Preview 2026 : Toronto Blue Jays – On prend presque les mêmes et on recommence ?

Ça y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et vous l’aurez compris pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. Aujourd’hui , cap sur le Rogers Centre des Blue Jays de Toronto ! Une équipe devenue un outsider plus sérieux que prévu pour la victoire finale.

À l’aube de la saison 2025, les Toronto Blue Jays n’avancent pas vraiment avec l’étiquette de prétendant. La franchise canadienne reste sur un exercice 2024 décevant, conclu avec un bilan négatif de 74 victoires pour 88 défaites, une 3e place en AL East et surtout une anonyme 9e position en American League, bien loin des places qualificatives pour la postseason. Un résultat en total décalage avec les ambitions initiales.

Autour de Vladimir Guerrero Jr. et Bo Bichette, le talent est pourtant indéniable. Mais l’attaque, censée être le moteur de l’équipe, a cruellement manqué de constance, tandis que le pitching, solide sans être dominant, n’a jamais réellement permis de compenser ces lacunes. L’intersaison qui suit ne vient pas bouleverser cet équilibre fragile : peu de mouvements majeurs, pas de révolution dans l’effectif. Toronto fait le choix de la continuité, misant sur un rebond interne plutôt que sur de grands changements.

Un pari risqué, qui laisse alors les Blue Jays en retrait dans les projections… et très loin d’imaginer ce qui allait suivre.

Au 31 mai 2025, après 54 matchs, les Blue Jays affichent un bilan négatif de 26 victoires pour 28 défaites. L’attaque tourne à moins de 4 points par match (3,8 exactement), avec une moyenne au bâton inférieure à .235 sur cette période. Le pitching limite la casse avec une ERA collective autour de 3.80, mais sans réelle domination.

Puis vient le tournant de la saison , entre le 2 et le 5 juin 2025, une série face aux Texas Rangers va permettre aux Jays de renverser la dynamique. Toronto remporte la série 3-1 et inscrit 21 points en quatre matchs. Le 4 juin, Bo Bichette, utilisé en sortie de banc, frappe un home run décisif en neuvième manche. Un moment fondateur qui va marquer la fin d’une inefficacité offensive et qui lancera enfin la saison des Blue Jays.

Dans la foulée, les Blue Jays enclenchent une série de 11 victoires sur les 15 matchs suivants avec une moyenne offensive qui grimpe au-delà des 5 runs par match ! Toronto revient à l’équilibre puis ne regarde plus jamais en arrière.

Arborant leur maillot rouge accompagné de la casquette à feuille d’érable pour célébrer la fête nationale, les Blue Jays vont marquer les esprits. Opposés aux New York Yankees du 1er au 3 juillet, les joueurs de Toronto livrent une véritable démonstration avec un sweep 3-0 sans appel.

Portés par une ambiance électrique au Rogers Centre et un Springer des grands soirs , ils écrasent leur rival de division et affirment qu’ils ont changé de dimension.

La suite est une montée en puissance continue. Sur l’ensemble de la saison régulière, les Blue Jays terminent avec :

  • 798 points marqués (top 5 MLB)
  • une moyenne au bâton de .265
  • 7 joueurs à plus de 10 HR
  • un bilan largement positif sur la deuxième moitié de saison (plus de 60 % de victoires après le All-Star Break)

Mais au-delà des chiffres globaux, ce sont les hommes de l’ombre qui impressionne. Ernie Clement, Addison Barger, Myles Straw, Tyler Heineman et Nathan Lukes contribuent régulièrement à l’attaque des Blie Jays, illustrant la profondeur de l’effectif.

George Springer signe l’une des plus fortes progressions de la ligue : plus de 30 home runs, plus de 85 RBI et un OPS supérieur à .850. A l’instar de Bo Bichette qui dépasse les 180 coups sûrs, frappe au-dessus de .310 et cumule plus de 90 RBI !
Contrairement à ses 2 coéquipiers, Vladimir Guerrero Jr est quant à lui plus discret sur sa saison régulière où il peine à se montrer décisif dans les moments importants.

Malgré la blessure au genou de Bo Bichette début septembre, les Blue Jays ont tenu bon. Le shortstop, énorme toute la saison (.311, .840 OPS, 181 hits), était leader MLB au nombre de coups sûrs au moment de sa blessure.

Et même sans lui, Toronto n’a pas lâché en postseason. Revenu pour les playoffs, Bichette, un peu diminué, a quand même répondu présent (.348, .923 OPS), avec un énorme home run dans le Game 7 des World Series face aux Dodgers. On aurait pu penser que ce coup de canon suffirait à offrir le titre aux Jays… mais c’est avant que Mel Rojas Jr. ne surgisse pour renverser le match.

Dans l’ombre du collectif des Toronto Blue Jays, Kevin Gausman a livré une saison 2025 solide et surtout très régulière. En saison régulière, le droitier compile 32 départs, un bilan de 10-11, une ERA de 3.59 et 189 strikeouts, confirmant son rôle de leader de rotation. Un bilan toutefois peu représentatif de ses performances, Gausman ayant souvent été abandonné par sa défense lors de certaines de ses sorties.

Source: Youtube 9NEWS

En postseason, il élève encore son niveau avec une ERA de 2.93 en 6 apparitions, 26 strikeouts et seulement 10 points concédés en 30.2 manches !

Au final, Toronto boucle la saison avec 94 victoires pour 68 défaites, décroche le titre de l’AL East (son 1er depuis 2015) et va retrouver pour la première fois depuis 2016 les ALCS ! Les Blue Jays entrent en playoffs avec l’ambition de dépasser les échecs passés. Sur la butte, Trey Yesavage est devenu la révélation de Toronto après une campagne de playoffs exceptionnelle. Le jeune rookie connaît un baptême du feu particulier mais répond à la pression avec brio : 4 victoires, une ERA de 2.10 et 38 strikeouts en 30 manches, dont un Game 5 en World Series à 12 K pour seulement 1 point encaissé. Offensivement, Vladimir Guerrero Jr. se transcende enfin, avec .397 de moyenne, 8 HR et 15 RBI, devenant le leader attendu et portant son équipe dans les moments cruciaux.

Toronto a su profiter de sa nouvelle grande force : sa profondeur. Ernie Clement éclate littéralement, devenant le facteur X de la postseason avec 30 coups sûrs (.411), 6 doubles, 1 triple, 1 HR, 9 RBI et 13 points, établissant plusieurs records de franchise pour une seule postseason. Il enchaîne 13 matchs consécutifs avec au moins un hit et signe 10 parties avec au moins deux coups sûrs. Avec Guerrero Jr., il devient la première paire de coéquipiers de l’histoire MLB à accumuler chacun 25+ coups sûrs dans une même postseason, incarnant parfaitement l’alchimie et la profondeur du collectif.

En ALDS, Toronto s’impose 3‑1 contre les New York Yankees, profitant habilement des erreurs adverses pour prendre le contrôle de la série. Menée 3-2 lors des ALCS, la franchise de l’Ontario fait preuve de résilience et renverse la série pour finalement s’imposer 4-3 lors d’un game 7 mémorable marqué d’un coup de circuit les plus légendaires de l’histoire des Blue Jays signé George Springer !

On en vient au dénouement que l’on connait tous où les canadiens s’inclinent 4-3 face aux Los Angeles Dodgers au terme d’une série les plus épiques de cette dernière décennie. Le Game 3 marque les esprits avec 18 manches et près de 7 heures de jeu, l’un des matchs les plus longs de l’histoire récente. Lors du Game 7, Toronto passe à deux retraits du titre et même à quelques centimètres de la victoire mais ne parvient jamais à conclure. Sur l’ensemble de la série, les Blue Jays se heurtent à un duo Ohtani-Yamamoto en état de grâce.

Un dénouement d’autant plus frustrant pour Toronto, qui a vu de nombreux faits de jeu tourner en sa défaveur dans une confrontation où chaque détail a pesé.

Les Blue Jays abordent la saison 2026 avec un visage bien différent, marqué par plusieurs arrivées importantes dans tous les secteurs.

Sur le monticule, Toronto parie sur le MVP de la dernière édition de KBO Cody Ponce (17–1, ERA 1.89, 252 SO) et le starter Dylan Cease (8–12, ERA 4.55, 215 SO) en provenance des San Diego Padres. Sans oublier Max Scherzer qui rempile pour une année supplémentaire ! Mad Max revient pour finir le boulot et va apporter son leadership et toute son expérience dans ce qui pourrait être une de ses dernières aventures.

Coté releveurs,Tyler Rogers (ERA 1.98, 81 G, 0.94 WHIP) rejoint les Jays en provenance des New York Mets tout comme Chase Lee (ERA 4.01) , 2 profils bien différents choisi pour solidifier le bullpen.

En revanche coté offensif, seulement 2 petites arrivées sont à signaler :

Le japonais Kazuma Okamoto (.327 AVG, .598 SLG, 15 HR), auteur d’une très bonne saison en NPB, est un profil capable d’apporter de la puissance. Enfin, Jesús Sánchez vient renforcer les corners et donner plus de profondeur au champ extérieur.

En parallèle de leurs arrivées, la perte de Bo Bichette “Monsieur Coup Sûr”, est de loin la plus lourde à encaisser pour l’équipe mais aussi pour les fans. Après une saison 2025 exceptionnelle (.311 AVG, 181 hits, 18 HR, 94 RBI), Bichette incarnait à la fois la régularité et le volume offensif du lineup. C’était également l’un des visages de la reconstruction des jeunes Blue Jays. À ses côtés, les Blue Jays perdent aussi Chris Bassitt (11–9, ERA 3.96, 170.1 IP). S’il avait basculé en enclos en postseason, il y avait été solide et précieux dans les moments clés.

La fin de la bromance entre Vladdy et Bichette

Dans une division toujours aussi compliquée, où l’AL East ne laisse aucun répit, l’idée sera claire : aller chercher la sortie de cette division ultra compétitive, où les places vont coûter très cher entre les New York Yankees, les Boston Red Sox et les Toronto Blue Jays.

On peut s’attendre à voir les Toronto Blue Jays viser clairement les premiers rôles en 2026, mais tout va passer par des arrivées capables de compenser les départs importants de l’intersaison. Heureusement, la franchise peut s’appuyer sur un gros point fort : une des meilleures rotations de la ligue côté lanceurs, qui devra confirmer tout ça sur la durée.

En attaque, il faudra surtout réussir à combler le vide laissé par Bo Bichette, un vrai moteur du lineup. Et dans le même temps, l’équipe va devoir surfer sur la bonne fin de saison de joueurs comme Ernie Clement ou Addison Barger, qui auront clairement un rôle plus important à jouer pour garder le groupe compétitif.

Le Dominicain Vladimir Guerrero Jr. s’impose plus que jamais comme la véritable star des Toronto Blue Jays à l’aube de la saison 2026. Déjà installé parmi les nouvelles têtes d’affiche de la MLB depuis plusieurs saisons, il n’est plus seulement un gros talent ou une promesse : c’est une vraie superstar de la ligue, capable à son meilleur niveau de peser dans une course au MVP.

Après une saison 2025 solide (.292 AVG, 23 HR, 84 RBI), il reste une valeur sûre au bâton, capable de produire et de peser sur n’importe quel match. Avec le départ de Bo Bichette, il va devoir assumer encore plus de responsabilités dans le cœur du lineup.

Source: bleedcubbieblue.com

Toronto aura besoin d’un grand Vladimir Guerrero Jr et de ses  » PLAKATA » (home runs) pour réaliser une grande saison. La série face aux New York Yankees en Series de Division a servi de véritable point de bascule. Dans une atmosphère brûlante, portée notamment par le fameux “DAAAAAAAA YANKEEEEES LOSE”, Guerrero Jr. a pris une autre dimension, s’imposant comme un facteur déterminant au moment où les enjeux devenaient les plus élevés.

Dans la continuité, le World Baseball Classic avec la République dominicaine a confirmé cette dynamique. Productif à la batte et pleinement impliqué tout au long du tournoi , il a affiché un état d’esprit exemplaire, à l’image de son plongeon face à la Corée, symbole d’une intensité et d’une hargne qui fait frissonner les fans de baseball.

Le choix du joueur à suivre est effectivement loin d’être évident ,des joueurs comme Ernie Clement, Kazuma Okamoto ou encore Cody Ponce ont chacun des arguments solides qui auraient mérité d’être mis en avant.

Son entrée en scène en World Series Game 5 en est l’exemple parfait : 7 manches lancées, seulement 3 hits concédés, 1 point encaissé, aucune base sur balles et 12 strikeouts. Une ligne de stats qui ressemble plus à celle d’un vétéran qu’à celle d’un rookie qui découvre le très haut niveau.

Mais au-delà des chiffres, ce qui marque vraiment, c’est son contrôle et son style. Trey Yesavage a un angle de lancer très haut et atypique, qui rend ses lancers difficiles à lire pour les hitters. Ça crée une trajectoire un peu inhabituelle, qui casse les repères et met les lineups adverses en difficulté ce qui donne une vraie impression de domination, pas seulement statistique, mais aussi visuelle.

La saison qui arrive sera un vrai test, puisque ce sera sa première année complète au plus haut niveau. Les Blue Jays le gèrent déjà prudemment : il n’a pas participé au training camp et est intégré petit à petit pour éviter d’aller trop vite.

Mais malgré ça, difficile de ne pas être intrigué. Ce que ce dernier a déjà montré en si peu de temps laisse penser qu’il peut vite devenir un vrai facteur X de la rotation.

88 victoires – 74 défaites.

Sur le papier, l’effectif est plutôt solide, avec une rotation capable de tenir la route et un groupe globalement compétitif. Mais tout l’enjeu sera la cohésion rapide entre les arrivées et les départs. Si l’alchimie prend vite, Toronto a clairement le niveau pour jouer une saison très solide et viser haut.

En revanche, si les nouvelles pièces ne compensent pas rapidement les départs, la dynamique peut vite devenir plus fragile. Dans une saison MLB, ce genre de déséquilibre se paye cher sur la durée, surtout dans les moments de creux.

Et le contexte ne simplifie rien : la division reste l’une des plus relevées de la ligue avec les New York Yankees, les Boston Red Sox et les Baltimore Orioles. Les tickets pour les playoffs vont coûter très cher cette année !


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