
Le crissement de la terre sous les crampons, le bruit de la batte sur une balle, les gants qui chauffent à la réception de lancers à 99mph. On peut enfin le dire, BASEBALL IS BACK. Et oui, on y est, après une longue hibernation, on va pouvoir se délecter du retour de nos héros favoris. Le Spring Training bat son plein, et c’est dès maintenant que la saison se construit pour les 30 franchises. Cohésion d’équipe, rookies qui se battent pour découvrir la MLB et vétérans qui souhaitent prouver qu’ils ont encore une place. Les 26 places de l’effectif vont être ardemment disputées. Et pour vous aider à y voir plus clair à l’orée de cette saison 2025, TSO vous propose de retrouver votre série préférée : les 30 franchises en 30 jours. Chaque jour et cela pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction afin de vous la présenter en long et en large, afin d’être fin prêt pour le début de la régulière. Allez on passe à une équipe qui doit (enfin) passer un cap pour répondre aux attentes.
Retour sur la saison 2024
En arrivant à l’aube de la saison 2024, les espoirs sont grands du côté de Cincy. Après un exercice précédent terminé avec 83 victoires, le club a vu également ses jeunes pousses éclaboussé la MLB de leurs talents. Les attentes sont telles que même le front office, très souvent frileux, a sorti les billets pour renforcer son roster avec des joueurs d’expérience. Oui mais voilà tout ne va pas se passer comme prévu. En plus de vivre la première saison depuis plus de 10 ans sans Joey Votto.

On commence à en avoir un peu l’habitude, il y a une sorte de malédiction autour de cette franchise (on en parle dans l’épisode d’En Toute Franchise dédié, à retrouver ici). Et bien le signe indien était de retour puisque le club a connu une hécatombe de blessure. Matt McLain, censé être l’un des meilleurs artilleurs de l’équipe, va louper toute la saison à cause d’une succession de blessures. Il sera rejoint sur la liste des blessés par Christian Encarnacion-Strand (auteur de 13 HRs en seulement 63 matchs en 2023) ou encore TJ Friedl. Noelvi Marte, lui aussi une pépite très prometteuse, sera suspendu 80 rencontres (dopage) pour débuter la saison. Même constat dans le pitching staff avec des absences pour Brandon Williamson, Graham Ashcraft ou encore Nick Lodolo, qui pèsent lourds.
Surtout si on ajoute les méformes d’autres joueurs importants. Jeimer Candelario, une des grosses recrues, est parvenu à frapper 20 HRs mais a eu du mal à maintenir de la constance au bâton (.225 de moyenne) et n’aura produit que 56 RBIs. Spencer Steer a commencé tambour battant la saison avant de se refroidir. Il claque quand même 20 HRs avec 25 bases volées. Néanmoins, comme pour Candelario, la moyenne au bâton est un peu en berne avec seulement .225. Sur le monticule aussi, il y a eu des déceptions. A commencer par Frankie Montas, recruté à grand prix, qui va lancer pour un ERA de 5.01 avant d’être envoyé à Milwaukee à la trade deadline. Emilio Pagan, lui aussi, figure de proue du mercato XXL de l’hiver, va avoir du mal à répondre aux attentes dans le bullpen avec 4.50 d’ERA.
Mais tout n’a pas été de travers en 2024. On reviendra évidemment sur Elly de la Cruz. Mais il y a un autre joueur qui a enfin atteint son plein potentiel, il s’agit d’Hunter Greene. Attendu comme la nouvelle terreur de la butte en 2022, il a eu du mal à confirmer son statut de top prospect. 2023 a été encore un peu plus difficile. Du coup les interrogations et les critiques ont commencé à pleuvoir sur le joueur de 24 ans. Mais en 2024, il a eu le déclic en signant non pas une belle saison, mais une exceptionnelle. Avec un ERA de 2.75, 150.1 manches lancées pour 169 K et une WAR (Win Above Replacement) de 6.3, le meilleur total de la National League pour un lanceur. Un exercice récompensé par une sélection au All-Star Game et une 8e place au classement Cy Young. Prometteur pour l’avenir. Surtout qu’il est déjà bien entouré par des lanceurs comme Andrew Abbott (3.72 d’ERA), Nick Lodolo (4.76 d’ERA). Ce trio de moins de 27 ans est l’avenir de la franchise. On a vu que pour les encadrer le club avait décidé de miser sur des joueurs d’expérience comme Frankie Montas, sans succès.

Mais il y a eu un vétéran qui a parfaitement joué son rôle, il s’agit de Nick Martinez. Après 4 ans au Japon (entre 2018 et 2021), l’ancien des Rangers est rentré métamorphosé et a fait un retour fracassant en MLB avec deux saisons pleines à San Diego (3.47 et 3.43 d’ERA). De quoi attiser la curiosité des Reds qui vont lui offrir un contrat. Et il n’a pas déçu. Capable de joueur en sorti de bullpen ou de commencer une rencontre, il va disputer pas moins de 42 matchs pour Cincy pour un ERA de 3.10.
Alors peut-être que les attentes étaient trop hautes, notamment les miennes, qui faisaient de ces Reds, une des darlings pour 2024. Mais ces blessures et les méformes sont venues retarder l’éclosion de cette génération des Reds. Mais il y a de l’optimisme, et c’est rare, pour cette franchise car toutes les pièces semblent réunies pour croire à un retour au premier plan de la franchise de Cincinnati. En effet la dernière participation en playoffs, hors Covid, remonte à 2013.
Qu’attendre pour 2025?
Le Front office avait décidé d’être flashy en 2024, en investissant beaucoup d’argent. Pour 2025, le FO a préféré être plus intelligent. D’abord, en recrutant un coach de renom et qui connait la gagne mais aussi les constructions d’équipes jeunes, en la personne de Terry Francona. Sa seule présence fait franchir pas mal de cap à cette équipe.

Ensuite, le club est parti à la recherche d’un lanceur solide, capable de manger des manches et être régulier, sans être une superstar. Ils ont donc monté un trade pour Brady Singer en échange de l’immense déception Jonathan India, ancien rookie de l’année. Singer a lancé pour 179.2 manches pour un ERA de 3.71 et va venir apporter de la profondeur à cette rotation et une stabilité qui peut manquer à ces jeunes lanceurs très talentueux. Pour remplacer India dans l’infield, le club a profité du roster XXL des Dodgers pour aller les délester de Gavin Lux. Après une saison 2023 blanche, Lux est revenu correctement en 2024 (.251/.320 d’OBP/10HRs/50 RBIs) et peut se targuer de pouvoir évoluer partout sur le terrain. C’est une bonne pioche et un changement de ville pourrait aider Lux.
Ensuite le club s’est occupé d’aller chercher de la profondeur d’effectif avec un receveur connu pour ses qualités défensives : José Trevino. Il viendra faire souffler le très bon Tyler Stephenson qui a connu sa meilleure saison en carrière l’an passé (.258/19HRs/66RBIs) mais qui est un peu fragile physiquement. Dans l’Outfield, c’est Austin Hays qui viendra prouver que 2024 n’était qu’une mauvaise passe, lui qui avait fait les beaux jours de Baltimore.
Et pour terminer deux petites additions dans le bullpen plutôt intéressantes avec Scott Barlow (4.25 avec les Guardians) mais surtout Taylor Rogers, l’ancien closer des Twins et des Giants, qui a sorti une très belle saison 2024 dans la Baie avec 2.40 d’ERA. Ils seront de précieux soutien à Alexis Diaz, le closer surpuissant des Reds. Ce dernier a connu des très hauts et des très bas la saison dernière et semblait arriver à bout de souffle. Un peu plus de protection et des joueurs capables de prendre un ou deux saves par ci par là pour le faire souffler, vont lui faire du bien.
Une intersaison plus dans la discrétion que la saison précédente mais qui équilibre bien l’équipe avec des bons choix et des opportunités de marchés saisies. Mais l’avenir semble radieux avec un groupe de jeunes ultra talentueux mené par la superstar Elly de La Cruz, on y reviendra, et une rotation avec des joueurs qui arrivent enfin à maturité. Mais surtout un coach, futur hall of famer, pour chapeauter tout ça, il y a de quoi être optimiste.
La star

Évidemment, ça ne pouvait être que lui. Elly de la Cruz est devenu en une saison et demie, le visage des Reds mais surtout l’un des visages de la MLB. Après 98 rencontres prometteuses mais frustrantes en 2023, Elly a progressé dans tous les compartiments du jeu en 2024. 25 HRs, 76 RBIs, .259 de moyenne au bâton et un OBP de .339. Ce sont déjà des stats très costauds. Mais c’est sur les bases que le Dominicain prend son envol. Il a été intenable avec 67, SOIXANTE SEPT bases volées et surtout 105 points marqués pour son équipe. Une menace constante et au moindre relâchement, vous retrouvez Elly en 3e Base.
Une polyvalence rarement vu dans le baseball, et qui ont fait de lui une machine à Highlights pour la MLB. Le propulsant au rang de star.
Bien sûr, il lui reste encore des choses à améliorer. Comme sa propension à se faire éliminer sur strikes, 218 SO la saison dernière soit le pire total de la MLB. Mais rappelons qu’il n’a que 23 ans (il les a eu en janvier). Et il sera cette fois encadré par de meilleurs lieutenants et sous la houlette d’un entraineur qui sait gérer les stars. Sky is the limit.
Le joueur à suivre
Rhett Lowder a été drafté en 6e position de la draft 2023, mais son ascension a été éclair puisqu’il est déjà parvenu jusqu’à la MLB. L’ancien de l’université de Wake Forest possède 4 lancers déjà « MLB Ready » avec deux balles rapides (avec des prises différentes), une changeup et une slider, qui lui permettent de tromper les batteurs. Beaucoup moins puissant qu’Hunter Greene évidemment, il se base surtout sur le contrôle.

Pour sa première saison pro, il va détruire le niveau A+ avec 2.49 d’ERA en 25.1 manches pour 29 SO et 7 petits points mérités. Il est propulsé en Double A, où l’adversité sera un peu plus élévée mais Lowder va bien s’en sortir avec 4.31 d’ERA en 77.1 manches pour 77 SO. Suffisant pour le promouvoir en Triple A, où il était censé terminer la saison. Mais devant la cascade de blessures, le front office a été obligé de l’envoyer au charbon en MLB. Il faut dire qu’en un seul match de Triple A, Lowder a prouvé qu’il n’appartenait plus aux ligues mineures puisqu’il va lancer 6 manches pour 3 petits coups sûrs, aucun point encaissé et 7 SO. Direction la cour des grands à seulement 22 ans.
Et là aussi, il va s’avérer brillant. 6 matchs pour la natif de Caroline du Sud pour seulement 4 petits points encaissés en 30.2 manches et 22 SO. Certes il y a un gros nombre de buts sur balles (14) mais on peut mettre ça sur le compte de la pression et de l’inexpérience.
Lowder joue sa place dans les 25 durant le Spring Training mais logiquement, il devrait retourner en Triple A, histoire de terminer de se peaufiner. Mais à la moindre méforme ou blessure, il sera le premier à être appelé sur le monticule et ensuite difficile de le déloger.
Le prono/pari fou
Le prono qui sera aussi mon pari fou, est que les Reds vont tout simplement aller chercher le titre de division de la NL central. Comme d’habitude cette division est hyper ouverte et aucune franchise ne fait figure de favorite. Chacune ayant des grandes qualités et des défauts. Mais je trouve les Reds très bien armés pour faire à minima jeu égal avec les Cubs et les Brewers. Et si ça évite les blessures, ce roster a vraiment fière allure, surtout sous la houlette du mythique Terry Francona.
92-70, 1er de la NL Central
