ligue professionnelle qui pense d’abord à ses propres intérêts. C’est aussi une ligue puissante financièrement même si elle n’est pas au niveau de la ligue américaine. Pour les dirigeants de la NPB, il était hors de question de participer à une compétition où la MLB et la MLBPA aller s’accaparer la majorité des profits alors que leurs joueurs aussi prenaient les mêmes risques que les Major Leaguers. Business is business. Un accord fut trouvé le 16 septembre 2005 après quatre mois de négociations, permettant de lancer la compétition pour le mois de mars 2006.

Le deuxième problème mit plus de temps à se régler. Il se régla même que 39 jours avant le début de la compétition. Ce problème, c’est la participation de Cuba. La MLB souhaitait réunir des équipes de tous les continents et, en particulier, les meilleures équipes du monde. Ceci impliquait Cuba, l’une des superpuissances du baseball mondial, mais toujours ennemi de l’Amérique. Comment organiser un tournoi avec les meilleurs sans la nation qui vient de remporter les Jeux Olympiques 2004 et trois des tournois olympiques depuis 1992 ? Comment faire sans la nation recordman de titres en coupe du monde dont 9 titres consécutifs entre 1984 et 2005 ? Impossible. Seulement, la WBC n’est pas une compétition amateur. Contrairement à la coupe du monde, elle amateur, ou aux Jeux Olympiques, qui ont un statut particulier, la WBC est un tournoi dans lequel les nations se partagent les bénéfices financiers. Or, cela va à l’encontre de l’embargo américain sur Cuba qui interdit toute aide ou investissement d’ordre financier en direction du Cuba. En gros, la MLB ne peut financer Cuba en lui donnant sa part des profits engendrés par la compétition.

C’est finalement le 23 janvier 2006, à 39 jours de la compétition, que le gouvernement des États-Unis accepta la participation de Cuba à condition que le pays reverse sa part des bénéfices en dons pour les victimes de l’ouragan Katrina, rejouant ce qui s’était passé en 1999 quand les Baltimore Orioles avaient pu jouer une série de matchs contre l’équipe nationale cubaine, à Cuba, en reversant les recettes aux victimes de l’ouragan Mitch, afin de ne pas contrevenir à l’embargo. En définitive, Cuba, passé proche d’une non-participation, parviendra en finale où il s’inclinera face au Japon.

Le 3 mars 2006, la compétition débute. Les stars se bousculent sur les terrains : Derek Jeter, Ichiro, Justin Morneau, Roger Clemens, Ken Griffey Jr, Koji Uehara, Andruw Jones, Yadier Molina, Albert Pujols, Vladimir Guerrero, Mike Piazza, Omar Vizquel et bien d’autres. Alors qu’en juillet 2005, les fans de baseball ont appris que leur sport favori disparaîtrait du programme des JO après l’édition 2008, la WBC leur apporte quelque chose d’inespéré, quelque chose qui avait condamné la présence du baseball aux JO : une compétition avec les meilleurs joueurs du monde, ceux de la MLB, de la NPB, de la KBO ou du championnat cubain. La WBC 2006 sera un succès, à la fois économique et d’estime, malgré la défaite de Team USA lors du second round. La réussite au rendez-vous, la MLB peut alors se projeter sur la suite, une stratégie d’internationalisation qui passera à la vitesse supérieure durant les années 2010. Mais cela, c’est une autre histoire.


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