
Ça y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. C’est l’heure d’évoquer les Cubs de Chicago qui continuent leur progression vers les sommets et peuvent nourrir de belles ambitions.
Retour sur 2025 : L’éclosion des talents
La saison 2025 des Chicago Cubs s’installe dès avril dans un rythme sérieux, comme si l’équipe avait enfin trouvé la stabilité qui lui manquait depuis plusieurs années. Rien de spectaculaire, rien d’excessif : simplement une constance qui rassure. Les Cubs avancent, match après match, en s’appuyant sur une attaque dense et une rotation étonnamment solide. Très vite, ils s’imposent comme l’une des équipes les plus cohérentes de la National League.

Au cœur de cette montée en puissance, l’attaque se structure autour d’un noyau devenu redoutable. Nico Hoerner incarne la régularité, avec 178 coups sûrs et une moyenne de .297, toujours présent dans les moments où l’équipe a besoin d’un point d’ancrage. Pete Crow‑Armstrong, lui, franchit un cap décisif : 31 home runs, 95 RBI, 35 bases volées, une ligne de .247 / .287 / .481, et surtout une influence grandissante sur le jeu. Sa saison est suffisamment marquante pour lui valoir une sélection All-Star, un Gold Glove et une 9e place au vote du MVP, preuve de son impact croissant.
Autour d’eux, Seiya Suzuki frappe 32 home runs et produit 103 RBI, tandis que Michael Busch surprend tout le monde avec 34 home runs, 90 RBI et un OPS de .866, au point de recevoir lui aussi des votes au MVP (11 points) pour la première fois de sa carrière. Ian Happ et Dansby Swanson complètent ce cœur offensif, chacun dépassant les 20 home runs, chacun apportant une présence défensive essentielle.
C’est également en 2025 que les Cubs accueillent un renfort inattendu : Kyle Tucker, transféré en cours de saison pour renforcer un outfield déjà talentueux. Tucker apporte immédiatement sa puissance et son sens du contact, ajoutant une dimension supplémentaire à un lineup qui n’en manquait déjà pas. Sa présence stabilise l’ordre de frappe, offre une protection supplémentaire à Suzuki et Busch, et contribue à maintenir la pression sur les rotations adverses. Son arrivée marque un tournant : les Cubs ne se contentent plus de progresser, ils veulent gagner maintenant.

Pendant ce temps, la rotation devient la véritable colonne vertébrale de l’équipe. Matt Boyd signe une saison remarquable (14–8, 3.21 ERA, 154 K), tandis que le jeune Cade Horton confirme tout son potentiel avec 11–4, 2.67 ERA et une maturité rare pour un lanceur de son âge. Jameson Taillon et Colin Rea complètent ce quatuor avec une efficacité presque sous-estimée, et Shota Imanaga, une fois lancé, apporte une stabilité supplémentaire. Le bullpen, lui, se construit autour de Daniel Palencia (22 saves, 2.91 ERA) et Brad Keller (2.07 ERA), deux révélations qui permettent aux Cubs de fermer les matchs avec une sérénité retrouvée.
À mesure que l’été avance, Chicago s’installe durablement dans la course aux playoffs. L’équipe ne domine pas par des séries folles, mais par une constance presque clinique : pas de longues traversées du désert, une capacité à rebondir immédiatement, et une attaque capable de produire dans toutes les configurations. Les 793 points marqués témoignent de cette profondeur offensive, tandis que les 649 points concédés confirment la solidité du pitching staff.
La fin de saison voit les Cubs conclure avec un 92–70, un bilan solide qui aurait même pu être meilleur selon leur Pythagorean W‑L (96–66). Ils remportent leur série de Wild Card contre les Padres avant de tomber en Division Series face aux Brewers, dans une série étouffante où chaque détail compte. Une élimination frustrante, certes, mais qui confirme que Chicago est redevenu un acteur majeur de la National League.
Les récompenses individuelles viennent d’ailleurs valider cette impression. Pete Crow‑Armstrong décroche un Gold Glove en outfield, tandis que Nico Hoerner remporte celui de deuxième base, preuve de l’excellence défensive de l’équipe. Kyle Tucker, lui, est récompensé par un Silver Slugger en outfield, aux côtés de Juan Soto et Corbin Carroll, confirmant l’impact immédiat de son arrivée à Chicago . Dans les votes MVP, Crow‑Armstrong, Busch, Hoerner et Suzuki apparaissent tous dans les bulletins, signe que la ligue reconnaît enfin la valeur collective de ce groupe.

La saison 2025 restera comme celle où les Cubs ont retrouvé leur stature. Une attaque dense, une rotation solide, un bullpen fiable, et surtout une cohérence globale qui leur avait tant manqué. L’équipe n’a pas seulement gagné : elle a convaincu. Elle a montré qu’elle pouvait frapper fort, défendre juste, et tenir la distance sur 162 matchs. Et avec Horton déjà installé, Crow‑Armstrong devenu star, Busch confirmé, Tucker intégré, et un système de développement qui continue de produire, Chicago semble avoir ouvert une fenêtre qui pourrait durer bien plus qu’une seule saison.
Qu’attendre pour 2026 : Enfin battre les Brewers
Si 2025 a laissé un goût d’inachevé, 2026 s’annonce comme l’année où les Cubs doivent enfin transformer le potentiel en résultats. Le noyau dur est toujours là, les jeunes poussent derrière, et le front office a décidé que patienter éternellement n’était plus une option. Bref, Chicago veut jouer en octobre, et pas seulement pour vendre des hot-dogs supplémentaires à Wrigley.
Le haut de l’alignement a fière allure :
- Seiya Suzuki, désormais installé comme le métronome offensif,
- Nico Hoerner, toujours aussi propre des deux côtés du jeu,
- Ian Happ, capable d’alterner entre “All-Star” et “je tape des flyballs au warning track”,
- Michael Busch, qui a décidé que frapper des moonshots était un mode de vie,
- et bien sûr Pete Crow-Armstrong, dont la défense pourrait arrêter un missile balistique.
Un quintet qui, sur le papier, peut rivaliser avec n’importe qui dans la NL Central.
Et pour donner un peu plus de piquant à tout ça, Jed Hoyer a décidé d’ajouter une petite friandise pour les fans : Alex Bregman, remplacant de facto Kyle Tucker comme visage de la franchise et leader du clubhouse. Le pari est intéressant, le troisième coussin est verrouillé pour 5 ans, certainement les dernières « bonnes » années de Bregman.
Côté rotation, on reprend les mêmes ingrédients que l’an dernier, mais avec un peu plus de certitudes et l’ajout d’un gros bras en la personne d’Edward Cabrera, transfuge des Marlins, et sous contrôle encore 3 ans, de quoi le développer en un futur ace.
Justin Steele et Shota Imanaga forment un duo d’as qui ferait rougir plus d’une franchise. Steele, c’est le bulldog, le gars qui te donne 6 manches solides même quand il n’a rien. Imanaga, c’est l’artiste, le peintre, le lanceur qui fait danser les balles comme s’il avait un contrat secret avec la gravité.
Derrière eux, c’est plus ouvert :
- Jordan Wicks doit prouver qu’il peut tenir une saison complète,
- Ben Brown doit montrer qu’il n’est pas qu’un bras électrique mais un vrai starter,
- et Kyle Hendricks, s’il revient, doit prouver qu’il lui reste encore un peu de magie dans le bras.
Le bullpen, éternel point d’interrogation, a reçu quelques renforts.
On espère que Merryweather restera en un seul morceau, et que les jeunes bras du farm system pourront absorber les coups durs. Parce que, spoiler : il y en aura, malgré l’arrivée de Phil Maton et Hunter Harvey.
La rédaction décline toute responsabilité en cas de sueurs froides en 9e manche.
2026 est aussi une année charnière pour le projet Hoyer–Counsell. Après avoir investi dans le développement, modernisé les infrastructures, et misé sur la continuité, il est temps de récolter. Les Cubs ont désormais un pitching lab digne des meilleures franchises, un hitter lab qui commence à porter ses fruits, et une génération de prospects qui frappe à la porte.
On a déjà vu les prémices :
- PCA qui transforme chaque flyball en highlight,
- Busch qui s’impose comme un middle-order bat fiable,
- Ben Brown qui montre un potentiel de starter n°3,
- et quelques ajustements offensifs qui ont remis Suzuki et Hoerner sur les rails.

Mais attention : l’effectif reste fragile.
Entre les blessures récurrentes de certains cadres, les slumps qui peuvent arriver sans prévenir, et une division NL Central qui refuse obstinément de mourir, les Cubs devront naviguer avec prudence.
Et on me souffle dans l’oreillette que certains joueurs commenceront la saison avec le soutien total du sponsor maillot… l’hôpital Northwestern Memorial.
En résumé :
Les Cubs ont les armes pour viser les Wild Cards, voire mieux si tout s’aligne.
Mais comme toujours avec Chicago, il faudra accepter les montagnes russes émotionnelles, les séries de 8 victoires suivies de 6 défaites, et les matchs où le bullpen décide de tester la foi des supporters.
2026 pourrait être l’année du déclic.
Ou l’année où l’on dira encore : “On est proches, très proches… mais pas encore.”
La star : Seiya Suzuki

On se garde Pete Crow‑Armstrong pour la saison prochaine, attendons de voir s’il transforme enfin chaque flyball en highlight ESPN et chaque simple en triple.
Pour 2026, la star incontestée, celle qui porte l’attaque, le sourire et parfois même l’âme de cette équipe, c’est Seiya Suzuki.
Arrivé en 2022 dans un mélange d’excitation et d’incertitude, Suzuki débarquait à Chicago avec l’étiquette de phénomène venu du Japon :
- 5× All‑Star en NPB,
- 2× Gold Glove,
- et un swing digne de vidéos éducationelles.
Son acclimatation a pris un peu de temps — normal, passer d’Hiroshima à Wrigley, c’est comme passer d’un haïku à un slam poetry contest — mais dès 2023, on a commencé à voir le vrai Seiya.
2024 et 2025 ont confirmé la tendance : Suzuki est devenu le métronome offensif des Cubs, celui qui stabilise l’alignement quand tout part en vrille, celui qui enchaîne les doubles dans la gap comme d’autres enchaînent les cafés.
2025 a été son année la plus complète :
- moyenne autour de .290,
- plus de 25 HR,
- un OPS flirtant dangereusement avec les .900,
- et une capacité à être clutch qui ferait passer un moine zen pour un nerveux.
Mais c’est surtout dans le clubhouse que Suzuki a pris une autre dimension.
Toujours souriant, toujours calme, toujours prêt à faire une blague ou à remettre l’équipe dans le droit chemin, il est devenu le relais naturel de Counsell. Pas besoin de grands discours : deux mots, un regard, et tout le monde se remet en place.
Une attitude qui a fait émerger des rumeurs de capitanat — un honneur rare à Chicago, réservé aux joueurs qui marquent une époque, pas seulement une saison.
Suzuki, c’est aussi l’exemple parfait du joueur qui travaille dans l’ombre.
On ne compte plus les sessions vidéo tardives, les ajustements de swing millimétrés, les discussions avec les jeunes hitters du farm system. Il est devenu un modèle, un guide, un grand frère.
Et quand il envoie une balle dans les tribunes du left field, tout Wrigley se lève comme un seul homme.
Commence maintenant pour lui la partie de son contrat où il doit récolter les fruits de son travail et mener les Cubs vers les sommets.
Avec un PCA qui monte en puissance, un Busch qui frappe comme un vétéran, et une rotation qui peut tenir la route, Suzuki a enfin une équipe capable de l’accompagner.
Nul doute que son leadership, son calme olympien et son swing chirurgical vont permettre aux fans de rêver un peu plus grand.
Et si 2026 devait être l’année où Chicago retrouve octobre… il y a de fortes chances que Seiya en soit la raison principal
Le joueur à surveiller : Pete Crow-Armstrong

Au lieu de vous balancer un énième prospect qui va passer la saison à Iowa à frapper des doubles devant 4 000 personnes et une mascotte dépressive, concentrons‑nous sur Pete Crow‑Armstrong, le joueur qui pourrait bien définir la trajectoire des Cubs en 2026.
PCA est une curiosité, que ce soit chez les Cubs ou dans le baseball moderne.
Un défenseur générationnel, un de ceux qui transforment chaque flyball en œuvre d’art, chaque gapper en highlight, chaque sprint en moment où tu te demandes si le gars n’a pas un moteur électrique dans les mollets.
Un joueur qui, même quand il ne frappe pas, apporte de la valeur. Beaucoup de valeur.
Mais voilà : l’attaque, c’est une autre histoire.
Depuis son arrivée en MLB, PCA oscille entre “promesse excitante” et “swing de rookie qui découvre encore la zone”.
Il a la vitesse, il a la bat speed, il a l’instinct… mais il n’a pas encore trouvé la constance.
Un jour, il enchaîne les hits comme un futur All‑Star.
Le lendemain, il ressemble à un joueur qui essaie de frapper une balle de golf avec un spaghetti trop cuit.
Et pourtant, tout le monde sait qu’il y a quelque chose.
Les Cubs le savent.
Le staff le sait.
Les fans le savent.
Même les analytics le savent, et les analytics ne savent normalement rien ressentir.
2026 est donc une année charnière pour PCA.
Il n’est plus le gamin qu’on protège.
Il n’est plus le prospect qu’on surveille.
Il est le center fielder titulaire, celui qui doit stabiliser le haut du terrain, apporter de la vitesse, créer du chaos sur les bases, et montrer que son bâton peut suivre son gant.
Ce qui rend PCA particulièrement intéressant à suivre cette saison, c’est son impact potentiel sur la construction de l’équipe.
S’il explose offensivement, même modestement, les Cubs gagnent un joueur complet, un vrai game‑changer.
S’il stagne, Chicago devra peut‑être envisager des ajustements, voire des décisions difficiles, surtout avec les jeunes outfielders qui poussent derrière.
Et puis il y a l’aspect émotionnel.
PCA joue avec une intensité rare, une énergie contagieuse, un style qui fait lever Wrigley comme si on était en postseason un mardi après‑midi de mai.
La rédaction décline toute responsabilité en cas de cris incontrôlés sur un diving catch en 8e manche.
2026 pourrait être l’année où Pete Crow‑Armstrong :
- devient une vraie menace en haut de l’alignement,
- stabilise son approche au marbre,
- et s’impose comme l’un des meilleurs CF de la ligue.
Ou bien l’année où l’on dira encore : “Il manque un petit quelque chose… mais quel joueur à regarder.”
Une saison qui s’annonce passionnante, pleine de promesses, de sueurs froides, et de moments où PCA fera oublier à tout le monde que le baseball peut parfois être un sport lent.
Prono TSO :
92 victoires – 70 défaites, à la bataille avec les Brewers pour le titre de la NL Central
