Preview 2025 : San Francisco Giants – On est Posey dans la Bay

Le crissement de la terre sous les crampons, le bruit de la batte sur une balle, les gants qui chauffent à la réception de lancers à 99mph. On peut enfin le dire, BASEBALL IS BACK. Et oui, on y est, après une longue hibernation, on va pouvoir se délecter du retour de nos héros favoris. Le Spring Training bat son plein, et c’est dès maintenant que la saison se construit pour les 30 franchises. Cohésion d’équipe, rookies qui se battent pour découvrir la MLB et vétérans qui souhaitent prouver qu’ils ont encore une place. Les 26 places de l’effectif vont être ardemment disputées. Et pour vous aider à y voir plus clair à l’orée de cette saison 2025, TSO vous propose de retrouver votre série préférée : les 30 franchises en 30 jours. Chaque jour et cela pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction afin de vous la présenter en long et en large, afin d’être fin prêt pour le début de la régulière. On fait un détour par la Baie de San Francisco pour passer en revue les Giants.

Alors que le front office, et plus particulièrement le President of Baseball Operations (POBO), Farhan Zaidi, tente tout les hivers de faire venir les gros noms de la free agency, l’équipe qui se retrouve sur le diamant durant la saison fini inexorablement au milieu du classement de NL, n’étant pas au niveau pour régater avec les équipes en compétition pour les Wild Card.

2024 n’a pas dérogé à la règle.

Malgré l’engagement du « Mad Scientist » Bob Melvin à la barre (qui collectionne les postes de manager d’équipes en bordure du Pacifique) et les arrivées de Matt Chapman (3B), Blake Snell (P), Jung Ho Lee (OF), Jordan Hicks (P) et Jorge Soler (OF), la saison fut longue, et ennuyeuse pour les fans des Giants.

Dans une division certes relevée (NL West, home of the Dodgers, Padres, DBacks & Rockies), le plan était de pouvoir se qualifier via les Wild Cards, quitte à être à la bataille avec les collègues de la NL West.

Un plan vite mis à mal.

Robbie Ray, l’ancien des Mariners, arrivé avec le statut d’ace, est out pour la saison, avec une opération Tommy John. A cela s’ajoute la blessure de Blake Snell après seulement 3 départs. Out entre le 20 avril et le 8 juillet, il fait un retour fracassant, avec notamment 15 strikeouts en 6 manches le 27 juillet contre les Rockies (record MLB de strikeouts en 6 manches ou moins). Et, lors de son départ suivant, un no-hitter face au Reds, lançant en 8e et 9e manches pour la première fois de sa carrière !

Une fin de saison canon pour Snell (20 départs, 5v-3d, ERA 3.12, FIP 2.43) mais trop tard pour influer sur la destiné de son équipe et pour tenter de conserver son Cy Young. Comme d’habitude depuis 3 saisons, il faut se tourner vers Logan Webb pour avoir l’ace de la rotation.

Durabilité, fiabilité, voici ce que Webb a de nouveau amené en 2024. 33 départs (#1 MLB), 204 innings (#1 MLB), 840 batteurs affrontés (#1 MLB), pour 13v et 10d, la faute à un pauvre run support (aussi appelé le « deGrom Syndrom »). Mais tout de même une première sélection au All-Star Game, une 3e saison consécutive dans le top 11 au Cy Young (#6).

La profondeur de la rotation ayant été mise à mal toute la saison, les jeunes pousses maison ont été testées. Si Kyle Harrisson (7v-7d, 124 manches lancées, ERA 4.56, FIP 4.33), Keaton Winn (3v-8d, 55 manches lancées, ERA 7.16, FIP 4.85) et même Mason Black ont pu connaître des fortunes diverses, c’est Hayden Birdsong et Ryan Walker qui ont marqué les esprits.

Birdsong, 23 ans, drafté au 6e tour en 2022, a debarqué en juin à l’Oracle Park, alors que les Giants sont au plus bas (11 matchs de la Wild Card). Il alignera 16 départs, pour un ERA de 4.75 (FIP 4.67). Mais son point fort, le strikeout (une moyenne de 13 strikeouts/ 9 manches = SO/9 en Minors) fonctionne bien au niveau supérieur (11 SO/9) et devrait faire des malheurs dans les prochaines saisons.

Walker, un autre produit maison, est passé dans le bullpen pour 2024, et ce changement lui a été bénéfique : ERA 1.91, FIP 2.52, 10 saves. Plutôt que de se placer comme un releveur de plusieurs manches, sa « reconversion » l’a amené à concurrencer Camillo Doval pour le job de closer, puis lui prendre à la suite de performances en-deça des attentes pour Doval (ERA 4.88, 23 saves, 5 blown saves) et un court séjour en Triple A en août afin de remettre les choses à l’endroit pour le jeune (24 ans) lanceur.

Ryan Walker perpétue la tradition du closer barbu à San Francisco ©Sportsnet.ca

Si la rotation a manqué de stabilité durant la saison, on ne peut pas dire que l’alignement a été beaucoup plus performant dans son ensemble, mélangeant bonnes performances défensives et… médiocrité offensive.

Jorge Soler s’est avéré inefficace dans son rôle de cleanup hitter (12 HR, 40 RBI, moy 0.240), et a tellement déçu le management qu’il a été échangé à la trade deadline, malgré un contrat de 3 ans en poche.

Au milieu d’une attaque moyenne (18e en Runs per game, 20e en Hits, 17e en HR et RBI, 29e en bases volées,…), Matt Chapman (27 HR, 78 RBI à 0.24 moy) s’est révélé comme leader, lui qui est plus connu pour ses prouesses défensives. L’air de la Bay Area y est pour quelque chose, lui permettant de remporter quelques votes pour le MVP (11e) et son 5e Gold Glove en 3e base.

Une récompense qui a aussi été attribuée à son catcher, Patrick Bailey. Après pas mal de tatônnement à ce poste-clé, suite au départ à la retraite de Buster Posey, les Giants semble enfin avoir trouvé la perle, en interne. Bailey, a su maintenir des performances offensives correctes (8 HR, 27 RBI, 0.234 moy) pour un catcher, mais a surtout ébloui par ses performances défensives et sa capacité à appeler les pitchs. De bonne augure pour les futures saisons avec les jeunes pousses de la rotation.

Les vétérans en place, de Mike Yastrzemski à Michael Conforto, en passant par LaMonte Wade Jr ont été corrects, dans la moyenne finalement, compensant la pauvreté de l’apport de Thairo Estrada en seconde base.

La bonne pioche a été Heliot Ramos (22 HR, 72 RBI, moy .269), appelé en remplacement de Jung Hoo Lee, recrue vedette et blessé au bout de 2 mois pour le reste de la saison. Pour sa 3e saison, avec enfin du temps de jeu, Ramos à pu s’épanouir et récolter une sélection pour le All Star Game, le seul de l’alignement à avoir cet honneur. L’offensive des jeunes pousses locales a été confirmée par la belle seconde saison en Majors de Tyler Fitzgerald (15 HR, 34 RBI, moy .280), couteau suisse de l’infield (shortstop, 2e base).

Envoyé en Triple A en mars, rappelé en mai, All-Star en juillet…©nbcsportbayarea.com

2024 a donc été une saison de transition, encore une, pour les Giants. L’impossibilité de signer et/ou garder les gros free agents sonnant le glas pour Fahran Zaïdi après 6 saisons comme POBO. On peut quand même noter la volonté de promouvoir des jeunes talents maisons, stratégie classique en période de reconstruction.

LA grosse nouvelle de la saison morte, c’est le retour de Buster aux affaires. Buster Posey, légende locale, prend la direction du club en devenant POBO et en nommant Zach Minasian, General Manager.

Posey ©nytimes.com

Grosse dose de baume au coeur des fans des Giants, Posey étant une figure aimée du club. Et l’ancien catcher ne tarde pas à mettre sa patte sur l’équipe, en signant celui qui était le second free agent (hors pitcher) le plus convoité de l’hiver, Willy Adames.

Bon, 182M$ sur 7 ans, ça aide aussi. C’est le plus gros contrat offert par les Giants, battant les 163M$ sur 9 ans offert en 2013 à… Buster Posey.

Et d’un coup, voici que l’alignement, notamment l’infield, se transforme et prends un tour beaucoup plus sympathique, avec aussi le retour de Jung Hoo Lee, qui n’avait pas pu montrer son vrai visage en si peu de matchs en 2024 :

  • C : Patrick Bailey – Gold Glove et qui bénéficiera à n’en pas douter des précieux conseils de Posey
  • 1B : LaMonte Wade Jr – dernière saison avant free agency, sa dernière occasion de faire des étincelles pour décrocher un dernier gros contrat. Sinon, Bryce Eldrige, le top prospect des Giants, sera en embuscade et Vlad Jr sera une cible de choix pour les Giants, au pire durant la saison morte 2025.
  • 2B : Tyler Fitzgerald – qui va glisser de l’arrêt court vers la seconde base, en espérant qu’il continue sa progression offensive
  • SS : Willy Adames – On y reviendra dans le paragraphe spécial « Star de l’équipe – joueur à suivre »
  • 3B : Matt Chapman – le magicien défensif n’aura pas la pression d’être le leader d’attaque, une bonne raison pour être encore plus offensif ?
  • LF : Heliot Ramos – le All-Star 2024 va certainement hériter du champ gauche après le départ de Michael Conforto (Dodgers). Avec la même réussite que la saison dernière ?
  • CF : Jung Hoo Lee – ultra dominateur en KBO (ROY, MVP, 5x GG, 2x champion des batteurs,…), Lee n’a pas pu étendre son succès la saison dernière. Attention, joueur fragile entrant dans son prime, il sera l’objet de toute les attentions de la part du staff médical.
  • RF : Mike Yastrzemski – l’ancien de l’équipe, qui a su rebondir en 2024 et qui sera aussi free agent fin 2025. Son temps de jeu risque d’être grignoté par Luis Matos, qui, à 22 ans, a déjà disputé 121 matchs en 2 saisons.
Rise and shine young Giants ! ©mercurynews.com

La première mission de Buster est, sur le papier, accomplie. Sa rotation en devenir a besoin de run support. Dans le meilleur des cas, les prospects évoluent positivement, Adames apporte ce qui a fait de lui la star des Brewers, et tout va bien dans le meilleur des mondes.

Il faut donc aux Baby Giants de la rotation, un mentor, un vétéran exemplaire. Et, à l’occasion, un remplaçant à Blake Snell, parti monnayer son excellente fin de saison chez les Dodgers.

Deuxième coup de Posey, qui met la main sur Justin Verlander. Certes, Justin est vieux, Justin coûte cher, Justin se blesse. Mais pour 1 an, l’apport d’un lanceur du calibre de Verlander (futur HOFer, 2 bagues, 3 Cy Young, 9x All Star, 3 no hitter) ne peut pas être denié. Il peut être un énorme boost pour cette jeune rotation et va permettre de diminuer la pression sur les épaules de Logan Webb.

1ère sortie encourageante lors du Spring training pour Verlander ©apnews.com

Si on ajoute le retour de Robbie Ray, un rebond de Jordan Hicks (même si ses stats le positionne en fin de rotation) et l’épanouissement des jeunes bras que sont Birdsong, Harrison, Mason Black et Landen Roupp, la rotation devrait être beaucoup plus stable que la saison dernière. Le bullpen reste solide derrière Walker et Doval, même si la belle histoire des jumeaux Rogers est finie avec l’échange de Taylor aux Reds pour Braxton Roxby, un releveur de Minors. Mais on sait que les bullpen sont les variables inconnues des équipes.

L’objectif est avant tout de redonner du plaisir au public de SF, tout en développant un noyau de jeunes pour répéter les exploits des années 2010s. Dans une division où les Dodgers sont amenés à dominer encore un moment, l’objectif sera clairement les Wild Cards, et la bataille avec les Padres et les DBacks.

Spring Training ’25 ©msn.com

Ce n’est peut être pas un nom qui éveille beaucoup d’émotions si vous n’êtes pas un fan des Brewers ou accro au baseball, mais Adames est bien dans la classe des stars de la MLB.

Longtemps cantonnés dans des équipes de petits marchés (Tampa, Milwaukee), le shorstop dominicain, a clairement le profil pour dynamiter l’attaque des Giants et solidifier la défense en infield.

Depuis son premier match en majeurs, à 22 ans en 2018, jusqu’à la saison dernière, ses statistiques n’ont fait que de s’améliorer, avec notamment une saison 2024 qui lui a servi de magnifique vitrine pour négocier son nouveau contrat en tant que free agent.

Réputé pour être un frappeur de contact en début de carrière, Tampa décide de l’échanger après 40 matchs en 2021, à la fois parceque Willy a une moyenne sous la Mendoza Line, et pour faire de la place au nouveau phénomème du farm system floridien, Wander Franco (voilà, voilà…)

2 tiers de saison 2021 à Milwaukee, et Adames est transformé. Craig Counsell, le manager des Brewers, lui demande d’être plus agressif au marbre. 99 matchs, 20 HR et 58 RBIs plus tard, Adames receuille des votes pour le trophée de MVP (#16).

2022 et 2023 seront du même accabit, mais toujours sans reconnaissance (vote MVP, All-Star). Durant 2024, il ajoute une corde à son arc, passant d’un voleur de base basique (max 8 en 2022) à un coureur élite, volant 21 bases, ne se faisant attraper que 4 fois. 32 HR, 112 RBI et une moy à la batte de 0.251 lui permette de nouveau de récolter quelques voix au vote de MVP (#10).

Le Dominicain a toutes les cartes en main pour devenir la figure de proue du nouveau projet qui se met en place sous l’égide de Buster Posey. Il a donc 7 ans (la durée de son contrat) pour délivrer la marchandise et se faire une place aux côtés des shortstop de légendes des Giants, Brandon Crawford, Rich Aurilla & cie.

87 victoires – 75 victoires : 3e NL West

Pas forcément de folie, mais le besoin de regarnir le farm system est là. Wade Jr et Doval sont les 2 joueurs ayant le plus de chance de partir avant la Trade Deadline.

Sinon, le 5 février (2.5 au format US) est officiellement le Barry Bonds Day à San Francisco…


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