
Ça y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. On termine en beauté avec le désormais double champion en titre, les Dodgers. Que dire à part bravo et trouver qui pourra les empecher d’aller chercher un troisième titre d’affilé historique !
Que retenir de 2025
Comment se souviendra t-on de cette équipe des Dodgers ? Comme d’une des équipes les plus dominantes de l’histoire ou comme celle jouant avec les zones d’ombres des limites financières. Les deux mon capitaine me direz-vous, mais qu’importe cette équipe ne laisse personne indifférent. On l’aime ou on aime la détester. Et si c’était pas ça au final les marques des équipes dynastiques ?
Quoi qu’il en soit après son titre de 2024, LA repart avec un effectif quasi inchangé. Si ce n’est les arrivées du Cy Young 2023, Blake Snell et du top closer Tanner Scott. Sans oublier les deux petites pépites asiatiques, Roki Sasaki et Hyesong Kim. De quoi pouvoir s’appuyer sur une sacrée profondeur au pitching et ainsi pouvoir faire souffler ses lanceurs avant la postseason. Mais surtout de pouvoir encaisser les blessures. Car une nouvelle fois, le club n’a pas été épargné. Seul 3 starters vont lancer plus de 100 manches. Avec en tête de gondole, Yoshinobu Yamamoto. Le japonais semble avoir digéré son arrivée aux Etats-Unis et signe une saison magistrale pour les Dodgers. 2.49 d’ERA en 173.2 manches avec 201 strikeouts et un nouveau statut d’ace de la rotation. Un statut qui va se confirmer durant la postseason, où Yamamoto va sans doute signer des playoffs dignes des plus grands comme Lincecum ou Bumgarner. Complete Game contre les Brewers en Championship Series puis 3 matchs disputés en World Series. Avec encore un match complet et surtout une relève dans le Game 7 pour conclure la série. Le tout pour un ERA de 1.02 dans cette dernière confrontation et un trophée largement merité de MVP des World Series. Désormais la question est de savoir s’il n’est pas le meilleur lanceur japonais voir même de la MLB ?
Derrière lui, c’est 16 joueurs qui vont débuter au moins un match pour les Dodgers sans que la franchise n’y perde au change. Que ce soit les Landon Knack (4.89 d’ERA en 7 starts), Jack Dreyer (2.95 en 5), Justin Wrobleski (4.32 en 2), tous se sont revélés être au niveau et pourraient largement avoir leur place dans d’autres rotations. Chez les Dodgers, ils doivent se contenter de quelques matchs. Preuve du bon travail du Front office qui a su trouver les bons joueurs que ce soit dans les drafts ou les trades. On notera également qu’on aura assisté à la dernière saison de la légende Clayton Kershaw qui du haut de ses 37 ans aura encore rendu de sacrées services à sa franchise de toujours avec 3.36 d’ERA en 22 départs. Sur les 18 ans passés au club, Kershaw et les Dodgers auront connu 15 participations à la postseason. De quoi mettre le gaucher au panthéon des joueurs mythiques de franchise historique.
On notera également sur le monticule la bonnea saison d’Emmet Shehan (on y reviendra). Tandis que Tyler Glasnow et Blake Snell auront répondu présent sur le monticule malgré des saisons raccourcies. Si on doit trouver un point faible à cette équipe cela aura été le bullpen. Tanner Scott n’aura pas su absorber la pression de joueur pour les Dodgers et va s’effondrer en signant 4.74 d’ERA. Et seuls Anthony Banda (3.18) et Alex Vesia (3.02) auront surnagé. Si bien que la franchise sera obligé de déployer sa multitude de starter en sortie de bullpen et même Sasaki en closer de luxe durant la postseason.
Que dire offensivement, si ce n’est tout simplement impressionant. Le club a pu compter sur ses titulaires sur la majorité de la saison et ont été plutôt épargné par les blessures. Ohtani a encore été stratosphérique, voir juste trop fort. Nouvelle saison en MVP pour le japonais, la 3e de suite (2 avec les Dodgers). En mode MLB The Show niveau facile en 2024, Ohtani sera tout de même parvenu à battre son record de HR en frappant 55 et marquant également plus de points que l’année précédente (146 contre 134). Pour le reste il sera en baisse notamment en bases volées et RBI. Pourtant ces totaux sont largement au dessus de sa saison MVP 2023. Voila que dire de plus. Ah bah si ce monstre est remonté sur le monticule pour la première fois depuis 2023 et étonnament (non) il a été étincelant. 2.87 d’ERA en 47 manches et 62 strikeouts, les Dodgers jouant la carte de la prudence avec le GOAT.

Il a été parfaitement épaulé par ses fidèles lieutenant Will Smith (.296/17HR/61 RBI) et Freddie Freeman (.295/24HR/90RBI) auteurs de saisons de folie et récompensés de Top 20 au MVP (20e pour le premier, 15e pour le deuxième). Au rayon puissance, c’est Andy Pages (27 HR) et Teoscar Hernandez (25) qui se sont chargés de punir les lanceurs soulagés d’avoir passé le début d’alignement. Mookie Betts de son côté a connu une grosse baisse de régime au niveau de sa moyenne au batôn (.258), ce qui a longtemps été sa force. Mais a répondu présent dans les autres catégories statistiques (20 HR et 82 RBI). Sur le banc Miguel Rojas (.262/7HR/27RBI en 117 matchs) est indispensable permettant de faire souffler tout comme la pépite Hyeseong Kim (.280/3HR/17RBI et 13SB) qui aura eu le temps de s’adapter aux Etats-Unis en débutant en ligues mineures avant de progressivement integrer le groupe MLB. Dire que les Dodgers peuvent se permettre d’avoir une approche prudente avec l’un des meilleurs frappeurs de l’histoire du championnat coréen (on rappelle .304 de moyenne sur ses 8 ans en Corée).
Auteur d’un début de saison canon avec 58 victoires pour 39 victoires, LA va se préserver sur la 2e partie de saison avec « seulement » un bilan de 35-30 après le All-Star. Si bien que malgré le titre de division en poche, le club devra passer par la WildCard en étant la moins bonne des vainqueurs de division. Mais la postseason ne sera qu’un long fleuve tranquille avec une seule défaite sur ses 3 premiers adversaires (2-0 face au Cubs, 3-1 contre Philly puis 4-0 face aux Brewers). Avant que les Blue Jays ne fassent douter le champion en le poussant dans ses retranchements avec un Match 7 décidé après 11 manches. Et surtout un match 3 qui restera dans les annales de ce sport avec 18 manches de folie. D’ailleurs dans cette finale, les Dodges ont semblé empreintés physiquement face à la fougue des Blue Jays, mais dans les moments clutch, l’experience aura fait la différence. Et c’est finalement le back to back pour la franchise. Le premier de son histoire pourtant longue de plus d’un siècle (1884). Maintenant l’objectif est d’aller chercher le triple titre et de titiller les Yankees dans le palmarès des équipes les plus mythiques de l’histoire.
Qu’attendre de 2026

On ne change pas une équipe qui gagne. La franchise a ses stars sous long contrats et à même pu conserver des éléments importants du banc et du vestiare avec les prolongations de Rojas et de Kiké Hernandez. On a vu que le manque de closer a été préjudiciable pour les Dodgers, du coup, pas de soucis, on va chercher l’un des releveurs les plus dominants, Edwin Diaz. Il signe le plus gros contrat jamais offert à un releveur.
Michael Conforto n’a pas répondu aux attentes, pas de soucis, on va chercher l’un des meilleurs joueurs de la MLB avec Kyle Tucker. En lui offrant également l’un des plus gros contrats de la MLB (240 millions). Et pour compléter son banc, on fait confiance à ses jeunes pousses comme Dalton Rushing et Alex Freeland. Une recrue par zone, après le bullpen et l’attaque, la rotaiton va elle aussi voir une recrue de poids : Shohei Ohtani. Le japonais devrait enfin connaître sa première saison complète en temps que Two-Way Player chez les Dodgers. Il remplace numériquement Clayton Kershaw. Y a pire.
Vous l’aurez compris, on reprend les mêmes et on recommence.
Le joueur à suivre : Emmet Sheehan
De retour d’une grave blessure, Sheehan a été l’étonnante surprise de la rotation des Dodgers. En profitant des blessures et autres besoin de faire souffler, le natif de New-York aura été une sacrée bouffé d’air. En 12 starts (15 matchs au total), il signe 2.85 d’ERA avec 89 strikeouts en 73.1 manches s’imposant de plus en plus comme le 3e larron de la rotation californienne. Il participera même à la campagne de playoffs en sortir de bullpen, mais avec difficulté. Ce qui ne va pas décourager la franchise, qui n’a pas recruté de starter de renom pour venir renforcer sa rotation. De quoi renforcer la confiance du joueur de 26 ans qui va pouvoir jouer sa carte à fond et montrer ses qualités. Il a d’ailleurs été annoncé comme lanceur titulaire dans la rotation 2026.
La Star : Kyle Tucker

Il y avait tellement de choix pour cette catégorie mais on a tellement déjà parlé du trio magique Ohtani-Betts-Freeman que je voulais plutôt évoquer le petit dernier de la bande. Malgré le fait de sa trahison en signant chez l’ennemi Dodgers (moi le fan des Astros), Tucker reste sans doute un des joueurs sous-côté de la ligue, il débarque chez les Dodgers sans pression puisqu’il sera loin d’être la star de l’équipe. Et c’est là qu’il est le meilleur. Dans l’ombre des stars des Astros, il avait brillé en signant des saisons titanesques entre 2021 et 2023. Pourquoi Tucker est sous-côté, et bien parce qu’il n’est pas « flashy », il fait le boulot avec son ère austère et fermé. Mais il tourne en moyenne en carrière à 31 HR, 103 RBI et 25 bases volées. Elu en 2025 pour son 5e All-Star de suite, il a vécu une petite saison du côté des Cubs, lui qui avait été transfère par les Astros. Mais imaginez, cette statistiques là en étant placé dans l’alignement entre Ohtani et Freeman. Il peut facile sortir une saison de MVP en puissance, et être le 2e meilleur attaquant de son équipe.
Notre Prono
Les Dodgers sont parvenus à améliorer une équipe déjà all-time ! Le seul point faible a été comblé avec l’arrivée d’un closer ultradominant en la personne de Diaz. Le club a recupère Ohtani des deux côtés du terrain et ajoute un joueur de calibre MVP à son attaque. Le tout en ayant de la profondeur au pitching et en attaque : Des joueurs comme River Ryan, Landon Knack ou encore Hyeseong Kim vont commencer la saison en Triple A. Et des jeunes pousses talentueuses qui montent fort (Sheehan, Freeman, Rushing). Bref, l’équipe se dirige tout droit vers une 3e participation en World Series. Et la seule question qu’on se pose, c’est qui va pouvoir les arrêter ?
