Preview 2026 : Seattle Mariners – Continuer à rêver

Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. Aujourd’hui, on file vers la Côte Ouest à Seattle, qui espère pousser le rêve encore un peu plus loin en 2026.

Si près, si loin. Les fans des Mariners feront longtemps encore des cauchemars de ce match 7 des American League Championship Series. 3-3 dans les séries, 3-1 au tableau d’affichage pour Seattle et ce coup de canon de Georges Springer pour un 3-run Home Run décisif. 4-3, le score devait en rester là, et les Blue Jays filer vers des World Series tout aussi incroyables dans leur scénario.

Mais résumer la saison des Mariners à ce malheureux épisode serait injuste, tellement les résidents du T-Mobile Park ont séduit au cours d’une saison 2025 où ils ont tordu le coup à bien des malédictions. Premier titre de division et première série (hors Wild Card) gagnés depuis 2001, des stars au rendez-vous et des scénarios à couper le souffle tout au long d’une saison qui a poussé les fans au bord de la folie heureuse. En 2025, les Mariners sont devenus une franchise qui compte.

Sans véritables folies sur le marché des transferts – Polanco et Castillo de retour, Arozarena était lui arrivé en trade dès juillet 2024 – les Mariners entamaient la saison avec un effectif mature et solide, à défaut d’être impressionnant sur le papier. Mais un effectif où tout le monde a fait le taf, et où les stars ont fait des heures sup’. Comment ne pas commencer par parler de Cal Raleigh, gros frappeur devenu superstar le temps d’une saison, avec 60 Home Runs et 125 RBI (7.4 WAR) au compteur. A deux doigts du record d’Aaron Judge, et à deux doigts de coiffer ce même Judge au classement du MVP d’American League. Joueur unidimensionnel, peut-être, mais quelle dimension il a pris en 2025 ! (voir plus bas).

Raleigh, Arozarena, Rodriguez, Woo,
Les Quatre All Stars des Mariners 2025 – Crédit DR.

Derrière lui, la star désignée Julio Rodriguez et le virevoltant Randy Arozarena ont eux aussi fait parler la poudre : 31 Doubles, 32 Home Runs et 30 buts volés pour Rodriguez (6.0 WAR),  32 Doubles, 27 Home Runs et 31 buts volés pour Arozarena. Comme deux jumeaux incontrôlables, les deux voltigeurs ont fait tourner les têtes des lanceurs et défenseurs adverses tandis que Polanco (26 HR) mais aussi Naylor et Suarez, arrivés en cours de saison, participaient à l’épidémie de longues balles au T-Mobile Stadium (238 HR, 3e derrière les Yankees et Dodgers).

Ajoutons-y les bons soldats J.P. Crawford (.265, 3.8 WAR et toujours une excellente défense) et Dominic Canzone (.300 pour faire marcher la machine en bas du lineup) et vous avez une équipe qui tourne, qui tourne, et qui en plus croit en ses chances. Une équipe capable d’enchaîner 17 victoires en 18 matchs, en septembre, au moment de sceller leur destin et de faire tomber, enfin, les Astros dominateurs depuis si longtemps en AL West !

Une équipe qui tourne, car les Mariners ne se sont pas contentés de puissance au bâton en 2025. Bryan Woo s’est révélé comme l’as que le roster attendait, affichant un ERA de 2.94 pour 186.2 IP lancées (15W, 198 SO, 0.93 WHIP) et obtenant une belle 5eme place au Cy Young d’American League. Gilbert (3.44 ERA, 131.0), Castillo (3.54 ERA, 180.2), Kirby (4.21 ERA, 126.0 IP) ont tous été solides également, à défaut d’être exceptionnels, maintenant un pitching staff par ailleurs moyen au dessus de la ligne de flottaison, tout en montrant dès le milieu de saison les limites dans la profondeur du staff, lors des blessures des uns et des autres.

Même réflexion sur le bullpen, emmené par un Andrés Muñoz étincelant (38/45 SV, 1.73 ERA, 62.1 IP, 83 SO), mais qui manquait peut être de qualité dans la profondeur : un signe annonciateur de ce qui devait suivre avec le mauvais choix de pitch de Bazardo, par ailleurs plutôt bon toute la saison (2.52 ERA, 78.2 IP), face à Springer lors de cet at-bat fatidique pour la qualification en World Series.

Des axes de progrès évidents, mais largement adressables par le front office des Mariners. Reste à garder intact l’état d’esprit et la rage de vaincre qui ont permis à Seattle de renverser des montagnes en 2025. Et tout le monde sait que le plus dur n’est pas d’apparaitre sur la scène, mais de confirmer en seconde séance !


Cet hiver encore, les Mariners ont privilégié la stabilité aux grands travaux. S’ils ont dit au revoir à Polanco (parti aux Mets) et Eugenio Suarez (Reds), ils ont offert un solide de contrat de 5 ans et 92 millions des dollars à Josh Naylor, pour en faire leur pilier de la première base. Hormis cette signature, le seul véritable mouvement significatif de cette intersaison est le trade à trois équipes qui a envoyé Ben Williamson à Tampa Bay, et a permis l’arrivée de son remplaçant au 3e but, le très talentueux Brendan Donovan (ex-Cardinals) qui devrait s’installer en tant que lead-off dans l’alignement de Seattle.

Un haut de lineup avec Donovan, Raleigh, Rodriguez, Naylor, Arozarena, avouez que ça en jette tout de même. A part ça, on notera les arrivées en tant que free agents du polyvalent Rob Refsnyder (Red Sox) et celle du catcher remplaçant Andrew Knizner (Giants) qui remplacera Mitch Garver dans l’ombre de Raleigh.

La grande question sera au niveau de la rotation, elle aussi quasiment inchangée. Woo, Gilbert, Castillo et Kirby sont de retour, et l’on peut s’attendre à une saison solide de ces quatre-là, si les corps tiennent le coup. Bryce Miller sort d’une saison 2025 plus que compliquée et devrait démarrer la 2026 sur la liste des blessés, tandis que le jeune Emerson Hancock n’a pour l’instant pas véritablement convaincu sur deux fragments de saison (50 IP en 2024, 90 IP en 2025), sans pour autant se planter dans les grandes largeurs (4.81 ERA en 162 IP dans les Big Leagues). Logan Evans, quant a lui, est passé sur le billard en janvier pour une opération Tommy John et ne reviendra pas cette année. Chez les top prospects, pas de trace d’un starter prêt a partir dans le grand bain…

Emerson Hancock peut-il s’installer durablement dans la rotation des Mariners, et se mettre au niveau de ses partenaires? – Crédit DR

Reste à voir quelle(s) option(s) Jerry Dipoto garde dans son chapeau, par le trade ou sous la forme de promotions internes, si le besoin de renforcer la rotation devait se faire sentir.

Même histoire dans le bullpen qui reste notablement le même que la saison dernière avec Muñoz, Brash, Bazardo et Speier prêts pour le service, mais tout de même l’arrivée notable de Jose Ferrer, auteur de 11 sauvetages avec les Nationals l’an dernier, et qui devrait prendre le rôle de Setup. Un renfort bienvenu, mais est-ce suffisant pour permettre au pitching staff des Mariners de passer un cap ? On peut en douter.

Une fois de plus, vous l’aurez compris, les Mariners compteront avant tout sur une attaque surpuissante, et ensuite sur un pitching staff moyen mais capable. On espèrera juste qu’un petit grain de sable, venu du Texas et du terrain des rivaux de Houston, ne vienne pas troubler cette belle mécanique. Un détail, une péripétie, des poignées de main ignorées qui viendraient troubler la belle harmonie créée par le manager Dan Wilson, et mettre en danger les espoirs de triomphe des Mariners.

Si ces petites poussières ne jettent pas le trouble dans la vie du vestiaire, attendez-vous à retrouver, encore, les Seattle Mariners dans le mix pour le titre de Division à l’aube d’Octobre. Avec de la puissance à revendre et une revanche à prendre.   

Dans un roster fait de puissance et de gros bras, Brendan Donovan vient apporter un peu de finesse au Hot Corner. Joueur régulier s’il en est, avec une moyenne de .282 et un OBP de .361 en carrière et des statistiques quasi-identiques sur chacune de ses 4 premières saisons en MLB, Donovan va pouvoir exprimer tout son talent loin du marasme continu de Saint Louis et de ses tristounes Cardinals.

Parfaitement polyvalent et baladé tout autour de l’infield et de l’outfield en 4 saisons avec les Cards, Donovan y a récolté un gant d’or (celui d’Utility player, bien entendu) et une convocation au All Star Game. Il y a vécu quelques périodes fastes, de ces séries de frappe qui laissent à penser que ça y est, cette fois c’est son moment. Avant de revenir à la raison.


Sorti du cocon, Donovan aura les responsabilités de lead-off pour le contingent de gros frappeurs, Raleigh en tête, qui le suivront dans l’alignement. Gros bosseur, super coéquipier, il doit maintenant passer l’étape pour devenir ce leader qui ne mettra pas simplement la balle en jeu, mais posera les bases pour un effectif qui ne joue rien d’autre que le titre. Cette fois c’est son moment !

Depuis son arrivée dans le show en fin de saison 2021, Cal Raleigh s’est rapidement installé comme l’une des valeurs sûres au poste de Catcher. Grosse stature, grosse personnalité, un excellent receveur avec un framing de qualité, tirant le meilleur de sa rotation et s’offrant au passage un Gant de Platine lors de la saison 2024. Coté bâton, on avait un bon frappeur de puissance pure, switch-hitter, avec 22% de moyenne au bâton pour une petite trentaine de home runs. Un classique.

Mais ça, c’était avant.

En 2025, Cal Raleigh est entré dans une autre dimension. 30 Home Runs avant le All Star Break, 60 au terme de la saison, et une présence immense au centre du terrain pour les Mariners, dans la course pour les Playoffs puis lors des Séries d’Octobre. Une moyenne de presque 25% qui s’élèvera avec le niveau des séries, où Raleigh a encore haussé le curseur là ou d’autres se cachent sous les projecteurs : 5 Home runs et 8 RBI, une moyenne de 30% et un OPS de 1081. Raleigh n’a peur de rien et ne craint personne.

Son Solo Home Run contre les Blue Jays lors du Match 7 des ALCS aurait pu sceller la qualification des siens pour les premières World Series de Seattle. Ce n’est que partie remise, et comptez sur Raleigh pour briller par la puissance de sa batte autant que par l’énorme confiance qu’il a en son propre talent.

Pour la première fois dans leur histoire récente, les Mariners seront favoris de leur division, face à des Astros en semi-reconstruction, et des Rangers qui semblent partis pour digérer leur titre de 2024 pendant encore 4 ou 5 ans. Et puis les Athletics, et les Angels. Et sincèrement, les Mariners semblent avoir les épaules pour endosser cette responsabilité. Reste à voir quelles décisions prendra le front office, si tout se passe bien au moment de la trade deadline, pour préparer la prochaine postseason. Les playoffs 2025 ont montré que les Mariners étaient tout près, mais si loin encore. L’objectif, c’est le titre. C’est envisageable, mais les Mariners sont-ils capables de faire les investissements nécessaires ?

Prono : Saison régulière : 92-70 (1er) / Posteason : ALCS, encore


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