
Ça y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. Direction aujourd’hui le mythique Fenway Park pour parler de ses pensionnaires : les Red Sox. Une équipe qui ne parvient pas à franchir cette dernière petite marche.
Que retenir de 2025
Boston arrive en 2025 avec des ambitions retrouvées. Après 3 saisons moyennes, le club a décidé de passer aux choses sérieuses pour 2025. La preuve avec 3 arrivées majeures dans l’effectif. D’abord Garrett Crochet, l’ace de l’autre équipe aux chaussettes, débarque à Fenway dans un énorme trade. Il arrive pour mener la rotation de Boston. Ce qu’il a parfois manqué à cette franchise ces dernières saisons. Brillant avec Chicago, le gaucher va plus que largement remplir ce rôle. Je vais même me mouiller en disant qu’il fut le 3e meilleur lanceur de la MLB, derrière les intouchables Skenes et Skubal. La preuve dans les stats, Crochet va être stratosphérique avec un ERA de 2.59, le tout sur 205.1 manches (meilleur total de l’American League). Une longévité sur la butte inédite pour lui puisque sur cette seule saison 2025, il surpasse la totalité des manches lancées dans sa carrière (4 saisons). Et il ne fut pas qu’exceptionnel, il faut aussi dominant face aux batteurs adverses avec 255 strikeouts (meilleur total MLB). De telles performances qui ont propulsé Crochet à la 2e place du trophée de Cy Young et même 8e au MVP. On n’avait plus connu telle domination sur la butte bostonienne depuis un certain Pedro Martinez.
Autre recrue déterminante : Aroldis Chapman. Le missile Cubain sort de quelques saisons moyennes et son arrivée à Boston ne transcende pas les foules. Pourtant, il va rapidement conquérir le coeur des supporters et prouver qu’à 37 ans, il est toujours un closer dominant. Comme son collègue gaucher Crochet, Chapman va être exceptionnel avec 32 sauvetages et un ERA microscopique de 1.17. Sa meilleure marque en carrière. c’est dire quand on connaît le pedigree du joueur au milieu des années 2010. Il amène aussi 85 strikeouts en 61.1 manches. Une autre recrue exceptionnelle sur le monticule bostonien et une 7e place au Cy Young et même une 18e place au MVP. Boston a semble t-il trouvé son binome d’ace. Un pour commencer les matchs, l’autre pour les terminer.

D’ailleurs le pitching staff de Boston a été plutôt une réussite avec un ERA collectif de 3.70, le 5e meilleur de MLB.
Surtout dans le bullpen, car outre Chapman, 2 autres lanceurs sont sortis du lot. Garret Whitlock, un starter qui a réalisé sa transition vers un poste de releveur. Et quelle trouvaille et renaissance pour lui. En sortant de l’enclos Whitlock va impressionner tout le monde avec un ERA de 2.25 et 91 strikeouts en 72 manches. Parfait dans un rôle de pompier (« stopper ») à n’importe quel moment du match lorsque la situation est compliquée ou en 7e manche, dans un rôle plus classique. Il a pu ensuite passer le relais à Greg Weissert, qui lui s’est occupé de tenir la baraque en 8e manche et de piste de lancement pour Chapman. Excellent dans ce rôle, le joueur qui évolue pour l’Italie dans la World Baseball Classic a claqué un ERA de 2.82 en 67 manches et 4 sauvetages.
Au niveau des starters, Boston a pu bénéficier d’un solide trio. Car là aussi derrière l’ace clair et incontesté, deux joueurs sont parvenus à hisser leur niveau de jeu. Brayan Bello d’abord, qui a sans doute bénéficié d’évoluer dans un rôle moins lumineux. Lui l’ancien ace de Boston, a sorti sa meilleure saison à Fenway dans ce rôle de numéro 2. 3.35 d’ERA pour lui avec 166.2 manches lancées et 124 strikeouts. Après avoir loupé la saison 2024, Lucas Giolito faisait enfin son retour sur le monticule. Et il a été plutôt très bon. 3.41 d’ERA en 145 manches et 121 strikeouts. Une bonne surprise pour cette saison de reprise et bon signe pour la suite de sa carrière. On peut citer aussi la bonne saison de Hunter Dobbins, le rookie a rendu de fiers services en fin de rotation, avec 4.13 d’ERA en 61 manches. Une bonne surprise car le bas de rotation a été le point noir. 11 joueurs se sont succédé pour lancer au moins un match sous la liquette des Red Sox. Et on a même pu assister au début du 2e meilleur prospect de la franchise Payton Tolle. Qui même si statistiquement n’a pas brillé, a pu laisser apercevoir tout son talent.

Et enfin la 3e grosse recrue de l’intersaison fut Alex Bregman. La légende des Astros est arrivée à Boston à la suite d’un très long feuilleton. Un recrutement qui a beaucoup fait jaser. Car si l’impact d’un Bregman sur et en dehors du terrain n’est plus à démontrer, il y a eu un problème de poids. Le fait que Rafael Devers était le titulaire du poste. Et sans doute le meilleur joueur du club depuis 2021. Mais ce qui a sans doute poser encore plus de question, fut la communication autour de cette arrivée. D’abord, le GM Craig Breslow a assuré à sa star que l’arrivée de Bregman n’aurait aucun impact sur lui. Avant de revenir sur sa parole et de demander publiquement à Devers de bien vouloir changer de poste pour désormais évoluer en DH. Le joueur s’est senti trahi mais s’est résigné en acceptant ce changement. Mais lorsque le titulaire en première base, Triston Casas, s’est blessé pour toute la saison, Breslow a de nouveau demandé à Devers de changer de poste. Si sur le papier rien ne semble choquant à demander de changer de poste à nouveau à un joueur de son effectif, c’est la manière de le faire. Pour convaincre Devers de passer DH, on lui a dit que sa défense était déclinante et qu’il serait plus utile en se concentrant uniquement sur l’attaque. « Ils ne peuvent pas attendre de moi que je joue à toutes les positions » a déclaré Devers, ils m’ont demandé de ranger mon gant et que je ne jouerais plus en défense pour eux. Donc cette nouvelle demande, j’ai l’impression que ce n’est pas juste de leur part. »

A la suite de cette déclaration, des rumeurs concernant la mauvaise attitude de Devers et son manque de fléxibilité ont commencé à fuiter dans la presse. Alors que par le passé, Devers a toujours été soutenu et reconnu pour son impact dans le vestiaire. La rupture a été définitive et le joueur a fini par être envoyé le 15 juin chez les Giants contre 4 joueurs (voir notre preview sur les Giants). Son départ avait été expliqué par le fait que son remplacement était déjà trouvé avec l’arrivée en MLB de Roman Anthony. On y reviendra.
De son côté Bregman a été un joueur solide pour les Red Sox. Défensivement, il a toujours répondu présent en revanche offensivement, il a été un peu deça. Même s’il a loupé un gros mois de compétition (en juin), ses stats sont loin de ses standings. Même si moyenne au bâton a été sa meilleure en carrière depuis 2019, pour tout le reste c’est en chute. Seulement 18 HR et 62 RBI pour l’ancienne star des Astros. La perte de Devers a fait du mal à l’impact offensif des Red Sox. Car même si des joueurs comme Wilyer Abreu (.247/22 HR et 69 RBI) ou Ceddanne Rafaela (.249/16HR/63RBI/20SB) ont été de sacrées révélations, il a manqué ce petit truc en plus que représentait Devers. On peut également citer la belle saison de Jarren Duran, même si il a été moins impactant qu’en 2024, il claque tout de même .256/16HR et 84 RBI ainsi que 24 bases volées. Ou encore, la première saison complète (enfin) de Trevor Story et qui a rappelé à tout le monde qu’il était un joueur All-Star. .263/25HR et 96 RBI et 31 bases volées pour l’ancien de Colorado. Enfin, le rookie Carlos Narvaez a prouvé qu’il était la solution à long terme de Boston. Car après avoir envoyé Kyle Teel à Chicago pour le transfert de Crochet, on pouvait se questionner sur l’avenir de ce poste. Le vénézuelien a plus que répondu présent avec .241 à la batte ainsi que 15 HR et 50 RBI. Tout en menant le pitching staff de main de maître.

Vous me direz que c’est des plutôt bonnes performances mais le poste de première base a été le néant avec les petites perfs de Casas avant sa blessure puis de Toro. Romy Gonzales a fait ce qu’il a pu en 2e (.305 à la batte) mais a laissé sa place au top prospect Kristian Campbell qui a été très à la peine (.223/6HR/21RBI) à ce poste. Il n’a que 23 ans, et on espère que ce ne fut qu’une saison d’apprentissage.
On l’a dit il a manqué un petit truc à cette équipe, et on a cru qu’à la trade deadline, le club allait faire venir du lourd dans la course à la postseason. Malheureusement pas de gros poissons n’est venu renforcer le club notamment dans la rotation. On a appris par la suite que le club n’est pas passé loin de faire venir Merrill Kelly ou Joe Ryan. Néanmoins, les Red Sox sont tout de même parvenus à se hisser en postseason via la WildCard. Et on a eu le droit à un choc de luxe dans cette wildcard avec ni plus ni moins que les Yankees. Une Rivalry series qui a tenu toutes ses promesses avec Boston qui l’a emporté avec Crochet dans le premier match avant de céder sur les deux rencontres suivantes. Avec d’immenses regrets sur le match 2 (craquage en 8e manche). Avant que le rookie des Yankees, Cam Schlittler ne sorte une masterclass comme rarement vu dans le match 3 (8 manches, 5 coups sûrs encaisses, 0 point et 12 strikeouts).
Boston peut nourrir des regrets mais aussi être rassuré pour l’avenir, l’équipe va dans la bonne direction. Et il ne manque qu’une ou deux pièces pour que le club puisse s’avancer comme un prétendant sérieux.Et c’est exactement ce que va faire le front office à l’aube de la saison 2026
Qu’attendre pour 2026
La première nouvelle fut la prolongation de Roman Anthony sur 8 ans et 130 millions de dollars. Une prolongation très tôt afin de sécuriser sa star pour le futur avec un contrat à l’image de ce qu’à fait Atlanta avec ses jeunes stars. Mais le Front office ne s’est pas arrêté là et a été l’un des plus actif de cet hiver. Ce ne sont pas moins de 9 recrues qui débarquent à Boston. Il y a d’abord eu le double trade avec les Cardinals pour Willson Contreras et Sonny Gray (voir notre preview sur Saint-Louis). Gray débarque à Boston et semble être le parfait numéro 2 d’une rotation. C’est d’ailleurs dans ce secteur que les Red Sox vont le plus investir puisqu’ensuite c’est Johan Oviedo, intéressant avec les Pirates (3.57 d’ERA en 40 manches après avoir loupé 2024), qui débarque. Une solide option pour la fin de rotation. Il permet aussi à Boston de laisser aux top prospects Connelly Early ou Payton Tolle, d’avoir un peu de temps pour se forger.
Mais surtout, LA grosse arrivée fut celle de Ranger Suarez. Dans l’ombre des Wheeler et autres Nola, Suarez a été un lanceur constant et costaud de la ligue. Il a signé sa meilleure saison en carrière en 2025 (3.20 d’ERA, 157.1 manches, 151K). Avec ces 3 recrues plus Bello et Crochet, Boston peut s’avancer confiant sur la butte. Et on peut même parler d’une des meilleures rotations de MLB.

Enfin, il y a eu un gros départ celui d’Alex Bregman qui a préféré rejoindre les Cubs cet hiver. Toute cette histoire avec Devers pour au final se retrouver sans ce dernier ni Bregman. Et Boston est parti à la recherche de son remplaçant. On a longtemps penser au joueur des Astros Isaac Paredes, qui semble bloquer à Houston (voir notre preview sur la franchise texane). Mais c’est au final vers Milwaukee que s’est tourné le front office. C’est Caleb Durbin qui débarque à Fenway après avoir claqué une superbe saison rookie chez les Brewers (.256/11HR/53RBI et 18SB). Des stats plus ou moins semblable à celle de Bregman. Mais le 3e au trophée de rookie de l’année en NL n’a que 26 ans et rentre donc parfaitement dans la timeline des Red Sox avec les Rafaela, Anthony, Mayer etc… Le club a aussi récupéré dans ce trade Andruw Monasterio, capable d’évoluer à tout le postes de l’infield.
Toutes les pièces semblent en place à Boston pour faire une grosse saison. Contreras vient combler les manques en première base, on attend beaucoup de Marcelo Mayer en 2e base, autre poste en lambeaux en 2025. La rotation n’a jamais été aussi bonne et même le bullpen semble dominant avec le trio de l’an dernier plus l’arrivée du très bon Danny Coulombe (2.30 d’ERA l’an passé). Petit hic, l’équipe semble équilibrée avec des joueurs capable de monter sur base, de voler des bases etc.. mais, il manque peut-être un gros slugger bien clutch dans les moments importants. Un frappeur à 40 HR par exemple.
Le joueur à suivre : Connelly Early

Il était dans l’ombre de son collègue Payton Tolle, mieux classé dans les rankings de prospect. Mais c’est bien lui qui a semblé le plus à l’aise en MLB. Alors que Boston pataugeait pour sa fin de rotation, c’est lui qui a émergé en fin de saison et a tenté de tenir la baraque. Passé par l’armée puis par l’Université de Virginie, il n’était pas particulièrement dominant (3.01 d’ERA sur ses 3 ans universitaires) mais toujours solide. C’est au 5e tour de la draft 2023, qu’il est sélectionné par les Red Sox. Ses débuts sont timides en ligues mineures mais sa progression est constante. Et il gravit rapidement les échelons. Mais en 2025, il a le déclic et passe dans une autre dimension. Il explose tout en double A en affichant 2.51 d’ERA et 96 strikeouts en 71.2 manches. Il est promu en Triple A, l’antichambre de la MLB, et là aussi il va épater avec 2.83 d’ERA en 28.2 manches en seulement 6 rencontres. Si bien qu’il est appelé dans la grande ligue début septembre et il va montrer une maturité étonnante. 4 matchs et seulement 5 points encaissés et un ERA de 2.33. Mais surtout un premier match en MLB stellaire avec 5 manches, 5 coups sûrs encaissés, 0 point et 11 strikeouts.
Un tel talent qui va même lui ouvrir les portes de la postseason. Là, la marche sera un poil trop haute et il va se faire solidement frapper par les Yankees lors du match 3 décisif de la Wild Card (3.2 manches, 3 points encaissés mais 6 strikeouts tout de même). Sa capacité à strikeout sur la plus belle des scènes est encourageante et cette expérience ne peut que lui être bénéfique. Surtout qu’il n’aura pas la pression en 2026, le club s’étant largement renforcé dans la rotation, il aura le loisir de se faire encore les armes en triple A. Mais il sera le premier appelé en cas de blessures ou de mauvaises performances des starters.
La star : Roman Anthony

Après 4 saisons impressionnantes en ligues mineures, ca y’est Roman Anthony était enfin prêt pour la MLB. Attendu comme le Messie, le joueur était déjà évoqué dans le reportage diffusé sur Netflix sur la saison 2023 des Red Sox. Preuves des attentes placées en lui. Il faut dire qu’il n’a connu aucun accroc dans son ascension vers le Show. En constante progression, il n’a jamais perdu sa capacité de monter sur base. En 4 ans dans les ligues inférieures, il affiche une moyenne au bâton de .285 et une présence sur base de .402. Tout en étant capable de sortir la balle du terrain occasionnellement (42 HR). Appelé début juin, il est tranquillement monter en température avec Boston. Et après 1 mois en MLB, il a trouvé son rythme de croisière et était peut-être le meilleur joueur de la franchise sur la période.
Malheureusement, il ne pourra terminer la saison suite à une blessure survenu début septembre et qui lui fera louper la fin de l’année. Il termine 2025 avec .292 à la batte, 8 HR et 42 RBI et une présence sur base (OBP) de .396. La marche MLB n’a pas semblé être trop haute pour lui et il s’est tout de suite fondu dans le collectif. Il a le profil du parfait leadoff hitter, et avec des frappeurs derrière lui comme Story, revenu à son meilleur niveau, Duran ou Contreras, il risque de marquer un paquet de points. Il est le nouvel homme fort de la franchise, voire le visage. Et 2026 doit être celle de la confirmation, même si c’est toujours la plus dure. Le 3e au titre de rookie de l’année a en tout cas tout en main pour être le fer de lance de cette nouvelle génération des Red Sox qui vise un nouveau titre. Dès 2026
Notre prono
Je suis assez optimiste pour cette équipe de Boston, malheureusement pour elle, elle évolue dans l’indécente AL East. Où tout le monde peut prétendre à une place en postseason. Les renforts sont de poids et de qualité et on hâte de voir l’émergence des jeunes pousses. Comme je l’ai dit, il manque sans doute un frappeur d’énorme puissance pour équilibrer tout ça, mais Story ou Contreras pourraient éventuellement faire l’affaire. La concurrence sera rude mais je les vois s’emparer tranquillement d’au minimum une wildcard. Voir mieux.
