Preview 2025 : Los Angeles Angels – Un Nouvel Espoir?

Le crissement de la terre sous les crampons, le bruit de la batte sur une balle, les gants qui chauffent à la réception de lancers à 99mph. On peut enfin le dire, BASEBALL IS BACK. Et oui, on y est, après une longue hibernation, on va pouvoir se délecter du retour de nos héros favoris. Le Spring Training bat son plein, et c’est dès maintenant que la saison se construit pour les 30 franchises. Cohésion d’équipe, rookies qui se battent pour découvrir la MLB et vétérans qui souhaitent prouver qu’ils ont encore une place. Les 26 places de l’effectif vont être ardemment disputées. Et pour vous aider à y voir plus clair à l’orée de cette saison 2025, TSO vous propose de retrouver votre série préférée : les 30 franchises en 30 jours. Chaque jour et cela pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction afin de vous la présenter en long et en large, afin d’être fin prêt pour le début de la régulière. Aujourd’hui, on file visiter une équipe dont on n’attend plus rien… mais qui semble enfin décidé à bâtir un projet à long terme. Bienvenue chez les Los Angeles Angels.

On n’attendait pas grand-chose de ces Angels, 2024, et comme de coutume avec la franchise d’Anaheim, on n’a pas été surpris.  A la relance après le départ d’Ohtani, les Angels avaient – enfin, on croit – de la bonne volonté… mais ni l’effectif pour être compétitif, ni le matériel pour reconstruire. Le résultat? Une de ces saisons de transition, si l’on peut dire, une saison blanche et non avenue quoi qu’il en soit.

Comme souvent, il y avait de bons ingrédients dans ce roster des Angels, mais aucune ligne directrice, une construction d’effectif questionnable, et toujours les blessures, notamment celles à répétition de Mike Trout qui aura cette fois tenu 29 matchs avant de boucler sa saison en raison d’une vilaine blessure au ménisque. Autre blessé chronique, Anthony Rendon aura lui participé à presque 60 matchs, mais si vous ne l’avez pas remarqué on ne peut pas vous en vouloir. Un petit .218 de moyenne et un désamour du baseball qu’il ne cache même plus. Allez, encore deux ans et 75 millions de dollars, et il pourra prendre sa retraite l’esprit tranquille.

Tout n’est pas forcément à jeter chez ces Angels 2024, même en l’absence de ses grands éclopés, et on a pu notamment apprécier l’épanouissement du jeune shortstop Zach Neto (23 HR, 30 SB, et une belle qualité de gant en défense),  ou l’outfielder Taylor Ward, solide à défaut d’être exceptionnel (25 HR, 75 RBI, .246). On notera aussi la bonne saison de Luis Rengifo, jusqu’à sa blessure (lui aussi !) en août. Le reste ? c’est au mieux moyen-bon (Logan O’Hoppe ou le rookie Nolan Schanuel), au pire vraiment difficile à défendre dans le cas de l’ancien top-prospect Jo Adell (.207/.280/.402) ou de l’ancien premier pick de draft Mickey Moniak (.219/.266/.380). Inconsistants à la batte, peu efficaces en défense, pas exactement habiles sur bases, une saison à oublier pour les deux « ex-prodiges », une de plus.

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Ajoutons-y un Kevin Pillar en fin de piste, un Brandon Drury aux fraises (-2.0 WAR en 97 matchs) et quelques autres paris plus ou moins ratés (Guillorme, Calhoun, Goodrum, Sanó) et vous obtiendrez la 28e attaque des Ligues Majeures en termes de Runs (635), de Moyenne (.229) et d’OPS (.670). Pas de quoi pavoiser, pas de quoi être surpris.

Coté lanceurs, on passera rapidement sur la rotation, qui s’est comportée exactement comme on pouvait l’attendre en début de saison. Avec un ERA de 4.97 pour les starters (seuls les Marlins avec une rotation blessée, et les Rockies ont fait pire), les Angels ont affiché la 28e rotation de MLB, la pire d’American League dans ce domaine. Pas que les partants ne soient tous absolument infâmes individuellement, mais une rotation composée principalement de types qui feraient de bons 4e ou 5e lanceurs dans une franchise visant la Wild Card ne pouvait pas aller bien loin.

On notera tout de même les bonnes saisons de Tyler Anderson (179.1 IP, 3.81 ERA, 142 SO, All Star) et Jose Soriano (113 IP, 3.42 ERA, 97 SO), en contraste avec celles vraiment pas top de Griffin Canning, Reid Detmers et Patrick Sandoval (12 victoires et 30 défaites à eux trois, pour des ERA de 5.19, 6.70 et 5.08) et on gardera un œil pour le futur sur le rookie Jack Kochanowicz, qui a fait le taf sur ses 11 premiers starts en Majors (65.1 IP, 105 ERA+, 3.99 ERA). Rien de flamboyant, mais pour les Angels ce sera toujours ça de pris.

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C’est un peu mieux au niveau du bullpen, avec un ERA dans la moyenne de la Ligue (3.99, 16e) et quelques belles performances. Malheureusement le catalyseur de ces bonnes performances, le closer Carlos Estevez (20/23 SV, 2.38 ERA, 32 SO en 34 IP), a quitté la Californie à la Trade Deadline pour rejoindre les Phillies. Il lancera en 2025 pour les Kansas City Royals. Et le front office des Angels n’a tout simplement pas réussi à remplacer le dominicain, puisque le reste du bullpen termine la saison avec une performance de 15/30 aux Saves, partagés entre 7 joueurs. Avec dans les rôles principaux : Luis Garcia (3.71 ERA, 43.2 IP, 4/7 SV) et Ben Joyce, l’une des satisfactions de la saison (2.08 ERA, 8 HD, 4/4 SV, et 33 SO en 34.1 IP). On notera aussi la saison de Hunter Strickland dans un rôle de Middle Reliever, un post important s’il en est pour un club comme les Angels (73.1 IP, 3.31 ERA, 1.091 WHIP).

Bref, on ne va pas épiloguer, il n’y avait aucune raison d’y croire et ça n’a pas raté. Les deux principales satisfactions de la saison seront d’avoir évité – de peu – la honte des 100 défaites, et d’avoir obtenu le deuxième pick de la draft 2025.  Pour le reste, avec 99 défaites et une solide dernière place d’AL West, il n’y a vraiment pas de quoi être fiers.

On le disait en début d’article, l’équipe des Angels de 2024 intriguait tant elle semblait n’être bâtie ni pour gagner, ni pour reconstruire, ni même pour assurer une transition propre entre les deux. La cuvée 2025 semble avoir corrigé la trajectoire, avec un effectif renforcé par quelques bons joueurs d’expérience et quelques talents perdus en route. Nous voilà donc avec des Angels qui sont armés sur deux tableaux : pour essayer d’aller chercher un petit quelque chose si la division, qui pourrait bien être la pire des Majors cette saison, s’ouvre à eux par sa médiocrité… ou, et c’est bien plus probable, leur permettre de tout lâcher à la trade deadline et de céder de bons joueurs d’expérience pour du prospect solide.

C’est donc l’heure des contrats courts : deux ans pour Jorge Soler, habitué des trades de mi-saison et Travis d’Arnaud, qui sera sans aucun doute lui aussi une belle prise pour renforcer un contender ; un an pour Yoan Moncada, Kyle Hendricks et Kenley Jansen, qui devraient eux aussi être surveillés fin juillet s’ils sont épargnés par les blessures ; sans oublier les contrats de Ligues Mineures offerts a J.D. Davies et Tim Anderson, que l’on devrait voir dans le roster assez rapidement et qui, eux aussi, pourraient représenter une belle monnaie d’échange.

Du bon matériel donc, pour renforcer un Farm System qui s’extrait doucement de sa place de dernier de la Ligue, 28e en ce début de saison selon la MLB, grâce notamment aux arrivées combinées des lanceurs George Klassen et Samuel Aldegheri, deux bras d’avenir, dans le trade de Carlos Estevez à l’été 2024.  

Yusei Kikuchi, recrue star de l’intersaison des Angels, sera leur Starter pour l’Opening Day

Mais l’arrivée la plus importante, et celle-ci ne semble pas forcément promise à un départ dès la saison des trades, est celle de Yusei Kikuchi. Il sort d’une bonne saison entre les Blue Jays et Houston, et d’un top 10 au Cy Young d’American League. Kikuchi signe pour trois ans et il aura la lourde tâche de s’imposer comme l’As de la Franchise d’Anaheim, dans une rotation où il sera accompagné par Jose Soriano, Tyler Anderson, Reid Detmers et un autre nouveau-venu-vétéran, Kyle Hendricks. Ce dernier pourrait laisser sa place en cours de saison à Jack Kochanowicz ou au rookie Caden Dana, top prospect des Angels et qui devrait débuter en AAA et avoir sa chance dans les Majors, malgré des débuts difficiles la saison dernière (3 Starts, 10.1 IP, 11 ER, 9.58 ERA).

Pour le reste, un line-up qui ressemblera à celui de la saison dernière, si ce n’est pour l’absence de Zach Neto, qui ratera le début de saison à cause d’une blessure à l’épaule ; et pour le fait que Mike Trout devrait désormais être fixé au poste de Champ Droit, moins exigeant que celui de Champ Centre, dans l’espoir que cela lui permette d’éviter les blessures. Adell, désormais CF titulaire, Rengifo, Ward, Schanuel, O’Hoppe et Monia reviennent, avec pour mission de faire mieux que l’an dernier. Ce n’est pas le talent qui manque finalement, mais peut-être la fiabilité de ce talent. Quand tout un line-up est constitué de mecs « qui auraient pu être vraiment forts si… », la probabilité qu’ils soient tous présents en même temps est malheureusement relativement maigre.

Ah, et puisque l’on parle de talent pur sans consistance, il semble que 2025 soit déjà fini pour Anthony Rendon, qui doit prochainement subir une opération à la hanche. Une autre saison à 38 millions sans frapper la moindre balle.  

C’était il y a dix ans, presque jour pour jour, les Boston Red Sox faisaient de nouveau sauter la banque – un an après avoir dépensé 72 millions pour Rusner Castillo – en payant 63 millions de dollars ($32.5m pour le joueur et autant pour la Ligue) pour attirer l’Infielder cubain Yoán Moncada dans le Massachusetts. Un joueur qu’ils allaient être trader après seulement 20 passages au marbre, en compagnie notamment de Michael Kopech, pour recruter le lanceur Chris Sale.

Ni bon ni mauvais en 9 ans dans les Ligues Majeures, dont 8 avec les White Sox, Yoán Moncada va-t-il enfin réussir à établir une vraie saison de référence

Passons sur la nature aussi absurde que suspecte de ces recrutement internationaux – qui ont contribué à la réforme de l’International Draft – et il n’y a pas besoin d’être un expert pour conclure que Yoán Moncada n’a jamais vraiment été au niveau de la hype qui avait accompagné son arrivée dans le baseball américain. Un bon joueur, toujours bien calé dans le haut du milieu de tableau de la Ligue avec un OPS+ en carrière de 106, une saison dans le classement du MVP (21e), bientôt une centaine de Home Run et une moyenne de .254 au bâton sur 9 saisons.

Victimes de blessures musculaires en 2023 et 2024, Moncada n’a pas pu exprimer tout son potentiel lors de ses années de Free Agency, le voilà donc aux Angels avec un contrat d’un an et 5 millions, et une deuxième chance. On n’ose pas trop y croire, mais l’occasion semble belle pour Moncada (30 ans en mai), enfin parti de la grisaille des White Sox, de montrer qu’il est plus qu’un simple joueur lambda des Ligues Majeures. On le suivra en tout cas, en espérant qu’il puisse retrouver son mojo et la forme en Californie, et pourquoi pas enfin obtenir cette Carreer Year après laquelle il court toujours.

Même sur une jambe, même s’il n’a pas joué plus de 130 matchs en une saison depuis 2019, et son troisième titre de MVP de l’American League, Mike Trout reste toujours la star incontestée des Los Angeles Angels, et l’un des visages des Ligues Majeures.

Car, lors de ses périodes de validité (il est vrai de plus en plus rares), Mike Trout nous offre à chaque fois des chiffres de MVP et l’espoir, vite douché, que cette saison soit celle du grand retour. 11 fois All-Star, 9 fois de suite dans le Top 5 du MVP entre 2012 et 2020, et tout simplement injouable au bâton pour peu qu’il soit physiquement capable de s’en saisir… A désormais 33 ans, Mike Trout n’a plus vraiment le temps, mais on ne peut qu’espérer qu’il ait encore une saison complète à son meilleur niveau, le plus haut.


Qu’il prenne exemple sur Chris Sale, revenu du Diable Vauvert pour aller décrocher son trophée de Cy Young quand on ne l’attendait plus,  qu’il s’enroule de papier bulles pour ne pas tomber victime – une fois encore – d’une blessure improbable, qu’il se fixe à cette nouvelle position de Champ Droit où il pourra, on l’espère, économiser son organisme pour s’offrir et nous offrir le plaisir de le voir revivre au bâton.

Souhaitons-lui le meilleur et un retour en pleine forme, aussi, parce que l’on va sacrément galérer à trouver une autre « Star » dans l’effectif des Angels, si l’on devait perdre le Météore de Millville.

Même dans une division qui semble avoir choisi le thème de la reconstruction pour la saison 2024, difficile d’imaginer les Angels faire quoi que ce soit d’excitant sur toute la durée de 162 matchs. Difficile aussi de les voir se planter dans les grandes largeurs comme en 2024, on partira donc sur une saison de transition, marquée de nombreux départs vers la deadline pour faire rentrer les prospects, et une fin d’été en roue libre.

W/L : 70-92

AL West : 5e Position

Moncada et Moniak découvrent qu’ils étaient les deux mecs les deux plus convoités du baseball entre 2015 et 2016 ($31.5m pour Moncada, 1st pick pour Moniak) et se mettent à joueur au niveau de leur réputation d’alors. Les Angels mettent trois joueurs (avec Trout) dans le Top 20 du MVP et jouent la Wild Card jusque fin septembre.


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